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Violences faites aux femmes : le gouvernement camerounais accusé d’avoir failli à ses engagements

Dans un rapport récent, l'organisation internationale Human Rights Watch -HRW- relève les manquements du gouvernement camerounais dans la lutte contre…

Dans un rapport récent, l’organisation internationale Human Rights Watch -HRW- relève les manquements du gouvernement camerounais dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. En 15 ans après son engagement, le gouvernement n’a pas pu atteindre ses objectifs.

 

Engagé depuis 2011 à réduire de moitié les violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun d’ici 2026, le gouvernement ne parvient pas à tenir ses engagements. 15 ans plus tard, parvenu à la date butoir fixée, les violences faites aux femmes et aux filles s’aggravent plutôt sous toutes les formes. Les femmes sont encore face aux violences physiques, économiques, psychologiques et émotionnelles aussi bien en privé qu’en public. Elles ont un contrôle limité à la terre, au logement, au revenu, et à d’autres ressources économiques. Ces violences sont l’œuvre des maris, des partenaires intimes et les parents masculins, relèvent les chercheurs dans le rapport intitule ‘’je vis dans l’insécurité permanente’’ rendu public ce 24 juin 2026.

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Les données sont contenues dans le document de 86 pages produits au terme des recherches menées entre septembre et décembre 2024 à Maroua dans l’Extrême-Nord, à Douala dans le Littoral, et à Buea dans le Sud-Ouest. Des chercheurs ont mené des entretiens approfondis sur 60 femmes qui ont subi des violences physiques, psychologiques et économiques ainsi que des responsables gouvernementaux chargés de la fourniture de services sociaux et avec les chefs religieux. Le rapport documente ainsi des abus et présente les facteurs de ces violences.

Des acteurs multiples aux solutions pérennes     

En effet, les violences faites aux femmes et aux filles sont favorisées par des inégalités de genre, des lois discriminatoires, des institutions faibles. Elles sont aggravées par un sous-investissement chronique dans la prévention et le soutien aux survivantes. Le cadre juridique renforce la domination masculine sur les femmes. Les filles sont traitées de manière inégale en matière d’héritage familial ; des femmes ayant tenté de signaler les violences à la police ou de demander réparation devant les tribunaux, ont été conseillées de ne pas donner suite à leur plainte ou ont été tenues pour responsable des violences. A cela s’ajoutent des représailles de la part des maris pour avoir contacté les autorités ainsi que des liens étroits entre agresseurs et la police ou les autorités. Les crises sécuritaires ne sont pas oubliées.

D’après HRW en 15 ans, le gouvernement n’a pu prendre que peu de mesures concrètes pour atteindre ses objectifs déclarés. Il a donc failli à ses engagements. Le Cameroun ne dispose pas d’une politique globale ou de directives nationales sur les violences domestiques. La police, les autorités judiciaires, les prestataires de santé et les travailleurs sociaux sont sous-équipés pour prévenir les abus, protéger les victimes ou traduire les auteurs en justice. La responsabilité est celle du gouvernement du président Paul Biya et du Rassemblement démocratique du peuple camerounais son parti qui tiennent les rênes du pouvoir depuis plus de 40 ans.

Pour renforcer la lutte Human Rights Watch recommande des actions telles que la reforme juridique avec l’adoption du Code de la famille qui piétine depuis 20 ans ; le financement adéquat et durable de services dédiés aux survivantes ; la formation efficace des policiers et des fonctionnaires judiciaires ; des efforts concertés pour s’attaquer aux causes profondes des violences. Le pays a l’obligation d’éliminer toutes les discriminations à l’égard des femmes pour avoir ratifiés les instruments juridiques internationaux y relatifs, rappelle l’organisation.

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