L’annonce est du ministère du commerce qui inscrit l’initiative dans le cadre de sa volonté de réguler les prix sur le marché
Près de 15 000 tonnes attendues
Du sucre une fois encore importé au Cameroun ce mois de juillet. Cela est désormais plus que probable. Le ministère du commerce a fait savoir que le gouvernement envisageait d’importer afin de faire face aux tensions persistantes sur le marché local. Au total, ce seront près de 30 000 tonnes importées les mois de juin et de juillet cette année, la forte demande industrielle continuant à plomber la disponibilité pour les ménages. Dans les quartiers de la capitale et même dans certaines grandes surfaces, le prix du paquet d’un kilogramme de sucre varie entre 800 et 1000 FCFA. Trop cher pour de nombreuses populations, dont les revenus affectés à la consommation sont de plus en plus faibles. Les descentes des inspecteurs vérificateurs de prix sur le terrain auront ainsi constitué des actions inutiles. Ce que les gens ne savent pas, c’est que la loi sur le commerce interdit de vendre moins cher que le coût d’acquisition ou de production. Lorsque les inspecteurs arrivent, nous leur montrons ce que cela nous coûte de vendre du sucre, et certains comprennent, mais d’autres pas, d’où les tensions, a affirmé le responsable d’une moyenne surface de vente à Nkoleton un quartier de Yaoundé. Le gouvernement fixe le prix maximal du paquet à 650 FCFA.
A qui profite le business?
L’opinion ne comprend toujours pas pourquoi la question du sucre ne trouve pas de réponse définitive. Pour cette opération d’importation, trois entreprises ont été retenues. Certains observateurs se demandent pourquoi depuis près de 5 ans le gouvernement n’a pas pris de mesures fortes pour renforcer la productivité de la SOSUCAM, l’entreprise parapublique de fabrication du sucre au Cameroun. Sa fourniture sur le marché stagne à 130 000 tonnes, pour une demande fixée à 200 000 tonnes. D’un autre côté, des observateurs se demandent aussi pourquoi le gouvernement s’obstine à importer lui-même du sucre. Une solution aurait été de constituer des provisions de sécurité pour la population. Parallèlement, il aurait aussi autorisé aux entreprises utilisant le sucre comme intrant, de pouvoir en importer dans la limite de la compensation de leur déficit. Une action qui serait menée sous le contrôle de l’Etat. En conclusion, des personnes proches du problème pensent que l’importation du sucre est devenue un gros business, avec des garanties de retour sur investissement sans précédent. Jusqu’à la fin de l’année, près de 40 000 tonnes seront encore attendus. Les cadres du ministère se refusent à donner des informations sur le nom des entreprises retenues pour ces opérations.
Le président de la république avait créé une structure en charge de régler ces types de problèmes (MIRAP). Ses dirigeants ont été désignés, mais visiblement la structure ne fonctionne pas encore. En 2008, la hausse des prix du sucre avait été l’une des causes de la colère des populations. Mais la question se pose de savoir jusqu’à quand le gouvernement compte importer ce produit, et surtout quel en est le coût pour les contribuables ?




