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Cameroun : croisade contre les dirigeants illégaux d’entreprises et établissements publics

Alors que le Fonds monétaire international sonne l’alerte en indiquant les conséquences d’une telle violation des lois, le Pr Viviane…

Alors que le Fonds monétaire international sonne l’alerte en indiquant les conséquences d’une telle violation des lois, le Pr Viviane Ondoua Biwole présente et actualise les statistiques en donnant des éclairages sur la question.

Au Cameroun, plusieurs entreprises et établissements publics ont à leur tête des dirigeants dont le mandat est échu. Le constat est fait à la fois par le Fonds monétaire international et le Pr Viviane Ondoua Biwole experte en gouvernance publique. Dans son rapport publié en mai 2026 au terme des consultations menées en mars dans le cadre de l’article IV, le FMI constate que plusieurs dirigeants d’entreprises au Cameroun sont illégaux. Leur mandat est arrivé à expiration. Mais ils continuent de diriger ces structures malgré les pertes que cela entraine sur les économies. En particulier, la fragilisation des finances publiques et l’augmentation des risques budgétaires sur l’Etat.

Le FMI estime en effet que le maintien en fonction de ces dirigeants est l’une des causes des contreperformances dans ces entreprises. La faiblesse de gouvernance, la surveillance insuffisante, des organes de surveillance inactifs et incomplets, de nombreux mandats expirés ou des postes vacants entrainent la persistance des pertes financières.

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Mais, malgré le cadre juridique fixé à travers les lois n°010 et 011 du 12 juillet 2017, 10 entreprises restent non conformes, indique le FMI. Aussi, l’institution internationale note l’absence ou le fonctionnement défaillant des conseils d’administration et des assemblées générales dans plusieurs structures. Par ailleurs, elle révèle qu’en 2024 deux entreprises publiques ne disposaient d’aucun organe de gouvernance. Et plus de la moitié des postes de direction clé étaient occupées par des responsables dont les mandats étaient arrivés à échéance ou demeuraient vacants. Selon les textes, le mandat des PCA, DG et DGA ne peut excéder neuf ans consécutifs et celui des administrateurs ne peut accéder six ans consécutifs.

Les données fournies par le FMI sont précédées de celles que l’universitaire camerounaise contenues dans une analyse rendue publiques en 2024. Dans cette analyse, le Pr Viviane Ondoua Biwole indique que 57 PCA sur les 88 entreprises et établissements publics analysés sont illégaux. Soit un taux de non-conformité de 64,77%. Le caractère illégal tient des lois n°010 et 011 du 12 juillet 2017. Au regard des mêmes lois, l’analyse de la même personnalité indique que sur 112 entreprises et établissements publics, 64 soit 54,14% ont un dirigeant dont le mandat sera échu le 12 juillet 2026. 94 dirigeants des entreprises et établissements publics auront des mandats échus en 2026, dont 57 directeurs généraux soit 60,63% et 37 directeurs généraux adjoints soit 39,37%.

Par ailleurs, l’universitaire fait savoir dans l’analyse que 8 postes sont vacants dont 5 postes de DGA et 3 postes de DG. En 2024, l’experte prévenait déjà que le président de la République devrait nommer 102 dirigeants et 57 PCA avant le 12 juillet 2026. Près de deux ans plus tard et alors que le mois de juin s’achève, le Pr Viviane Ondoua Biwole s’apprête à révéler les statistiques actualisées. L’universitaire donne rendez-vous le 23 juin 2026 pour découvrir les mandats échus au 237.

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