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Déficit, dettes et réformes : Les priorités du FMI pour le Cameroun en 2026

L'institution financière internationale salue la résilience mais pointe un risque élevé de surendettement. Les services du Fonds monétaire international (FMI)…

L’institution financière internationale salue la résilience mais pointe un risque élevé de surendettement.

Les services du Fonds monétaire international (FMI) ont achevé, le 13 février 2026, leur mission au Cameroun dans le cadre des consultations au titre de l’article IV. Conduite par Christine Dieterich, l’équipe s’est rendue dans le pays du 29 janvier au 12 février pour évaluer la conjoncture récente et les perspectives macroéconomiques. Le rapport final sera soumis fin mars au conseil d’administration de l’institution.
Le diagnostic est contrasté. L’économie camerounaise a fait preuve d’une « résilience considérable » face aux chocs extérieurs successifs, mais la croissance reste modérée. Après 3,5 % en 2024, elle devrait ralentir à 3,1 % en 2025, pénalisée par les tensions postélectorales qui ont perturbé commerce, services et investissement. L’inflation poursuit en revanche sa décrue, à 3,4 % en moyenne sur douze mois en décembre 2025.
La position extérieure s’est affaiblie. Le déficit courant devrait se creuser à 3,9 % du PIB en 2025, contre 3,3 % un an plus tôt, sous l’effet notamment d’une baisse des exportations pétrolières. La contribution du Cameroun aux réserves régionales de la CEMAC est toutefois restée globalement stable, grâce à des emprunts extérieurs contractés aux conditions du marché.

Sur le plan budgétaire, 2025 marque un coup d’arrêt. Le déficit global atteindrait environ 2 % du PIB, contre 1,5 % en 2024. Le déficit primaire hors pétrole se dégraderait à 2,6 % du PIB, bien au-delà de l’objectif initial (1,4 %). En cause : des recettes non pétrolières inférieures aux attentes et des dérapages de dépenses courantes, alors même que l’exécution des investissements accuse des retards. Les pressions de financement à court terme demeurent élevées et l’analyse de viabilité confirme un risque élevé de surendettement. Des incertitudes persistent quant à d’éventuels arriérés ou dépenses extrabudgétaires.
Les perspectives sont néanmoins jugées « prudemment favorables ». La croissance rebondirait à 3,3 % en 2026, portée par l’investissement public et l’atténuation des incertitudes, puis dépasserait 4 % à partir de 2028, à mesure que les goulets d’étranglement énergétiques seraient résorbés. À moyen terme, elle pourrait atteindre 4,6 % en 2031, soutenue par la diversification minière. L’inflation reculerait à 2,9 % en 2026 et se stabiliserait autour de 2,5 %.

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Le FMI salue l’orientation plus restrictive du budget 2026, qui vise un déficit de 1,7 % du PIB, conforme aux critères régionaux. Mais les risques restent élevés : affaiblissement des réserves régionales, tensions de liquidité, vulnérabilités du marché de la dette, volatilité des cours des matières premières, hausse des taux mondiaux, recul de l’aide internationale, sans oublier les défis sécuritaires et climatiques.
L’institution recommande d’accélérer les réformes structurelles : amélioration de l’accès au financement, meilleure planification et exécution des investissements, recours accru aux financements concessionnels pour les infrastructures, mobilisation accrue des recettes non pétrolières, opérationnalisation du compte unique du Trésor et approfondissement du marché régional des titres publics. Elle insiste également sur le renforcement de la gestion des finances publiques, la résorption progressive des arriérés et la mise en œuvre des recommandations de l’évaluation de la gouvernance de 2023, notamment en matière de lutte contre la corruption.

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