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Cameroun : Equinoxe TV écope d’une triple suspension ce 1er avril 2022 (officiel)

Le Conseil national de la communication a suspendu ce 1er avril 2022 le patron de la chaîne Sévérin Tchounkeu, le…

Le Conseil national de la communication a suspendu ce 1er avril 2022 le patron de la chaîne Sévérin Tchounkeu, le présentateur vedette du journal de 20h Cedrick Noufélé Nfonga et l’émission « droit de réponse » pour  une durée d’un mois.

Elle tombe le 1er avril mais n’est pas un poisson d’avril. La décision vient du Conseil national de la communication (Cnc), instance de régulation du secteur de la communication sociale au Cameroun.

« Le Conseil, après avoir établi la responsabilité » du patron d’Equinoxe télévision et de son rédacteur en chef, « a décidé de suspendre M. Sévérin Tchounkeu pour une durée d’un mois de l’exercice de la profession de journaliste au Cameroun et de la fonction de directeur de publication d’Equinoxe télévision (…) de suspendre M. Noufele Nfonga Cédrick, journaliste en service à Equinoxe tv de l’exercice de la profession de journaliste au Cameroun pour une durée d’un mois (…) de suspendre pour une durée d’un mois, l’émission intitulée droit de réponse », peut-on lire sur le communiqué en date du 1er avril 2022.

Le document signé du président du Conseil Joseph Chebongkeng et rendu public au terme de la 34è session ordinaire du Conseil tenue ce vendredi, énonce les motifs des différentes suspension. Le promoteur de la chaîne bleue siégeant à Douala est doublement sanctionné.

D’abord en qualité de journaliste, pour « affirmations et accusations non fondées au cours de l’émission spéciale diffusée le 21 mars 2022 sur Equinoxe tv »  au titre du directeur de publication, pour diffusion dans le même organe de propos non fondés, insinuants, offensants, et pour déformation de la vérité des faits dans le cadre de l’émission « droit de réponse » du 27 février et du journal télévisé de 20 heures du 17 mars 2022 .

Puis en tant que directeur de publication, « pour diffusion dans le même organe de propos non fondés, insinuants, offensants, et pour déformation de la vérité des faits dans le cadre de l’émission « droit de réponse » du 27 février et du journal télévisé de 20 heures du 17 mars 2022 », explique le communiqué.

« Propos conflictogène »

Quant au rédacteur en chef Cedrick Noufele Nfonga, il est sanctionné pour deux raisons selon le Conseil. D’abord pour « manquement professionnel consécutif à un défaut d’encadrement des panélistes dû à un défaut de maîtrise d’antenne » en tant que présentateur du programme droit de réponse du 27 février 2022. Lequel, selon l’instance, a « conduit à la diffusion au cours dudit programme des propos à caractère conflictogène émanant de certains représentants des partis politiques et susceptibles de conduire à l’amplification d’une revendication sociale potentiellement explosive »

Ensuite, pour « déformation de la vérité des faits suite à la diffusion inappropriée au cours du journal télévisé de 20heures du 17 mars 2022 de l’extrait d’une vidéo amateur du 06 octobre 2020 en guise d’illustration des menaces d’un sous-préfet de la région de l’Ouest à l’encontre des enseignants revendiquant leurs droits », précise le communiqué du Conseil.

L’émission « droit de réponse » n’échappe pas à cette série de sanctions. Elle est aussi suspendue pour une durée d’un mois, pour « diffusion au cours de ce programme le 27 février 2022 de propos à caractère propos conflictogène et susceptibles de conduire à l’amplification d’une revendication sociale potentiellement explosive », argue le Cnc.

Pour rappel, les sanctions prononcées ce jour par le Conseil ont été précédées des menaces de l’autorité administrative. Dans une correspondance adressée au patron de la chaîne Equinoxe télévision,  le gouverneur du Littoral accusait la chaîne « d’incitation répétée à la révolte populaire ». Dieudonné Ivaha Diboua mettait de ce fait le promoteur « en garde contre toute récidive face à laquelle sera appliquée la loi dans toute sa rigueur car, lorsque le seuil de la provocation atteint l’intolérable, la liberté d’expression perd tout son sens », concluait-il.  

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