Palmeraies : Bolloré perd en justice face à 145 riverains camerounais

La justice française a donné raison, ce jeudi 1er décembre 2022, à 145 riverains camerounais face au groupe Bolloré, qui exigent qu’il fournisse des documents censés établir ses liens avec la Société camerounaise de palmeraies.

La justice française a donné raison ce jeudi 1er décembre 2022 à 145 Camerounais qui souhaitent contraindre le groupe français Bolloré à fournir des documents censés établir ses liens avec la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm), qu’ils accusent d’attenter à leurs droits.

Les riverains dénoncent l’exploitation de palmiers par la Socapalm. Selon eux, elle condamne leur accès à des terrains et lieux de sépulture et pollue les eaux dont ils dépendent. Comme le tribunal de Nanterre (région parisienne) en première instance, la Cour d’appel de Versailles (ouest de Paris) a estimé que les activités de la Socapalm sont « susceptibles de porter atteinte aux droits « fondamentaux » des demandeurs et notamment à leur droit à un environnement sain ».

Ainsi, leur avocat, Me Fiodor Rilov, souhaite contraindre le groupe Bolloré à produire des pièces censées attester, soit du contrôle qu’il exerce sur la Socapalm, soit des relations commerciales établies avec elle via une holding belgo-luxembourgeoise, la Société financière des caoutchoucs (Socfin).

La Cour d’appel a estimé jeudi « caractérisée la nécessité qu’il soit ordonné aux sociétés Socfin et Socapalm la production des procès-verbaux de leurs assemblées générales sur les quatre derniers exercices » pour « déterminer le rôle exact joué par la société Bolloré SE en leur sein », selon le jugement consulté par l’AFP.

Cameroun-diffamation : Socapalm se félicite de sa victoire contre France Télévisions

Dans un communiqué rendu public le 13 septembre 2022, la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) informe qu’elle a remporté le procès qui l’opposait au média.

 

L’affaire aura près de cinq ans. Mais, un tribunal de première instance siégeant dans la ville de Douala, capitale économique du Cameroun vient enfin de rendre le verdict. Le jugement rendu le 1er septembre 2022 est en faveur de la Socapalm. Une décision judiciaire dont se félicite la structure qui produit l’huile de palme et le caoutchouc.

« Nous nous félicitons donc du jugement qui, après de nombreuses années de débats, a enfin reconnu la responsabilité du média et des journalistes concernés pour les faits de diffamation par voie de communication audiovisuelle et complicité », peut-on lire sur le document disponible sur le site de Socapalm depuis le 13 septembre dernier.

Le procès était relatif à la diffamation dont s’est plainte la société camerounaise à l’encontre de France Télévisions. Le média a procédé à la diffusion d’un reportage de l’émission Complément d’Enquête en 2016. Un extrait de cette émission « émettait de très graves accusations contre la Socapalm, dénonçant des conditions de travail supposément précaires et le prétendu non-respect des droits humains dans nos plantations », rappelle Socapalm.

La société assure n’avoir cessé de dénoncer la diffusion d’informations trompeuses et biaisées, non objectives. Selon elle, ces informations visent à manipuler sciemment l’opinion publique. Elles ont fait l’objet d’une campagne de désinformation.

Pour autant, « depuis plus de 20 ans, nous sommes fiers de participer au développement local et rural du Cameroun, de contribuer à l’amélioration du bien-être de nos employés, de leur famille et des communautés, et d’être engagés pour la protection de l’environnement », assure Socapalm.

2022-09-13-Communiqué-Socapalm_Jugement_Version-finale

Cameroun-huile de palme : une procédure contre Bolloré validée en appel

145 Camerounais ont demandé à la justice française de contraindre le groupe Bolloré à fournir des documents pour établir ses liens avec la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) qu’ils accusent d’attenter à leurs droits.

La cour d’appel de Versailles a validé le 09 juin 2022 une procédure intentée contre le groupe Bolloré pour obtenir l’application de mesures améliorant les conditions de vie des travailleurs et riverains de plantations d’huile de palme au Cameroun. Cette procédure a été intentée par dix ONG et syndicats contre le groupe Bolloré. Ces organisations ont saisi la justice française en 2019 pour les motifs susmentionnés.

La cour d’appel a donné raison au tribunal de Nanterre, qui avait pris une décision similaire l’année dernière. Le groupe Bolloré avait soulevé des exceptions de nullité, qui ont pour la plupart été rejetées par la cour d’appel de Versailles.

« Nous, nous sommes satisfaits de la décision parce que c’est un pas de plus pour les communautés (affectées). La décision préserve la possibilité de recourir au juge quand après une négociation confidentielle en médiation une entreprise ne respecte finalement pas ses engagements en matière de respect des droits humains et dans cette affaire en particulier, la décision valide la procédure »

« Donc on se rapproche de la réponse vraiment attendue, à savoir concrètement : est-ce que le juge va contraindre Bolloré à exercer son influence pour remédier à la situation, c’est-à-dire, remédier aux atteintes dénoncées dans le cadre des activités de la Socapalm (atteintes à l’environnement, conditions de travail des travailleurs de la palmeraie, conditions de sécurité des travailleurs, conditions de vie des communautés riveraines)… »,

Il faut savoir que ça fait plus de dix ans que les communautés demandent une amélioration et ça fait plus de trois années perdues sur des questions de procédure donc il est plus que temps qu’on en vienne au vrai débat dans ce dossier, et d’une manière générale il est plus que temps qu’on mette un terme à l’impunité des multinationales », a déclaré Laura Bourgeois, chargée de contentieux et de plaidoyer dans cette affaire à RFI.

Cameroun : Vers moins d’importation du poisson et du riz

Les agro-industries exerçant dans ces secteurs d’activités doivent, suivant les recommandations du ministre du Commerce, maximiser leur production et encourager la consommation du Made in Cameroun.

Les opérateurs des filières riz et poisson étaient présents à la concertation organisée le 13 janvier dernier par le ministre du Commerce (Mincommerce).  Cameroun Tribune rapporte que Luc Magloire Mbarga Atangana les a incités à produire plus pour la satisfaction des besoins des consommateurs et surtout réduire les importations afin que la balance commerciale soit équilibrée.

Cette année 2020, la production nationale du riz devrait être une priorité selon le Mincommerce. Il  a été demandé aux différents producteurs de la filière de mettre un accent particulier sur le riz local en encourageant la consommation made in Cameroun.  Les responsables de la Semry tablent sur une prévision de 45 000 tonnes de riz blanchi cette année, soit une augmentation de 10000 tonnes par rapport à l’année dernière. La structure promet également de mettre en place 13500 hectares de terre de plus. Concernant le riz de Ndop, les responsables envisagent de doubler la production à hauteur de 3000 tonnes. Pour rendre le riz local accessible, les producteurs indiquent que des points de distribution supplémentaires sont en train d’être mis en place.

Pour ce qui est de la production locale du poisson, l’année 2020 pourrait être « délicieuse» si on s’en tient aux perspectives dressées par les acteurs. Seulement pour ce qui est des fêtes de fin d’année, le programme Agropoles affirme avoir  produit plus de 50 tonnes de poisson dans les étangs de différentes villes du pays. Une grande avancée selon le coordonnateur de ce programme qui assure que pour cette année, la production va aller s’augmentant.

Bolloré en justice pour la non amélioration des conditions de ses employés au Cameroun

Dix ong et syndicats Camerounais et français assignent Bolloré en justice pour non-respect d’un plan d’amélioration des conditions de travail et de vie conclu avec ses employés de plantations de noix de palme.

Le Tribunal de grande instance de Nanterre, en France, vient d’être saisi d’une plainte contre le groupe Bolloré qui exerce dans l’exploitation d’huile de palme à la Socaplam via la Socfin. La structure est poursuivie pour n’avoir pas respecté un accord passé en 2013 avec des ONG et syndicats pour l’amélioration de vie et de travail des employés desdites plantations et des populations riveraines.

Le litige qui oppose les deux parties sur cette question remonte à 2010. Année au cours de laquelle Sherpa et trois autres Ong avaient saisi l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) pour dénoncer l’impact environnemental et social des activités de la Socapalm ainsi que le non-respect des droits des travailleurs des plantations.

A lire aussi: Mbonjo: la malédiction de l’huile de palme

L’OCDE et Bolloré négocient un plan d’action en 2013. Le plan en question prévoit des actions de dépollution, de protection des riverains et d’amélioration de la situation des riverains qui sont logés dans des conditions d’insalubrité, entre autres. En 2014, le plan entre en exécution mais il tombe dans l’oubli quelques mois après et depuis lors, plus rien n’a été fait.

Lire  également: Cameroun: la société des palmeraies indexée par un nouveau rapport

Il est donc attendu de la justice française qu’elle contraigne Bolloré à respecter ses engagements. Pour le géant français cependant, Sherpa et les neuf autres Ong et syndicats procèdent par «amalgame». « Bolloré ne possède que 9,35% du capital de cette plantation camerounaise [Socaplam, Ndlr], alors que l’Etat camerounais est actionnaire lui à 27% », a-t-il déclaré, ajoutant que Bolloré « a constamment exercé son influence vis-à-vis de Socfin (la holding luxembourgeoise détenue à 38,75% par Bolloré, NDLR), mais n’exerce aucun contrôle opérationnel sur ses plantations.« 

Autre article: Enquête sur les investissements du groupe Bolloré dans les plantations africaines

Bourse de Douala : 256 milliards FCFA de titres émis en 2018

C’est 25 fois plus que ce qui avait été fait en 2017, où les émissions s’étaient stabilisées à 10 milliards FCFA.

2018 aura été une année faste pour la Douala Stock Exchange (DSX), la place boursière de la capitale économique du Cameroun. Le volume des émissions a en effet connu une forte augmentation, passant de 10 milliards FCFA en 2017 à 256 milliards en 2018 ; soit une multiplication de 25 fois supérieure d’une année à l’autre.

La seconde bonne nouvelle pour le marché financier camerounais, c’est l’entrée en scène de nouveaux intermédiaires. Appelés « prestataires des services d’investissement », ils passent de 13 à 16.

Les bons chiffres du marché financier camerounais ont été portés par l’introduction en bourse de deux nouvelles obligations au 27 décembre 2017 : l’emprunt obligataire (2018-2023) de l’Etat du Cameroun, de 200 milliards FCFA ; et l’emprunt obligataire privé Alios (2018-2023) de 8 milliards FCFA.

Pour le reste, au 9 janvier 2019, 1399 titres de l’agroindustriel SAFACAM étaient offerts à la DSX à 28399 le titre. 114 actions de la SOCAPALM s’offraient à 54 le titre. En 2018, la SOCAPALM était le titre boursier le plus rentable.

Affaire Socapalm : Bolloré perd son premier procès face à France 2

Poursuivis pour la diffusion d’un reportage sur les affaires de Vincent Bolloré au Cameroun, le journaliste Tristan Waleckx et la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte, ont été blanchis par le Tribunal de Nanterre en France.

L’industriel Vincent Bolloré a perdu le premier round de la bataille judiciaire qui l’oppose au groupe France télévisions au sujet de la gestion de la Socapalm, une entreprise agro-industrielle de droit camerounais, dont il est l’actionnaire majoritaire. Le tribunal correctionnel de Nanterre a, en effet, jugé, mardi 5 juin, que le portrait-enquête de Vincent Bolloré, diffusé en 2016 dans l’émission « Complément d’enquête », n’était pas diffamatoire, contrairement à ce qu’il prétendait.

Dans ce reportage, le journaliste Tristan Waleckx retraçait le parcours de l’homme d’affaires, de la reprise de la fabrique familiale de papier à cigarettes à la construction de son empire, avec un accent sur sa présence en Afrique. A ce niveau, le reporter a mené une incursion au sein des plantations de la Socapalm au Cameroun, où travaillaient, au moment des faits, des mineurs de 14 ans.

Au Tribunal, la juge a affirmé que Tristan Waleckx n’a en rien « porté atteinte à l’honneur ou la considération de Vincent Bolloré, de Bolloré SA et de Bolloré Africa Logistics ». A la sortie de l’audience, le journaliste est revenu sur la procédure qui a été intentée contre lui. « Il [Bolloré] disait qu’on avait payé des adultes et qu’on les avait fait passer pour des mineurs ; ce qui était n’importe quoi évidemment. Ces gens-là étaient des mineurs, et le tribunal l’a reconnu. On a eu un festival d’accusations complètement délirantes, et on a dû se défendre sur des choses complètement ahurissante (…) On a l’impression qu’il n’attaque pas pour gagner mais juste pour faire peur. Pour quelqu’un qui possède Havas, il est plutôt mal conseillé en matière de communication« , a-t-il affirmé sur les antennes de la chaîne TMC.

Tristan Waleckx est également revenu sur les pressions exercées sur son principal témoin, Emmanuel Elong, le président du syndicat des employés de la Socapalm. « J’ai eu des témoins qui ont eu des pressions, on a fait venir un témoin du Cameroun qui est venu à Paris, c’était la première fois qu’on invite un témoin camerounais dans une procédure de Bolloré. Il explique que quelques jours avant le procès, il a été suivi par deux hommes… et on lui a proposé de l’argent en échange de son absence au procès à Paris. Je dois dire qu’il a subi plus de pression que moi. »

La victoire de France 2 n’est que la première des trois procédures en cours. La seconde est pendante devant le tribunal de commerce de Paris, qui doit trancher le 12 juin. Vincent Bolloré réclame 50 millions d’euros d’indemnisation pour atteinte à ses intérêts commerciaux. La troisième, quant à elle, est une autre procédure en diffamation, intentée au Cameroun par la Socapalm contre Tristan Waleckx et France Télévisions. Le journaliste risque six mois de prison ferme dans les prisons camerounaises.

 

 

Affaire Bolloré contre France télévisions : le témoin Emmanuel Elong inquiet pour sa sécurité

De retour au Cameroun après avoir témoigné contre le géant Bolloré dans le cadre d’un procès contre France télévisions, Emmanuel Elong se dit « inquiet » pour sa sécurité.

L’agriculteur camerounais Emmanuel Elong a maintenu ses accusations d’« accaparement des terres » contre Socfin, une firme détenue à 38,7 % par Bolloré. C’était lors de sa comparution comme témoin lors du procès qu’a intenté le groupe Bolloré à France 2, après la diffusion d’un documentaire montrant des « abus » subis par les populations, victimes de la société Socapalm, propriété de Socfin.

L’affaire remonte au 7 avril 2016 lorsque France 2, une des chaînes du groupe France télévisions, a diffusé sur ses antennes, un documentaire intitulé « Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ». Le film sera dévoilé une première fois en avril, puis rediffusé en juin, pendant les vacances. C’est à ce moment que, lors d’une assemblée générale devant les actionnaires de son groupe : Vincent Bolloré estimera que les mineurs dans les plantations de palmiers à huile gérées par Socapalm, avaient été payés » pour dire qu’ils étaient mineurs. Une diffamation selon l‘industriel.

Le reportage querellé montre, en effet, des populations riveraines paupérisées par la Socapalm. Parmi elles, Emmanuel Elong, président de la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun (Synaparcam). Celui-ci montre comment les propriétaires de la Socapalm ont accaparé des terres ancestrales lors du rachat de cette entreprise.

« Je n’ai pas de titre de propriété sur ces terres ancestrales, héritées de mes aïeux. En 1974, l’État nous a pris une partie de ces terres pour créer une société de développement, la Socapalm, dédiée à l’exploitation de palmeraies. Un projet de plantation villageoise annexée à la société de développement a pris corps (…) Il fallait payer le capital apporté par l’État pour la création de la palmeraie. La Socapalm récupérait notre production, sur laquelle elle retenait les échéances d’un crédit à long terme. Le contrat stipulait que, une fois le crédit remboursé, la société devait nous accompagner dans l’obtention d’un titre foncier. J’ai soldé toutes mes dettes, mais la société a été privatisée avant que je n’entame les démarches », résume-t-il dans ledit reportage.

En outre, les reporters de France télévisions ont pu constater que des mineurs étaient employés dans ces plantations, au mépris du code du travail. Des informations que réfutent les avocats du groupe de Bolloré, qui crient à la manipulation.

Après son témoignage, Emmanuel Elong craint pour sa sécurité. Interviewé par des journalistes du nouvel observateur, l’agriculteur est certain que l’affaire n’est pas finie. « Je suis inquiet car j’ai déjà témoigné – par écrit – au procès qu’a intenté le groupe Bolloré contre les ONG Sherpa, ReAct et les médias Le Point, L’Obs, Médiapart. Or, Bolloré a perdu le procès. A l’audience contre France 2, le 3 avril, le président du conseil d’administration de Socapalm, cité par la partie adverse, n’a pas pu démentir les réalités que j’ai dénoncées mais il m’a accusé, pour me déstabiliser, d’être le pion de Sherpa et de ReAct. Je commence à les gêner. Ils ne pourront pas faire taire les ONG et les médias, au niveau international, ils vont donc chercher des stratégies au niveau local, activer leurs réseaux au Cameroun pour m’étouffer ou m’enfermer pour que je ne sois plus libre de parler. Bien sûr que je suis inquiet. »

Au-delà du procès en diffamation, dont le verdict est attendu le 5 juin, Bolloré a engagé contre le journaliste Tristan Waleckx et France Télévisions une procédure distincte devant le tribunal de commerce de Paris. Son avocat réclame 50 millions d’euros de dommages et intérêts pour « atteinte aux intérêts commerciaux du groupe Bolloré ». La Socapalm a aussi assigné la présidente de France Télévisions et deux de ses collaborateurs devant le tribunal correctionnel de Douala.

Des employés du groupe Bolloré manifestent au Cameroun

Salariés des plantations de palmiers et d’hévéas, ils entendent ainsi dénoncer des conditions de vie et de travail difficiles

Des salariés des plantations de palmiers et d’hévéas des filiales du groupe Bolloré ont manifesté lundi dans les différentes plantations appartenant au groupe français, pour dénoncer des conditions de vie et de travail difficiles, apprend-t-on auprès de la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun (Synaparcam).

Ces manifestations ont notamment eu lieu dans les plantations de palmiers et d’hévéas de la Société africaine forestière agricole du Cameroun (Safacam), de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm), de la Société financière des caoutchoucs (Socfin) respectivement à Dizangué et Dibombari (Littoral) et Kienké (Sud).

Selon la Synaparcam, les riverains qui réclament de meilleures conditions de vie ont notamment empêché le ramassage des travailleurs, afin de paralyser le travail sur les plantations.

Les représentants des communautés des villages riverains des plantations ont également marché jusqu’aux préfectures concernées, l’objectif étant de dénoncer le blocage du dialogue entamé avec la Socfin sur les conditions de vie des travailleurs.

« Les populations locales estiment en effet ne bénéficier d’aucune retombée significative en matière de développement, malgré les bénéfices importants réalisés par la Socapalm et la Safacam », apprend-on.

Entre autres griefs portés contre les filiales du groupe Bolloré, la déforestation, les spoliations des terres et le mauvais traitement des populations riveraines.


Droits réservés)/n

Cameroun: une équipe de France Télévisions citée à comparaître en février 2017

La réclamation vient de la Socapalm qui a porté plainte pour diffamation après la diffusion d’images de jeunes, parfois mineurs, travaillant dans une palmeraie sans protection

La directrice du groupe France Télévisions, le présentateur de l’émission « Complément d’enquête » et le réalisateur d’un reportage sur Vincent Bolloré sont cités à comparaître en février prochain au Cameroun. La réclamation vient de la Socapalm, entreprise dont l’homme d’affaires français est actionnaire. Socapalm porte plainte pour diffamation après la diffusion d’images dans lesquelles on voit des jeunes parfois mineurs travailler dans une palmeraie à quelques dizaines de kilomètres de Douala, sans protection et pour un salaire qu’ils disent très faible.

‘équipe de France 2 ne sait pas encore si elle se rendra à Douala en février prochain, en revanche elle tient à apporter des preuves. L’auteur du reportage le dit et le répète : il a bien rencontré les jeunes camerounais dans une palmeraie exploitée par la Socapalm, et donc indirectement par Bolloré.

Bolloré d’ailleurs a déjà déposé une plainte, non pas pour diffamation auprès du tribunal de grande instance comme cela se fait habituellement dans ce genre de situation, mais auprès du tribunal de commerce de Paris. Une première surprise pour les journalistes, qui sont donc désormais convoqués aussi devant la justice camerounaise.

Pour l’avocat de la Socapalm, le reportage est diffamatoire. Il présente la société comme une entreprise négrière qui traite ses employés comme des moins que rien. A tort, selon l’avocat. Il assure que tous les travailleurs disposent des protections nécessaires, gants, bottes et casque. Selon lui, les jeunes que l’on voit dans le reportage ne sont pas des employés de la Socapalm, l’entreprise assure qu’elle ne les connaît pas. Et comme Vincent Bolloré l’avait dit il y a quelques mois, l’avocat affirme que ces jeunes ont été manipulés par les journalistes pour mentir sur leur âge et dire qu’ils étaient mineurs. Les journalistes, eux, risquent jusqu’à six mois de prison au Cameroun.

Les locaux du groupe audiovisuel public français, France Télévisions.
AFP)/n

La Comicodi plaide pour une meilleure gestion de la Socapalm

Par Shanda Tonme, président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (Comicodi)

Lettre au Premier ministre camerounais

Monsieur le Premier Ministre, La Société des Palmeraies du Cameroun (Socapalm), tiendra une autre Assemblée générale des actionnaires à Douala le 23 juin prochain. Cette Assemblée se tient dans un contexte lourd de suspicions, de doutes, de menaces et de brouilles complètes sur la gestion de la société : la léthargie du marché de l’huile de palme, les droits des petits porteurs et pire les intérêts réels de l’Etat camerounais.

Nos légitimes inquiétudes proviennent des éléments ci-après :

1 – Cette année encore, la Socapalm a réalisé des bénéfices colossaux. Mais au lieu de redistribuer convenablement une partie substantielle aux actionnaires, les dirigeants obscurs de la société se contentent de rétribuer l’action en monnaie de singe, et de garder le pactole pour eux selon une combine dite d’affectation dans les réserves. En réalité cet argent est redonné gracieusement au Groupe Bolloré sous forme de prêts. On trompe donc les Camerounais qui ont investi, et on se moque de la gueule de l’Etat.

2 – Par une résolution en pure tricherie au cours de l’assemblée de 2015, les manipulateurs de l’ombre avaient augmenté de façon exponentielle les indemnités des administrateurs, presque 200%, malgré nos protestations.

3 – Alors que la disponibilité du produit n’est pas évidente partout sur le marché, la Socapalm qui jouit des exonérations de diverses taxes, exporte à l’étranger. Pour cela, une société parallèle, fantoche, a été créé en Belgique, pour se charger de la distribution. En réalité, ce sont les mêmes qui avaient déjà créé et liquidé une première société au Cameroun, en empochant au passage plus de trois milliards en compensation arrangée.

Nous avons demandé en vain une enquête approfondie sur cette dérive qui n’a plus de qualificatifs que le vol, la tricherie, l’abus de confiance, la moquerie et le crime économique.

C’est pourquoi nous renouvelons auprès du Gouvernement, notre appel pour une vigilance accrue, un audit sérieux et urgent, une implication effective des petits porteurs. Si non, il faudra acter la renationalisation pure et simple de la Socapalm.

Dans l’attente de votre prompte, diligente et patriotique réaction, nous vous prions de croire, Excellence Monsieur le Premier Ministre, à l’expression de notre très haute et fraternelle considération.


Droits réservés)/n

Huile de palme au Cameroun: plus de 40.000 tonnes à importer en 2016

Le gouvernement vient d’autoriser les opérateurs du secteur à importer 47.000 tonnes d’huile de palme à des conditions préférentielles cette année

Les opérateurs du secteur de l’huile viennent d’être autorisés à importer 47.000 tonnes d’huile de palme et de produits dérivés «à des conditions préférentielles» en 2016. Cette décision est du gouvernement camerounais, apprend-t-on auprès des services compétents du ministère des Finances.

Les facilités accordées concernent la baisse drastique des droits de douane, mais également l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L’objectif étant de pallier au déficit de la production locale estimé à 200.000 tonnes en 2014.

En 2014, alors que le gouvernement avait autorisé l’importation de 65.000 tonnes d’huile de palme brute exonérées des taxes et droits de douanes, la production industrielle d’huile de palme brute locale avait augmenté de 11,7% pour s’établir à 127.321 tonnes, avec une croissance attendue de 9,6% en 2015.

Ladite production, selon la même source, est assurée à hauteur de 60% par les agro-industries en tête desquelles la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) qui a pour principaux actionnaires les Palmeraies du Cameroun (Palmcam, 70%) et l’Etat (27%).


Droits réservés)/n

La Socapalm augmente son capital social de 30 milliards de F CFA

Avec la création de trois millions d’actions nouvelles, le capital social passe de 15,25 milliards à 45,7 milliards de FCFA

La Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) a décidé de l’augmentation de son capital social de 30,505 milliards de F CFA. Initialement de 15,252 milliards de F CFA, il est passé, depuis juin 2014, à 45,757 milliards de F CFA. Pour y parvenir, la Société agro-industrielle a créé 3,05 millions d’actions nouvelles d’une valeur de 10.000 F CFA. Le nombre d’actions de la Socapalm est donc désormais de 4,575 millions d’actions de dix mille F CFA chacune.

Cette augmentation a eu lieu le 12 juin 2014, lors de l’Assemblée générale mixte de cette société spécialisée dans la production d’huile de palme, mais c’est seulement ce lundi qu’elle a été rendue publique dans la presse par le notaire ayant officialisé l’acte, Me Pierre Tchoumou.

«L’assemblée générale a en outre décidé que les 3.050.526 actions nouvelles seront assimilées aux actions anciennes et jouiront des mêmes droits que celles-ci à compter de l’augmentation du capital», précise le notaire dans l’annonce légale publiée à cet effet. La Socapalm est la plus grande entreprise de production d’huile de palme au Cameroun. Elle dispose de plus de 100.000 hectares de plantations consacrées à cette activité.

La Socapalm est spécialisée dans la production d’huile de palme
palmafrique.com)/n

Mbonjo: la malédiction de l’huile de palme

Dans cette localité périphérique de Douala, les populations riveraines des plantations de la Socapalm, contrôlées par le groupe Bolloré, mènent la bataille pour faire respecter leurs droits

«Les matières fécales ont été déversées à la demande de la Socapalm», affirme Laurent Mouande. «C’est elle qui nous a donné le responsable qui nous a conduits à Mbonjo. Autrefois, nous déversions ces matières dans le dépotoir municipal de Bakoko».

Il fait doux. Un camion-citerne man uvre près d’un marigot à Mbonjo, une localité de l’arrondissement de Fiko-Bonalea située à 40 kilomètres de la capitale économique. Le bruit strident du moteur brise le silence ambiant lorsque deux villageois de passage tombent pile : l’engin déverse les matières fécales sur le petit cours d’eau saturé d’herbes vertes.

La promenade se termine là. Ce 1er juin 2012, les deux hommes rebroussent chemin pour annoncer la mauvaise nouvelle à la population. Un collectif de chefs traditionnels se rend sur le site ; avant de saisir le délégué départemental de l’environnement et de la protection de la nature du Moungo pour dénoncer «une déposition malencontreuse des excréments humains vidangés dans les toilettes des campements Socapalm et déversés dans le lieu-dit Mboma», écrivent leurs majestés Jean Eyondi et Martin Mbongo, chefs de Mbonjo I et II, les deux villages qui forment Mbonjo.

Ils précisent que ce «marigot sert à alimenter au quotidien toutes les populations de Mbonjo I et II privées de leurs vieilles habitudes à cause des odeurs nauséabondes de putréfaction qui s’y dégagent». Au banc des accusés, une entreprise. La Société des Palmeraies du Cameroun (Socapalm) est une société agro-industrielle de production d’huile de palme créée en 1968 par l’Etat.

En 2000, la Socapalm a été privatisée sous l’impulsion de la Banque Mondiale ; elle est devenue une société anonyme avec un conseil d’administration. La Socapalm est implantée dans les régions du Littoral, du Centre et du Sud notamment à Mbongo, Dibombari (Mbonjo inclus), Eseka, Mbambou et Kienké. Dans ces localités, elle a de vastes plantations et des campements où logent ses employés.

Les matières fécales dans l’eau
Les chefs traditionnels ont identifié le coupable de la pollution dans leur correspondance. Il s’agit du Groupe d’initiative commune des Groupements de la Jeunesse de Bomono-Bomono (GIC Gjbb), un prestataire de services chargé de l’entretien de l’espace vert à la Socapalm. La vidange du camion citerne appartenant à cette Pme a impacté l’eau et la verdure. «A cet endroit, les excréments avaient desséché les herbes», se souvient sa majesté Martin Mbongo. Un procès-verbal constatant l’ampleur des dégâts est dressé par Maitre François Yinda, huissier de justice près les tribunaux de Mbanga. Une procédure judiciaire est dans l’air.

Ex-employé de la Socapalm aujourd’hui à la retraite, Laurent Mouande est connu pour son franc-parler. En 2007, il créé le GIC Gjbb pour occuper les jeunes de Bomono-Gare, son village natal. La même année, le GIC décroche un contrat d’entretien de l’espace vert à la Socapalm. Sur l’incident de Mboma, il est formel: «Les matières fécales ont été déversées à la demande de la Socapalm. C’est elle qui nous a donné le responsable qui nous a emmenés à Mbonjo». Le délégué du GIC ajoute: «autrefois, nous déversions ces matières dans le dépotoir municipal de Bakoko». Il précise toutefois que les excréments ont plutôt été déposés près du cours d’eau.

Contactée, la Socapalm n’a pas souhaité réagir. Malgré cet incident, cette société a continué pendant deux ans à solliciter les services du GIC. En Juillet 2014, la Socapalm rompt «sans préavis» le contrat avec le GIC. Pour le délégué, cette séparation inattendue n’est pas liée aux évènements de Mboma. Mais, à la volonté subite de la Socapalm de diluer tous les GICs sous traitants dans un seul. Une décision incompréhensible que le GIC n’aura pas le temps d’étudier. C’est la fin d’une aventure qui ne doit pas que faire rougir Laurent Mouande ; car, bien qu’étant à la Socapalm, il a continué ouvertement à diriger le GIC. Conflit d’intérêt ? «Non, je n’ai pas eu de problème».

Un vieux contentieux
Les villageois préparaient une plainte contre la Socapalm et le GIC. Elle n’a pas prospéré. «Nous avons désisté», indique Sa majesté Martin Mbongo. Après son déclenchement, l’affaire des excréments humains a donné lieu à des pressions et à la corruption. «Certains sont allés chercher de l’argent», soupire Laurent Mouande. «Les gens perdent parfois leur dignité par rapport à la famine. A cette époque, il y a eu des divergences à Mbonjo». Il dit avoir multiplié des discussions avec les autorités traditionnelles de Mbonjo pour étouffer l’affaire. Les populations ont finalement gracié le GIC incriminé mais elles ont gardé intacte une dent contre la Socapalm. Un vieux contentieux.

Avec plus de deux mille habitants, Mbonjo vit de l’agriculture de subsistance et de la petite pêche. Il arrive toutefois que le surplus des récoltes soit vendu dans les marchés environnants. L’huile de palme est la principale ressource de la localité. Depuis quelques années, cette population travailleuse ne parvient plus à se concentrer sur ses activités champêtres. Elle vit chaque jour comme le dernier. «Nous n’avons pas assez d’espace pour l’agriculture étant donné que nous sommes victimes d’une expropriation sauvage de nos terres. La Socapalm dit que nous n’avons plus rien. Nous en sommes à quémander les espaces», explique Sa majesté Martin Mbongo.

«On dormait sur des palmes»
Dans les années soixante-dix, l’Etat avait déguerpi des centaines de personnes à Mbonjo II pour créer les plantations de la Socapalm naissante. Les engins lourds avaient à cet effet détruit des habitations, des écoles, des églises et des cimetières. Certains infortunés se sont réfugiés chez des proches parents. D’autres ont couché à la belle étoile. «On passait la nuit sur les palmes, se souvient Martin Sonne Ngote. Très petits, on ne comprenait pas ce qui se passait. Peu à peu, j’ai compris que la Socapalm est entrain de détruire et qu’il faut que ma famille déguerpisse».

Il a la cinquantaine. En 1975, le jeune Martin vivait à Nkonbatang, un quartier de Mbonjo II entièrement rasé. Après quelques jours d’errance, sa famille se refugie à Bekouma -actuel Mbonjo I- qui se résume à l’époque à une chefferie et une maison d’habitation. Mais, les déguerpis ne sont pas les bienvenus. «Nous n’avons pas eu de paix ici non plus», souligne Martin Sonne. Guillaume Nsangue Ewane, un autre sinistré ajoute, désespéré: «Nos parents ont détruit des forêts pour ouvrir et peupler ce village. Le préfet a cédé des portions de terres aux déguerpis mais les descendants du chef ne voulaient pas que nous exploitions ces terres».

Acculés par les descendants du chef, les déguerpis vivent à l’étroit dans le village d’accueil. Cependant, ils doivent cultiver pour survivre. Alors, ils choisissent les terrains accidentés et les versants de colline délaissés par la Socapalm. Seulement, la société a été privatisée et les nouveaux dirigeants ne l’entendent pas de cette oreille. «Nous sommes pris entre le marteau des descendants du chef et l’enclume de la Socapalm. Nous avons demandé à la Socapalm, qui dit que tout a été vendu, si elle a un titre foncier indiquant que les périphéries lui appartiennent ; nous n’avons pas vu ce document. On veut savoir si c’est le village qui a trouvé la Socapalm ou l’inverse», s’interroge Guillaume Nsangue.

Noix de palme
info-afrique.com)/n

Le statut de la Socapalm a changé le 30 juin 2000, loin des regards des villageois.
Ce jour, l’Etat cède 70% de ses actions à la Société des Palmeraies du Cameroun (Palmcam), une société de droit camerounais aux ramifications complexes. Palmcam est en effet une filiale de la Compagnie Internationale de cultures (Intercultures S. A), une holding luxembourgeoise spécialisée dans l’exploitation des plantations d’huile de palme et de caoutchouc. Intercultures, actionnaire majoritaire à Palmcam, est elle-même filiale du Groupe luxembourgeois Société financière des caoutchoucs (Socfinal) qui s’occupe de la gestion technique et financière de la Socapalm sous le nom Socfin.

C’est par le biais d’Intercultures que la Socapalm est entrée dans le portefeuille du groupe Socfinal. Le Groupe Bolloré, de l’homme d’affaires français Vincent Bolloré, contrôle environ 40 % de Socfinal. Ce Groupe contrôle la Socapalm à travers les participations importantes qu’il détient dans les sociétés étrangères qui y interviennent. Longtemps resté en retrait, son président directeur général a compris qu’il doit s’investir pour régler les conflits avec les riverains partout où le Groupe a des intérêts, surtout au Cameroun.

D’après le contrat de concession, l’Etat a donné à bail emphytéotique à la Socapalm l’exploitation de 78.529 hectares de terres rurales pour une durée de soixante années renouvelables une fois. Cinq ans plus tard, un avenant au bail ramène la superficie à 58.068 hectares. Les deux parties s’accordent que les terrains non retenus dans l’avenant au bail emphytéotique vont être rétrocédés aux communautés villageoises. Il s’agit «des terrains à rétrocéder aux collectivités décentralisées pour des besoins d’urbanisation, des terrains inappropriés à la culture du palmier à huile (marécage, mangrove et relief accidenté), des terrains contenant des infrastructures publiques», stipule l’avenant au bail.

Au total, 20.466 hectares de terres rurales devaient logiquement revenir aux communautés villageoises. Une superficie de 165 hectares devait rester la propriété de Mbonjo. Pourtant, «la rétrocession n’a jamais été effective parce que nous n’avons pas vu l’espace que l’Etat nous a rétrocédé. La Socapalm nous fait comprendre que cet espace est celui que nous occupons actuellement et que nous ne devons plus nous attendre à quelque chose. Nous disons non», tonne Emmanuel Elong.

Ce monsieur est le caillou dans la chaussure de la Socapalm. Emmanuel Elong, jeans délavé, petits yeux et visage clair, est le président de la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun (Synaparcam), une association qui veille au respect des droits et intérêts des populations riveraines aux plantations de la Socapalm. A pied ou à bord de sa moto, il entre dans les installations de la Socapalm comme dans un moulin pour prouver les abus de cette société. Son activisme ne gêne pas que la Socapalm. «Les préfets des localités où se trouvent la Socapalm ont refusé de légaliser notre association. Ils craignent pour leur poste. C’est finalement le préfet du Nyong et Kellé qui nous a délivré un récépissé», dit-il, le sourire gras. Né à Mbonjo il y a 45 ans, cet entrepreneur rural est un revendicateur dans l’âme.

En 1996, Emmanuel abandonne les études et crée une association des villages de Mbonjo. Voyant les jeunes sans emplois malgré la présence de la Socapalm, il organise une table ronde pour évoquer les conditions d’une intégration réussie entre la Socapalm, une société de développement et les populations locales. La rencontre fait un tabac. Il est invité par les medias. Le directeur général de la Socapalm de l’époque lui demande une liste des jeunes dés uvrés de Mbonjo. Ces derniers sont intégrés comme sous-traitants du géant agro industriel. C’est ainsi qu’est née la Synaparcam. «Je ne voulais pas réduire la revendication aux plantations de Dibombari, explique Emmanuel; mais, l’élargir partout où la Socapalm est implantée».
Victoires symboliques

La Socapalm est le plus gros producteur du Cameroun avec plus de 42 % du marché d’huile brute. Sa filiale, la Société des Palmeraies de la Ferme Suisse (SPFS), détient environ 24 % du marché de l’huile raffinée commercialisée sous le nom «Palm’or». Au fil des années, la Socapalm a soif de terres.

Cet appétit d’ogre réduit l’espace de vie des populations qui brandissent l’article 6/h du bail emphytéotique selon lequel «le repreneur s’engage à ne pas replanter sur les parcelles d’une superficie de 250 ha situées autour des communautés villageoises sans qu’au préalable l’administration ait distrait toute parcelle pressentie comme espace vital». Par endroits, les palmiers à huile de la Socapalm ceinturent de près les maisons d’habitations.

La Synaparcam a alors pris les devants. Lorsque la Socapalm ne répondait pas à leurs revendications, Emmanuel et ses camarades bloquaient les routes menant aux palmeraies pour empêcher aux employés de la société de travailler. «Certaines élites du village envoyaient nos noms à la Socapalm qui saisissait à son tour la gendarmerie. Après, ce sont des arrestations, des menaces, des convocations et les mise en garde des autorités administratives. Certains jeunes fuyaient d’abord le village par crainte. C’est pourquoi la Synaparcam a vécu longtemps dans le maquis», dit Emmanuel qui savait que le combat serait long pour faire respecter les droits des populations.

A Mbonjo, il n’existe pas de point d’eau potable ni de centre de santé. Sophie Lembe, 21 ans, fait accoucher les femmes depuis l’âge de 11 ans. Elle a commencé à domicile. «J’ai fait accoucher ma mère mes deux dernières s urs. Quand les contractions commencent, elle me dit ce qu’il faut faire jusqu’à la sortie du bébé», raconte la jeune nigeriano-camerounaise. Comme Sophie, une dizaine de femmes sont devenues accoucheuses traditionnelles, faute d’un hôpital. Pour les soins de qualité, les populations se rendent à Nkapa ou à Souza-gare, une dizaine de kilomètres plus loin. Côté eau, un robinet construit et abandonné par une ONG, rivalise de taille avec les herbes folles. Ces manquements irritent les riverains. Mais, la Socapalm a une astuce. Débordée par les revendications, la Socapalm met sur pied une plateforme de concertation avec les autorités administratives, traditionnelles et les élites.

La Synaparcam n’est pas conviée. Le 24 novembre 2011, au cours d’une réunion de la plateforme, la Socapalm dévoile son programme de rajeunissement et de replantation des palmeraies sur 500 ha à Mbonjo l’année d’après. Son représentant explique que «les nouvelles techniques permettent aujourd’hui de mettre en valeur des surfaces autrefois délaissées en raison de leur pente trop forte ou d’autres contraintes. C’est ainsi qu’en plus de replanter sur les 500 ha, la Socapalm prévoit de récupérer environ 100 ha supplémentaires en traçant d’abord une piste perimetrale», peut-on lire dans le rapport de la réunion.

Pour ce faire, la Socapalm propose un accord de principe aux riverains disant qu’elle va détruire toutes les cultures vivrières, pérennes et occuper les terrains en friche sur les blocs concernés.

Elle refuse de rétrocéder la moindre parcelle de terrain. En contrepartie, les villageois doivent s’engager «de ne plus cultiver le palmier à huile ni l’hévéa». Le sous-préfet de Fiko-Bonaléa, présent à la réunion, adresse ensuite une mise en demeure aux populations cibles des mesures de la Socapalm. «J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir récolter et évacuer vos récoltes avant le 1er janvier 2012, date prévue pour les brûlis préparatoires à leurs (Socapalm, ndlr) plantations», dit Landry Oscar Ngui. C’était sans compter avec la détermination des riverains.

Un mois plus tard, les engins de la Socapalm entament la destruction des récoltes. Mais, la population ne se laisse pas faire. Pendant trois jours, elle organise, sous la houlette de la Synaparcam, un sit-in pour bloquer les activités de replantation de la Socapalm. «Les autorités administratives ont envoyé les forces de l’ordre nous menacer avec des gaz lacrymogènes. Les policiers ont trouvé certaines mamans assises, pieds nus ; d’autres n’avaient pas de sous-vêtements. Elles disaient s’attendre à tout et que leurs terres ne peuvent pas partir». La Socapalm propose le dédommagement des cultures détruites, les riverains refusent l’offre. Ils veulent occuper tranquillement les espaces laissés par l’Etat.

Le mouvement d’humeur grossit. Le Sous-préfet de Fiko-Bonalea est confus. Séance tenante et sous la pression des riverains, il écrit au directeur de la plantation Socapalm de Nkapa. «J’ai l’honneur de vous demander d’arrêter les travaux sur l’espace querellé jusqu’à nouvel ordre», réagit Landry Oscar Ngui. Les riverains soulagés, lèvent le sit-in. «Nous nous sommes opposés, les négociations sont en cours. Ils (Socapalm, Ndlr) ont peur de la réaction. Ils savent qu’une fois qu’ils vont entamer, nous allons les contrer. Ils n’aimeraient pas avoir des accrochages avec nous», se réjouit Sa majesté Martin Mbongo. Après avoir empêché il y a quelques années à la Socapalm de planter l’hévéa à Mbonjo, Emmanuel et les siens viennent de remporter une seconde victoire symbolique. Sans l’aide du gouvernement.

Dans les plantations de la Socapalm
info-afrique.com)/n

Le silence du gouvernement Camerounais
Chaque année, la Socapalm verse au Trésor public la somme de 140 millions de F CFA représentant le loyer des 29.000 hectares qu’elle dit exploiter effectivement. Depuis près de cinq ans, cette entreprise fait des bénéfices croissants et intéressants.

Pour le seul exercice 2013, les dividendes de l’ordre de 5 milliards de FCFA devraient être distribuées à ses actionnaires dont l’Etat, actionnaire à 20 %. Dans ces conditions, la Socapalm pèse dans la balance et le gouvernement peine à tenir la balance égale dans les conflits qui opposent cette société aux riverains. Selon le contrat de concession, un comité de suivi devait être mis sur pied par le gouvernement pour évaluer les engagements de la Socapalm. Quatorze ans plus tard, il n’a toujours pas été créé.

Même s’il avait existé, ce comité serait difficilement objectif. Car, «les dépenses liées au fonctionnement du Comité seront approuvées et supportées par Socapalm», dit le contrat. Approchée, la Commission Technique de Privatisations et des Liquidations (Ctpl) se déclare incompétente sur le volet suivi et évaluation. La Ctpl pointe la Commission Technique de Réhabilitation (Ctr). Saisie à son tour, la Ctr n’a pas réagi. Tout comme le président du Conseil d’administration de la Socapalm. Sous cape, un administrateur de la Socapalm indique que «les autorités administratives doivent trancher sur les délimitations de terres entre la Socapalm et les riverains en se basant sur le droit». Les riverains, eux, ont tiré leurs conclusions.

«Il y a une complicité entre la Socapalm et les pouvoirs publics que je ne peux pas définir», fait remarquer Sa majesté Martin Mbongo. «Les autorités locales n’ont pas assez de pouvoir sur la Socapalm. Cela fait longtemps que nous revendiquons et que nous n’avons toujours rien. Le silence du gouvernement sur ce problème est manifeste». Les autorités administratives locales se limitent à éviter le trouble à l’ordre public.

Elles n’ont pas qualité pour influencer la Socapalm. «Il ne figure nulle part dans ce contrat qu’une autorité administrative locale doit assurer le suivi de la privatisation», explique une source administrative. «Il faut demander à ceux qui ont été mandatés pour agir dans ce dossier de faire leur travail. Ce n’est pas de la compétence d’un Sous-préfet ou d’un Préfet».

Les rapports conflictuels entre les riverains et la Socapalm ont pris une envergure internationale. Au terme de trois années d’enquête, deux associations camerounaises (Ced, Focarfe) et deux ONG européennes (Sherpa, Misereor) avaient porté plainte en 2010 contre la Socapalm et certains de ses actionnaires de poids pour violation des principes directeurs de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE). Elles accusaient la société de pollution, d’intimidation des populations, de mauvaises conditions de travail et de vie de ses employés, entre autres. Depuis, la Socapalm s’est dotée des équipements pour réduire les bruits en provenance des huileries et traiter par lagunage les eaux de rejet et a construit des bacs à ordure dans certains campements. Mais, les habitants des campements de Mbonjo sont par exemple interdits de jeter les ordures dans ces bacs.

«Les bacs étaient plein d’ordures. Le personnel Socapalm ne venait pas les vidanger. Socapalm a finalement fait venir un engin pour enlever les déchets et a interdit qu’on continue à verser les ordures sur ces bacs en ciment. Maintenant, on verse nos ordures sous les palmiers à huile comme auparavant», explique un habitant de campement. Ailleurs, les déchets retenus pendant le traitement de l’eau se retrouvent parfois dans la nature. Malgré ces atteintes à l’environnement, la Socapalm reste crédible auprès des organismes qui disent ne pas transiger sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. C’est le cas de la Société de promotion et de participation pour la coopération économique (Proparco).

Filiale du Groupe Agence Française de Développement (Afd), la Proparco est une société financière destinée à promouvoir le développement du secteur privé dans les mêmes zones géographiques que l’Afd. La Proparco a participé à l’augmentation du capital de la Socapalm, pour un montant de 1,5 milliard de FCFA, lors de son entrée à la bourse de Douala en 2009. Sur son site internet, la Proparco dit intervenir en faveur du développement des entreprises «avec un haut niveau d’exigence en matière de responsabilité environnementale et sociale». Dans le cas de la Socapalm, la filiale de l’Afd a fermé les yeux. Contactée, elle n’a pas souhaité se prononcer. Etait-elle au courant de l’état des rapports entre la Socapalm et les riverains ?

«Proparco ne pouvait pas ne pas être au courant»
C’est ce qu’indique Samuel Pommeret, chargé d’étude au CCFD-Terre Solidaire, une ONG française. «Les tensions récurrentes autour des plantations de la Socapalm ont fait l’objet de nombreux articles de la presse française et camerounaise.

En outre, les quatre associations ont déposé fin 2010, sur la base de leur enquête, une plainte devant les Points de contact nationaux belge, français et luxembourgeois pour non-respect des Principes directeurs de l’OCDE». Les grandes entreprises françaises du Cac 40 sont majoritaires dans le conseil d’administration de la Proparco. L’idée de l’agence de financement de soutenir le développement industriel de la Socapalm est saluée mais ses méthodes de travail sont critiquées.

Vincent Bolloré réagit
«Quel suivi l’Afd effectue-t-elle sur les impacts sociaux et environnementaux des projets qu’elle soutient, y compris ceux de sa filiale Proparco ? Et surtout, quelle cohérence de la politique française en matière de développement. Dans le cas de la Socapalm, l’investissement a été fait au détriment des populations les plus vulnérables, et donc du développement», pointe Maureen Jorand, chargée de mission plaidoyer à CCFD-Terre Solidaire. Certains médias hexagonaux accusent la Proparco d’être guidée par la rentabilité des projets qu’elle finance plus que par leur impact réel sur les populations bénéficiaires. Les riverains des plantations d’huile de palme qui ressentent mieux ces insuffisances au développement local, s’organisent à leur façon.

Mercredi 5 juin 2013. Les paysans et riverains des plantations contrôlées par le Groupe Bolloré organisent des manifestations simultanées au Cameroun, au Liberia, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone. Ils dénoncent les dérives des sociétés africaines de la Socfin et revendiquent la protection de l’espace vital et la compensation de la privation des terres. Au Cameroun, une cinquantaine de membres de la Synaparcam, tous en noir et rouge, assiègent la direction générale de la Socapalm à Douala. «Nous étions en noir et rouge pour exprimer le deuil et le sang par rapport à ce qui se passe avec nos terres. Nous avions entre les mains un document qui comportait nos revendications. Après avoir hésité plusieurs fois, le directeur général a fini par nous rencontrer», raconte Emmanuel.

En Côte d’Ivoire, les manifestants sont bloqués par les forces de sécurité
En Sierra Leone, après une brève rencontre, l’évènement est annulé pour raison de sécurité. Ce jour et au même instant, une assemblée générale des actionnaires du Groupe Bolloré se tient à Paris en France. Les représentants parisiens des manifestants remettent un document comportant les revendications à Vincent Bolloré, Pdg du Groupe. L’homme d’affaires Breton aurait dit qu’il interviendrait personnellement sur les problèmes soulevés par les manifestants. Quelques mois plus tard, les paysans et riverains mécontents créent une alliance internationale des riverains des plantations Bolloré-Socfin et exigent une rencontre transnationale.

L’homme d’affaires français ne résiste pas. Il convoque, pour septembre 2014 à Paris, une assise avec les leaders des organisations de paysans et riverains du Cameroun, du Cambodge, du Liberia, de la Sierra Leone et de la Côte d’ivoire. «Cette rencontre, en France, sera l’occasion d’échanger avec vous sur les modalités de dialogue à promouvoir dans chaque pays. Je reste en effet convaincu que c’est sur le terrain, avec les équipes de Socfin, que les solutions les plus adaptées émergeront», écrit Vincent Bolloré. Les riverains de Mbonjo fondent beaucoup d’espoirs sur cet échange. Emmanuel, lui, exulte avec modération. Il sait que dans une négociation, rien n’est gagné d’avance.

Les riverains et la Socapalm n’arrivent pas à s’entendre
info-afrique.com)/n

106.000 tonnes d’huiles végétales importées en 2013

La production nationale n’atteint pas la moitié de la demande locale, estimée à 240.000 tonnes par an

D’après les données fournies par le président du comité de régulation de la filière des oléagineux, Dr. Nkoulou Ada, dans l’édition du Quotidien de l’économie du 04 juin 2014, le Cameroun a importé, en 2013, 106.000 tonnes d’huiles végétales. Le pays produirait sensiblement la même quantité pour une demande nationale évaluée à 240.000 tonnes. Quatre principales entreprises – Safacam, Socapalm, CDC – assurent 65% de la production. Les autres 35% sont produits de manière artisanale.

Le ministère du Commerce, comme le relève encore Le quotidien de l’Economie, a organisé du 24 avril au 03 juin derniers une campagne de promotion des produits « Made in Cameroon » pour promouvoir les huiles végétales et d’autres produits de grande consommation. Autre objectif dans cette campagne : minimiser la campagne de dénigrement sur la nocivité de l’huile de palme prisée pourtant pour la préparation de nombreux mets traditionnels camerounais.

La campagne de promotion du « made in Cameroon » avait aussi pour objectif de lutter contre la prétendue nocivité de l’huile de palme
nutrition-et-sante.org)/n

Promotion du «made in Cameroon » : Au tour du sucre et des huiles

Le ministère du Commerce organise «une campagne du consommer camerounais» du 24 au 31 mai 2014

Après les ventes promotionnelles du riz produit par la Société de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) au mois de mars dernier, le ministère du Commerce remet ça, cette fois avec les opérateurs des filières sucre, huiles végétales, savon et margarine. Cette opération qui aura lieu du 24 avril au 31 mai 2014 rentre officiellement dans le cadre d’une grande campagne du « consommer camerounais ».

A cette occasion, indique le ministère du Commerce, les consommateurs sont appelés à tirer pleinement avantage des prix promotionnels qui seront pratiqués. La vente promotionnelle de ces produits aura lieu à l’esplanade de l’immeuble Rose à Yaoundé ; au niveau des délégations régionales du ministère du Commerce ; au Rond-point Maképé à Douala ; dans les sites industriels de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm), des sociétés Maya et Azur à Douala, et de la Société de développement du coton à Garoua du 05 au 10 mai 2014.

Le ministre du Commerce espère pouvoir intéresser ainsi les Camerounais à la consommation des produits locaux. La balance commerciale du Cameroun est fortement déficitaire depuis plusieurs années du fait de l’importation massive de poissons, pâtes et huiles alimentaires, riz, etc. dont les Camerounais sont friands.

Mayor, une marque camerounaise
pierrechomette.com)/n

Cameroun: La société des palmerais indexée par un nouveau rapport

Le problème est aujourd’hui porté devant l’observatoire européen pour la coopération et le développement

De nouvelles plaintes contre Socapalm
Quatre associations qui ont regroupé leurs forces pour enquêter sur les pratiques de la Société Camerounaise de palmeraies (SOCAPALM), ont présenté au public, un rapport très critique sur les méthodes d’exploitation de cette entreprise, contrôlé à 40% par le groupe français Bolloré. Les associations, deux camerounaises, le Centre pour le développement et l’environnement (CED) et la Fondation camerounaise d’actions rationalisées et de formation sur l’environnement (Focarfe); une en France, l’association Sherpa, et une en Allemagne, Miserior, ont expliqué que la Socapalm faisait l’objet d’un montage financier complexe. Les bénéfices de l’exploitation d’huile de palme par exemple, seraient rapatriés vers des holdings luxembourgeoises, afin de payer moins d’impôts sur les sociétés. Les associations disent aussi avoir relevé des atteintes à l’environnement et aux droits des travailleurs. La manière dont la société conduit ses activités altère la qualité de leur environnement et présente un risque sérieux pour leur santé. Les communautés riveraines vivent par ailleurs sous la menace permanente des rondes menées par les agents de la société de surveillance. Les salariés de la plantation se voient imposées des conditions de travail et d’hébergement déplorables, peut on lire dans le résumé du rapport. Ces associations ont ainsi démontré que la Socapalm ne respectait pas les standards des principes directeurs de l’Observatoire européen pour la coopération et le développement (OCDE). Une plainte pour ce manquement a été déposée auprès de cette instance, à l’encontre des sociétés Bolloré (France), Financière du champ de Mars (Belgique), SOCFINAL (Luxembourg) et Intercultures (Luxembourg). Toutes quatre exerçant ensemble « le contrôle des opérations sur place ».

Ce n’est pas la première fois que cette société est épinglée par des rapports dénonçant le non respect des lois nationales et internationales. En 2008 déjà de nombreux employés de cette société s’étaient mis en grève, en raison du mauvais traitements dont ils disaient faire l’objet. La gravité de la situation avait été dénoncée dans une publication de Julien-François Gerber, qui avait fait une étude sur les Bagyeli, un groupe de populations vivant aux environs des sites d’exploitation de la Socapalm. Dans son rapport, il indique que du point de vue de la santé, les Bagyeli affirment que les maladies sont devenues plus fréquentes aux abords de la plantation. Les problèmes liés à la mauvaise alimentation et à la pollution de l’eau (produits agrochimiques, érosion) s’aggraveraient notamment par le manque d’accès à leur pharmacopée traditionnelle (cas d’avortement fréquents, problèmes intestinaux chroniques). Ne faisant pas partie du personnel salarié, les Bagyeli n’ont pas accès gratuitement aux hôpitaux et aux écoles appartenant aux plantations. De son côté les autorités camerounaises se sont toujours refusés à se prononcer sur le sujet face aux médias locaux. Appelé à témoigner sur le sujet lors du procès en diffamation opposant le groupe Bolloré à France Inter, un ministre camerounais avait simplement indiqué que les accusations de violations constatées au sujet de l’exploitation des entreprises du groupe dont la Socapalm, relevait de la manipulation, car le Cameroun était un Etat de droit. La Socapalm est aujourd’hui l’une des seules trois entreprises cotées en bourse à Douala la capitale économique du Cameroun et 30 000 personnes seraient dépendantes de la Socapalm.

L’action de ces associations est néanmoins risquée. L’exercice des associations est risqué : depuis sa dernière victoire contre la chaîne de radio France Inter, Bolloré menace systématiquement de poursuites tous ceux qui travaillent sur le sujet. C’est la raison pour laquelle ces associations ont choisi de déposer ce qu’on appelle une « circonstance spécifique » devant les points de contact nationaux (PCN) belge, français et luxembourgeois. Les PCN sont des délégations auprès de l’OCDE chargées de faire respecter les normes internationales en matière économique et sociale. Lors de ce procès en diffamation qui concernait toutes les activités du groupe Bolloré au Cameroun, le tribunal avait retenu la bonne foi de France Inter sur le cas de la Socapalm. Les avocats du groupe avaient d’ailleurs eu moins d’arguments sur le cas de cette entreprise. Ils ont même conseillé le retrait d’une seconde plainte en diffamation engagée contre la photographe Isabelle Alexandra Ricq qui a fait un reportage photo sur le sujet. Une autre raison de ce choix de procédure est aussi que devant les juridictions, le groupe Bolloré a toujours prétendu qu’il n’était pas logique de lui imputer des responsabilités sur la situation d’une entreprise sur laquelle il ne détenait que 40% des parts. La décision de l’OCDE sera très attendue.

L’environnement des paysans de plus en plus occupé par des plantations
Alexandre Ricq)/n

Cameroun: la Socapalm fait son entrée à la bourse de Douala

Voici les avis de quelques personnalités!

La première cotation de la Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) à la Douala stock Exchange a eu lieu ce mardi, 07 avril au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée dans la salle de cotation de la bourse, à Akwa. Le titre Action Socapalm a été coté à 45 000F CFA, 410 actions ont été échangées pour une valeur totale de 18 450 000F CFA. 7 prestataires de services d’investissement (PSI), ont également pris part à la négociation. L’entrée en bourse de la Socapalm lui permettra de bénéficier des avantages fiscaux.

L’opération s’est bien déroulée
J’ai eu l’insigne honneur de représenter le ministère des finances empêché. Un géant d’agro-industrie, la Socapalm vient d’entrer en bourse, et qu’est ce que ça veut dire ? Ça veut tout simplement dire qu’on a élargi le capital à d’autres opérateurs, notamment à d’autres camerounais. Pour moi, c’est un grand succès et je pense, que les autres entreprises para publiques et privées devraient suivre cet exemple. Les pouvoirs publics vont continuer de soutenir de telle initiative, car d’importantes reformes économiques ont été entreprises au cours de ces deux dernières décennies à savoir, le restructuration des équilibres macroéconomiques, les privatisations et concessions, le développement du secteur marchand, la mutation et la modernisation du système judiciaire, ainsi que la bonne gouvernance. Donc, les entreprises cotées à la bourse, auront des avantages que les autres ne pourront pas avoir, comme les allègements fiscaux. Des allègements qui concernent les émetteurs et les investisseurs. C’est dans ce cadre que s’inscrit d’ailleurs, la création de la bourse des valeurs mobilières du Cameroun, initiative du chef de l’Etat. A en croire la géographie du capital de la Socapalm qui ressort de la clôture de son introduction sur le marché financier, l’ensemble de la communauté économique et financière nationale et internationale y a adhéré. La Bourse est devenue une réalité. C’est une institution qui permettra à l’Etat, aux collectivités locales et aux entreprises, de recueillir des financements de long terme susceptibles de contribuer à l’atteinte de leurs objectifs stratégiques.

Faï Yengo Francis, Gouverneur de la région du Littoral
journalducameroun.com)/n

C’est un succès total pour nous
C’est une augmentation du capital en vue de réaliser des projets à moyen et à long terme, extension des plantations, renouvellement des usines, création de nouvelles usines. Satisfaction complète donc, pour l’entreprise. Vous savez, dans le contexte économique dans lequel on évolue actuellement, levé 12 milliards de F CFA, c’était quasiment inespéré, pour nous, c’est un succès total.

Jean pierre Charbon, nouveau Directeur Général de Socapalm
journalducameroun.com)/n

C’est la 3e opération que la bourse de Douala mène avec succès, mais il y a d’autres opérations dans les canaux.
Nous sommes fiers de l’opération de la Socapalm, parce que les structures sont solides, n’oubliez pas que c’est dans un cadre de marché financier avec un régulateur, un dépositaire central qui est la caisse autonome, avec une banque de règlement qui est l’un des établissements les plus solides en ce moment au Cameroun : la Société Générale de Banque. Tous ces instruments concourent à ce que la place financière de Douala soit solide. Par ailleurs, comme je vous l’avais dis au mois de juin 2008, la bourse du Cameroun qui a été bien constituée, a énormément des opérations à venir. D’ici fin 2009, nous espérons avoir au moins trois autres opérations. Je vous en dirais plus le moment venu.

M. Belibi, Direction Générale de la Douala Stock Exchange
journalducameroun.com)/n

La socapalm a bénéficié de la confiance des investisseurs
Dans le cas de l’opération de Socapalm de ce mardi, 07 avril, déjà, ce sont des capitaux propres, ça veut dire que l’entreprise ne s’endette pas. On lui donne des fonds, parce qu’on lui fait confiance, ce n’est pas de la dette, c’est de la confiance. Aujourd’hui, Socapalm a levé 12 milliards de F CFA que des investisseurs ont bien voulu lui confier. Deuxième chose pour la société, c’est un avantage fiscal parce que l’entreprise va bénéficier pendant 3 ans, d’un taux d’impôt réduit, cela constitue un stimulateur pour pouvoir permettre à une entreprise effectivement de faire le choix, de faire un appel public à l’épargne. En ce qui concerne la société générale que je représente ici, nous avons beaucoup de demandes. Ça veut dire qu’il y a plutôt une file d’attente derrière nous. C’est peut-être l’occasion de poser la question, pourquoi c’est seulement les 8 ou 9 PSI, qui ont déjà été agrées par la commission du marché, pourquoi les autres PSI ne prennent pas le relais ? Pourquoi faut-il que ce soit toujours les mêmes? Il y a peut-être là une piste à creuser, un problème peut-être d’engagement au niveau de certaines banques. Il va falloir peut-être voir si c’est un problème de remise à niveau de formation de certains collaborateurs qui se trouvent dans ces banques, pour qu’ils puissent enfin, affronter ces épreuves là, c’est-à-dire, franchir la porte d’un Directeur Général et lui proposer une solution d’épargne publique.

Banda Ntolo, représentant de la société générale
journalducameroun.com)/n