Politique › Sécurité



Réunis à Yaoundé dans le cadre du programme GRIDS de l’OICS, les services douaniers et les forces de police des deux pays veulent intensifier le partage de renseignements et les opérations conjointes contre les réseaux de trafic transfrontalier.

Le Cameroun et le Nigéria veulent franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Réunis les 5 et 6 octobre 2026 à l’Hôtel Mérina de Yaoundé, les représentants des administrations douanières et des forces de police des deux pays participent à un atelier bilatéral de haut niveau consacré au renforcement de la coopération opérationnelle contre les nouvelles formes de trafic de drogues.

Organisée sous l’égide de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), cette rencontre s’inscrit dans le cadre du programme GRIDS (Global Rapid Interdiction of Dangerous Substances). Elle vise notamment à améliorer le partage de renseignements, la détection des nouvelles substances psychoactives et la coordination des interventions de part et d’autre de la frontière commune.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Une menace en pleine mutation

Les participants constatent une évolution des circuits de trafic. Aux côtés des stupéfiants traditionnels apparaissent de plus en plus de nouvelles substances psychoactives (NSP), des opioïdes synthétiques et certains produits chimiques susceptibles d’être utilisés dans leur fabrication.

Cette transformation des modes opératoires impose, selon les participants, une adaptation des stratégies de lutte. Les services chargés du contrôle des frontières doivent notamment pouvoir identifier rapidement les nouvelles substances, anticiper les itinéraires empruntés par les trafiquants et échanger les informations utiles aux enquêtes.
À l’ouverture des travaux, le Commandant Félix Ekolle, représentant le directeur général des Douanes camerounaises, a insisté sur la nécessité d’une action concertée entre les deux pays. « Aucun État ne peut lutter seul contre ces réseaux », a-t-il déclaré.

Cette coopération entend ainsi dépasser le simple échange de statistiques pour privilégier le renseignement opérationnel et la coordination des actions sur le terrain.

Les expériences camerounaises au cœur des échanges

Les travaux de l’atelier donnent également une place importante à l’expérience acquise par les services camerounais dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Le Commandant Christelle Sandra Anong Aroga a présenté les principales données relatives aux opérations menées au Cameroun et à l’évolution des pratiques criminelles observées sur le terrain. De leur côté, le Commandant Marie Madeleine WANG et le Capitaine Gabriel Ngha Nfor ont présenté plusieurs expériences liées aux saisies effectuées dans les aéroports internationaux de Yaoundé-Nsimalen et de Douala.
Les échanges portent notamment sur les techniques de détection, les méthodes d’enquête, les mécanismes de dissimulation utilisés par les trafiquants ainsi que les moyens permettant de mieux exploiter les informations recueillies lors des contrôles.

La technologie au service du renseignement

Une autre dimension importante de la rencontre concerne l’utilisation des outils numériques développés dans le cadre du programme GRIDS. Les participants camerounais et nigérians sont notamment sensibilisés à l’utilisation de plateformes telles que IONICS, GRIDS Intel et SNOOP. Ces systèmes doivent faciliter la circulation rapide des alertes et des renseignements concernant les substances dangereuses et les réseaux susceptibles de les acheminer.
La formation est conduite sous la supervision de l’Officier technique régional (RTO) basé au bureau de l’ONUDC au Nigéria.
L’objectif est de permettre aux services compétents des deux pays de disposer d’informations suffisamment rapides et précises pour identifier les menaces, suivre les mouvements suspects et coordonner leurs interventions.
Au-delà de la formation, les travaux de Yaoundé doivent déboucher sur une coopération plus concrète entre les services camerounais et nigérians. Les deux pays envisagent notamment de renforcer les enquêtes conjointes, le partage de renseignements et la coordination des interceptions de marchandises suspectes. Des visites de sites stratégiques figurent également au programme de la rencontre.

Avec cet atelier, Yaoundé et Abuja cherchent ainsi à renforcer le contrôle de leur frontière commune et à réduire les possibilités offertes aux réseaux criminels qui exploitent les différences de procédures et les difficultés de coordination entre administrations.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP

À LIRE AUSSI

À LIRE AUSSI

6 octobre 2026

Au moins cinq corps ont été repêchés et neuf personnes sont toujours portées…

6 octobre 2026

Réunis à Yaoundé dans le cadre du programme GRIDS de l’OICS, les services…

6 octobre 2026

Au cours d’une rencontre avec la presse le 05 octobre 2026 à Yaoundé,…