Face à la montée des assassinats ciblant les femmes au Cameroun, les partis politiques prennent la défense de la cause féminine et demandent des sanctions exemplaires contre les auteurs de tels crimes.
En huit mois, plus de 60 femmes ont été froidement tuées au Cameroun. Face au phénomène qui s’accroît, l’inquiétude est générale et l’indignation s’empare de la sphère politique nationale. Préoccupés par la récurrence des feminicides au Cameroun, le Mouvement patriotiques pour la prospérité du peuple (MP3), le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), le Social Democratic Front (SDF) et bien d’autres érigent un front pour protéger et défendre les femmes en danger.
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Devant des vies arrachées, des familles brisées, des enfants privées de leurs mères, «le silence et l’inaction» ne sont plus une réponse. Le MP3 propose la protection des femmes en danger, une sanction sévère contre les agresseurs et la prévention de la violence par l’éducation des enfants pour briser le cycle de la violence. Dans une communication en date du 26 août 2026, le bureau politique du parti s’indigne de la banalisation de la violence sur les femmes et interpelle l’État qui n’accorde pas la priorité à ce sujet.
L’interpellation des pouvoirs publics, c’est aussi ce que fait le MRC en condamnant fermement « l’hémorragie silencieuse » liée aux feminicides domestiques. Le parti dénonce le silence coupable des autorités, l’indifférence générale, ainsi que la banalisation des actes criminels. Dans une sortie en date du 26 août dernier et signée du secrétaire général adjoint Roger Justin Noah, la formation politique plaide pour des sanctions plus lourdes contre les auteurs de tels assassinats. Et appelle les communautés à développer la vigilance, à dénoncer le moindre fait suspect.
« La répression qui jette l’effroi », qui dissuade. C’est le levier qu’il faut actionner d’après le PCRN pour mettre fin à ce phénomène insupportable marqué par des coups, violences et la barbarie sur les femmes. « Aucune colère, aucune jalousie, aucune humiliation, aucune dispute ne donne le droit de frapper ou de tuer », souligne le député Cabral Libii qui insiste pour dire non à la banalisation de la violence.
La mise en œuvre des propositions ainsi faites dépend pour la plupart de la volonté de ceux qui tiennent le pouvoir. Mais, d’après le Social Democratic Front, les dirigeants actuels gardent le silence face aux propositions de changer la situation. Dans une déclaration signée de Madeleine Haoua, coordonnatrice nationale des femmes socialistes, le parti rappelle avoir soumis à l’Assemblée nationale des propositions de loi visant à lutter contre les féminicides et autres violences sur els femmes et les enfants. Mais, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti majoritaire au Parlement brille par le silence sur ces textes. N’ayant pas la majorité pour décider, le parti de Joshua Osih n’a pu faire que des propositions et se remettre à la volonté de ceux qui ont le pouvoir de décider.
De manière collective, les partis d’opposition militent pour des sanctions lourdes contre les agresseurs, appellent les autorités à l’action et les communautés à la vigilance. La mise en œuvre de l’ensemble des solutions peut conduire à résoudre de manière durable l’équation difficile.



