Cameroun : universitaires, hommes de culture rendent hommage au Pr. Hubert Mono Ndjana

Mathias Eric Owona Nguini, Maurice Kamto, Vincent Sosthène Fouda, Dieudonné Lebogo Ndongo ou encore George Alain Boyomo, se souviennent des…

Hommage au Pr. Hubert Mono Ndjana

Mathias Eric Owona Nguini, Maurice Kamto, Vincent Sosthène Fouda, Dieudonné Lebogo Ndongo ou encore George Alain Boyomo, se souviennent des qualités du philosophe.

La disparition du Pr. Hubert Mono Ndjana, penseur, écrivain, universitaire ne laisse pas indifférentes de nombreuses personnalités connues des sphères intellectuelle, politique, culturelle ou médiatique. De manière successive, des hommes politiques, de science ou de culture disent du bien de l’ancien chef du département de philosophie à la Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines de l’université de Yaoundé 1 décédé le 16 novembre à l’hôpital général de Yaoundé.

Sur son compte Facebook, le Pr. Mathias Eric Owona Nguini, politologue et vice-recteur à l’université de Yaoundé 1 adresse un court message à la mémoire de son collègue. « Cher professeur Hubert Mono Ndjana, si la flamme de la vie a quitté ton corps, elle restera allumée dans la lumière de ta pensée philosophe ».

Une lumière que Raoul Dieudonné Lebogo Ndongo, journaliste, conseiller technique à la Société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam), trouve encore vive dans les qualités de l’homme. « Humble dans le savoir », « Ecrivain prolifique », « fin observateur de son environnement », « un savant qui nous lègue un riche patrimoine » constitué de nombreuses productions intellectuelles et des concepts tels le « Mapartisme » ou la normalisation de l’écart.

Des concepts que Georges Alain Boyomo, Directeur de publication du quotidien Mutations explique dans une publication sur Facebook sous le titre « les proverbes de Mono Ndjana ». S’y trouve le sens du « mapartisme » qui est une « tendance morbide des Camerounais à réclamer leur part (rétro commission, backchich, intérêt égoïste) sur tout service public ou toute action d’intérêt public qu’ils doivent réaliser ».

Le sens du « complexe du jardinier », qui renvoie à « une tare caractéristique des Camerounais qui s’appliquent à couper toutes les têtes qui débordent ». La signification de la normalisation de l’écart qui fait référence à « l’institutionnalisation et la systématisation du vice au détriment de la vertu, du mal au détriment du bien, du contre-exemple au détriment de l’exemple ».

Au-delà de cette pensée philosophique, Sosthène Léopold Fouda, politologue, journaliste, trouve en Mono Ndjana, un homme « toujours en éveil et à l’écoute des souffrances des uns et des autres », celui qui « portait aussi en lui les échecs du parti au pouvoir dont il a été un éphémère secrétaire général ». L’écrivain garde de son collègue « l’image d’un homme qui n’a pas baissé les bras même dépassé et débordé par la légalisation et ou la normalisation de l’écart pour lui rester fidèle ».

Dans le même sillage, pour le Pr. Maurice Kamto, le Pr. Mono Ndjana « fut une intelligence vive traversée de fulgurances ». Il respecte « son inlassable effort de penser ». Cependant, l’opposant « regrette qu’une telle vivacité intellectuelle fût mise au service d’une mauvaise cause ».

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