Malgré des échanges directs limités avec la région, le Cameroun reste exposé aux effets indirects d’une crise énergétique mondiale qui pourrait raviver tensions inflationnistes et perturbations d’approvisionnement.
L’escalade militaire déclenchée le 28 février 2026 entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait peser une menace sérieuse sur les équilibres économiques mondiaux. Pour le Cameroun, l’impact direct pourrait sembler contenu. « Les échanges avec les pays du Moyen-Orient ne dépassent pas 3 % du commerce extérieur », souligne le ministère des Finances, laissant entrevoir une exposition commerciale limitée.
Dans les faits, les exportations camerounaises vers cette zone restent modestes, inférieures à 30 milliards de FCFA, dominées par le cacao et le gaz naturel liquéfié. En revanche, la dépendance aux importations est bien plus significative. Chaque année, près de 200 milliards de FCFA de biens sont importés depuis ces pays, dont 120 milliards en carburants et lubrifiants, représentant 12 % de la consommation nationale.
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« Le remplacement de ces circuits d’approvisionnement pourrait engendrer des surcoûts importants », avertit le ministère des Finances, avec des répercussions attendues sur les prix à la pompe, mais aussi sur des intrants stratégiques comme les engrais, en pleine période de semis.
Au-delà de ces effets directs, le principal risque réside dans les canaux indirects. Les grandes puissances économiques comme la Chine, Union européenne, Inde ou États-Unis fortement dépendantes du pétrole du Golfe, sont aussi les partenaires clés du Cameroun. Toute perturbation de leurs approvisionnements se répercutera mécaniquement sur les coûts et les flux commerciaux.
Déjà, les importations camerounaises de carburants, estimées à 974 milliards de FCFA en 2024 et 788 milliards en 2025, proviennent majoritairement de pays tiers comme la Belgique (36 %), les États-Unis (9 %) ou l’Inde (8,5 %). « Ces partenaires constituent des vecteurs de transmission des chocs extérieurs », précise le ministère.
L’expérience récente du conflit russo-ukrainien a démontré la vulnérabilité de la zone CEMAC face aux crises globales. Hausse des prix énergétiques, tensions logistiques et inflation importée avaient durement affecté l’économie camerounaise.
Dans ce contexte, la durée du conflit au Moyen-Orient sera déterminante. Une crise prolongée pourrait raviver ces déséquilibres, accentuant la pression sur les finances publiques et le pouvoir d’achat des ménages.




