La grande campagne nationale de suivi contre la rougeole-rubéole, prévue du 16 au 20 septembre 2026, n’a pas eu lieu à la rentrée. Elle est décalée au 14-18 octobre 2026 sur tout le territoire pour répondre à une épidémie ayant déjà fait au moins 18 morts.
Le report de la campagne est officiel. L’annonce des ministres de la Santé publique Manaouda Malachie et de l’Éducation de base Laurent Serge Etoundi Ngoa est contenue dans un communiqué conjoint. En cause, des contraintes opérationnelles et une épidémie qui explose avec 9 568 cas et 18 décès dans 120 districts de santé. Comme raisons justifiant le report, les deux ministres parlent de « contraintes opérationnelles ».
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Dans le jargon de la santé publique, cela peut signifier qu’il y a un besoin en logistique massive. Il faut prépositionner des millions de doses de vaccin Rougeole-Rubéole avec chaîne de froid garantie dans 120 districts en épidémie active. Les stocks sont confirmés disponibles, mais leur déploiement sécurisé prend du temps. Cela renvoie aussi à la qualité de la riposte. Les premières mesures de riposte depuis janvier ont permis « une amélioration progressive dans plusieurs zones ». Pour transformer cet essai en coup d’arrêt définitif, le gouvernement veut une campagne à 100% de couverture, pas une campagne précipitée.
Dans le registre des raisons, le report invite à ne pas saboter la rentrée. Organiser une campagne nationale et une rentrée scolaire les mêmes jours (16-20 sept) aurait surchargé les centres de santé et créé une confusion totale pour les parents. Le report permet de dissocier les deux opérations.
Décidé par les membres du gouvernement ce glissement n’est donc pas un abandon, c’est un choix stratégique pour frapper plus fort en octobre. La mesure ne doit pas faire oublier la gravité de la situation. Depuis plus de huit mois, l’épidémie est en cours au pays. Plus de la moitié des districts de santé est touchée. La rougeole est l’une des maladies les plus contagieuses au monde. Un seul enfant malade peut en contaminer 18. Elle tue par ses complications : pneumonies, encéphalites, cécité. Et la rentrée scolaire, avec des milliers d’enfants entassés en classe, est le premier accélérateur de propagation. La situation nécessite ainsi une réponse nationale.
Pour cette opération, les ministres imposent un protocole. Pour les parents et tuteurs, avant tout enrôlement, vérifier la complétude du calendrier vaccinal. La 2e dose du vaccin Rougeole-Rubéole, est administrée à partir de 15 mois. Sans elle, l’enfant n’est pas protégé et est contagieux. Pour les écoles maternelles, les directrices doivent vérifier le carnet de tout enfant s’inscrivant pour la première fois. Elles ont eu l’instruction de refuser les premières inscriptions sans preuve de vaccination. Les écoles quant à elles doivent vérifier le statut vaccinal de tous les enfants et orienter les cas présentant une situation vaccinale partielle vers la formation sanitaire la plus proche pour rattrapage.
Pour lever toute hésitation, les ministres rassurent des stocks de vaccin rougeole-rubéole en quantité suffisante dans toutes les formations sanitaires. La prise en charge se fait à 100% par le gouvernement via le Programme élargi de vaccination (PEV). Ainsi, « contre la rougeole, vaccinons nos enfants et protégeons-les ! » C’est du 14 au 18 octobre prochains dans les 10 régions.




