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Cameroun-mouvement d’humeur : les employés de la Cicam exigent le départ du DG

C’est la deuxième fois en moins d’un mois que les employés de la Cotonnière industrielle du Cameroun entrent en grève…

C’est la deuxième fois en moins d’un mois que les employés de la Cotonnière industrielle du Cameroun entrent en grève pour protester contre les impayés de salaires de près d’un an.

La tourmente au sein de la Cicam ne s’arrête pas. En dehors des salaires impayés, les employés en mouvement d’humeur dénoncent la gestion chaotique du directeur général de la Cicam et demandent le départ de tout le top management de la Cicam.

Le 1er avril 2024 sur les pancartes des manifestants devant la Cicam à Douala on peut lire : « Allez avec vos indiens. Vous avez tué la Cicam. Prime logement nulle. 9eme catégorie=11.000FCFA. Départ de tous PCA, DG, DGA, DAF, DCM. Pas de 1er mai ici sans nos salaires. Trop c’est trop. Trop de mensonges ».

C’est la deuxième fois en mois d’un mois que ce mouvement d’humeur se fait observer au sein de cette entreprise industrielle. Il y a trois semaines, c’est-à-dire le 14 mars 2024, les employés avaient manifesté devant les locaux de la structure pour revendiquer les salaires.

A souligner que, depuis plusieurs années l’entreprise croule sous le poids des dettes. Déjà en difficulté en janvier 2024, le directeur général Edouard Ebah Abada avait « ouvert en procédure d’urgence » un appel d’offres national dans le but de recruter un consultant qui réaliserait une réévaluation de son patrimoine afin de se sauver d’une dissolution. La réévaluation concernait les filiales de Douala et Garoua.

Ceci afin de « présenter une meilleure situation financière des capitaux propres », expliquait le DG dans son appel d’offres. Il précisait alors que cette opération vise également à se conformer à l’article 665 du droit comptable qui stipule que : « Si la dissolution n’est pas prononcée, la société est tenue, au plus tard à la clôture du deuxième exercice suivant celui au cours duquel la constatation des pertes est intervenue, de réduire son capital, d’un montant au moins égal à celui des pertes qui n’ont pu être imputées sur les réserves si, dans ce délai, les capitaux propres n’ont pas été reconstitués à concurrence d’une valeur au moins égale à la moitié du capital social ».

Cette réévaluation fait partie des solutions proposées dans le rapport 2022 sur les entreprises et établissements publics, que vient de publier la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), dans le but de reconstituer les fonds propres de la Cicam et assainir son bilan. L’objectif étant d’éviter la dissolution de la plus importante entreprise de transformation du coton du pays.

Il faut dire que depuis une dizaine d’années, la Cicam enregistre des pertes en raison notamment de la vétusté de ses équipements industriels et de sa perte de compétitivité. Suite à cette situation financière « alarmante », les capitaux propres de l’entreprise, qui cumule une dette globale évaluée à 31 milliards de FCFA au 31 décembre 2022, sont devenus inférieurs à la moitié de son capital social. Ce qui aurait pu conduire à la dissolution anticipée de la société conformément à l’Acte uniforme Ohada relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique.

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