Economie



Hausse des prix à la pompe, revalorisations salariales et risque pétrolier mondial : l’équilibre budgétaire du Cameroun reste sous haute tension.

 

La facture des subventions aux carburants s’est imposée comme l’un des principaux foyers de tension sur les finances publiques camerounaises. Selon le Ministère des Finances du Cameroun, « le montant de la subvention dédiée aux prix des carburants à la pompe s’est fortement accru », atteignant 460 milliards de FCFA en 2023. Une dérive que l’État a tenté de contenir par des décisions sensibles, mêlant rigueur budgétaire et mesures sociales.

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Premier levier activé : la hausse des prix à la pompe. Le 1er février 2023, le litre de super est passé de 630 à 730 francs CFA, tandis que le gasoil grimpait de 575 à 720 francs. Une décision difficile, mais jugée nécessaire pour alléger la pression sur les comptes publics. Pour en atténuer l’impact, le gouvernement a accompagné cette mesure d’un soutien au pouvoir d’achat. « Les salaires des agents publics ont été revalorisés en moyenne de 5,2 % et le SMIG relevé à 41 875 francs », précise le ministère.

La stratégie a été reconduite un an plus tard. Le 3 février 2024, une nouvelle hausse est intervenue : le super atteint désormais 840 francs le litre, contre 730 auparavant, et le gasoil 828 francs contre 720. Là encore, des ajustements sociaux ont suivi, avec une revalorisation supplémentaire des salaires publics (+5,0 %) et des allocations familiales. Un équilibre délicat entre impératif budgétaire et stabilité sociale.

Mais l’équation pourrait se compliquer davantage sous l’effet des tensions géopolitiques. « Le conflit iranien pourrait produire des effets similaires sur les finances publiques », alerte le ministère des Finances. Si les prix du pétrole se maintiennent autour de 100 dollars le baril en 2026, les recettes pétrolières supplémentaires estimées à environ 180 milliards de FCFA offriraient un répit relatif.

Un soulagement toutefois trompeur. En parallèle, les subventions aux carburants progresseraient encore plus rapidement, sous l’effet combiné des volumes importés et des coûts logistiques (fret maritime, distribution). Autrement dit, chaque hausse des cours internationaux alourdit davantage la facture énergétique qu’elle n’enrichit les caisses de l’État.

Ce déséquilibre structurel met en lumière la vulnérabilité persistante du modèle énergétique camerounais. Entre dépendance aux importations et pression sociale, la marge de manœuvre budgétaire se réduit. Pour Yaoundé, la sortie de cette impasse passera inévitablement par une réforme plus profonde du secteur, sous peine de voir le pétrole continuer à dicter, au gré des crises, le tempo des finances publiques.

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