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Cameroun : démission de Maurice Kamto, la classe politique s’enflamme

Entre accusations de fuite, culte du chef et sacrifice pour le parti, plusieurs acteurs interviennent pour exprimer leurs positions à…

Entre accusations de fuite, culte du chef et sacrifice pour le parti, plusieurs acteurs interviennent pour exprimer leurs positions à la suite de la démission du Pr Maurice Kamto à la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun.

24 heures après l’annonce de la démission du Pr Maurice Kamto de la tête du MRC, c’est une véritable bataille de récits qui s’est ouverte. Persécuté qui se sacrifie ou leader qui fuit la justice ? Culte du chef ou stratégie géniale ? Tour d’horizon des réactions qui secouent le Cameroun depuis la publication sa lettre de démission mardi en journée.

L’attaque frontale du Pr Aimé Bonny

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L’ancien allié est le plus dur. Pour lui, cette démission est la conséquence logique de l’échec du 12 octobre 2025. « On vous attendait avec le peuple, derrière le candidat du peuple. Vous avez choisi de soutenir le pouvoir qui vous a tyrannisé, par votre silence. Vous seriez rentré dans l’histoire si vous aviez pris la bonne décision : soutenir le peuple. » Il conclut par un « Doux repos bien mérité » qui sonne comme un enterrement politique qui contraste avec le retrait exprime par le concerné pour devenir un simple membre du parti.

L’accusation de peur judiciaire de Denis Emilien Atangana

Pour Denis Emilien Atangana, président du Front des démocrates camerounais, il n’y a même pas eu démission. « Maurice Kamto n’a pas démissionné. Il a eu peur de l’humiliation judiciaire. Par crainte des décisions à venir dans les procédures initiées par certains cadres du MRC, le Pape de l’incohérence a fait semblant de démissionner. » Il y voit le même scénario qu’en 2011, où Kamto aurait démissionné du gouvernement juste avant d’être débarqué. Mais, une telle posture n’a pas échappé à la critique virulente.

Le recadrage du « villageois » : Pr Jean Bahebeck

Réponse immédiate du Pr Jean Bahebeck de l’UPC à Atangana. Surnommé « le villageois », il estime que ce type d’attaque cache un vide : « Faire carrière dans la critique des autres traduit souvent l’absence de bilan politique à défendre. La politique exige de la constance, une vision et une mémoire politique. » Et d’inviter Atangana à « regarder son propre parcours, ses alliances et ses contradictions avant de juger ceux des autres. »

L’autocritique : Okala Ebode sur Balafon TV

Ce 09 septembre dans Sacré Matin sur Balafon TV, Okala Ebode a déplacé le débat. Il ne vise pas Kamto, mais ses militants. « Ce sont les conséquences néfastes du messianisme. On ne voit jamais, chez un leader, les erreurs, les failles. Même quand il fait une erreur, on dit que c’est une stratégie. Mais ça nous a conduits où ?’’ s’interroge l’opposant à Maurice Kamto exclu du MRC. ‘’Aujourd’hui, même dans le jeu institutionnel, on n’y est pas. On se bat pour revenir. Est-ce qu’on va dire que c’est une stratégie, ça ? » se demande-t-il encore. Il lance un appel à arrêter de transformer chaque échec en « pirouette contre le régime ».

La défense du parti vient d’Augustin Kouepo et de Jean Bruno Tagne

En substance les deux voix portent le même message : en face, le MRC assume la thèse du sacrifice. Sur Équinoxe Soir, Augustin Kouepo (MRC) explique que « rien n’obligeait le président Kamto à démissionner. Mais comme c’est sa tête qui était mise à prix, il a choisi de mettre cette tête à côté et de laisser le MRC, la renaissance et le peuple du changement aller librement aux élections législatives et municipales. »

Le journaliste Jean Bruno Tagne, sur Facebook le 08 septembre, renchérit : « En décidant de démissionner, Maurice Kamto a coupé l’herbe sous le pied des persécuteurs de son parti. Il redonne ainsi une chance à ses braves militants qui, depuis 2012, se battent avec détermination, courage et une fidélité rare. »

L’hommage de l’adversaire : Jean Jacques Mbea

Enfin, la surprise vient de Info TV. Dans Le Grand Soir, l’analyste Jean Jacques Mbea, pourtant critique de Kamto pendant la présidentielle, salue le geste : « Il a essayé en 2013, 2018, 2020… Il n’a pas réussi et il se rend compte qu’il est le problème. Il pouvait s’entêter à aller au conflit, perdre la face et nuire à son parti. Mais là, il décide de quitter. Rien que pour ça, je dis que c’est un grand coup politique. C’est aussi ça la marque des grands hommes. »

Et maintenant ?

Le Directoire du MRC a clos le débat en interne. Dans un communiqué signé Roger Justin Noah ce 08 septembre, il prend acte des démissions de Maurice Kamto et Mamadou Yacouba et convoque une Convention nationale extraordinaire le samedi 10 octobre 2026 à Yaoundé. Appel à candidatures ouvert jusqu’au 9 octobre à 10h. Objectif : trouver un nouveau leader pour ne pas rater les municipales et législatives, comme en 2020.

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