Le patron administratif de la région, Awa Fonka Augustine, instruit les sous-préfets et responsables municipaux de son territoire de commandement de décupler la vigilance et de passer à la répression des faussaires.
Les autorités administratives et municipales de la région de l’Ouest sont appelées à intensifier la lutte contre la falsification des actes d’état civil. Le gouverneur engage l’ensemble des préfets et de sous-préfet à renforcer la vigilance administrative en contexte de recrudescence alarmante de la circulation massive de faux actes d’état civil dans la région.
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L’autorité administrative instruit, pour traquer les faux actes, l’examen « minutieux, systémique et rigoureux » des justificatifs des actes à eux soumis pour signature ou visas ; d’actionner les mécanismes de vérification auprès des centres d’état civil émetteurs en cas de doute légitime sur l’authenticité. « Tout cas suspect ou avéré de fraude sera systématiquement rejeté et les auteurs traduits devant les autorités judiciaires compétentes », prévient le gouverneur.
Le patron de la région précise dans une correspondance adressée aux préfets que la circulation massive de faux actes résulte d’un contexte précis. Elle s’accentue au moment de la demande de certification des pièces exigées dans les dossiers des concours ouverts par le ministère de la Fonction publique et de le Réforme administrative ; dans le cadre des inscriptions dans des établissements scolaires et dans le sillage de l’opération nationale d’audit des allocations familiales pour assainir le fichier solde et stopper les paiements irréguliers.
Classée 3e dans la liste des régions les plus corrompues au Cameroun, il n’est pas question que la région de l’Ouest aggrave sa situation en laissant prospérer le faux constaté dans l’établissement des actes d’état civil. Au-delà de la volonté des autorités de laver l’image, il est question de ramener les citoyens au respect des valeurs d’intégrité et de loyauté, de citoyenneté responsable.
Mais comment une seule région peut-elle réussir un tel pari lorsque la nation tout entière est sous l’effet de la gangrène du faux. De faux actes d’état civil peuvent se trouver dans toutes les régions et dans toutes les sphères. Tout comme de faux diplômes circulent. Les faussaires les font certifier dans des administrations chaque jour, sans s’inquiéter. Et en général, rien ne réussit à maîtriser le phénomène. Il faut des opérations spéciales pour trouver des solutions au cas par cas.
A l’initiative du ministère de la Défense, plus de 1 300 faux diplômes ont été détectés dans le processus de recrutement des soldats et des gendarmes en 2024. En 2022, 929 jeunes ont été radiés de de la formation dans des corps d’armées pour faux diplômes. Aussi, l’opération d’audit des allocations familiales naît des suspicions de faux actes de naissance introduits dans le système. Le rapport de l’audit viendra fixer l’opinion sur le faux encore présumé sur 328 000 enfants augmentés dans le fichier des allocations familiales entre juin 2024 et mars 2026.
Plus grave encore, jadis concentrée à la base, l’industrie du faux vise à s’établir au plus haut sommet de l’Etat. De faux décrets attribués au président de la République en date du 12 juin 2026 auraient pu créer une crise institutionnelle. À l’ère des avancées technologiques majeures, il est plus qu’urgent et nécessaire de renforcer les dispositifs de sécurisation des indices authentiques et de détection du faux à tous les niveaux et dans toutes les administrations.



