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La crise anglophone au Cameroun classée 3ème crise la plus négligée au monde

Il s'agit d'une évaluation faite par une ONG norvégienne sur la situation sécuritaire au monde. Elle s'appuie notamment sur la…

Crise anglophone

Il s’agit d’une évaluation faite par une ONG norvégienne sur la situation sécuritaire au monde. Elle s’appuie notamment sur la faible attention qu’on porte à cette crise comme à celle dans l’Extrême-Nord.

L’organisation non-gouvernementale norvégienne, Norwegian Refugee Council (NRC) a publié une liste des dix crises de déplacement les plus négligées au monde. On retrouve les crises sévissant dans des pays comme la République démocratique du Congo (RDC), qui vient en premier lieu, ensuite le Burkina Faso, puis, le Cameroun, le Soudan du Sud, le Tchad, le Mali, le Soudan, le Nigéria, le Burundi et l’Éthiopie.
Ce classement pour l’année 2021 tire son fondement selon ses initiateurs de l’absence ou encore la raréfaction des politiques et actions publiques « elle témoigne de l’échec chronique des décideurs, des bailleurs de fonds et des médias à aborder les conflits et les souffrances humaines sur ce continent », a déploré le secrétaire général de l’ONG, Jan Egeland, dans un communiqué.
Le rapport indique que 2021 a vu trois crises distinctes persister au Cameroun. Dans les deux régions anglophones, le rapport indique que l’insécurité croissante et les abus contre les civils ont forcé les gens à fuir en quête de sécurité.
 »Les attaques contre les enseignants, les écoles et les établissements de santé se sont poursuivies, laissant 700 000 enfants dans l’impossibilité d’aller à l’école. Dans la région de l’Extrême-Nord, la violence et les attaques ont considérablement entravé les efforts humanitaires et l’accès aux personnes dans le besoin  »
Dans la région de l’Est du pays, il y a eu une augmentation du nombre de réfugiés de la République centrafricaine, ce qui a exercé une pression supplémentaire sur les communautés d’accueil locales, comme l’indique le rapport.
Au cours des quatre dernières années, le Cameroun a été classé 3e sur cette liste en raison d’un manque constant d’engagement politique et d’attention internationale.
La plupart des médias internationaux couvrent rarement les pays en conflit au-delà des reportages sur les nouvelles flambées de violence ou de maladie, et dans plusieurs pays africains, le manque de liberté de la presse aggrave la situation.
Ensuite, il y a la lassitude des donateurs et le fait que de nombreux pays africains sont considérés comme présentant un intérêt géopolitique limité.
Le faible niveau de financement limite la capacité des organisations humanitaires à la fois à fournir une aide humanitaire adéquate et à faire un travail efficace de plaidoyer et de communication pour ces crises, créant un cercle vicieux.
La situation en 2022 montre peu de signes d’apaisement pour le peuple camerounais, alors que la violence et l’insécurité persistent. La détention de travailleurs humanitaires a conduit certaines organisations à suspendre leurs programmes, laissant encore plus de personnes hors de portée de l’aide.
Il est fort de constater au grand malheur, que pour une première fois, les 10 premiers pays sur cette liste sont tous africains. Or, les années antérieures, les pays africains étaient certes présents, mais on retrouvait les pays d’autres continents dans le top 10. C’est dire que l’environnement sécuritaire en Afrique laisse à désirer.

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