21 octobre 2016-21 octobre 2019: les dates clés de la catastrophe d’Eseka

L’accident ferroviaire survenu le 21 octobre 2016 a coûté la vie à 80 personnes, fait 7 disparus et plus de 950 blessés, de sources officielles. Retour sur les grandes dates de l’un des drames les plus meurtriers au Cameroun.

 

21 octobre 2016: l’impenssable se produit

Le déraillement du train Inter city 152 survient à Eseka dans le département du Nyong et Kelle, région du Centre. Au départ, la gare-voyageur de Yaoundé connait une grande affluence du fait du trafic routier coupé à Manyaï. Une buse y avait lâché. Impossible alors ce vendredi de faire le trajet entre Yaoundé et Douala par route. La société Camrail, à la demande du ministre des Transports de l’époque, Edgard Alain Mebe Ngo’o, décide d’ajouter huit voitures au train 152 reliant Yaoundé à la capitale économique. Le pire, à savoir le déraillement se produit près de la gare d’Eseka vers 12h30.

 

24 octobre 2016: le Président décrète une journée de deuil national

Une journée de deuil national a été décrétée par le Président Paul Biya, en hommage aux victimes du drame d’Eseka.

 

25 octobre 2016: création de la commission d’enquête

Le chef de l’Etat, Paul Biya, va mettre sur pied une commission présidée par le Premier ministre, Philemon Yang. Commission avait 30 jours pour faire la lumière sur cette catastrophe et établir les responsabilités des uns et des autres. Des auditions vont être diligentées par la commission. Des employés de Camrail, le conducteur du train et d’autres personnes vont être entendues.

 

31 octobre 2016: débuts des indemnisations par Camrail

10 jours après l’accident, Camrail, la société de transport ferroviaire de passagers et de marchandises au Cameroun, débute avec les indemnisations à la gare-voyageurs de Yaoundé. Une aide psychologique entre autres est  apportée aux victimes. Dans la foulée, une cellule d’assistance aux passagers dénommée «Cap 152» est mise en place pour assurer le suivi et la prise en charge des victimes et de leurs ayants-droits. La somme de 1,5millions Fcfa, est le montant arrêté par l’entreprise pour chaque famille ayant perdu un proche suite au déraillement.

 

12 novembre 2016: une mission conduite par le Premier ministre se rend à Eseka

Des membres du gouvernement conduits le Premier ministre de l’époque, Philemon Yang,  arrive à Eseka pour tenir une réunion avec les autorités locales. Parmi les personnalités, Laurent Esso, ministre de la Justice, garde des sceaux, Jean Baptiste Bokam, alors secrétaire d’Etat en charge de la gendarmerie, Réné Emmanuel Sadi, ministère de l’Administration territoriale de l’époque, ou encore Paul Atanga Nji, alors chargé de mission à la présidence de la République.

 

 Novembre 2016: des rapports de quatre experts désignent Camrail comme responsable

Des experts désignés par le procureur général près la cour d’appel du Centre pour faire la lumière sur ce drame, établissent plusieurs rapports qui accablent tous Camrail. Reposant sur les descentes sur le lieu de l’accident, l’exploitation des documents et les entretiens avec les personnes concernées dont des responsables de Camrail, passagers, conducteur et conducteur adjoint du train de voyageurs N° 152), les experts établissent que des problèmes de freinage, la formation d’un convoi surchargé en violation du tonnage et des capacités prescrites; la non prise en compte par la direction technique de Camrail, des réserves émises par les conducteurs sur les défaillances des matériels roulants etc. sont à l’origine de l’accident.

 

19 décembre 2016: Camrail demande la récusation des experts commis à l’enquête

Camrail dans un document, récuse auprès du procureur général près la cour d’appel du Centre, tous les experts qui ont été commis aux différentes enquêtes. La Société met en doute l’impartialité des experts en question et demande une expertise indépendante internationale.

 

Le 23 mai 2017: le chef de l’Etat décide de débloquer la somme d’un milliard Fcfa en assistance aux victimes

En attendant les conclusions de l’enquête, le président de la République a instruit le déblocage de ces fonds pour venir en aide aux sinistrés.

28 mai 2017: le Président Paul Biya valide les résultats de la Commission d’enquête

Dans un décret, le chef de l’Etat, appose son accord aux résultats des enquêtes de la Commission chargée de faire la lumière sur ce drame. Conclusions qui établissent «la responsabilité à titre principale de la société de transport Camrail dans le déraillement de l’inter city N°152. Le rapport d’enquête a conclu que la première cause du renversement des voitures dudit train est une vitesse excessive, 96 km à l’heure dans une portion de voie où la vitesse est fortement limitée, 40km/heure et qui comprend plusieurs déclivités et une courbe serrée».

Comme autres violations imputées à Camrail, des graves anomalies et défaillances: surcharge de convoi et rallonge inappropriée de la rame, utilisation des voitures de voyageurs dont plusieurs représentaient des encrages défaillants, utilisation d’une motrice de freinage rhéostatique hors service, absence de vérification sérieuse du freinage de la rame avant son départ de Yaoundé.

 

Le 26 septembre 2018: le tribunal de première instance d’Eséka condamne Camrail

La juridiction a rendu son verdict dans le cadre du procès relatif à l’accident survenu le 21 octobre 2016. Camrail a été condamnée « pour homicide, blessures involontaires et activités dangereuses ». Ce verdict a été contesté par le transporteur ferroviaire, qui avait alors décidé d’interjeter appel.

31 juillet 2019: Bilan des indemnisations par Camrail

Le bilan rendu public par l’entreprise à cette date faisait état de ce que «91 % au moins des dossiers relatifs à l’indemnisation des personnes décédées ont été réglés ou sont en attente de signature de protocole d’accords ou d’homologation devant le tribunal », tandis que «99 % des passagers blessés ont déjà été définitivement indemnisés, alors que trois cas, qui ont fait l’objet d’une évacuation sanitaire à l’étranger, sont encore pris en charge et bénéficient de l’accompagnement comme tous les autres blessés des médecins mobilisés ». Pour ce qui est des personnes ayant subies des dommages matériels, elles ont toutes été indemnisées, selon la société.

 

02 août 2019: publication de la liste des personnes devant bénéficier de l’appui du chef de l’Etat

Dans un communiqué, le secrétaire général des services du Premier ministre indique que les sinistrés sont attendus dans les services du Premier ministre le 09 août 2019 en vue de rentrer dans leurs droits. En plus de la liste des 744 victimes, le communiqué donne les pièces dont devaient se munir les personnes concernées par cette indemnisation débloquée par le chef de l’Etat.

Retour sur les trois dernières journées de deuil national au Cameroun

Sur instruction du Président Paul Biya, le pays observera une journée de deuil national le 21 juin en honneur des 17 militaires tués dans une attaque à l’Extrême-Nord. Journalducameroun.com évoque les journées de deuil national décrétées dans le pays ces dernières années.

La dernière journée de deuil national avait été décrétée au Cameroun en 2017, en faveur des naufragés du «Mundemba».

Le 16 juillet 2017, trente-quatre militaires du Bataillon d’intervention rapide (Bir) périssent dans un naufrage au large de Debunsha, dans la région du Sud-Ouest. Le bateau «Mundemba» chavire avec 37 personnes à son bord, cinq camions chargés de graviers.

Les chaînes retenant les engins ont lâché au moment où l’embarcation faisait face à une mer agitée. Le Mundemba s’enfonce immédiatement. Seules trois personnes survivent.

Le pays rend hommage à ces soldats en observant deux jours de deuil national les 28 et 29 juillet de la même année. Une cérémonie d’hommage aux victimes du bateau Mundemba est organisée dans le même temps à Douala. Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, préside ladite cérémonie.

-Le deuil national du 24 octobre 2016-

Le pays a également observé une journée de deuil national le 24 octobre 2016. Elle avait été instituée pour commémorer les victimes du déraillement du train n°152 de la Cameroon Railways (Camrail). L’accident avait fait 79 morts et près de 600 blessés.

Le drame en question s’était produit en l’absence du président Paul Biya alors en séjour privé en Suisse. Rentré précipitamment après la catastrophe, il annonce une journée de deuil national. Aucun hommage officiel de la nation n’a toutefois lieu. Des activités seront organisées de parts et d’autres dans le pays.

Lire aussi : Drame d’Eseka : la Camrail jugée coupable d’homicide involontaire

-Le 15 octobre 2015-

Un deuil national avait été décrété à cette date, plus d’un mois après l’effondrement d’un immeuble voisin de la Mecque (Arabie Saoudite) ayant fait 76 morts dans la délégation des pèlerins camerounais le 24 septembre 2015. En plus du deuil national observé le 15 octobre, le président Paul Biya avait instruit un déblocage d’une aide spéciale en faveur des blessés et des familles des victimes.

Drame d’Eseka: les procédures judiciaires piétinent en France

Le Tribunal de Creteil vient de refermer l’information judiciaire qu’il avait commandé au motif qu’il n’était pas prouvé que les  infractions reprochées auraient été commises par les dirigeants de Camrail.

Les plaintes contre le groupe Bolloré portées devant la justice française à la suite de la catastrophe ferroviaire d’Eseka aboutiront-elles? La question se pose alors que le dossier ouvert devant le Tribunal de Creteil vient de se refermer. En effet, le doyen des juges d’instruction a établi la «non recevabilité à se porter partie civile» du Comité de libération des prisonniers politiques (CL2P) et le Syndicat national des conducteurs de train du Cameroun (SPTC). Selon lui, ces organisations n’ont pas subi de préjudice personnel et direct à la suite de cette catastrophe.

Un autre argument avancé par ladite instance serait l’absence de preuves démontrant que les infractions reprochées auraient été commises par les dirigeants de Camrail, et pour le compte de cette dernière.

Le CL2P et le SPTC avaient déposé une plainte avec constitution de partie civile pour tentative de meurtre, homicide involontaire par personne morale et par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence, blessure involontaire et  non-assistance à personne en danger…

Cette démarche est rejetée à Creteil au moment où au Cameroun, le rapport de l’enquête officielle a établi la responsabilité de Camrail dans l’accident qui a fait officiellement 79 morts et plus de 575 blessés.  Selon les conclusions de l’enquête communiquées le 23 mai dernier, cette société aurait mis en route un train surchargé et présentant une rallonge inappropriée de la rame, une défaillance du système de freinage ainsi qu’une motrice dont le freinage rhéostatique était hors de service.

Le CL2P et le SPTC ont interjeté appel de la décision du Tribunal de Créteil devant la Chambre  Le recours a été enregistré le 22 juin. «Il s’agira de démontrer que le cercle des victimes d’Éséka est extrêmement large, et que le drame du 21 octobre 2016 a directement impacté les buts et objectifs des organisations plaignantes. Par ailleurs, il est indiscutable que les infractions reprochées ont été inspirées par le profit, et que l’heure de la reddition des comptes est proche», indique les plaignants.

 

 

 

Drame d’Eséka : Le Snjc annonce la publication de son rapport d’enquête pour le 05 juillet

Pour l’organe, les résultats de l’enquête de la commission Yang ne font pas la lumière sur toutes les causes du déraillement du 21 octobre 2016.

Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc) n’est pas satisfait des résultats de l’enquête commise par le chef de l’Etat, au lendemain de la catastrophe ferroviaire survenue le 21 octobre 2016, non loin de la gare d’Eseka. Paul Biya avait donné un mois à ladite commission pour faire la lumière sur les causes du drame et proposer des solutions visant à limiter les risques de survenance d’une telle catastrophe à l’avenir. Le groupe de travail devait également établir les responsabilités ayant conduit à ce drame.

Sur ce dernier point, le Snjc conteste. Pour le regroupement de journalistes, le rapport de la commission, publié avec six mois de retard, blanchit le gouvernement. Pourtant, d’après le syndicat, tout part de l’effondrement du pont de Manyaï, sur l’axe-lourd reliant les villes de Yaoundé et Douala. En d’autres termes, si le gouvernement avait bien fait son travail, le pont ne se serait jamais effondré et les voyageurs ne se seraient jamais rués sur le moyen de transport ferroviaire pour se déplacer…

Pour ce qui est du bilan des victimes, la commission Yang n’apporte aucune information sur les disparus du train, notamment sur Dorette Dissakè dont la famille reste sans nouvelle, plus de sept mois après le drame. Pourtant, le Snjc croit savoir qu’au moins deux disparus ont été déclarés à l’issue des recherches. C’est fort de toutes ces lacunes, que le Snjc va poursuivre son enquête entreprise quelques jours après la catastrophe. Les résultats sont annoncés pour le 5 juillet prochain.