21 février 2014 -21 février 2015: Remember Charles Ateba Eyene

Par Marcel Tchangue, Mouvement de février 2008 au Cameroun

Charles Ateba Eyene de son vivant avait pu se forger une personnalité suffisamment influente au Cameroun. Ecrivain engagé, ce natif de Bikoka dans la région du Sud demeure, même mort, un compatriote qui savait ce qu’il faisait et n’hésitait pas un seul instant à dénoncer les abus au sein de la société qui l’a fabriqué

Aussi, bien que militant du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (parti au pouvoir), Ateba Eyene ne manquait pas souvent l’occasion de critiquer certaines décisions prises au sein de celui-ci. Toutes choses qui avait fait de lui de nombreux ennemis au sein de ce parti politique

Son courage, son énergie, sa vitalité et son goût pour la lecture avaient fait de lui l’un des personnages les plus prolifiques au Cameroun.

Il était pour plusieurs jeunes un modèle. Mais il s’en est allé, alors qu’il était encore jeune tout en laissant derrière lui une uvre, un combat, le désir d’un idéal qui le rendra atemporel

Charles est parti très jeune, mais il a d’une manière ou d’une autre imprimé sa marque en ce monde.

Quoi que nous regrettions son départ prématuré, nous avons néanmoins la ferme conviction qu’il n’a pas vécu pour rien. Il a choisi son combat et il l’a mené jusqu’au bout, avec la même détermination. Son uvre, son courage et son patriotisme resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Comme la plupart de nos Héros

D’autres visitent et revisitent sans s’en lasser, le jeune prolifique et inventif qu’il était .L´on retiendra de lui qu´il n’avait jamais sa langue dans la poche et ne cessait d´haranguer les nombreuses foules acquises à sa cause à chacune de ses sorties médiatiques.

Nous garderons aussi le souvenir de son combat pour le rayonnement de la société camerounaise.

Nous sommes convaincus que Charles Ateba Eyene qui a combattu toute sa vie pour l’émancipation intellectuelle et humaine du Cameroun et du continent africain et qui s’en est allé il ya de cela exactement un an, constituera de par ses uvres un exemple d’engagement, de volonté d’un monde meilleur à suivre par la jeunesse africaine éprise de démocratie et de liberté.

Nous sommes également sûrs que les combattants africains et camerounais pour la liberté et la dignité humaine garderont présente la mémoire de ce grand exemple de constance dans la lutte et de fidélité aux principes de la révolution démocratique.

Déjà un an, comme Charles Ateba Eyene tirait prématurément sa révérence… sans avoir eu le temps comme beaucoup d’autres jeunes morts avant lui de dire son dernier mot à nos décideurs gérontocrates qui, jusqu’ici ne veulent pas donner la chance aux jeunes de rêver

Une fois de plus, paix à son âme.


DR)/n

« Ma leçon d’histoire njo’o » pour Owona Nguini

Par Patrice Nganang

Chaque tyrannie a les intellectuels qu’elle se choisit. Et pourtant: seule la vérité met sans caleçon l’imposteur. Par son bruyant verbiage, Mathias Owona Nguini veut se soustraire à ma description juste de ce qu’il est : un populiste de droite. C’est au fond ce qui l’énerve. Faut-il encore lui enseigner la distinction entre foule et meute, et lui dire où son choix le situe ? D’ailleurs, faut-il devant son texte kilométrique lui enseigner jusqu’à ce minimal que chacun de mes étudiants de première année reçoit comme viatique: l’esprit de synthèse ? Le voilà qui me cite des bouquins qu’aucun de mes étudiants n’aurait le courage de me conseiller, car je les ai lu et les leur ai enseigné jadis – bèbèla ! Je sais que les enseignants de Ngoa manquent de livres, car ils m’en parlent et bien de fois par amitié, je viens avec dans mon sac des bouquins pour eux. Mais entre nous : jusqu’à ce niveau ?

L’extraordinaire pour moi cependant, c’est plutôt rencontrer le vaporeux de son intelligence, quand forcée hors du jargon: il me faut littéralement la prendre en charge, la guider, la canaliser, et de sa première lettre qui allait dans tous les sens comme un injuriant crachat au ciel de la folie, à la deuxième, structurée, elle, une évolution bien sensible est lisible, nessa. Ah, si je n’avais mis quinze points pour organiser son argumentation à sa place, que ferait donc le docta ? Il m’a suivi, comme une poule en effet, et grain par grain a mangé le maïs que j’ai jeté par terre sur son chemin. Il ne s’imagine pas que celui qui le jette devant lui soit la Panthère Nzui Manto – comme Lapiro, oui, Bangangté, c’est-à-dire un citoyen qui refusera toujours l’esclavage auquel ces gens ont condamné notre pays, et mieux lui croquera sa petite tête calvitiée-là. A yi la. Il ne s’imagine pas un seul instant que mes graines de maïs aient été cueillies dans un Champ. Ici, évidemment un Champ de morts, Fosse commune, Lac des nénuphars. Car l’histoire camerounaise est bien une Culture de morts sans sépulture. Mais hélas, ceux qui comme lui veulent en parler sont si écervelés que des mots incandescents qu’ils entendent, ils ne retiennent que l’écho sonore et littéral !

Il dit parler du Cameroun, mais entend-t-il les mille voix qui, des veines de ce pays, raisonnent ? Il dit y vivre – mais le connaît-il ? Eh bien, je vais lui présenter la république du Cameroun, et ce sera ma leçon d’histoire njo’o. Pourquoi ? Parce qu’il parle de tribalisme au tout venant – pas surprenant dans l’Etat tribal. Mais surtout parce qu’il a mentionné Sindjoun Pokam en lui tirant la révérence – sans doute une marque de sa totale inculture, ou alors un réflexe à sa lecture de mon histoire de bus avec Mono Ndjana qui se clôt sur les conseils du vieux. Parlant d’histoire des idées justement, il devrait pourtant savoir, Owona Nguini, que l’infamie dans ce pays avait fait Mono Ndjana coller sur le dos de Sindjoun Pokam le mot infâme d »ethnofasciste’ – c’étaient les années 1980, dans un débat qui avait mené jusqu’au cachot, des intellectuels Bamiléké. Vingt ans après cette fessée tribale à mes ainés, plus jeune que Sindjoun, Shanda Tonme se voyait coller le même mot sur le dos – ‘ethnofasciste’ – par Ndzana Seme et sa clique. Aujourd’hui c’est moi qui reçois le même qualificatif – ‘ethnofasciste’ -, par Owona Nguini. Dites, quel est ce pays dans lequel l »ethnofascisme’ se transmet de génération en génération d’intellectuels seulement Bamiléké ? Mais surtout : quel est ce pays dans lequel de génération en génération des scribouillards Béti se passent en relai l’accusation d »ethnofasciste’ pour siscia tout intellectuel Bamiléké qui lève la tête, et s’exprime à Ngola en toute indépendance ?

‘Dog wistle’, disent les Américains dans ce contexte, mais je dois sans doute encore expliquer ce que cela signifie à Owona Nguini. Epuisant à la fin. Or nous y voilà, dans la Guerre civile, même si froide : le face à face Béti/Bamiléké qui a fabriqué ses pogroms, cette génération de Bamiléké qui quitte ce pays dans un exil aux dimensions bibliques, cette mer nauséabonde de la terreur insouciante qui s’infiltre dans la lecture tribale, dans le soupçon tribal, dans la parole tribalement écervelée, le reflexe tribaliquement atavique, que soulève un mot – ‘Bamiléké’ -, surtout quand on est Béti, je me rends compte. Wombo-o, c’est si grave à Yaoundé qu’on y cultive la bamiphobie sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose ? A-t-il une conscience, Owona Nguini ? Quelle cervelle de poule !

C’est que, seul un homme qui ne connaît pas l’histoire de son pays peut faire ce qu’il a fait, dire ce qu’il a dit, et se pavaner ensuite dans la suffisance. Seul un peuple sevré de son histoire peut subir l’infamie qu’Ateba Eyene, Joseph Owona et Pierre Semengue représentent. La mascarade qu’Owona Nguini a mise en scène à Yaoundé n’est possible que lorsque le peuple est pris en otage. ‘Quand quelqu’un te dépasse, porte son sac’ ? Miekde ! C’est vraiment Owona Nguini qui a écrit ça ? C’est ce qu’il enseigne aux jeunes Camerounais de 2014, ses étudiants de 18-30 ans, qui donc de toute leur vie n’ont connu que Mbiya comme président ? C’est ce qu’il raconte aux téléspectateurs, auditeurs de radio, lecteurs de sa prose jargonnée, dans cette tyrannie la plus vieille d’Afrique qu’est le Cameroun, qui mon Dieu, a besoin plus de capturer le tyran que d’eau ? Dans le pays d’Ernest Ouandié, c’est vraiment ce qu’il professe ? Ah, mes frères et s urs, le Cameroun a cessé d’être habitable, car le sang des morts n’y a plus la même valeur que celui des vivants ! Comme mon aîné Lapiro de Mbanga, je le dis ici, je refuse d’être enterré dans tel pays de tueurs. Mourrai-je, que mon corps soit incinéré et enterré dans mon jardin – américain, oui.

C’est que dans ce Yaoundé où se trouve mon placenta, d’où le père d’Owona Nguini, leader d’Essingan durant les années de braise, a chassé la crème de l’intelligence critique ; dans ce pays où le plus populaire des âmes dissidentes, Lapiro, a préféré ne pas être enterré – après les bagarres orchestrées par les ‘cinq millions’ du Renouveau aux funérailles de Mongo Béti, Pius Njawe, Abanda Kpama, Abel Eyinga, comme il me disait au téléphone il y a un mois – ; dans ce pays où la meute contrôlée par les gens en armes occupe la rue aux cris de ‘pédé ! pédé ! pédé !’, où l’homophobie, l’antisémitisme, la bamiphobie règnent et les gens de bien se cachent, Owona Nguini se pavane et cite les quelques-uns qui vivent encore, oui, le vieux Eboussi, bien sûr, mais qui d’autre ? – Eboussi qui justement, il y a un an quand je lui demandais chez lui pourquoi il s’engageait si peu devant le triomphe de la pègre, m’avouait ceci : ‘ce qui me dérange c’est leur façon d’assassiner votre caractère !’ ‘C’est trop brutal !’ ajoutait-il, lui qui accepta finalement d’écrire le texte pour Enoh Meyomesse que je voulais.

Dans un pays abandonné à l’Auto-défense et à Essingan, dans lequel le pouvoir se dynastise devant nous tous, un fils à papa passe à la télé ici et là, à la radio ici et là, dans la presse ici et là, dans les amphis ici et là, dans les bars ici et là, sur les panels ici et là, travail époustouflant pour une ville coagulée qui est devenue l’ombre d’elle-même parce que livrée à l’esclavagisme administrativement sanctifié des Tsalla Essomba, et autres églises sataniques et de l’endormissement. Il doit vraiment travailler Owona Nguini, pour occuper tout l’espace vidé par son ami et son père et son général coupeur de têtes, le pauvre ! Le populiste de droite doit trimer pour faire régner le faux dans la rue, préparer l’arrivée de son ami Franck, dans ces cours desquelles il y a quelques années raisonnait encore la critique !

La critique ? Eh oui ! C’est que je suis Parlementaire, et depuis une quinzaine d’années pour le Tribunal Article 53 que j’ai crée, ai fait le tour du monde pour retrouver mes camarades de classe exclus tous des universités d’Etat en 1993, ai accumulé les témoignages que beaucoup de part le monde m’envoient, les noms de mes camarades tués (pas le ‘zéro mort’ de la propagande des collègues de son père, non !), les noms de mes camarades violées, dénudées, trainaillées, battues, silenciées, chassées, néantisées, époustouflées, humiliées sur le campus où il enseigne, Owona Nguini, les photos du massacre qui le prédate donc. J’en ai rencontré au Burkina, en France, en Allemagne, à Hong Kong, aux Etats-Unis, etc., âmes vives, bien éloignées de cette sottise que le pays organisateur divulgue par la bouche des Owona Nguini qui accusent les Parlementaires d’être les responsables de leur propre ‘échec’, quand l’un des téméraires retournards, Jacques Tiwa, fut exécuté à Douala le 28 février 2008 sous son silence complice – échec, dites-vous, monsieur ?, d’une génération récalcitrante comme ce pays n’en a jamais vue depuis 1945, génération historique qui vingt ans après têtument fait encore parler d’elle, nessa, machine intellectuelle de la gauche qu’elle est, comme ses aînés les upecistes en exil jadis.

De ces documents d’évidence que j’ai rassemblés d’elle, sanglants tous, une ligne de fond m’est apparue significative, et je cite ici les mots de Corantin Talla, leader du Parlement, qui passe sa vingtième année en exil : ‘Je me souviens comme si c’était hier quand un petit caporal demandait aux étudiants Parlementaires de s’enrouler dans la boue en chantant ‘votre CEPE dépasse mon bac’. Ou encore quand ces soldats et la milice d’auto-défense violaient et torturaient des jeunes étudiantes dans leurs chambres d’université malgré leurs supplications; volaient leurs bijoux etc. Je me souviens encore comme si c’était hier quand Ateba Eyene me pointa du doigt à un de mes tortionnaires, l’adjudant Onana, en disant ‘voilà leur chef, on l’appelle le général Schwarzkopft. Par la suite ce même Ateba Eyene éclatera de rire quand Onana écrasera mes doigts avec ses Rangers, quand un autre soldat zélé massacrera les plantes de pieds de Guiadem Ange alias Margaret Tatcher assise toute nue à côté de moi dans une sale obscure du Mateco.’

La mémoire est le socle de l’histoire. Sa matière ce sont les archives, car un peuple sans mémoire a un cerveau de poule. Le témoignage de Corantin Talla s’ajoute à celui que Léon Tuam nous avait envoyé, à nous les Parlementaires pour discussion, avant publication en août 2013, promptant la réaction d’Ateba Eyene – sa dernière réaction publique écrite avant sa mort – et une réplique cinglante de Léon Tuam qui lui assécha le Bic. Le règne des tonton macoutes, croyais-je, avait pris fin. Il fallait que ce soit un ‘socio-politiste’ qui nous présente cette défaite ultime de son capo, comme une victoire miraculeuse de l’assassin. Pourquoi ? Ce pays est captif de la droite depuis décembre 1956. Que celle-ci utilise tous les subterfuges pour survivre, à côté de l’assassinat, de la néantisation, de la vaporation, de l’étranglement des gens de bien, la falsification, le clonage, sont les péripéties d’une histoire qui est celle longue de l’intelligence camerounaise.

Qu’elle se serve de chevaux de Troie comme Owona Nguini pour endormir l’opposition au pays-même, est une de ses plus vieilles tactiques, car qu’une opposition qui administrativement a été rendue impossible soit gratifiée des jactances d’un fils et copain de tueurs qui dit parler à sa place, n’est que compréhensible. Que peut-elle faire d’autre ? Quant au Camerounais qui quitte son pays sous les youyous de sa famille et devient ‘la diaspora’, il perd tous ses droits, y compris celui d’avoir une opinion dans cette famille-là. Cette clôture de l’intelligence camerounaise a son symbole le plus vivant dans le général Semengue qui présidait aux obsèques d’Ateba Eyene aux côté d’Owona Nguini, dans l’acte qu’il a revendiqué en mimant le geste de sa machette qui ‘travaille’, et en éclatant de rire, en 2007 (en 2007 !), au micro de mes amis les journalistes français Thomas Deltombe et Manuel Domergue, tous les deux membres du Tribunal Article 53. Ecoutons-le sans frémir : ‘D’abord’, dit-il, ‘les rebelles avaient fait dire aux populations qu’ils étaient, m’enfin, qu’on ne pouvait pas les tuer. Donc les populations croyaient vraiment beaucoup à l’invulnérabilité des rebelles. On était obligés, quand on a tué un chef, un rebelle, de couper sa tête, et de venir l’exposer dans les villages. Je pense quand même que c’était un peu d’information, parce que les rebelles avaient beaucoup de désinformation, qu’ils étaient invulnérables, tout ça.’ Radio-trottoir qui le fait encore s’esclaffer !

Lapiro, en choisissant Mbanga comme sa capitale mythique, avait pris la ville dans laquelle Ernest Ouandie s’était livré aux Semengue. Bangangté comme Ouandie, il venait de ce peuple qui a toujours refusé l’esclavage, ce peuple qui est mien. Qui plus est, cet ainé, avant de mourir, avait traduit pour le roman sur la Guerre civile que j’écris actuellement, un discours de Ouandie en pidgin – son pidgin particulier, que parlait également Ouandie. Le rectiligne entre Semengue et Ateba Eyene n’est plus à démontrer – il est de filiation et d’acte. Il est donc sanguinaire. Le palmarès de la droite qui a pris notre pays en otage depuis 1956 a laissé son symbole le plus vivant dans les actes barbares mais concomitants des deux : couper les têtes à ses compatriotes comme Pierre Semengue ; livrer ceux-ci au poteau d’exécution, au viol ou à la torture comme Ateba Eyene. On nous les dit repentis – seul dans un pays où règne encore la peur, un Pierre Semengue peut marcher librement dans la rue après tel témoignage, encore plus aujourd’hui où le Chili, l’Argentine, et de nombreux autres pays mettent devant le tribunal de la Nation des généraux qui se croyaient sous la tyrannie au-dessus des lois. Seul dans un pays où la peur circule dans les mapans et les chantiers et les bars, un qui durant sa vie adulte a tué, violé, torturé ses propres camarades, comme Ateba Eyene, et nous parlons ici de notre génération, celle de la quarantaine, pourra avoir quelque espace de parole dans la scène publique. Or, tout pays dans lequel le sang perd sa valeur morale suprême, cesse d’être habitable par des êtres humains. Le Cameroun est inhabitable. Il a sombré dans le règne du faux, dans la multiplication des Champs de têtes coupées, car la tyrannie y a pas à pas transformé mes compatriotes en animaux.

L’écrivain trace la ligne de démarcation dans une république en péril. Voilà son rôle. Le Cameroun n’est chaotique que pour qui ne maitrise pas la logique de son histoire, fût-il historien ; ou la rationalité de son quotidien politique, fût-il ‘sociopolitiste’. Ateba Eyene, Pierre Semengue, comme Samuel Kame, sont des héros de la droite. Comme la gauche, elle a droit a ses héros, elle aussi, et c’est tout à fait légitime. Qu’elle choisisse de ne pas juger un général qui avoue ses crimes à la télé – couper la tête de ses propres compatriotes – ou qu’elle choisisse de magnifier un que de nombreux témoignages publiés et concordants de ses camarades identifient comme le Tueur de Notre Génération, TNG, n’est que l’expression de son pouvoir de nuisance. Jamais cependant ces gens-là ne représenteront le peuple, encore moins la nation camerounaise.

Quand celle-ci aura droit au chapitre, ce qui depuis décembre 1956 n’a pas eu lieu chez nous et donne donc place à de nombreux cafouillages et malentendus ; pardon, je recommence : quand le peuple camerounais aura droit au chapitre, ce que nous que le Cameroun a dispersés à travers la terre devons aux premiers exilés qui sinistrés, quittèrent ce pays à dos de moto, en pirogue, déguisés en femmes, en mai 1955 ; je reprends : quand le peuple camerounais s’exprimera vraiment, les statues-là que les Owona Nguini bâtissent aux tueurs à Yaoundé sous les applaudissements des assassins seront transformées en poussière, et ce ne sera pas nouveau dans l’histoire. ‘À supposer (je n’en sais rien) que Charles Ateba ait été un membre d’Auto-défense, pensez-vous qu’il soit resté dans une telle posture?’ se demandait Owona Nguini quand placé sur Cameroon_politics devant le témoignage accusateur du leader du Parlement, Corantin Talla. Je souligne : ‘Je n’en sais rien’, car c’est déjà un aveu que le ‘sociopolitiste’ murmure enfin publiquement son ignorance de l’histoire camerounaise récente. Hélas, il se poserait sans doute la même question devant le témoignage de Pierre Semengue, sur l’histoire des années 1960-1970 qui a ensanglanté mon village, Bangangté, dernier fief du maquis, y a multiplié les camps de regroupement, le cadi et les cérémonies du chien noir : ‘à supposer (je n’en sais rien) que Pierre Semengue ait coupé la tête de ses propres compatriotes, pensez-vous qu’il soit resté dans la même posture ?’

Telle ignorance quand jargonisée, énerve au final. Les Camerounais savent la distinction entre la foule du 4 mai 1991 qui au Mateco inventa ce slogan définitif, ‘Biya must go !’, celle kilométrique qui accompagna jadis le corps de Kotto Bass, et la meute mise en branle contre argent par le ‘Rassemblement pour la jeunesse camerounaise’, satellite RDPCiste de l’homophobe Sismondi Barlev Bidjocka, meute encadrée par les forces armées, et qui acclamait Belinga Eboutou derrière le corps d’Ateba Eyene. Pourtant, comment enseigner à notre Sabitou National, que la prise de position d’un intellectuel n’est pas une question de ‘positionnement’, mais de conviction ? Que l’histoire d’un pays n’est pas une question de ‘posture’, mais de justice ? Qu’une meute qui emplit une rue n’est pas une foule qui fait une nation ? Et puis surtout : que quiconque a versé le sang de ses compatriotes ne mérite plus la considération de citoyen, encore moins celle des citoyens ?

Ah, le pays organisateur ! Il en fait toujours un peu trop, et ainsi révèle trop facilement ses intentions criminelles. Seulement, l’histoire est écrite au nom des victimes, pour le châtiment éternel de leurs bourreaux. Eh oui, l’histoire, ce juge implacable, seule maitresse de l’écrivain. En période de péril, chacun est interpellé, et appelé à choisir son camp. J’ai dit de quel côté se situe Mathias Owona Nguini, et fait mon travail de concierge de la République. Parce qu’il y a levée de boucliers dans les rangs du RDPC pour le défendre, j’ajouterai ceci : la mère poule reconnaît toujours la voix de son poussin égaré en brousse. Encore plus quand au loin gronde la Panthère.

Patrice Nganang
Wikipedia)/n

Patrice Nganang, un triste personnage qui veut me donner des leçons de morale

Par Mathias-Eric Owona Nguini

«Monsieur Nganang toujours aussi prétentieux se fait fort de me donner des conseils. S’il croit qu’il a la lucidité pour cela, tant mieux. Cet imposteur don quichottesque veut m’enfermer dans une polémique sortie de son imagination fertile mais malade. Habitué de la fiction, il croit peut-être écrire un roman. Il m’accuse injustement d’avoir passé sous silence la mort de Lapiro parce que je me contentais d’honorer Charles Ateba sur des bases ethniques selon lui !!! Il est libre de ne pas considérer Ateba comme un héros. Toujours est-il qu’il procède avec la même posture de sophiste ethnocentriste maniant la haine épistolaire non seulement contre l’individu ou la personne que je suis mais contre la communauté des « mêmes gens » aux « mêmes méthodes », ces « Fang-Beti » qui constituent le « pays organisateur » et qu’il faut massacrer pour apporter le changement que cette triste ethnie et tous ses ressortissants empêcheraient par définition. Voilà comment un prétendu progressiste de gauche prétend démasquer le « populiste de droite « -que ses fantasmes d’écrivaillon narcissique croient voir en moi- et entretient la haine ethnocidaire avec sa littérature qui pue la fiente et déverse le fiel par ses propos ethno-fascistes. Selon ce brave monsieur. Tous les Beti se vaudraient. Eno Meyomesse et Biya Paul, même combat!!! Semengue Pierre et Eyinga Abel, même sauce!!! Amougou Thierry et Belinga Eboutou, les mêmes gens!!! Owona Joseph et Owona Nguini Mathias Eric, même sang donc mêmes idées!!! C’est ce triste personnage qui veut me donner des leçons de morale et même d’épistémologie!!! Quelle prétention!!! Quelle prétention!!!

1- Le premier argument de Nganang ne tient pas. Il n’y pas d’accusations mimétiques. C’est de manière manifeste qu’il a utilisé des insinuations ethniques pour non seulement me dénigrer et calomnier les « mêmes gens aux mêmes méthodes », entendez les Fang -Beti, pour qui il a manifestement de l’aversion. Sa rhétorique sur le retour à l’envoyeur, le « bordelle (sic) , bordelle toi-même n’a aucun sens car je n’ai jamais attaqué la communauté dont il est issu. Son héroisme autoproclamé dans la défense de Teyou ou d’Eno n’est pour l’essentiel que du nombrilisme. En gauchiste inconséquent et infantile mêlant anarcho-libertarisme,anarcho-libéralisme et anarcho-libidinalisme, Nganang croit en petite « starlette new-yorkaise » qu’il est le seul à incarner l’intelligence critique au Cameroun. Avant lui, rien. Après lui rien. Seuls ses postures, ses intérêts et ses actions sont dignes d’être salués. C’est le complexe absolutiste de l’homme-orchestre!!!

2-Nganang ne sait pas, lui qui n’a aucune culture politique réelle ni de culture humaniste sérieuse, que catégoriser, c’est mettre en accusation, c’est « kategoresthai » selon l’étymologie grecque du mot. C’est lui-même dans son deuxième texte qui manie l’injure. Par ailleurs qui a lancé cette controverse en la construisant sur-essentiellement sur le mode du dénigrement ? Ma riposte est à la mesure d’une attaque non conventionnelle !!!En me qualifiant frauduleusement et faussement de poujadiste de droite, il m’insulte littéralement, car mon positionnement idéologique est à gauche. Si je devais même être populiste,je serais,un populiste de gauche. Je suis selon les termes de Mongo Beti ,un Kodogassi » (partisan du mouvement) plutôt qu’un « Tobogassi » (adepte du statu quo). Comme notre prétentieux donneur de leçons n’a pas de culture sérieuse d’histoire des idées et d’analyse sociale des idéologies, il ne doit pas certainement connaître Ernest Laclau qui parle de « populisme rationnel ». Je ne prétends pas être un activiste de rue. Si c’est cela mon péché, je veux bien l’admettre. A 4000 km, on a toute la sécurité pour aller demander aux autres ce qu’on ne peut pas faire. C’est si facile de faire le héros au loin à travers le net. Si Monsieur est si courageux, qu’il vienne donc vivre au Cameroun avec nous, enseigner à Ngoa-Ekelle et défendre tous les étudiants qu’il souhaite. On pourra mesurer concrètement sa puissance d’activiste. Par ailleurs, ce mythomane impénitent me fait passer pour un rdpéciste. C’est peut-être « sanguinaire »!!! Si je voulais même entrer au RDPC, je ne suis pas sûr qu’on y voudrait de moi, au moins si je devais conserver ma posture idéologico-intellectuelle et idéologico-politique actuelle!!! Nganang va faire s’esclaffer tout le Cameroun avec ce genre de considérations. N’importe quoi!!!

3-Encore une preuve de la mauvaise foi de Nganang. Il reconnaît maintenant que Um Nyobè est grand, lui qu’il a aussi copieusement dénigré. Mon ami et frère en Kamitologie Bonaventure Tchucham en est témoin. Par ailleurs, cher Ami, la manipulation ne passe pas. On n’a pas discuté des mérites des personnages historiques. Les noms des » mauvais « sont toujours choisis avec un dessein ethnocentré comme si ses ennemis politiques du RDPC ou de l UNC-RDPC étaient tous des Fang-Beti et rien que des Ekang!!! C’est Semengue et Ateba, pas Kame et Ngoufack!!! Malgré ma sympathie pour l’Upc, je sais aussi ce que Nganang ne veut pas dire. Les seigneurs de guerre de l’Armée de libération nationale du Kamerun ou du Sinistre national kamerunais ont aussi commis de abus. Qui a tué Mpouma et Delangué? C’est Nganang qui a l’esprit confus aveuglé par un mélange explosif de haine politique et de rancoeur tribale…

4- Il n y a qu’un déjanté et un désaxé comme Nganang pour nous faire croire que l’arbitraire homocratique n’existe pas matériellement au Cameroun. Ceux qui subissent ce harcèlement moral et physique au quotidien et qui s’en plaignent sont certainement tous des mythomanes et des paranoiaques. Même dans l’Occident américain qui lui tient lieu d’asile économique, on n’accepterait pas cela en dépit du fait qu’on ait versé là-bas dans le libidinalisme sans frontières qui y fait admettre comme légitime les « sexualités dites alternatives ». Si c’est cela qu’il appelle le succès ,tant mieux pour lui!!!!C’est un succès cher payé!!!Nier l’existence des pratiques de harcèlement homocratique au Cameroun qui ont bien cours dans des cercles précis du pouvoir et dans des milieux sociaux bien ciblés d’influence, c’est corroborer l’arbitraire cynique qui y est lié et qu’Ateba dénonçait. C’est bien cela qui lui vaut la haine féroce de Nganang. On voit que c’est lui Nganang qui a des sympathies avec certaines baronnies du régime rdpéciste qui sont versées dans de telles pratiques!!!

5- Si Monsieur ne comprend pas , c ‘est son droit. Souvent on appelle jargon, la pensée et le langage auxquels on ne peut accéder parce qu’on y a pas été initié!!! C’est comme si un Fang-Beti comme moi ne comprenant pas la langue medumba que parlent les parents de Patrice Nganang, décrétait que cette belle langue n’a pas de sens parce qu’il ne la comprend pas!!!Soyons humbles et au lieu de dénigrer les autres sur le jargon, essayons d’apprendre pour comprendre avant de juger. Par ailleurs, il est trop facile de disqualifier comme jargonnant le langage que l’on ne comprend pas parce qu’on n’a pas les références mentales et intellectuelles pour y accéder. Comme Nganang n’a pas beaucoup de sens philosophique et pas de culture sociologique et aucune vista politologique, il n ‘y comprend rien!!!

6-Nganang qui ne connaît rien aux sciences sociales et ne semble pas plus avancé en sciences humaines, déforme malhonnêtement ma pensée. Je suis bien loin du « Cameroun c’est le Cameroun ». C’est encore une pure fraude intellectuelle que de me me présenter comme un défenseur intellectuelle du « biyaisme ». Cher Monsieur, le poujadisme a un sens précis dans l’histoire politique de la France. Qu’est-ce que Charles Ateba Eyene a à voir avec Pierre Poujade au niveau des trajectoires sociales et des itinéraires historiques ou même des chemins biographiques? SVP, ne faites pas de la comparaison à deux sous!!! Je vois que Nganang n’était pas 0 « sciences Po »… Il ne peut pas comprendre ce genre de choses.

7- Monsieur Nganang, vous vous trompez. Je ne puis en aucune manière vous jalouser. Ce n’est pas mon style!!!Pour moi ce serait manquer à la bienséance bourgeoise, ce serait manquer de classe et même manquer à ma classe. Par ailleurs, ce n’est pas vous qui pouvez me prendre au jeu idéologique sur l’homophobie. Je le maîtrise mieux que vous et je pourrais vous entretenir longuement dessus. Cette catégorie de combat a été fabriquée par les activistes gays , c’est à dire ce groupe particulier qu’il faut bien distinguer des « homosexuels ordinaires » -comme le fait d’ailleurs le théoricien homosexuel Jean Pier Delaume Myard-qui ont transformé leur passion débridée pour l’homosexualité en idéologie intégriste qui finit par être aussi inquisitoriale que celle qu’il reproche aux « homophobes ». Je n’ai jamais dit que vous étiez « pédé ».Si vous voulez faire votre coming-out ,faites-le et assumez-le vous-même !!!Au moins là ,vous feriez preuve de courage de revendiquer clairement et pleinement cette identité. Je vois déjà notre Superman de l’activisme venir nous organiser une gigantesque « Gay Pride » sur le boulevard du 20 Mai dépassant le triomphe rendu à Ateba à cet endroit!!!Nganang, on attend hein, pas le « bep-bep-bep »!!!

8- On voit bien que Nganang ne vit pas au Cameroun. Il a vraiment la tête à Gotham City. Je suis désolé. S’il croit que le seul progressisme, c’est celui de l’apologie souverainiste, extrémiste et libidinale du suprématisme homophile, c’est son droit. Les tenants du système eux ne s’y trompaient pas qui redoutaient plus Ateba que Nganang. Ici au Cameroun, Nganang ne fait peur à personne!!! Peut-être ont-ils peur de lui à New York. Cela voudrait dire qu’à la « Big Apple », on est devenus bien couards!!!

8-Encore une fois, Monsieur Nganang dans son obsession tribaliste veut m’entraîner sur un terrain frauduleux. D’abord ,il ne sait pas grand chose de ce que je pense de Lapiro. Ai -je dit aussi que Moukoko Priso était un héros à Bonaventure Tchucham parce qu’il était de l’Océan comme moi? Pense-t-il vraiment que j’ai les mêmes vues politiques que bien de mes parents qui sont pourtant de l’Océan? Ne délirons pas et ne faisons pas passer nos fantasmes pour la vérité. Surtout cher Ami, cessez de croire que vos imprécations ethnicistes ont une valeur politique et morale sérieuse. Le pire , c’est que vous ne vous rendez même pas compte de cet ethnocentrisme maladif, véritablement compulsif!!!

Vous remarquerez cher Monsieur Nganang que contrairement à vous, je n’ai pas pris le risque que vous avez assumé à l’encontre de ma communauté, de stigmatiser la vôtre. Qui est tribaliste, n’est -ce pas celui qui parle dédaigneusement des « mêmes gens » aux « mêmes méthodes »? Je prends ceux qui suivent cette controverse à témoin en dénonçant la véritable chasse aux sorcières menée par Patrice Nganang contre moi. C’est vous Patrice Nganang et vous seul qui avez clairement, répétitivement et compulsivement stigmatisé une communauté ethnique dans sa totalité .Dans cette controverse, jusqu’ici je n’ai pas adopté une telle posture nauséabonde et nauséeuse qui n’est pas dans mon style. Ne faites donc pas de fausse symétrie et assumez votre tribalisme grossier et publiquement exposé qui me répugne.

9- Non, cher Nganang, mon esprit est trop sophistiqué pour qu’il puisse se permettre une telle confusion. Ce n’est pas pour rien que le régime a militarisé les obsèques d’Ateba. C’est bien parce qu’il le redoutait. Il faut être humble et reconnaître la valeur de quelqu’un même quand on n’a pas les mêmes idées que lui. Nul d’entre nous deux n’est sûr de bénéficier lorsqu’il viendra à mourir du puissant hommage populaire rendu à Ateba qui irrite de petits intellectuels nombrilistes et égotistes comme vous. Comme disait l’ancien footballeur ivoirien devenu musicien Gadji Cely, les jaloux vont maigrir avant de périr !!! Nous on est devant, on va à Devant dougou!!!

10-Cessez Cher Monsieur de vous prendre pour le centre du monde. Vous n’êtes pas la « diaspora ». Encore une fois, c’est de manière impropre que vous utilisez ce concept historique et sociologique .On peut même toujours vous le concéder. Vous devez savoir que je ne me serais pas intéressé à votre personne, si au prétexte de conduire une critique intellectuelle de ma démarche vous ne passiez le temps à vouloir injustement me couvrir d’opprobre. Cher Ami, le fait que vous soyez un exilé économique à New York ne m’impressionne pas. Ce n’est pas vous qui pouvez m’apprendre des choses sérieuses sur la civilité et la citoyenneté cosmopolites ou sur les « hyphenated identities » ou « identités trait d’union ».

11- Quoi que vous puissiez dire cher Nganang, c’est ici encore que se manifeste votre complexe de classe. Vous parlez de mon père, ai-je parlé du vôtre ? Si vous voulez m’invectiver ou m’insulter ,faites-le sans avoir à passer par mon père. Par ailleurs, à qui allez-vous faire croire au Cameroun éclairé, éveillé, informé et conscient qu’Owona Joseph et Owona Nguini Mathias Eric au plan idéologico-politique et idéologico-intellectuel, c’est la même chose ? Vous faites exactement comme ces barons du régime sans véritable « confort intellectuel » qui pour intriguer contre Owona Joseph auprès de leur Maître Central Biya Paul, vont lui dire que c’est lui qui envoie son fils Owona Nguini critiquer le régime !!! C’est vrai que vous avez un rapport fort distendu avec l’autonomie bourgeoise de pensée, noyé que vous êtes dans la fange et la vase ethnofascistes où votre propos s’est enlisé de manière récurrente. Pour vous, la politique est dans le sang, les gènes et le sperme. Si ça n’était pas le cas pourquoi pouvez-vous penser que parce qu’Owona Joseph est dans le RDPC ,Owona Nguini Mathias son fils devrait y être aussi ? Le populiste ethnofasciste qui apparaît derrière votre masque de gauchiste libertaire est tellement obsédé par mon sang familial, qu’il croit que c’est cette ascendance génétique qui commande mes pensées et mes actes. C’est l’odeur de mon père qui vous obsède comme si je n’avais pas la mienne senteur. En cela, vous êtes bien un crypto-fasciste obnubilé par la biologie familiale qui est la mienne. Comme si je m’intéressais à la vôtre. Non content de vous attaquer aux Owona, il vous faut encore stigmatiser à répétition tout un groupe ethnique que vous dénigrez à travers le terme de « pays organisateur » en laissant croire de manière mensongère que le régime du Renouveau n’aurait pas à tous les niveaux des sociétaires provenant d’autres nationalités communautaires du Cameroun. Quelle hypocrisie ethno-fasciste !!! Par ailleurs ,libre à vous d’être un nostalgique du « Parlement estudiantin» qui ne se remet pas de la cuisante défaite historico-politique à lui infligée par les phalangistes d’autodéfense, précisément parce que certains des acteurs de ce mouvement contestataire engagé dans les luttes socio-politiques des « années de braise » n’avaient pas su éviter la tentation de l’ethnocentrisme , se laissant prendre aux pièges de l’ethnicisme politique que le régime macoute sut exploiter pour casser la formation d’un front révolutionnaire véritablement républicain. Enfermé dans un drame picaresque, vous restez plongé dans la nostalgie passéiste de ces luttes du « Parlement »,c’est votre affaire, une affaire don quichottesque. Je n’y étais pas.

12- Cher Ami, comme ça vous énerve de m’écouter sur les microphones des radios camerounaises, venez alors m’empêcher d’y parler quand on m’y invite. Si des membres de ma génération sont morts pour la liberté d’expression, je ne peux que m’incliner et leur rendre hommage. Je crois que ma posture habituelle dans ces médias, ne trouble pas l’esprit de vos camarades qui sont morts dans ces luttes politiques. Maintenant, si vous croyez avoir le monopole de l’intelligence – si vous la détenez d’ailleurs, ce qui serait à vérifier-, je serai bien aise de débattre avec vous dans ces médias à la loyale non par des man uvres traîtresses. Pas le « Bep-Bep-Bep » , Nganang, on peut le faire même en camfranglais ou en pidgin !!! A propos du fait que « nous » du « pays organisateur », mon aîné Jacques Fame Ndongo et moi nous parlions ou nous parlerions le latin, c’est encore une démonstration de votre esprit d’amalgame tribaliste. Avec tout le respect que j’ai pour cette éminente personnalité, il ne me semble pas que du fait d’être tous des Fang-Beti ou des Ekang, il en résulte que nous ayons les mêmes vues politiques ou intellectuelles.Beaucoup au Cameroun, même mon « Tonton» Fame Ndongo, s’esclafferaient de vous écouter sur ce point. On voit qu’au-delà des vos éructations malveillantes et des exhalaisons malodorantes qu’elles véhiculent, vous ne connaissez rien à la politique camerounaise !!!Vous ne savez rien du débat organisé par le Caped ,le centre d’étude de mon collègue Alain Fogué sur l’opportunité ou la non-opportunité des motions de soutien des universitaires issus des institutions universitaires d’Etat appelant Monsieur Paul Biya à se présenter à nouveau à l’élection présidentielle de 2011 ; débat au cours duquel j’étais avec Claude Abe et Xavier Messe À Tiati parmi les contradicteurs de Jacques Fame Ndongo, Joseph-Vincent Ntuda Ebode qui est pourtant mon ami et mon frère ,Mabou Mabou ou Rachelle Bidja !!! Quand je défendais la thèse de l’inéligibilité de Paul Biya à l’élection présidentielle de 2011 relayant et complétant les vues éclairées de mon ami et frère Alain Didier Olinga et coalisant avec maître Fidèle Djoumbissié, sur une base à la fois éthique, juridique ,politique et philosophique contre Narcisse Mouellé Kombi ou James Mouanguè Kobila, le puissant activiste que vous êtes conscient de mes « faiblesses dans l’action » aurait dû prendre le relais. On ne vous a pas vu à l’époque .Où étiez-vous ? Qui manque de courage alors ? Vraiment, cher Nganang, soyez modeste. Si vous vous prenez pour une référence en matière d’intelligence critique, c’est le lupanar qui se prend pour un couvent !!!

13-Encore une fois, cher Ami, vous voulez peut-être avec votre narcissisme habituel, vous faire un peu de publicité. Contrairement à ce que vous dites, je suis loin mais alors très loin des terres de l’inculture où vous tentez de me déporter, même si je ne saurais tout savoir. Si vous en doutez,il faudra venir tester, pour bien y voir. Peut-être est-il souhaitable que vous vous frottiez à moi pour voir. J’ai bien lu certains de vos écrits qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable. Je les ai trouvés plutôt moyens, peut-être parce que je ne suis pas un critique littéraire !!!C’est donc mon modeste avis ;Ce que je comprends c’est que ce manque de génie littéraire est à la source de la jalousie que vous éprouvez pour la vraie brillance épistolaire .C’est pour cela que vous jalousez la puissance philosophique de l’Eboussi que vous ne serez jamais, que vous enragez devant le génie romanesque de Mongo Beti que vous n’atteindrez jamais ou que vous mourrez de jalousie devant la finesse théorico-sociale et théorico-intellectuelle d’Achille Mbembe que vous n’égalerez jamais. Cher Nganang, méditez cet adage douala-kingala-sawa que le grand Lapiro de Mbanga dont les origines mêlaient le Bamiléké et le Douala aimait à reprendre : « Muna Nyongo Buki tè wa bambèlé mo konda » (Quand ton frère te dépasse, porte son sac).

13 bis- Cher Ami, encore une fois, vous n’y êtes pas. Je n’ai jamais dit que vous défendiez le « lumpen-prolétariat » !!! J’ai dit plutôt que vos mauvaises manières étaient typiques de l’oblat social venu du lumpen-prolétariat dont la réussite n’est pas parvenue à lui faire oublier le ressentiment venant de la souffrance sociale endurée du fait de ses origines sociales plus que modestes .Je vous comprends que vous n’avez aucune culture des sciences sociales et que vous ne sachiez rien de la socio-analyse ni de la psychanalyse. Ce n’est pas vos positions d’activiste que je visais, c’est votre complexe névrotique toujours présent malgré votre ascension par l’éducation vis-à-vis de vos origines sociales. Je vois que vous n’avez pas appris les bonnes manières au point de snober même aujourd’hui les « sous-quartiers » d’ou vous venez en tenant des propos indignes pour un vrai fils du bon peuple sur « l’écume populiste ».Il vous reste beaucoup de ressentiment et bien des stigmates de cette époque, surtout la passion pour le hooliganisme mental et comportemental. En cela, vous êtes comme ces barons du Renouveau, véritables « miraculés historiques » et « parvenus sociaux » comme vous, qui au lieu de se réjouir de leur« réussite petite-matérialiste », ont la rage contre ceux qui n’ont pas connu leurs galères .Comme eux, vous êtes honteux de votre passé social, parce que vous êtes devenu un petit notable de l’écriture. Voilà pourquoi en complexé que vous êtes toujours ,je vous énerve par le seul fait que je sois le fils d’un Baron du Renouveau, un « fils de ministre » qui doit payer pour les fautes imputées à tort ou à raison à son père !!!Monsieur l’inquisiteur, mon dossier serait encore plus lourd à vos yeux si vous saviez que ma défunte mère a fini sa carrière Secrétaire générale de ministère. Je suis sûr que votre rage ressentimentale s’en trouverait accrue. Vous devez savoir que je suis fier surtout d’être fils de Professeur et content d’avoir eu une mère qui fut l’une des deux premières femmes du Cameroun à entrer dans le corps des Administrateurs civils. Maintenant, cela ne m’oblige pas à avoir les mêmes idées politiques que mes parents !!!Comme je suis élégant, je ne vous demanderai pas ce que sont ou ce qu’étaient votre père et votre mère !!! Ne faisons pas comme si j’avais passé un concours pour être le fils de mes parents !!!Il y a dans votre inconscient même à New-York, la honte de vos origines modestes et la peur d’y revenir !!!

14- Dans votre manque habituel de sérieux, vous pouvez toujours ironiser sur mon doctorat. Ma thèse, surtout ses chapitres 7 et 8, vous apprendrait bien de choses sur l’expérience de 1991 qui semble vous avoir traumatisé. Vous êtes effectivement resté bloqué dans l’expérience traumatique que fut pour vous et pour bien d’autres jeunes contestataires attachés au « Parlement estudiantin », l’échec politique et stratégique de ce mouvement confronté aux contraintes produites par la brutalité sécuritaire de la répression conduite par le régime macoute. Cher Ami,la révolution ne s’improvise pas et la politique de combat n’est pas une soirée de gala !!!Pubertaire de l’intelligence que vous étiez et que vous restez, vous ne le comprenez toujours pas. Vous êtes toujours affecté par les maladies infantiles du gauchisme narcissique qui vire rapidement à l’esthétisme réactionnaire d’où votre haine romantique du « Pays organisateur » et la pathologie tribaliste qu’elle induit qui vient corrompre votre engagement progressiste.

15- Cher Ami, je vous donnerai deux petits conseils : 1° Soyez humble 2° Soignez- vous de ce tribalisme maladif. Il faut effectivement que vous puissiez vous guérir de cette haine ethnocidaire. Je croyais que cette haine était le monopole des (anciens) Auto-défenseurs. Il est par ailleurs profondément malhonnête de faire croire que les vrais libres penseurs-et il n’y en a pas un seulement un ou deux qui vivent physiquement au Cameroun et prennent quotidiennement position sur différentes questions d’intérêt national, public ou général, parlent parce qu’ils auraient des parapluies ou des parrains. On voit bien que vous êtes très versé dans l’art des parrainages et des réseaux. C’est bien pour cela que vous ne pouvez pas imaginer que de libres penseurs puissent s’exprimer sans parrainage !!! On peut percevoir à quel bord vous appartenez ! Je comprends encore ici pourquoi vous détestiez Ateba. Il faut aussi rappeler que Joseph Owona est mon père, pas mon parrain. Qui est le parrain du vénérable Sindjoun Pokam ? Qui est celui des époustouflants Cabral Libiih et Richard Makon ? Qui protège même le chatoyant et prometteur Boris Bertolt ? Ne crevez pas de jalousie quand l’éclat doit revenir à d’autres que vous au Cameroun. Il y a assez d’espace pour ceux qui se veulent, à un titre ou à un autre, être des acteurs du « changement ». Il devrait même, si le Cameroun est une société civilisée, y avoir de la place pour les partisans de l’ordre établi lorsque le changement se sera concrétisé et que l’orthodoxie aujoulatiste sera devenue un « ancien régime » .Cher Nganang débarrassez-vous de votre tribalisme compulsif et maladif et votre narcissisme puéril et infantile. Ce sera une saine toilette. A bientôt. »

Pr. Mathias Eric Owona Nguini
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Owona-Nguini a toujours manqué le courage d’un jugement

Par Patrice Nganang

Serais-je a l’étranger que je n’aurai pas cru que l’infamie qui a eu lieu au Cameroun aie vraiment eu lieu – la néantisation de Lapiro de Mbanga, et l’héroisation de Charles Ateba Eyene. Le silence sur le héros national le plus célébré de ces derniers vingt ans, et l’invention d’un héros national a partir de l’écume de la droite. Et que celle-ci fut orchestrée par une décision extraordinaire – celle d’un qu’on me dit spécialiste de sciences politiques – Matthias Owona Nguini. Avec l’arrestation de Bapes Bapes, nous passons à autre chose. Le Cameroun aura donc passé sous silence le décès de Lapiro de Mbanga, ses funérailles, et tout ce qu’il aura été – Lapiro! Lapiro! Lapiro! Trente ans de musique auront ainsi été mis dans le silence d’une indignation, quand la meute astroturfée prenait la rue, avec devant elle Matthias Owona Nguini. Je dois dire que je n’ai jamais cru qu’il soit une force de changement. Son péché originel, m’a toujours mis sur les gardes. Mais ce qui m’a toujours fait douter est qu’il ait toujours manque le courage d’un jugement. Je précise ma pense: un intellectuel, c’est une analyse, basée elle sur un jugement, qui se fonde dans un paradigme précis. Trois piliers dont le premier forme des universitaires. Bref, il m’est toujours apparu comme un universitaire, jetant le jargon de sa discipline a la télévision pour éblouir, ce qui a lieu évidemment. La lignée de Mbembe, quoi.

Le jugement se situe, lui dans le feu de l’action, car alors il faut choisir. Et là l’analyste chez l’homme a toujours servi de poche d’esquive – ce qu’au pays on appelle ‘l’objectivité’. Ainsi jamais ne s’est-il soucié de ses étudiants incarcérés, même quand c’était tout a fait évident que ceux-ci étaient innocents, et à contrepartie étaient jetés dans des prisons aussi infâmes que Mfou – Herve Nzoubeth, Denis Emillien Atangana, Demanga sont des exemples les plus infâmes de sa fuite quand l’histoire de son propre amphi appelait le jugement. Ce qui cependant s’est joué a Yaoundé ces derniers jours révèle le jugement autant que le paradigme duquel il part – car l’héroisation de Charles Ateba Eyene demeure pour moi extraordinaire, et encore plus indigestible, parce qu’elle est assise sur le silence de la République sur la mort et l’enterrement d’un homme, Lapiro de Mbanga, qui aura passé 55 de ses 56 ans au Cameroun, et qui sera mort en exil, oui, mort en exil, après avoir passé 4 de ces 56 ans-là en prison pour rien! Voilà bien cet homme que durant sa vie la rue aura porté, aura questionné, aura suivi, aura défendu au final, et qui sera mort loin d’elle – comme tant de héros de ce pays!

Mais ce qui est le plus troublant pour moi, plus troublant même que le silence sur l’héroïsme de Lapiro de Mbanga, c’est le choix de Charles Ateba Eyene, l’apôtre du ressentiment comme ‘héros national’. Quoi? Quel choix écervelé! Lever les foules en jetant en pâture ‘les éperviables’ fait déjà le ‘héros national’ au Cameroun? Comment célébrer telle écume, quand je viens de passer un après-midi avec un de ces hommes qui a passé cinq ans en prison a Kondengui, et a été innocenté totalement dans ce Cameroun par le tribunal spécial devant lequel il a démontré son innocence justement, comme Lapiro avait démontré devant la Cour suprême la sienne et fut innocente? Comment célébrer ceux qui voient ‘les pédés’ partout dans leur misère, qui criminalisent le succès, qui se retournent contre l’excellence au nom des ‘sectes’? C’est ça l’héroïsme au Cameroun? Vraiment? Ca fait pitié! Le ressentiment, oui, c’est cela, et ce n’a jamais rien produit de bon, rien, rien, et rien. Voyez donc, chez nous ce sont ‘les éperviables’, ‘les pedes’, et ailleurs ce sont ‘les juifs’, ‘les noirs’ qui sont la cause des malheurs de la race. Élever le pire des poujadismes au rang d’héroisme dans ce pays, quand celui-ci est au creux de la tyrannie, ah quelle déroute intellectuelle! Il a parle de ‘vérité’. La vérité dans ce Cameroun de la tyrannie c’est ça vraiment, le ressentiment? Ah, me dit-on, que Charles Ateba Eyene c’était son ami, sinon venait de l’océan comme lui – c’est a se demander si c’est ainsi que notre professeur corrige ses copies. Donne les meilleures notes a ses copains, ou alors aux gens de sa tribu. Juste parce qu’il le peut. Ah, le pays organisateur! Ah, le pays organisateur! Les mêmes gens, les mêmes méthodes!

Patrice Nganang
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La terre s’est refermée sur Charles Ateba Eyene

Le populaire personnage et militant de parti politique a été inhumée dans son village natal, Bikoka dans le Sud Cameroun, le 29 mars dernier

La terre s’est définitivement refermée sur Charles Sylvestre Ateba Eyene, samedi dernier, à Bikoka, village natal du défunt, situé dans l’arrondissement de Lolodorf, département de l’Océan, région du Sud Cameroun. De nombreuses personnalités ont pris part à ces obsèques : amis, connaissances, admirateurs, délégations officielles du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), du ministère des Arts et de la Culture et autres.

Avant son décès le 21 février 2014 à l’âge de 42 ans, Charles Ateba Eyene avait déjà perdu sept de ses frères et s urs ainsi que son épouse. L’universitaire Mathias Eric Owona Nguini, aussi populaire et médiatique comme Charles Ateba Eyene le fût, a dit de « ce baron de la plume, chevalier du micro » qu’il est «désormais un personnage de l’histoire du Cameroun ». Pascal Messanga Nyamding, universitaire, ami et camarade de parti avec Charles Ateba Eyene, les deux se considéraient de la frange progressiste du Rdpc, a déclaré, dans son oraison funèbre, que : « Charles Ateba Eyene était pour moi ce que Goebbels était pour Hitler ». Goebbels fut ministre de la propagande sous le régime Nazi.

Charles Ateba Eyene
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Vie et Mort de Charles Atéba Eyéné: un regard citoyen

Par Eric Kuete

Il s’est donc éteint pour toujours un soir du 21 Février 2014. Que doit†on retenir de notre Atéba Eyéné national ? La façon dont il a vécu ou la façon dont il est mort ? Jamais mort d’homme n’aura autant ébranlé la République. Quoi que l’on puisse dire sur l’existence et la mort de l’homme, l’histoire retiendra que Charles Atéba Eyéné (C.A.E) n’était pas un vulgaire citoyen. Les multiples hommages qui lui ont été rendus sur les réseaux sociaux et dans les médias à l’annonce de son décès témoignent de sa stature et surtout donnent une idée de la place qu’il occupait dans le c ur des Camerounais. Sa mort est une perte énorme. Une perte d’abord pour sa famille et ses proches à qui j’adresse mes sincères condoléances, mais une perte surtout pour la nation. Dans un style qui lui était propre, C.A.E avait suscité l’espoir chez de nombreux jeunes qui avaient fini par trouver en lui un modèle. Il s’était intronisé capitaine, meneur de troupes ou portevoix d’une jeunesse dés uvrée et sans repères. Sa vie était un combat sans relâche contre les fléaux qui minent la société camerounaise. C’était un homme de parole qui, avec passion et parfois sans méthode, mettait sur la place publique les symptômes d’un Cameroun malade.

Dans une société gouvernée par la peur et la logique de la bouche cousue, C.A.E avait pu sortir de l’ordinaire pour se positionner en « diseur » de la Nation. Sa capacité à vomir les vérités qui dérangent, à attaquer sans pudeur ni mesure certains dossiers sensibles avait fait de lui l’idole, le messie de plusieurs jeunes camerounais. Charles était pour eux l’incarnation de l’espoir, « le sauveur » de la république. A travers lui, beaucoup ont dû se persuader que le pays était au bord du gouffre, que la méritocratie n’était plus le facteur d’ascension sociale. La jeunesse s’exprimait en lui, il était le relais des masses populaires. De sa voix jaillissait le cri de désespoir d’une société essoufflée, les gémissements d’un peuple en souffrance, les plaintes d’une jeunesse en déclin. Il disait tout haut ce que la société avait murmuré, il mettait la lumière sur les choses rendues obscures.

J’ai connu Charles comme la plupart des jeunes camerounais: à travers les médias, ses ouvrages et ses conférences. Je dois avouer qu’il n’était pas mon modèle. J’appréciais son combat, mais je n’étais pas du tout d’accord avec sa façon de le mener. Si j’admirais son courage, j’étais très critique quant à sa façon d’agir. Je m’étais laissé convaincre que sa méthode, loin d’apporter le salut aux Camerounais pouvait à terme déclencher d’autres problèmes plus préoccupants pour la République. Il fut pourtant un homme de talent, doté de qualités exceptionnelles. Il faut être un homme doué pour produire autant que lui en 42 ans d’existence. Vingt-six ouvrages en librairie, ce n’est pas rien. Fussent†ils de mauvais ouvrages. Cela nécessite de l’imagination et même de l’expertise. Il écrivait beaucoup, mais parlait aussi beaucoup. Ecrivait†il bien ? Parlait†il bien ? C.A.E a dû lui†même, affronter à plusieurs reprises ces questions.

Pour ce qui est de ses écrits, de violentes critiques lui furent adressées quant à son style jugé populaire et sa méthode très simpliste éloignée de la rigueur scientifique. Charles faisait du populisme et il ne s’en défendait pas. De son vivant, il n’hésitait pas à faire comprendre à ses contradicteurs qu’un bon écrivain, c’est celui qui écrit pour le peuple. C’était donc un « philodoxe », c’est†à†dire un philosophe de la « doxa », de l’opinion qui penserait mal selon la logique bachelardienne. Pour ce qui est du « parler », C.A.E était un homme à la langue pendante. Son goût prononcé pour le sensationnel le poussait parfois à travestir les faits, n’hésitant pas à les grossir pour susciter de l’émotion. Avec lui, c’était l’apocalypse en permanence. Il ne prenait pas la mesure et le recul nécessaires face à certains évènements. Motivé le plus souvent par ses fans devenus de plus en plus nombreux, il lui arrivait de faire des jugements hâtifs et de tenir des propos difficilement vérifiables. Au moment où ce brillant Camerounais va quitter ce monde pour ne plus jamais y retourner, nous devons surtout garder de lui l’image de quelqu’un qui a certes combattu le bon combat, mais qui, comme tout homme, a commis des erreurs de parcours qui devraient nous servir de leçons.

L’homme n’est pas que parole, il est aussi mesure, réserve et discernement. L’homme aussi n’est pas celui†là qui dit tout, mais celui qui fait tout pour ne dire que ce qui doit être dit. Charles avait « tout dit » de son vivant. Il nous en aurait certainement dit davantage si la mort lui en avait donné la possibilité. Mais la société camerounaise aurait†elle pour autant guéri de ses maux ? Il est mort, laissant notre Cameroun comme il l’a trouvé : pauvre, sous†développé, sans routes, manquant d’eau et d’électricité. Le chômage, les sectes et le magico†anal continuent et continueront de travailler la jeunesse. Je n’irai pas jusqu’à dire que sa bataille a été un combat de Don Quichotte ou de Sisyphe ; un combat qui n’aura servi à rien. Cependant, je pense qu’il ne suffit pas de crier les problèmes d’une Nation sur tous les toits, comme il savait bien le faire, pour que ceux†ci soient aussitôt évacués. Les problèmes, on les affronte, on ne les chante pas.

Le « dire », pour sortir un pays de son marasme doit être accompagné du « faire ». En effet, le « dire » doit provoquer, engendrer le « faire ». C’est ce qui a sans doute manqué à l’ uvre d’Atéba Eyéné. Son « dire » n’a pas beaucoup amené les Camerounais à « faire ». Son « dire » a davantage été énonciatif, informatif que proactif. C’était un « dire » qui, à force d’être monotone avait fini par prendre des allures humoristiques et même distractives. On écoutait Atéba pour se « soulager moralement » et non pour se retrousser les manches et se positionner comme acteur du développement. On l’écoutait pour s’émouvoir et non pour se mouvoir. On l’écoutait pour rire et non pour agir. Mourir pour une cause suffit†il à la faire triompher ? Une chose est sûre, si Charles est mort pour une cause, celle†ci ne triomphera pas si ceux qui vont prendre le relais ne corrigent pas les erreurs qu’il a commises de son vivant.

C.A.E a certainement été d’une utilité pour le Cameroun, mais il aurait dû être plus utile s’il se taisait par moments pour laisser parler son uvre. Il parlait plus que ses ouvrages. Il ouvrait la boîte de Pandore à toutes les occasions. Il manquait toujours l’occasion de se taire. Les vraies luttes n’ont pourtant pas toujours été celles qui font du bruit. Son départ est donc une invite à notre propre conscience. Ses ouvrages ont soulevé des problématiques importantes qui doivent nous interpeller. Mais nous devons inventer une autre façon de les aborder. Les solutions à un problème ne doivent pas devenir elles†mêmes des problèmes. La mort de Charles est une perte, mais c’est aussi une ouverture sur l’avenir. C’est une occasion pour nous de nous pencher sur nos difficultés existentielles, de penser les méthodes adéquates devant nous permettre de les aborder.

Charles est parti très jeune, mais il a d’une manière ou d’une autre imprimé sa marque en ce monde. Quoi que nous regrettions son départ prématuré, nous avons néanmoins la ferme conviction qu’il n’a pas vécu pour rien. Il a choisi son combat et il l’a mené jusqu’au bout, avec la même détermination. Peut-on lui reprocher cela ? Simone de Beauvoir disait que « être Homme, c’est se jeter dans le monde ». Se jeter dans le monde pour résoudre ses contradictions, pour corriger ses injustices. C’est dans le même ordre d’idées que, Etounga Manguelle va nous enseigner que « vivre, c’est se rebeller » (2013). Car nul ne doit se taire devant les fléaux qui rongent l’humanité.

Chacun a le devoir de l’engagement. Je parle de l’engagement au sens où Jean Paul Sartre nous disait que «vivre c’est s’engager ». On ne peut donc pas ne pas s’engager. Etant donné que refuser de s’engager, c’est encore s’engager. Charles s’était engagé, il s’était rebellé, il s’était jeté dans le monde. Même si les méthodes étaient biaisées, la cause était juste. On pouvait ne pas être d’accord avec lui, mais reconnaissons†lui cette ferme volonté qu’il avait de « secouer le cocotier » jusqu’à ce que les fruits tombent. Il nous laisse en héritage, son courage et son amour pour son pays. De là où il va désormais reposer, qu’il sache qu’il a fait son job à sa façon. Reste à ceux qui l’ont aimé de se mettre au travail pour le bonheur de la Nation. C’est le meilleur hommage qu’ils peuvent lui rendre.
Paix à ton âme Dr Charles Atéba Eyéné.

Charles Ateba Eyene
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Obsèques de Ateba Eyene: le Rdpc rend hommage

Le parti au pouvoir a indiqué officiellement qu’il sera représenté pour l’inhumation de celui qui était jusqu’à son décès membre suppléant au sein du Comité Central.

Le secrétaire général du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), Jean Nkuete, a publié un communiqué donnant des indications sur la délégation qui accompagnera Charles Ateba Eyene à sa dernière demeure. Les obsèques ont lieu le 29 mars 2014 à Bikoka, dans son village natal, situé dans l’arrondissement de Lolodorf, département de l’Océan, région du Sud Cameroun.

La délégation composée à cet effet compte neuf personnes, principalement des élites du département de l’Océan avec un chef de délégation : David Nkotto Emane, membre du Comité central du Rdpc. La décision publique par le Rdpc d’assister aux obsèques de Charles Ateba Eyene vient, sur le tard, lever l’équivoque qui était entretenu sur une éventuelle omerta imposée face à ce décès. De nombreux intervenants sur les émissions de télévision et de radio populaires entretenaient l’idée que les critiques du plus médiatique des écrivains camerounais à l’endroit de son parti n’étaient pas bien vus en son sein.

Charles Ateba Eyene est décédé le 21 février 2014 à Yaoundé des suites d’une longue maladie. Ecrivain, militant de parti politique et polémiste très écouté, il a été salué, lors de la levée de corps de sa dépouille le 27 mars 2014 à l’Hôpital général de Yaoundé, en « héros national ».

Charles Ateba Eyene
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La dépouille de Charles Ateba Eyene reçoit un bain de foule

La levée de corps du célèbre polémiste camerounais a eu lieu ce jeudi 27 mars 2014 à la morgue de l’Hôpital général de Yaoundé. De nombreux Camerounais se sont mobilisés le long des rues

Une foule immense a pris d’assaut la place de la morgue de l’Hôpital général de Yaoundé. Il y avait des hommes et femmes, des jeunes, des personnalités politiques, hommes de médias, attendant, avec impatience, sous un soleil de plomb, la sortie de la dépouille du Dr Charles Atéba Eyéné, décédé le 21 février 2014.

Pour contenir la foule, un impressionnant dispositif sécuritaire a été mis en place. « Cette levée de corps est à haut risque », lance une personne dans la foule. Et elle n’avait peut-être pas tort puisque les choses ont failli mal tourner au moment de mettre la dépouille mortuaire de Charles Atéba dans le corbillard. Quelques personnes s’y sont opposées, encourageant de nombreux autres à scander en ch ur : « pas de corbillard ! On veut porter le corps ».

Les gendarmes ont réussi à contenir cette foule émotionnée décidée à accompagner Charles Ateba Eyené jusqu’à sa dernière demeure. Le camion anti-émeutes qui avait été mobilisé pour cette levée de corps, est reparti comme il est venu. La foule, restée sage après que le corps ait quitté la morgue, a accompagné le cortège qui transportait le « héros national » pour un tour de ville avant le départ pour son domicile à Mfou.

A la morgue, la famille était insoutenable, quelques amis et connaissances aussi. « C’est un sentiment de tristesse parce que Charles Ateba Eyéné aurait pu s’en sortir autrement par rapport à sa maladie», s’est exprimé le Pr. Claude Abé, avant d’ajouter : «Charles Ateba Eyéné, dans son combat, croyait en la possibilité d’un changement du Cameroun».

«Charles Ateba Eyéné est une perte pour la jeunesse, parce que c’était un homme franc et courageux (.) il s’en est allé, mais il est entré dans l’histoire du Cameroun», a renchéri le Pr Eric-Mathias Owona Nguini Effa, autre ami du défunt.

L’auteur de l’ouvrage, «Le Cameroun sous la dictature des loges, des sectes, du magico-anal et des réseaux mafieux» a quitté la scène mais «son combat contre ces pratiques sataniques qui visent à détourner nos enfants et nos jeunes frères va continuer», promet Foly Dirane, animateur d’émissions à la télévision publique nationale.

Hôpital général de Yaoundé le 27 mars 2014. De nombreuses personnes amassées le long de la route pour le passage du cortège funèbre
Journalducameroun.com/ Sylvestre Kamga)/n

Doit-on respecter la volonté des morts ? Le cas de Charles Ateba Eyené

Par Serge-Aimé Bikoï , Sociologue

Depuis la disparition brutale de Charles Ateba Eyené le 21 février 2014 au Centre hospitalier universitaire(Chu) de Yaoundé, certaines conjectures défendues au sein de l’opinion publique ont fait prévaloir la thèse suivant laquelle le défunt aurait laissé les dernières volontés. La principale volonté dont l’écrivain et homme politique iconoclaste incompris et auteur se résume à la phrase suivante: « Si je meurs, c’est Pascal-Charlemagne Messanga Nyamding qui organise mes obsèques ». Cette volonté est, d’ailleurs, répandue sur les ondes d’une radio urbaine de la capitale métropolitaine.

Autre volonté non des moindres qu’aurait laissée Charles Ateba Eyené, c’est la liste des personnalités interdites d’assister à ses cérémonies funéraires, dont la date s’étend du 24 au 29mars 2014. Si la première volonté laissée par le défunt ne souffre d’aucune contestation tant elle est avérée; la seconde imputable à Pascal-Charlemagne Messanga Nyamding dans le journal *Le Soir* a été battue en brèche par le juriste socio-politiste qui, à travers un démenti, a obtenu la suspension de la journaliste auteur de l’article.

L’analyse
Que la première volonté soit marquée du sceau de la véracité ou que la seconde soit teintée de fausseté, le débat reste et demeure sur: *Doit-on respecter la volonté des morts?* Tout est tributaire, à ce sujet, de la nature du testament du défunt, des dernières volontés consignées dans un document dûment légué à l’environnement familial ou des dernières paroles prononcées par le défunt en présence de sa progéniture. Il y a, en réalité, des personnes ou des personnalités qui, de leur vivant, s’organisent et informent leur entourage immédiat des prescriptions à respecter scrupuleusement lors de leurs obsèques.

C’est notamment le cas, la litanie n’est pas exhaustive, des individus qui demandent, à travers leur dernière volonté, que la famille les enterre immédiatement après le décès dans le caveau familial. Il y a certains qui consignent, dans leur testament, que la famille ne conduit pas leur corps dans une morgue d’un hôpital déterminé. Une autre catégorie de personnes exige que la famille n’achète pas le cercueil, mais qu’elle enfouit plutôt le corps dans un drap blanc et l’inhume par la suite.

Le cas le plus récent vécu le 8mars 2014 à Akok Bekoé dans la Mefou et Akono est celui de Clément Obouh Fegué, ancien Directeur général de la Société nationale des eaux du Cameroun(Snec), qui, à la lumière de ses volontés, a manifestement refusé les obsèques officielles au profit des obsèques simples. Chaque fois qu’une personnalité de cette envergure rend l’âme, elle a droit, en effet, aux obsèques officielles organisées par l’Etat camerounais qui, au cours de la randonnée funèbre, délègue un représentant du Chef de l’Etat. Mais le patriarche des Etenga à, de son vivant, recommandé à son épouse de décliner l’offre de l’organisation des obsèques officielles. Toute chose à laquelle sa veuve et sa famille ont souscrit.

Autre cas et non des moindres, celui de Pierre-Roger Lambo Sandjo, plus connu sous le nom d’artiste de Lapiro de Mbanga Ndinga man. Décédé le 16 mars 2014 aux Etats-Unis, l’auteur du titre à succès *Mimba we* a, selon des sources médiatiques, refusé d’être inhumé au Cameroun. L’artiste-musicien engagé a, contre toute attente et selon sa dernière volonté, choisi la carte de l’incinération de ses restes au pays de l’oncle Sam. Médusée et exaspérée, sa famille à Mbanga accréditera-t-elle cette logique? Rien n’est moins sûr tant les langues se délient déjà pour réclamer le retour de la dépouille de Lapiro de Mbanga à Mbanga.

Ce procédé explicatif et analytique incline à soutenir la thèse du respect de la volonté des morts. Au cours du cycle vital, chaque individu devenu majeur et ayant fondé une famille (femme, enfants, etc.) a droit, en toute âme et conscience, de consigner, dans un document, ses dernières volontés destinées à être suivies à la lettre lors des obsèques. Au plan anthropologique, la volonté d’un mort est sacrée, voire sacralisée et mérite un respect strict. Sous peine d’éventuelles représailles.

Le Cas de Charles Ateba Eyené
Ce déroulé argumentatif m’incite, d’ores et déjà, à statuer sur le cas de Charles Ateba Eyené. Plus de trois semaines après son décès, il est avéré que le membre suppléant désigné du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais(Rdpc) a publié sa volonté sur un espace radiophonique*Amplitude Fm*, en l’occurrence. **Si je meurs, c’est Messanga Nyamding qui organise mes obsèques**, clamait-il de son vivant sur cette chaîne.

Alors questions: Cette parole énoncée du défunt sur une radio locale est-elle consignée dans un document dûment laissé à sa famille? Cette parole du mort amplement relayée sur l’espace public est-elle insérée par écrit dans les dernières volontés d’Ateba Eyené? L’écrivain et homme politique a-t-il, de son vivant, défendu et soutenu ce propos devant sa progéniture et, partant, devant ses oncles, neveux, tantes et sa mère?

Et même si la réponse à ces questions est affirmative, un ami fût-il meilleur peut-il se prévaloir de l’organisation des obsèques d’un mort alors que ce dernier appartient à une famille, dont la mère, les oncles, les tantes, les neveux, les nièces et les enfants vivent encore?

En réalité, quelle que soit la corrélation existant entre Ateba Eyené et Messanga Nyamding, ce dernier, en tant qu’ami cher au défunt, a l’insigne honneur d’apporter sa contribution à l’organisation de ses obsèques. Mais il ne saurait faire office de principal organisateur des rituels funéraires d’Ateba Eyené. Seule la famille est l’interlocutrice valable à cet effet. Heureusement Messanga Nyamding l’a compris in extremis.

Serge Aimé Bikoï
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Hommages à Charles Ateba Eyene: la jeunesse reconnaissante.

Marcel Tchangue, Mouvement de février 2008

C’est avec consternation que le Mouvement de Février 2008 au Cameroun a appris avec un profond émoi la soudaine disparition du Dr Charles Ateba Eyene . Charles Ateba Eyene a toujours conservé l’esprit fraternel et bon vivant qui le caractérisait si bien. Le Mouvement de février 2008 exprime ses très sincères condoléances à ses proches et amis, s’associant à l’affliction bien pénible qu’est celle de la perte d’un être cher.

Que le peuple tout entier reçoive nos sincères condoléances et que les familles éplorées trouvent ici la marque de notre compassion.

Nous garderons, comme beaucoup, en mémoire la force de ses convictions citoyennes, le souvenir des nombreux combats qu’il a su mener et le plaisir des bons moments que nous avons tous passés à ses côtés.

Bien que se trouvant dans un bord politique que nous ne souhaitions pas, tout au long de sa vie, il a résolument milité en faveur de la vérité, de la démocratie et pour les valeurs essentielles de société, dont celles de la préservation de la famille.

Le courage qui était le sien à réclamer sans avoir froid aux yeux les valeurs de la nation telles que la bonne gouvernance, la justice et surtout la lutte pour l’impunité dont il avait fait son cheval de bataille restera à jamais dans nos c urs.

Charles Ateba Eyene a pu cultiver en nous le pouvoir du courage, les racines des combats et surtout la volonté et la détermination de ne jamais laisser tomber un combat pour les nobles causes.

Il s’est révélé à certains, par ses uvres littéraires, à d’autres par sa présence récurrente sur les plateaux de radios et télévisions.

D’autres visitent et revisitent sans s’en lasser, le jeune prolifique et inventif qu’il était .L´on retiendra de lui qu´il n’avait jamais sa langue dans la poche et ne cessait d´haranguer les nombreuses foules acquises à sa cause à chacune de ses sorties médiatiques.

Nous garderons aussi le souvenir de son combat pour le rayonnement de la société camerounaise.

Nous sommes convaincus que Charles Ateba Eyene qui a combattu toute sa vie pour l’émancipation intellectuelle et humaine du Cameroun et du continent africain et qui s’en est allé, constituera de part ses uvres un exemple d’engagement, de volonté d’un monde meilleur à suivre par la jeunesse africaine éprise de démocratie et de liberté.

Nous sommes également sûrs que les combattants africains et camerounais pour la liberté et la dignité humaine garderont présente la mémoire de ce grand exemple de constance dans la lutte et de fidélité aux principes de la révolution démocratique.

Charles Ateba Eyene tire prématurément sa révérence… sans avoir eu le temps comme beaucoup d’autres jeunes morts avant lui de dire son dernier mot à nos décideurs gérontocrates qui, jusqu’ici ne veulent pas donner la chance aux jeunes de rêver

Une fois de plus, paix à son âme.

Marcel Tchangue
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« Docteur Ateba Eyene mérite des obsèques grandioses à la dimension du travail abattu »

Par Fernant Nenkam

Décès de l’écrivain ATEBA EYENE: Une étoile s’éteint à la fleur de l’âge
Consternation à l’annonce du décès de l’écrivain et homme politique ATEBA EYENE survenu au lendemain de la célébration des cinquantenaires de la Réunification à Buéa. Un événement triste qui justifie son absence dûment observée dans le reportage télévisuel. Zéro ombre de « bitomobitomo » celui qui a passé sa vie à remuer la merde.

ATEBA EYENE a joué des symphonies avec des messages forts sur la vie de la nation. Etait-il un modèle pour la jeunesse ? Etait-il craint ou respecté ? Par son « zèle », gênait-il certains membres de son parti, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ou certains ressortissants de sa région natale ? Etait-il un anthropologue et fin psychologue ayant trouvé un filon pour se faire du fric sur le dos de son électorat ? Ce qui est constant, l’homme à la belle main, était très écouté et le restera pour longtemps. Le volume des ventes de ses livres sur des faits de société sont une illustration. Des faits qui selon lui, sont un frein à l’émergence du Cameroun. Son style était particulier. Il avait le verbe facile et véritablement à l’offensive. Il a mené, courageusement, un combat de l’intérieur du parti. Un parti qu’il aimait tant. Simplement, a-t-il été compris ?

Je pense que ATEBA EYENE avait fini, par la qualité de son travail et son franc-parler, par forcer l’admiration de nombreuses personnes. En même temps, il ne faisait pas l’unanimité sur sa pensée. Du coup, son décès a suscité moult commentaires au point de lui ôter l’immortalité au sens propre. Sous les chaumières, il n’est pas mort de sa propre mort. Une interprétation qui renvoie au décès du consultant de la CRTV Jean-Pierre Djemba en course probable à la présidence de la Fédération camerounaise de football ou du journaliste Pius Njawé, promoteur du groupe de presse Le Messager décédé accidentellement aux Etats-Unis en 2010. Un fait est constant tout au moins. Notre compatriote est mort dans un lit du Centre hospitalier universitaire de Yaoundé.

La quarantaine sonnée, Docteur ATEBA EYENE, veuf depuis 2009, mérite des obsèques grandioses à la dimension du travail abattu en si peu de temps d’une vie très mouvementée. C’est une étoile qui s’éteint. Pas au bon moment à cause de l’immensité du chantier. A qui le témoin bien que ce soit une succession difficile à assumer ?

Décès de Charles Ateba Eyene: « Pourquoi rester à regarder le Ciel? »

Par Vincent-Sosthène Fouda

« Yaoundéens, pourquoi restez-vous là à regarder le Ciel ? »
Cette question s’est posée à nous Vendredi dans la nuit, la vingtaine que nous étions au CHU de Yaoundé. Claude Abé, Joseph Marie Eloundou, Boris Bertholt, Rodrigue Tongué, Serge Aimé Bikoï, Eric Boniface Tchouakeu, Abel Olinga mais aussi des centaines de jeunes accourus des quartiers les plus proches. Charles Ateba Eyene, notre Tara, la petite appellation dont il nous gratifiait tous a rendu son dernier souffle. Hier dans la nuit réunis, non pas pour une dernière émission, pour un dernier regard peut-être? Nous regardions tous vers le ciel pour ne pas nous regarder, pour ne pas réaliser que Charles est mort, qu’il nous a tous plantés là, amis de longue date comme ceux de la vieille.

C’est Claude Abé qui a brisé le silence en nous disant « mais que faisons-nous ici ? Charles est parti et il est en paix, il est mieux que nous ici. » Abel Olinga voulait bien passer la nuit à la belle étoile, Rodrigue Ntongué ne savait pas trop bien quoi dire, nous voulions nous donner de l’assurance les uns aux autres, nous consoler peut-être aussi. Cette question visait à nous faire réaliser une fois pour toute que nous ne verrons plus jamais Charles debout du haut de ses 1, 65 m. Je l’ai pourtant vu tout au long de la semaine et rien ne m’orientait vers une disparition aussi brutale. Charles est parti après avoir trompé la vigilance de tous, seul dans sa chambre, il n’a pas permis que nous pleurions sur son corps chaud avant qu’il ne devienne froid. Roger Kiyeck de Kiki qui nous a tous réunis, Pascal Charlemagne Messanga Nyamding l’ami de toujours, Martinez Zogo le confident, Owona-Nguini pour lequel je l’avais vu dans la semaine afin de préparer les obsèques de la maman (la maman de Mathias Eric Owona Nguini).

Et tous ces jeunes qui à 23h bloquent mon véhicule et m’obligent à échanger avec eux – ils pleurent toutes les larmes de leur corps. Ils me semblent vraiment sonnés par cette soudaine disparition. Je crois que si nous restons devant cet hôpital c’est parce que nous sommes tous tétanisés devant ce qui arrive. Charles ne sera plus jamais physiquement avec nous. Mais comment cela est-il possible ? La mort chacun de nous peut intellectuellement la concevoir et l’appréhender. Oui quelque chose est bien fini, quelque chose de ce que nous avons aimé. Mais c’est quoi cette chose à laquelle nous n’arrivons pas à donner un nom ?

Intellectuellement nous comprenons que ce corps inerte est l’absence de la vie donc présence de la mort, Charles est tout froid mais nous aimerions qu’il soit avec nous à la radio samedi et dimanche et qu’à la fin on achète des soya, qu’il prenne son coca-cola et qu’il mange son pain en distribuant des « tara » à tout le monde. Charles à quelle heure es-tu parti exactement ? As-tu pensé un seul instant à tes enfants ? Ils n’avaient plus qu’un seul parent en vie depuis le décès accidentel de leur maman…

Charles comment veux-tu que l’on tourne ta page alors que tu n’as préparé personne à ce départ ? Ceux et celles qui pleurent aujourd’hui sont faits de chair, ceux qui pleurent le font parce qu’ils t’aiment et quand on aime on a du mal à laisser partir voilà pourquoi nous oublions de partir de l’hôpital. « Yaoundéens, pourquoi restez-vous là à regarder le Ciel » ? Les Yaoundéens ce sont tous ceux qui te pleurent aujourd’hui et nous découvrons que tout cela (ta présence, ta parole) était tellement beau pour que tu passes aussi vite qu’une étoile. Charles tu es parti fier voilà pourquoi occasion ne nous a pas été donnée de t’assister sur ton lit de malade, il ne nous a même pas été permis de te fermer les yeux sur notre monde et de t’aider à traverser de l’autre côté ! Puisse ton départ nous servir de leçon aujourd’hui et demain.

Vincent-Sosthène Fouda
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« La Trahison des griots » : le livre ultime à venir de Charles Ateba Eyene

L’ouvrage achevé depuis trois semaines sera publié à titre posthume, a indiqué son préfacier Pascal Messanga Nyamding.

Invité sur le plateau de Canal Presse, l’émission dominicale de la chaine privée camerounaise Canal 2 International, Pascal Messanga Nyamding, l’universitaire et ami de Charles Ateba Eyene, a annoncé la publication prochaine d’un livre du défunt. C’était ce 23 février 2014.

L’ouvrage « achevé depuis trois semaines » aura pour titre : « la Trahison des griots ». Il aurait été finalisé, d’après Pascal Messanga Nyamding qui assure la préface, avant la détérioration de l’état de santé de Charles Ateba Eyene qui a rendu l’âme à Yaoundé le 21 février dernier.

Au cours de son intervention, Pascal Messanga Nyamding a révélé avoir été présent aux côtés de Charles Ateba Eyene dans ses derniers moments. Il a confirmé que le prolifique écrivain était malade. Il a passé trois semaines à la recherche de la guérison, entre la Clinique Fouda à Yaoundé et le Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé où il a finalement rendu l’âme. Il aurait été demandé à Pascal Messanga Nyamding de prendre une part active à ses obsèques, à s’occuper notamment de l’oraison funèbre.

L’enseignant de l’Institut des Relations internationales du Cameroun, qui se considère par ailleurs comme le représentant de la frange progressiste du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (Rdpc), a annoncé l’ouverture prochaine d’un compte bancaire. Il sera domicilié à la Banque internationale du Cameroun pour l’Epargne et le crédit (Bicec) et permettra, selon l’enseignant, à l’édition du dernier livre de Charles Ateba Eyene ainsi qu’au soutien de ses enfants qui demeurent désormais orphelins de père et de mère. L’épouse de Charles Ateba Eyene est en effet décédée depuis six ans.

L’auteur des « Paradoxes du pays organisateur » était un écrivain prolifique qui avait déjà à son compte près de 25 ouvrages.

Charles Ateba Eyen est décédé le 21 février 2014 à Yaoundé des suites de maladie à 42 ans.
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Charles Ateba Eyene: « Eveilleur des consciences et veilleur des valeurs »

L’hommage du président national du M.R.C au disparu.

C’est avec douleur et consternation que nous avons appris le décès du Dr Charles ATEBA EYENE, survenu au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Yaoundé dans l’après-midi du 21 Février 2014, des suites de maladie.

Charles ATEBA EYENE était un jeune homme aux talents multiples. Ecrivain prolifique et universitaire cultivé, il était un entrepreneur politique flamboyant dont l’engagement militant dépassait les clivages partisans. C’était un homme public courageux et infatigable, dont les prises de positions fermes sur les grandes questions politiques et de société ont contribué immensément à enrichir le débat dans notre pays et n’ont laissé personne indifférent. Sa pensée critique n’a épargné personne, y compris dans les rangs de son propre parti politique. M. ATEBA EYENE était un combattant infatigable pour la justice, plus de libertés démocratiques et l’égalité sociale au Cameroun. Il a inspiré de nombreux jeunes, notamment à travers son association Le Club éthique.

Avec plus d’une vingtaine d’ouvrages produits en si peu de temps et concernant presque tous les domaines de la vie nationale, il est sans conteste l’écrivain le plus productif de sa génération. Cette riche production intellectuelle qu’il lègue à la postérité est une trace indélébile de sa contribution à l’édification de notre société sur un socle de valeurs fait d’exigence éthique, de don de soi pour les causes justes, d’aspiration à une certaine ascèse. Pour cela, quand bien même il est mort, il reste vivant à jamais dans nos c urs, dans nos esprits et dans les bibliothèques.

Malmené dans l’Administration pour ses idées courageuses, pour son audace à transgresser les clivages politiques et à lever les tabous, éveilleur des consciences et veilleur des valeurs, il était une étoile dans sa génération et un repère pour la jeunesse camerounaise d’aujourd’hui. Il est resté digne jusqu’au bout.

Sa mort nous laisse inconsolable. Elle interpelle notre société sur ce qu’elle veut faire de sa jeunesse et sur l’urgence de stopper le désastre de la destruction de jeunes camerounais talentueux et patriotes, dont le seul crime est de refuser l’asservissement, d’aspirer à la liberté et à la participation à la gestion des affaires de leur pays.

En cette douloureuse circonstance, nous joignons notre voix à celles de millions de nos compatriotes pour adresser à la famille du disparu, nos condoléances les plus sincères et profondément attristées.


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Nécrologie: Comment est mort Ateba Eyene

Tel un météore, l’homme public s’en est allé. Dans les rayons et les ombres de la mort de la chambre 7 du pavillon Réanimation au Centre Hospitalier universitaire de Yaoundé.

Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yaoundé, l’air est comme figé en cette nuit du 21 février 2014. La raison, Charles Ateba Eyene vient d’y rendre l’âme. Bien plus, son corps repose à la morgue de l’institution universitaire, située non loin du lieu du drame. Trois jours auparavant, le virulent homme de culture a été reçu aux urgences. Il s’est éteint définitivement à la réanimation. Il était âgé de 42 ans. Selon les déclarations d’Angèle Nangah, la fille adoptive du défunt, «Papa Carlos a chuté à la maison à Mfou (à une vingtaine de kilomètres de la capitale) où nous vivions. Le docteur Ndam en service à l’hôpital de Mfou l’a fait évacuer ici à la suite des complications dans son système respiratoire, combinées à une insuffisance rénale».
Dès l’entame du couloir central du pavillon de la réanimation, les souvenirs et la nostalgie des sorties médiatiques du disparu gouvernent les conversations entre infirmiers, médecins et curieux. A la chambre 7, un homme, proche de la famille, s’affaire stoïquement au déménagement. «Avant d’entrer dans le coma peu après 14 heures ce vendredi fatidique, indique-t-il, Carlos a essayé de marmonner quelque chose. Je ne sais pas ce qu’il voulait dire.».

Journal Intégration du 24 février 2014

Evacuation sanitaire
Tout à côté, une nièce, dans sa voix étranglée par l’émotion, on entend: « alors que nous étions déjà accablés par son évacuation sanitaire qui piétinait, voilà que Charles ouvre un nouveau front et sort l’artillerie lourde de la mort ». Charles Ateba Eyene a ainsi clos son séjour sur terre par une «retentissante insulte». Selon Sophie Ebwelle Dielle, l’infirmière l’ayant accompagné jusqu’au dernier soupir, «Charles nourrissait des ressentiments à l’égard de ceux qui s’appliquaient à retarder son évacuation». Ce qui donne à croire que l’homme souffrait doublement depuis longtemps. Dans sa chair et dans son c ur.

Venu aux nouvelles suite à l’annonce du décès de son camarade du lycée de Bertoua, le Dr Franck Ebobissé le confirme. «Charles n’avait cessé de piailler au sujet de son évacuation sanitaire vers l’Europe ; nos offres en dispositifs d’hémodialyse étant très limités. Je ne sais pas ce que ce dossier est devenu. Je peux comprendre que si les choses sont allées très vite aujourd’hui, des déceptions voilées ont dû y contribuer». Des déceptions que Charles Ateba Eyene de son vivant, ne taisait pas et qui donnent à son décès, une portée impressionnante. «Cela a élargi la figure de Charles à la dimension d’un mythe», souligne Franck Ebobissé.

Aux grands artistes; des grands départs: Le monde  » PARA-NORMAL » aurait eu raison de Charles Atéba Eyene:

Richard Gatchoko

Il n y a que les larmes pour accepter ton départ, il n y a que nos pleurs pour voir en ta mort l’espoir d’une jeunesse s’évaporer dans le « paranormal » que tu as toujours combattu. Mais enfin, il a eu raison de toi, il t’a lâchement abattu, loin de tes idées, loin de ton courage à vouloir établir le « normal » dans un pays où le chef a ouvert un marigot du « paranormal » pour broyer une jeunesse camerounaise au bout du désespoir.

Ta voix a été depuis ton engagement en tant progressiste au sein d’un parti politique conservateur celle des sans voix et surtout celle de ceux qui murmurent plus bas et n’ont jamais eu le courage de lever le ton. Dans tous les cas, la jeunesse camerounaise et le Cameroun retiendront de toi les multiples chantiers de la construction d’une société normale. L’exemple le plus visible reste la guerre que vous (avec tes amis) meniez jusqu’à ta mort contre les sectes et les progrès mystiques dans notre société.

Tu as été de ceux qui ont choisi de combattre sur place. tu étais de ceux qui, sans avoir peur ont donné la force à une jeunesse restée muette et cloîtrée dans la peur pendant plusieurs années. Tu as, avec tes amis Pascal Messanga Nyamding, Eric Mathias Owona Nguini, Claude Abe, Bernard Njonga et Roger Chantal Thulé, redonné à la jeunesse camerounaise le goût au débat et à la redistribution des idées nobles et démocratiques dans la société camerounaise. Vous avez lutté pour la Normale.

Tes sorties médiatiques touchaient plus d’un. Vivre comme toi, c’était donner sa vie pour sa Patrie. Parler comme toi était osé, vraiment osé dans un pays comme le nôtre où depuis 1960 une génération de gérontologues a confisqué le pouvoir pour lui, pour ses propres fils et ne cesse de s’armer jour après jour pour préserver le  » Paranormal » au détriment de la mère patrie qui meurt petit à petit. Le courage qui était le tien, a réclamé haut et fort les valeurs de la nation telles que : la gouvernance normale, le fondement de la justice et surtout la gestion normale des biens de notre Nation, restera à jamais dans nos c urs. Tu as cultivé en nous le pouvoir du courage, les racines des combats nobles et surtout les germes de notre propre construction sociale. Charles Atéba est décédé et puis quoi encore? Charles Atéba n’est plus. Mais vive Charles Atéba, vive son combat !

Nous sommes et nous serons tous des Charles Atéba, nous continuerons le combat. Repose en paix mon frère. Que le Seigneur tout puissant te garde et t’accorde un repos éternel dans le monde « Normal » que tu as toujours prôné. Je finirai par te dire au revoir par cette phrase du célèbre écrivain français Victor Hugo que tu as rejoint dans le  » Normal » : » tu n’es plus là où tu étais; mais tu es partout où nous sommes »

Richard Gatchoko Youaleu
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Il ya un an exactement, je t’écrivais en ces mots Charles Atéba Eyéné

Narcis Bangmo

Dire que vous écumez les plateaux serait faire insulte à ces millions de Camerounais qui se reconnaissent en vous, qui trouvent en vous une raison d’espérer, une raison de rêver. Dans le domaine de la communication qui est le vôtre, le groupe de mots « écumer les plateaux » est devenu si péjoratif qu’il est utilisé pour désigner des personnes à la recherche malicieuse de strapontins. Votre hypermédiatisation a un sens et mérite à bien des égards d’être visitée.

Grand-frère, je n’ai pas de doute que tu me feras l’excuse de continuer de me lire en ami, car j’ai pris sur moi de te tutoyer. Militant de la première heure, pas comme ces militants du décret fabriqués de toute pièce par les réseaux mafieux pour tuer le militantisme de base et desservir la Nation, tu es resté constant depuis 22 ans montrant que le RDPC n’est pas qu’un « machin », un moyen d’ascension sociale, un refuge de délinquants économiques. Certains hauts responsables de ton parti, qui te vouent aux gémonies au quotidien et t’en veulent à mort, n’ont toujours rien compris de la mission de sauvetage du parti et de son leader, qui est tienne. Quand ils s’en apercevront, s’il n’est pas encore trop tard, ils décerneront toute honte bue à toi et à quelques militants comme toi (Dieu seul sait combien ils sont rares), l’équivalent de la légion d’honneur. Cette grande distinction qu’on remet à l’hexagone, pas comme chez nous, à ceux-là qui ont fait honneur à leur pays.

«Mantara», le biyaisme que tu aimes à définir comme la croyance à l’ «infaillibilité pontificale» est le péché mignon que tes pourfendeurs autour de moi, aiment à remettre sur la sellette, chaque fois que tu montes au devant de la scène, comme toi seul tu as le secret, pour rouvrir les plaies béantes de la République. Parce que tu es un grand-frère, mais alors un vrai grand-frère, je prends à mon corps défendant de leur dire que, comme Dzongang, comme Ekindi, comme Mila Assouté., tu n’es pas politiquement naïf et je m’arrête là. Dans un environnement où le repli identitaire a atteint son paroxysme, tu as fait le pari du respect de tous, non pas parce que tu ne te reconnais pas en ton Bikoka natal, mais parce que tu as compris qu’il est des boîtes de Pandore qu’un «intellectuel citoyen» n’ouvre pas, même pas pour satisfaire son côté « homme politique »

On t’a souvent fait le reproche de trop parler, de tout écrire. Tu attaques les problématiques qui fâchent, tu gueules sur les incompétents, les inertes et forcément, tu marques des buts du courage contre ton propre camp. Ne t’arrête jamais Charles, toi qui as déjà découvert ta mission, ne la trahis pas; car tu sais très bien (toi qui as une culture immense dans les sciences sociales) que, dans les sociétés africaines, ceux qui vous mettent au Panthéon sont les plus exigeants et attendent tout de vous.

Aujourd’hui que tu es l’auteur camerounais le plus lu de tes compatriotes, après Alexandre Biyidi Awala et Ferdinand Leopold Oyono, je te prie de faire de l’apprentissage de la culture de la lecture, dans des écoles, dans des communes et villes du Cameroun, ton nouveau cheval de bataille. Je m’en voudrais de ne pas te prier de mettre dans ton escarcelle le combat pour la reconnaissance de la double nationalité de tes compatriotes de la diaspora, qui sont révoltés d’être soumis à des exigences de visa, pour venir investir dans un pays qui les a vus naitre.

Cette exhortation en appelle aussi à la mise en place d’un véritable code d’investissement favorable aux Camerounais de la diaspora comme l’ont fait le Mali et le Sénégal. Ils (les Camerounais de la diaspora) ont tout, dans tous les domaines, pour faire du Cameroun un pays émergeant avant 2035 et nous éviter le «chantage perpétuel à l’aide» des Occidentaux. Je ne te quitterais pas sans te recommander d’affermir davantage ton côté spirituel, car l’ « homme du sixième jour » que tu es, à la bénédiction du peuple qui vient de faire de lui la personnalité la plus aimée. Quand tes ennemis en viendront à te renverser pour ton altruisme sans doute, tu ne mourras pas mais tu rentreras dans l’histoire.

Louvain-la-Neuve, le 07 février 2013

Narcis Bangmo
Journalducameroun.com)/n

Charles Ateba Eyene, à toi le militant du Rdpc, dont la fougue aura irradié le Cameroun de ces dernières années !!!

Par Adien Macaire Lemdja

Aucun autre décès au Cameroun n’aura fait couler autant d’encre ni engendré autant d’inflation de posts dans un forum comme LCCLC « Le Cameroun C’est Le Cameroun ». Cela témoigne sans doute d’une personnalité qui avait déjà épousé notre paysage sociétal et surtout cathodique.

Oui Charles, ton départ précipité et inattendu à notre goût suscitera autant de regrets sincères que de larmes de crocodile. En effet, ton franc-parler avait tétanisé plus d’un de tes camarades de parti, habitué à la langue de bois, à une certaine idée de la discipline du parti voire à une pensée unique révolue dans une société en pleine mutation comme la nôtre.

Que ne diront-ils pas dans leurs déclarations funèbres ? Dans l’au-delà et sur le chemin qui te mène en ce moment dans ton shéol, tu seras surpris par la teneur de leurs différentes oraisons funèbres, des lauriers qu’ils tresseront à ton endroit. Les mêmes qui te brocardaient hier de ton vivant, qui préconisaient ton internement au centre Jamot pour folie revendiqueront demain ton héritage.

Nous n’étions pas d’accord sur tous les points mais force est de reconnaître que tu avais des convictions et surtout que tu incarnais, par le courage de tes opinions, le militantisme dont se prévalaient les premiers cadres des deux partis ancêtres l’UC et l’UNC, du tien, le RDPC. Un militantisme dépouillé des oripeaux d’orgies alimentaires et de beuveries, d’un bénouisme cher aux laudateurs, thuriféraires, mus davantage par leurs intérêts personnels que par ceux de votre parti et encore moins du pays qu’ils prétendent servir.

Oui un militantisme qui n’exclut pas la critique, l’autocritique car esprit sain, tu savais sans doute que la critique est le génie de la perfection. Dommage que les tiens ne le percevaient pas ainsi et te considéraient comme un aigri.

Tu t’en es allé, ton corps avec ton esprit planera encore longtemps dans le paysage et inspirera sans doute, nous l’espérons, les plus jeunes en manque de repères et de références.

On (le destin ou le sort) aurait voulu couper l’herbe sous les pieds de cette jeunesse qui revendique sa place dans la gouvernance de notre pays que l’on ne se serait pas pris autrement. Le Seigneur ne ferme jamais complètement ses portes. Il n’abandonne jamais ses enfants. Il saura entrevoir d’autres pour ta famille éplorée à qui nous adressons nos sincères condoléances, à tes enfants orphelins aujourd’hui, avec la ferme conviction que ton passage assez éphémère sur cette terre camerounaise suscitera des générations spontanées de Charles Ateba Yene.

Ce n’est qu’un au revoir C.A.E. Chapeau l’artiste. Tu nous as eu au moment où nous ne nous y attendions pas.

Adrien Macaire Lemdja
Journalducameroun.com)/n