La Chambre des comptes de la Cour suprême a publié ce rapport d’audit le 05 février 2026.
L’institution en charge des comptes de la Cour suprême a passé au crible la gestion de la Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC) sur la période 2018-2022. Le verdict est sans appel pour cette entreprise publique stratégique, chargée de récupérer les créances de l’État et de gérer les liquidations : les comptes sont durablement dans le rouge.
Sur les cinq exercices contrôlés, seuls deux ont affiché un résultat positif : 87 millions FCFA en 2019 et 26 millions FCFA en 2021. À l’inverse, les pertes cumulées sont lourdes : 545 millions FCFA en 2018, 619 millions FCFA en 2020 et surtout 1,068 milliard FCFA en 2022.
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Au total, le déficit consolidé atteint 2,12 milliards FCFA entre 2018 et 2022.
Ce contraste est d’autant plus frappant que la SRC gère un portefeuille historique de créances évalué à 597 milliards FCFA au 31 décembre 2022. Pour la juridiction financière, cette valeur ne reflète pas la réalité économique et devrait être fortement dépréciée afin d’élaborer un plan de recouvrement crédible, assorti de délais précis et d’un mécanisme de suivi-évaluation inexistant à ce jour.
Autre point critique : la trésorerie. La SRC conserve par devers elle 14,121 milliards FCFA issus de recouvrements en numéraire qui auraient dû être reversés au Trésor public dans le cadre de liquidations clôturées et de mandats de l’État. S’y ajoutent 107,127 millions FCFA correspondant à des condamnations pécuniaires non reversées aux bénéficiaires.
La Chambre des comptes appelle à une révision urgente des modalités de reversement par le ministère des Finances.
La gestion des liquidations est également jugée lacunaire. La SRC ne dispose pas d’un inventaire fiable des dettes exigibles des entités liquidées, en raison notamment de la multiplicité des liquidateurs précédents et de l’absence de certification des états financiers par un expert-comptable.
Enfin, le rapport met en lumière un climat social dégradé. Le nombre de licenciements est passé de 1 agent en 2019 à 8 en 2022, touchant majoritairement des employés comptant 6 à 23 ans d’ancienneté.
Entre 2021 et 2023, les visites médicales révèlent une prévalence préoccupante de l’hypertension artérielle au sein du personnel, symptôme d’un malaise interne persistant.
Pour la Chambre des comptes, l’absence de pilotage stratégique, conjuguée à une tutelle financière peu active, affaiblit durablement la performance d’un outil pourtant central dans la mobilisation des ressources publiques.



