Refusant toute réduction de l’Église à une simple mission catéchétique, il a plaidé pour un engagement concret face aux défis sociaux, politiques et humains du pays et du continent.
À Yaoundé, le ton du Pape Léon XIV s’est voulu clair, direct et profondément ancré dans les réalités africaines. Devant les fidèles et les autorités, le souverain pontife a insisté sur la responsabilité morale des dirigeants : « Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins », a-t-il martelé, appelant à une vision politique ouverte et solidaire.
Dans un contexte marqué par les tensions et les conflits, il a lancé un appel pressant : « Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés. » Pour lui, la paix ne peut être imposée d’en haut : « Elle ne se décrète pas : elle s’accueille et se vit », a-t-il affirmé, invitant chacun à en devenir artisan.
Le Pape n’a pas éludé les maux qui fragilisent les sociétés africaines. Il a dénoncé sans détour « les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité », tout en mettant en garde contre « cette soif de gain qui est une idolâtrie ». Derrière les chiffres économiques, a-t-il rappelé, « il y a des visages, des histoires, des espérances brisées ».
Plaidant pour une gouvernance inclusive, il a exhorté les responsables à bâtir « une politique sociale avec les pauvres, jamais sans les pauvres », et à écouter véritablement les citoyens. « L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division », a-t-il insisté.
Enfin, rendant hommage aux femmes, « souvent premières victimes des violences mais artisanes infatigables de paix », le Pape a conclu en rappelant que « le véritable gain, c’est le développement humain intégral », citant saint Augustin : « Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. »
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