Entre reflux des réserves de change et risque de poussée inflationniste, la sous-région CEMAC aborde 2026 sous tension. Une éventuelle hausse des cours des hydrocarbures pourrait offrir un répit, sans dissiper les vulnérabilités structurelles.
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) entre dans une zone d’incertitude. D’un côté, l’érosion récente des réserves de change interroge la solidité extérieure ; de l’autre, la remontée attendue des prix internationaux de l’énergie fait planer un risque inflationniste renouvelé.
Au 31 octobre 2025, les réserves de change se sont établies à 6 203 milliards de FCFA, en recul de 146 milliards sur un an et de 1 133 milliards depuis fin 2024. Une contraction imputable, selon le ministère des Finances, à « des transferts nets négatifs cumulés de 1 300 milliards », dans un contexte marqué par la baisse des cours du pétrole, des déficits commerciaux persistants et des règlements accrus des engagements extérieurs. Si cette évolution n’entame pas encore la stabilité extérieure, elle réduit les marges de manœuvre à l’approche d’échéances importantes de dette en 2026, synonymes de sorties de devises.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Dans ce paysage contraint, la hausse des prix des hydrocarbures liée aux tensions géopolitiques pourrait jouer un rôle d’amortisseur. Exportatrice nette de pétrole et de gaz, la sous-région tirerait parti d’un regain de recettes en devises, première source d’alimentation des réserves. Le ministère des Finances nuance toutefois cet espoir : « le risque lié au transport pourrait affecter les exportations », limitant l’effet positif attendu.
Mais ce possible répit extérieur s’accompagne d’un revers intérieur. La flambée des coûts énergétiques, conjuguée aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, devrait renchérir les importations et, par ricochet, les prix domestiques. Une dynamique préoccupante pour des économies encore dépendantes de l’extérieur.
Après un pic à 5,6 % en 2022 et 2023, l’inflation avait été ramenée à 2,2 % en 2025, sous le seuil communautaire, grâce aux mesures publiques et monétaires. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) tablait sur 2,7 % en 2026. Mais la hausse attendue des carburants pourrait enrayer cette désinflation. Les coûts de transport, en particulier, risquent de diffuser la pression sur l’ensemble des secteurs.
Entre soutien conjoncturel et fragilités persistantes, la CEMAC avance ainsi sur une ligne de crête, où chaque choc externe recompose les équilibres internes.



