Jean Biangue: «L’annuaire des compétences de la diaspora est déjà effectif»

Après avoir présenté l’instrument en ouverture du DAVOC 2011 au Cameroun, il apporte des détails sur le concept

Jean Biangue vous avez présenté en ouverture du forum DAVOC 2011 de Yaoundé, l’état d’avancement des travaux sur l’annuaire de la diaspora camerounaise à son gouvernement, on vous imagine satisfait
Satisfait mais aussi ému que le gouvernement camerounais ait accepté d’écouter sa diaspora et lui ait ouvert ses portes. Depuis très longtemps nous savions que les autorités étaient sensibilisées à l’idée de la mise sur pied d’un annuaire des compétences de la diaspora. Nous y avons donc mené une réflexion profonde. Ce qui nous a marqué c’est que du côté du Cameroun, on a été attentif à ce concept sur lequel nous travaillions. Des équipes compétentes dans l’administration camerounaise ont travaillé avec nous et la présentation de ce jour n’en était que l’apothéose. Il y a donc aussi de la fierté d’avoir fait cette présentation.

Dans son discours, le ministre Perevet de l’emploi qui représentait le Premier Ministre a présenté la position du gouvernement, une position de laquelle il ne ressortait pas clairement un engagement chiffré en termes de qualité et de délai. Est ce qu’en interne vous avez des éléments concrets d’un soutien futur du gouvernement?
A mon niveau d’information, il ne me semble pas qu’il y ait effectivement un engagement écrit ou fermement établi du gouvernement camerounais sur le projet casa-jobs. Mais ce que je dois préciser, c’est que le gouvernement par un certain nombre d’initiatives du ministère camerounais de l’emploi et de la formation professionnelle a toujours soutenu les initiatives du projet CASA-JOBS. Donc en réalité le gouvernement est déjà un des acteurs de la mise sur pied de cette plateforme. Cela peut nous amener à croire effectivement que nous avons sa confiance. Alors cet appui nous l’avons eu lors de la phase technique et nous espérons bien que lors de la phase d’implémentation et d’opérationnalisation, le gouvernement continuera de soutenir le concept pour une meilleure efficacité.

Quels sont aujourd’hui les services disponibles dans l’annuaire. Lorsqu’on clique sur CASA-JOBS quelles informations peut-on y retrouver?
L’annuaire de la diaspora est aujourd’hui très avancé et nous avons une base de données qui a déjà été implémentée à près de 90%. Cela dit, si par exemple un cadre de la diaspora ou même du Cameroun rentre dans le site, il s’enregistre. Une fois enregistré, il a à sa disposition un espace qui lui permet de rentrer des données sur son profil professionnel. Il peut aussi télécharger ses différents documents qui prouvent son expertise professionnelle, et ces données seront immédiatement accessibles à de potentiels employeurs. Le demandeur d’emploi peut aussi consulter librement toutes les offres d’emploi qui sont offertes sur la plateforme. Il peut ainsi contacter l’entreprise en question. Le cadre qui recherche un emploi peut aussi se voir contacté par un potentiel recruteur, ou initiateur d’opportunités. Pour les employeurs c’est aussi le même schéma, ils peuvent rentrer dans la plateforme, créer leur profil, proposer des offres d’emplois ou toute autre chose qui soit en rapport avec le besoin des compétences.

Quelles seront les conditions d’accès à ces services?
Le concept financier qui est derrière le projet s’inscrit dans la logique du soutien des efforts de l’Etat du Cameroun, dans son souci de lutter contre le sous emploi et la pauvreté. Alors, nous ne pouvons pas demander à des demandeurs d’emploi qui ont une compétence de payer pour accéder au service. C’est pourquoi le gouvernement s’est impliqué à ce niveau de réalisation. Ce concept rentre dans sa politique de vulgarisation des offres d’emplois. Nous espérons donc que les autorités successives en prennent toute la conscience et apportent un soutien réel à l’opérationnalité de la plateforme. D’un autre côté, la possibilité de faire payer une contribution aux entreprises est aussi examinée. Il va sans dire que si une entreprise trouve une compétence sur la plateforme, il est assez logique qu’elle puisse payer en raison des avantages du site.

Quelles garanties apportez vous aux entreprises?
C’est une question pertinente, et pour y répondre je vais dire que nous n’avons pas l’ambition de fonctionner en lieu et place des cabinets de recrutement. Mais bien sûr, les cabinets de recrutement qui sont des entreprises pouvant proposer des offres d’emploi, peuvent très bien le faire sur CASA-JOBS. Pour ce qui est du rôle de l’annuaire, il n’est qu’un outil de l’observatoire de la diaspora au Cameroun. Le concept d’observatoire de la diaspora doit se comprendre comme étant un instrument qui aura pour rôle de scruter dans ce que la diaspora a comme compétence, et les mettre à la disposition du public.

Alors cela veut dire que les services offerts par CASA-JOBS vont évoluer dans le temps pour s’étendre aux opportunités d’affaires?
Tout à fait, nous sommes dans une logique très dynamique. Nous abordons avec ce projet des perspectives qui n’existent pas encore vraiment au Cameroun. Nous essayons de mettre en place un système d’accès à l’information sur l’emploi à grande échelle, au moyen des supports de technologie moderne. Mais d’autres applications peuvent être développées, on peut faire de l’enseignement à distance.

Parlant de valeur ajoutée, est ce que vous avez fait des projections sur ce que le marché de l’emploi pourrait gagner au Cameroun du fait du fonctionnement complet et pertinent de la plateforme CASA-JOB?
Je dois admettre qu’une telle étude n’a pas été faite dans ce sens et on ne peut pas faire des estimations, parce que la plateforme n’est pas encore opérationnelle. Il est encore à son stade expérimental, bien que la réalisation technique soit complètement achevée. Mais il n y a pas de doute que si cela marche à son optimum, l’impact sur l’accès à l’information concernant les emplois sera fortement amélioré. Sur la base de mon retour d’expérience, je sais à quel point ce type d’instrument est important pour le marché de l’emploi. Nous le vivons en permanence en Allemagne où je réside et travaille. C’est un besoin donc qui est essentiel au Cameroun autant pour l’emploi que pour la formation.

Pour terminer, au-delà du Davoc, que ferez-vous durant ce séjour au Cameroun?
Je suis toujours content de revenir au Cameroun, c’est une joie inexpliquée et inexplicable. Cependant je vais continuer de travailler je suis responsable d’entreprise qui gère notamment le site d’information camerounlink, j’ai des bureaux ici, donc je vais travailler ici comme j’étais en Allemagne. J’ai eu aussi l’honneur d’être invité par le sultan des Bamouns pour qui j’ai fourni un travail. Donc ce sera un plaisir pour moi d’arriver au royaume bamoun, et après peut être j’irai à l’Est pour rencontrer ma famille.

Jean Biangue a présenté l’annuaire des compétences de la diaspora camerounaise (5 mai 2011)
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Davoc 2011: Le gouvernement camerounais et sa diaspora face à face

Le 1er Davoc en terre camerounaise s’est ouvert ce jeudi à Yaoundé. Les doléances sont nombreuses de part et d’autre

CASA NET présente ses objectifs
Pour l’ouverture du quatrième forum du Draw a vision of Cameroon (DAVOC), c’est le ministre Perevet Zacharie de l’emploi representant le premier ministre camerounais, qui a présidé la cérémonie ce jeudi. Face aux représentants du gouvernement, le réseau CASA NET, qui a fait part de trois doléances au gouvernement. En premier lieu, CASA NET souhaite voir institutionnaliser le cadre qu’offre le forum DAVOC, afin d’en faire une plateforme d’échange permanent entre le Cameroun et sa diaspora.

C’est un plaisir de nous sentir au Cameroun, d’avoir été écoutés par notre pays et surtout d’avoir transcendé notre peur de poursuivre des objectifs communs. Notre souhait est de voir institutionnalisé à l’avenir ce type de cadre de rencontre entre le Cameroun et sa diaspora.
Brice Moussong, secrétaire permanent de CASA NET dans son discours d’ouverture

La deuxième requête de la diaspora a été celle de voir le gouvernement soutenir l’initiative d’un annuaire des compétences de la diaspora. L’annuaire est rendu à son stade opérationnel, nous le soumettons aujourd’hui aux autorités camerounaises, afin qu’elles puissent aider à sa mise en fonction définitive, et au profit de tous, a indiqué Jean Biangue qui présentait cet outil. La troisième doléance de la diaspora était relative au soutien pour une mise en place d’un fond d’investissement de la diaspora camerounaise. Il est un des objectifs de ce forum, et nous espérons qu’au terme des échanges qui interviendront au cours de cette rencontre, nous parviendrons à un résultat concret dans ce sens, a plaidé Brice Moussong.

Cérémonie d’ouverture du Davoc 2011 ce jeudi 7 mai à Yaoundé
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Le gouvernement se dit favorable à soutenir les initiatives
Le ministre Perevet parlant au nom du gouvernement a dit avoir reçu favorable les initiatives de la diaspora. Cependant, il n’a pas clairement pris d’engagement chiffré. Le ministre Perevet a salué le thème directeur du forum de Yaoundé, qui selon ses termes rentre en droite ligne avec les objectifs prioritaires de l’Etat camerounais pour sa diaspora en 2011. Le gouvernement a aussi reconnu que les compétences de la diaspora peuvent constituer un important outil de développement. Dans la foulée, le ministre Perevet a également présenté les soucis actuels du gouvernement tels que la recherche d’une croissance pertinente, l’atteinte des objectifs en matière d’emploi et la réduction substantielle de la pauvreté monétaire. Il a aussi invité à faire une synthèse des résolutions retenues depuis la première édition du DAVOC, afin d’en faire une étude pour en tirer un meilleur partie. Il a enfin indiqué que la question d’un fond de la diaspora sera examinée. La cérémonie d’ouverture s’est poursuivie avec une visite des stands dans l’espace Business. Le ministre et sa délégation ont pu rencontrer certains porteurs de projets. Malgré que le début de la cérémonie ait accusé un retard, les organisateurs se disent globalement satisfaits. Je ne peux être que satisfait et surtout ravi parce que notre appréhension était la collaboration avec le gouvernement, elle a bien fonctionné pour l’organisation, nous avons reçu un soutien non négligeable de sa part, nous espérons que lors des échanges nous parviendrons à de résultats concrets qui soient en accord avec nos objectifs a déclaré le secrétaire permanent de CASA NET. Le forum s’est poursuivi en atelier dans l’après midi, avec comme thème diaspora et impact économique et social.

Visite des stands par les officiels
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Draw a Vision of Cameroon (Davoc 2011): Les derniers préparatifs

A 2 jours du début du forum des compétences de la diaspora, l’équipe d’organisation termine les derniers réglages

L’espace business très attendu en ouverture
Du 5 au 7 mai prochain, une cinquantaine des camerounais de la diaspora ainsi que leurs partenaires seront présents au palais des congrès de Yaoundé, pour la quatrième édition du DAVOC (Draw a Vision of Cameroon). Parmi les personnes influentes de la diaspora chacune dans leurs domaines de compétence, on annonce entre autres, Dr Nkong Njock de l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le Dr Emmanuel Kamdem du bureau international du travail (BIT), Severin Kezeu (SK Group), et aussi Jacques Bonjawo (Genesis Telecare, ancien de Microsoft). Pour cette première rencontre initiée par la diaspora au Cameroun, plusieurs activités seront au programme. Cette quatrième édition du DAVOC est placée sous la thématique : «Diaspora camerounaise et innovation : Bilan et Perspectives». « Nous tenons à mettre surtout l’accent sur deux aspects majeurs de la rencontre de yaoundé. Il y a d’une part les prix de l’innovation scientifique et social qui sera remis aux projets ayant fait l’objet d’évaluation en atelier, et aussi la mise en place de l’Espace Business Forum. Dans le premier cas je rappelle que des projets ont été sélectionnés et ceux qui seront primés bénéficieront d’un soutien réel et dans le cadre du Business forum il y aura des rencontres informelles encore plus pertinentes que par le passé » a fait savoir Franck Minya, un des représentant de CASA NET, l’association matrice de l’organisation du forum. Le programme de l’évènement prévoit pour le jeudi 05 mai dans la matinée d’une cérémonie traditionnelle de lancement officielle, en présence des membres du gouvernement, des membres du corps diplomatique et des invités de la diaspora. Le temps fort de cette première journée sera l’inauguration de l’espace Business par le Premier Ministre. Il aura l’occasion de rencontrer des camerounais en même temps que leurs partenaires, qui au quotidien sont au c ur des dynamiques économiques scientifiques ou sociales.

Replacer la diaspora au c ur du développement du Cameroun
La deuxième journée du forum, le vendredi 06 mai, sera marquée par la suite des travaux en plénière. En première partie les participants débattront des bilans et perspectives de la diaspora camerounaise dans le cadre de l’innovation scientifique. En deuxième partie de cette deuxième journée, débuteront les travaux en ateliers thématiques, avec des interventions attendues comme celle de Jacques Bonjawo. Une rencontre directe entre les membres présents de la diaspora et certains responsables du gouvernement est prévue en marge du forum. Dans leur volonté, les organisateurs ont refusé autant que possible de laisser le forum DAVOC tomber dans les travers des considérations politiques. « Notre ambition aujourd’hui est d’éviter de tomber dans le piège des considération politique. Nous pensons déjà que pouvoir organiser un tel évènement en terre camerounaise et une avancée considérable. En 2007 lorsque nous réfléchissions sur le concept, nous nous somme heurtés à de nombreuses difficultés, déjà structurelles, et là nous en sommes plutôt à débattre sur le fond de ce qu’il y à faire et c’est une grosse avancée. Nous espérons que d’autres camerounais sauront voir les véritables enjeux de cette rencontre de Yaoundé et que le Cameroun une fois encore en sortira gagnant » rappelle Franck Minya. En plus des échanges avec les nombreuses compétences et porteurs de projets invités, Draw A Vision Of Cameroon-DAVOC 2011 a pour principaux objectifs la mise sur pied du Fonds Mondial de la Diaspora – Section Afrique Centrale et de l’Observatoire des Compétences de la Diaspora Camerounaise (OCDC). Une tache qui risque d’être difficile. Mais au sein de CASA NET on ne se décourage pas. Le plus dur n’est pas de commencer mais c’est parce qu’on ne commencera pas qu’on trouvera toujours que c’est dur, relève serges Tchaha, le responsable à la communication de CASANET. Le Cameroonian Skills Abroad Network (CASA-NET) est le réseau mondial des compétences de la diaspora camerounaise. Cette fédération d’associations de la diaspora a été créée en 2008, au sortir du premier forum des compétences de la diaspora camerounaise. CASA-NET regroupe plusieurs collectifs universitaires et professionnels camerounais répartis dans de nombreux pays et constituant un réseau actif pour l’échange d’idées, de ressources et de projets. CASA-NET a l’ambition de rassembler tous les migrants camerounais autour d’actions économiques et sociales fortes en direction du Cameroun dans divers secteurs tels l’les agro industrie, nouvelles technologies, la santé, l’éducation, l’énergie, l’entreprenariat, le commerce et autres.

Draw a Vision of Cameroon
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Brice Moussong: « Renforcer le rôle économique de la Diaspora »

Le responsable de Casa-Net, initiateur du forum Davoc, évoque l’observatoire de l’emploi et le fond d’investissement de la diaspora

Monsieur Moussong, vous êtes le secrétaire permanent de Casa-Net, l’organisation initiatrice des rencontres DAVOC (Draw a vision of cameroon), dont la quatrième édition aura lieu à Yaoundé au Cameroun. L’un des objectifs de cette rencontre sera de confirmer la mise en place d’un observatoire de la diaspora camerounaise et d’un fond d’investissement des diasporas Afrique centrale, présentez nous ces deux projets ?
En effet, résultats attendus de cette 4ème rencontre de la diaspora camerounaise sont le déploiement de ces deux structures que vous venez de mentionner. Ces résultats escomptés se situent dans la réalité du prolongement des objectifs de notre réseau de compétences de la diaspora Casa-Net à savoir, l’encadrement à travers ce type de structures, du retour et de l’insertion au Cameroun du savoir faire camerounais résidant à l’étranger. A ce propos, l’Observatoire de la Diaspora Camerounaise (ODC), aura pour missions spécifiques, non seulement de permettre à notre pays d’identifier le génie camerounais résidant à l’étranger, mais aussi de mieux appréhender comment ce génie veut se déployer pour le développement du Cameroun en lui donnant plus de visibilité sur le potentiel économique et social de notre pays. Le Fonds Mondial de la diaspora d’Afrique Centrale (FMD-AC), sera quant à lui un instrument d’épargne, un véhicule d’investissement et de transfert de Fonds essentiellement au service de la diaspora et orienté pour servir les projets de développement.

A quels problèmes concrets ces deux mécanismes viennent-il apporter des solutions ?
Aux problèmes de sous emploi par le Cameroun, des ressources humaines et financières de la diaspora camerounaise d’une part, et d’autre part de l’organisation structurelle des initiatives et du potentiel de cette diaspora. Vous savez, les migrants camerounais regorgent de talents, de ressources financières et de projets. Notre pays a pourtant besoin de ces ressources pour faire face à l’absence de compétences spécialisées dans certains domaines, pour financer des microprojets, pour soutenir des programmes de santé ou d’éducation, de lutte contre la pauvreté et j’en passe. Le moment est venu, nous l’avons pensé, de structurer ce potentiel et de proposer un cadre formel permettant aux apports de la diaspora de répondre plus efficacement aux besoins concrets du développement. Nous avions déjà engagé ce travail de formalisation par la mise en place du Réseau CASA-NET et l’organisation annuelle du Forum DAVOC. Il est donc question, avec les deux mécanismes souhaités (l’Observatoire et le Fonds de la diaspora) d’aller encore plus loin dans l’opérationnalisation du retour des finances et des compétences de la diaspora.

Comment entrevoyez-vous le fonctionnement de ces mécanismes, dans un contexte notamment camerounais où presque tout ce qui vient de la diaspora est traité avec un brin de recul ?
D’abord permettez-moi de partager avec vous une conviction: je crois que toute idée élaborée de façon concertée et qui de surcroit participe à apporter une solution à un problème de pauvreté, ne saurait être reçue avec un brin de recul et ce même si cette idée est initiée par la diaspora. Notre vision a toujours été celle d’une approche concertée entre différents partenaires car chacun apporte une vérité : la diaspora, l’Etat camerounais, les entreprises et des pays amis. Bien entendu, il est nécessaire de travailler à convaincre toutes ces parties prenantes pour que les idées convergent vers une même logique de réalisation et c’est certainement à ce niveau qu’il existe un risque de découragement face à certaines difficultés bien réelles notamment au Cameroun. Toutefois, je peux vous dire que les choses évoluent dans le bon sens. Les mentalités changent et les perceptions évoluent. Il y a quelques années encore, organiser un Forum comme le DAVOC qui réunit le Cameroun et sa diaspora sur une même table de discussion était une utopie. Aujourd’hui, la diaspora et le Cameroun communiquent plus et mieux, ce qui est un atout pour nous. Cela étant, dans le cadre de la mise en uvre de ces instruments, nous défendons une otique d’indépendance de ces structures, lesquelles appartiennent avant tout à la diaspora. En ce qui concerne le FMD-AC, nous l’envisageons comme un bureau Afrique d’une coopérative internationale qui existe déjà à savoir le Fonds Mondial de la diaspora (FMD) qui a son siège à Genève. Quant à l’Observatoire de la diaspora, nous l’envisageons comme une structure largement autonome et gérée en majeure partie par la diaspora camerounaise.

Qui sont vos partenaires pour la mise en route effective au Cameroun de ces mécanismes?
Vous l’avez certainement deviné, de telles structures ne sauraient être mises sur pied sans la caution de l’Etat, car l’Etat comme Institution est l’organe qui représente le mieux l’intérêt Général du peuple camerounais. Le Ministère des relations extérieures et le Ministère de l’emploi et de la formation professionnelle avec lesquels nous travaillons depuis plusieurs années facilitent la validation institutionnelle de ces projets. Par ailleurs, dans le cadre du FMD-AC nous travaillons avec la structure mère à Genève (FMD) et ce avec l’appui potentiel de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM). S’agissant l’Observatoire de la diaspora, nous avons comme principal partenaire l’Etat Suisse à travers l’implication de l’Office des Migrations et du Département de la Coopération.

Brice Moussong
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Quels sont les résultats attendus à moyen et à long terme ?
Concernant le FMD-AC, les principaux résultats à moyen terme sont: l’approvisionnement du Fonds après sa mise en place attendue au sortir du DAVOC 2011. A long terme l’aboutissement vers une banque de la diaspora camerounaise comme il y’en a par exemple au Maroc. L’apport du FMD-AC sera essentiellement d’injecter des financements vers des projets économiques et sociaux concrets afin de répondre aux besoins quotidiens du développement (santé, éducation, emploi, TIC, lutte contre la pauvreté). Quant à l’Observatoire de la diaspora, il est tout d’abord question à moyen terme de finaliser la mise en exploitation de l’ « Annuaire des compétences de la diaspora camerounaise », instrument qui est déjà opérationnel. A long terme ensuite, l’Observatoire sera physiquement déployé à Yaoundé sous la forme d’une Agence de coopération multisectorielle avec la diaspora. L’observatoire interviendra dans l’aiguillage des flux provenant de la diaspora (ressources humaines, finances et projets) vers les administrations publiques et les milieux économiques partenaires. Finalement, le fonctionnement optimal de cet Observatoire de la diaspora pourra s’appuyer sur un autofinancement par la diaspora elle-même, envisagé à travers l’activité d’une cellule d’évaluation et de certification des projets.

Pour quelle date est prévu le lancement de l’observatoire des compétences de la diaspora camerounaise et celui du fonds mondial des diasporas Afrique centrale ?
Au sortir du DAVOC 2011, il est question de disposer des éléments opérationnels suffisants pour déployer ces outils.

On revient sur le DAVOC qui on le sait se déroule cette année au Cameroun quel est votre sentiment, celui d’un retour au pays natal ?
Pas vraiment, car le sentiment du retour au pays natal a été consommé en 2007 lorsque nous avons envisagé au sein de l’Association des camerounais de Genève, en Suisse, d’organiser le premier forum de la diaspora camerounaise en juillet 2008. Aujourd’hui nous avons plutôt le sentiment d’une confirmation, sur place au Cameroun, de notre volonté de servir même à l’extérieur les intérêts de ce pays natal.

Mis à part les deux mécanismes sus-évoqué, quels seront les nouveautés du DAVOC 2011 à Yaoundé sur cette thématique « diaspora camerounaise et innovations ?
Vous savez, le Forum DAVOC 2011 est une édition inédite, car c’est la première fois que la diaspora organise une rencontre d’une telle envergure au Cameroun. C’est la première fois également que la diaspora sera étudiée comme pôle d’innovation. Nous avons pour cela axé les travaux sur l’évaluation fine des projets et des initiatives de la diaspora camerounaise. Comme vous le savez, le Réseau CASA-NET a lancé un appel mondial à propositions afin de recueillir les projets de la diaspora. Les projets sélectionnés sont ensuite notés en ateliers et les 3 (trois) meilleures productions se verront récompensées par un « Prix de l’Innovation économique et sociale – DAVOC AWARD 2011 », financé par nos partenaires internationaux. Par ailleurs, la diaspora présente aura l’occasion de faire la rencontre directe des entreprises dans un « Espace Business », tandis que les administrations publiques présenteront leurs programmes au sein d’un « Espace Politiques publiques ». Ces échanges directs, via des stands et des expositions permettront aux partenaires de nouer des contacts utiles pour la concrétisation des projets professionnels et socio économiques sur le terrain camerounais

Brice Moussong (à l’extrême gauche) lors du Davoc 2010 à Bonn en Allemagne
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Brice Moussong, responsable de Casa-net, plate forme d’associations camerounaises de la diaspora

Le forum économique de la diaspora – Davoc est à l’initiative de cette plateforme, très active

Un mot pour vous présenter à nos lecteurs?
Je suis Doctorant Economiste chercheur à l’Université de Genève. Ma recherche porte sur l’analyse d’impact de la crise alimentaire de 2007 dans les pays d’Afrique qui ont subi les émeutes de la faim suite à cette crise. Je suis né à Yaoundé, parti du Cameroun en 2001 alors que j’étais Etudiant à l’Université de Douala inscrit en Maîtrise des Techniques Comptables et Financière

Présentez-nous la diaspora camerounaise en Suisse?
Je pense que les problèmes des camerounais vivant en Suisse sont les mêmes que ceux vivant dans les autres pays d’Europe ou d’ailleurs. Cependant, à quelques différences près je crois que la diaspora camerounaise en Suisse est assez dynamique, entreprenante, et surtout elle a à mon avis un sens assez élevé des responsabilités. La question de la mobilisation autour des préoccupations de participation au développement de notre pays reste au c ur des difficultés que l’on rencontre au sein de nos communautés camerounaises en Suisse. Malgré cette difficulté spécifique, il est très souvent encourageant de voir la solidarité camerounaise se mettre en exergue lorsqu’il faut faire face à des deuils ou des mariages.

Que dire de la réputation des Camerounais et notamment des camerounaises en Suisse?
Si on intègre le fait que Casa-Net soit né en Suisse, je pense que ça équilibre un peu le jugement que les autres diasporas font sur nous! Il faut quand même dire que les Camerounais de Suisse à l’image des autres diasporas camerounaises, ont un projet de vie lié à leurs obligations familiales lorsqu’ils arrivent en Suisse. Pour ce faire, ils essaient tant bien que mal de trouver les moyens qui leur permettent d’atteindre leurs objectifs de départ. D’expériences, je ne crois pas que ce soit la chose la plus facile à faire. A cet effet je m’abstiens de porter des jugements sur les choix de vie des uns et des autres.

Comment est né Casa-net?
Le projet Casa-Net a commencé par le programme CASA, Cameroonian Skills Abroad. Programme d’intégration et d’insertion au Cameroun des camerounais qui souhaitent s’investir dans notre pays après leur formation à l’étranger. Ce Programme fut initié par l’Association des Etudiants Camerounais de Genèvre, lors de ma présidence entre 2005 et 2007. En tant que président nouvellement élu en 2005, j’avais décidé d’orienter ma politique sur les questions d’Emploi des Etudiants camerounais formés à l’Université de Genève. A l’époque je ne pouvais imaginer que cette ambition allait donner naissance au programme CASA qui avait déjà une vision plus internationale. Grâce à l’intelligence et à la grandeur d’esprit de mes collaborateurs de l’époque, Stéphane Mvé, Franck Minya et Rodrigue Kwanga, nous avons eu CASA qui a donné naissance à CASA-NET en Juillet 2008 au cours du 1er Forum des compétences de la diaspora camerounaise à Genève. Fédérer le Cameroun autour de l’initiation de ce projet ne fut pas simple. Pour la petite histoire, lorsque nous allons solliciter le soutien de notre ambassadeur en Suisse pour organiser à Genève le premier Forum des diasporas camerounaises du monde, il nous pose à juste titre la question de la pertinence d’une telle initiative au regard de la tâche ardue en ce qui concerne déjà la mobilisation de la diaspora camerounaise en Suisse. Nous y sommes quand même allés.

Casa-net est donc un réseau?
Casa-Net est réseau d’Associations de la diaspora, d’institutions publiques et privées camerounaise et de pays amis au Cameroun. L’idée du réseau CASA-NET est de fédérer les projets économiques et sociaux initiés par les diasporas camerounaises pour le développement du Cameroun, afin de faciliter leur mise en uvre grâce aux soutiens des institutions partenaires à CASA-NET. Une vingtaine d’association de camerounais résidant en Suisse, au Canada, en France, en Italie, à Chypre, en Angleterre et en Allemagne sont aujourd’hui membre du réseau CASA-NET.

Vous organisez très souvent des rencontres. Parlez-nous-en?
Jusqu’ici le Forum annuel DAVOC, des compétences de la diaspora camerounaise est la principale rencontre que nous organisons. Le DAVOC 2010 de Bonn est la troisième organisation du genre. Nous utilisons cette plateforme pour regrouper les membres et partenaires de CASA-NET afin de faire le point sur les initiatives que nous avons lancé au courant de l’année. C’est donc l’occasion pour nous de repenser une stratégie concertée d’intégration des compétences de la diaspora au projet national de développement économique et social du Cameroun.

La suisse compte t-elle de nombreux camerounais dans la vie active?
Si on regarde le nombre de Camerounais qui finissent leurs études et ceux qui arrivent à trouver un emploi en Suisse, on observe qu’ils sont peu nombreux. D’habitude, la plupart des Camerounais qui finissent leurs études prennent la direction du Canada. Et puis c’est aussi une des questions qui nous a poussés à travailler sur Casa, il était question pour nous de contribuer à la recherche de solutions à cette question de la fuite des cerveaux vers le Canada. Précisément on se posait la question de savoir comment faire en sorte que tous ces camerounais qui quittent la Suisse pour le Canada donnent un minimum voire un maximum de leurs compétences au Cameroun.

Brice Moussong, responsable de Casa-net au Davoc 2010
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Comment régler ce problème de la fuite des cerveaux? Puisqu’ils ne rentraient pas au Cameroun.
On a constaté que beaucoup de Camerounais après leur formation en Suisse, allaient au Canada car l’intégration et l’émancipation sont plus faciles là-bas. La double nationalité n’étant pas admise au Cameroun, nous avons conclu que tous les Camerounais qui vont au Canada n’auront plus une réelle possibilité de s’investir au développement du Cameroun, la finalité pour eux étant la naturalisation canadienne. C’est l’une des raisons forte qui nous a poussé à mettre sur pied une plate-forme qui leur donnerait la possibilité de penser et d’entrevoir un engagement actif pour la promotion du développement social et économique du Cameroun leur terre d’origine.

Mais la réalité, c’est qu’on peut très bien vivre dans un pays et avoir des vues sur le Cameroun. Tous ceux qui présentent des projets ne vivent pas au Cameroun
Justement par notre initiative, nous voulions promouvoir cette idée. Aller jusqu’à dire aux canado-camerounais que la non possibilité légale d’une double nationalité n’est pas un obstacle infranchissable. Surtout qu’il ne faudrait pas que l’on croise les bras dans l’attente de la double nationalité.

S’il fallait faire un bilan de parcours?
En 2 ans et demi d’existence de notre réseau, nous avons contribué à détendre et à donner du contenu à la relation entre le Cameroun et sa diaspora. Nous avons en outre drainé une vingtaine de réseau d’association d’étudiants et de professionnels de migrants camerounais. Par ailleurs, nous avons aussi convaincu les institutions des pays amis au Cameroun du dynamisme de la communauté camerounaise à l’étranger. En termes de mise en place des structures de notre réseau, nous permis l’institutionnalisation du Forum annuel DAVOC et la création d’un annuaire électronique des compétences et des projets de la diaspora camerounaise. Pour finir nous avons soutenus la mise en uvre d’un projet d’informatisation des écoles au Cameroun, projet qui a été lancé par la communauté camerounaise en Suisse. Deux établissements d’Enseignement secondaire, le Lycée de Fongo Tongo et le Lycée de Yabassi ont bénéficié grâce à ce projet social d’un équipement en matériels informatique. Nous sommes certes satisfaits du chemin parcouru, mais nous savons qu’ils restent beaucoup à faire: les préoccupations essentielles et récurrentes de la diaspora n’étant pas encore solutionnées.

Quels sont les soutiens dont vous bénéficiez, notamment financiers, diplomatiques.?
Comme je l’ai déjà mentionné, le réseau dans son ensemble est soutenu par des partenaires institutionnels publics camerounais et étrangers: les principaux partenaires sont le Ministère de l’Emploi du Cameroun et l’Office des Migrations en Suisse. A côté de cela nous avons également des partenaires institutionnels privés (entreprises camerounaises de la diaspora) qui soutiennent l’initiative du forum Davoc en lui donnant une envergure respectable et internationale.

Quels sont vos projets Casa-Net sur le long terme?
J’aimerai faire en sorte que le réseau Casa-Net mette en place toutes ses structures et que celles-ci soient totalement opérationnelles. Jusqu’à présent, nous sommes en pleine tractation pour la mise sur pied de l’observatoire des compétences camerounaises de la diaspora. Nous travaillons sur ce sujet avec le ministère de l’Emploi du Cameroun. Avant la fin de notre mandat, nous espérons arriver à un niveau de coopération qui satisfasse les deux parties afin de finaliser la mise en place de cet Observatoire. Nous souhaiterions aussi à terme, que le projet d’informatisation des écoles en zone rurale soit rependu au sein de toutes les associations membres afin d’en faire un véritable moteur de développement. Pour finir, nous espérons que Casa-Net soit reconnu, par tous, comme un réel vecteur de progrès social et économique.

Etes-vous en synergie avec les autres fédérations des Camerounais qui existent dans les autres pays?
Dans l’évolution de Casa-Net, nous voulons approcher plusieurs réseaux d’associations pour être réunis et parler d’une seule voix.

Brice Moussong, (à droite) au Davoc 2010
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