Me Daniel Ngos : «Seul le dialogue peut nous permettre une sortie de crise à la Fécafoot»

Me Daniel Blaise Ngos est un avocat au barreau du Cameroun. Dans un entretien accordé à Signatures, ce spécialiste en droit du sport invite tous les protagonistes de la crise de la Fécafoot à la table des négociations.

Maître, les interprétations sont diverses et dépendent de chaque camp. Concrètement, que peut-on attendre du dénouement des multiples procédures en cours au Tas ?

Le football de manière générale est un sport de passion. Il est donc normal à mon sens que tout ce qui s’y rapporte entraîne des passions. Il est donc normal à mon sens que tout ce qui s’y rapport entraine des passions. C’est la raison pour laquelle, je ne suis pas étonné de voir tout ce qui se passe autour de la crise que connaît notre football depuis près d’une décennie. De mon expérience des procédures en justice de manière générale et devant le Tas en particulier, deux issues sont possibles de manières théoriques :

-Raison peut être donnée à ceux qui contestent l’élection du résident Samuel Eto’o, dans ce cas nous reviendrons à la case de départ, c’est-à-dire une nouvelle adoption des textes et une nouvelle élection  de l’Exécutif de la Fécafoot ;

– Les demandeurs peuvent être déboutés et dans ce cas le président Samuel Eto’o, les textes adoptés et son exécutif élu resteront  en place.

Malheureusement ces derniers temps, les décisions du Tas nous ont habitués à des solutions quelques peu originales et contestables pour ne pas en dire plus. Qui ne se souvient pas de la procédure ayant conduit à l’annulation de l’élection du président Tombi dans laquelle les arbitres, bien que déclarant l’action irrecevable, avaient étonnement statué sur le fond du différend en déclarant nulle, l’élection de ce dernier ?

De même, dans le cas de l’élection du président Seidou, les arbitres, bien qu’ayant conclu à l’annulation de l’élection de ce dernier, avait quand par un tour de force réussi à « fortement suggérer » son maintien en place pour la révision des textes  et l’organisation de nouvelles élections avec le très célèbre point 234. Bien malin donc sera celui qui préjugerait de l’issue des procédures pendantes devant le tas en ce moment.

Eto’o peut-il desserrer l’étau ? Si oui, comment ?

De ce que nous avons observé depuis notre  à une position, le président Eto’o dès sa prise de fonction a engagé une série de rencontres avec les acteurs du football, afin de procéder à une réconciliation. Les résultats sont visibles aujourd’hui. Les exemples les plus emblématiques en sont la création du Comité transitoire du football professionnel (Ctfp), chargé de gérer les championnats professionnels, avec à sa tête le Général Pierre Semengue, qui a mis sous le boisseau la sentence du Tas qui rétablit la Ligue de football professionnel dans ses droits.

La rencontre entre le président Eto’o et les membres  de l’Assemblée générale de 2009, qui a abouti au désistement de la quasi-totalité des membres de cette assemblée des procédures pendantes devant le Tas. Le retour des sponsors majeurs qui a dû être précédé d’âpres négociations de même que l’adhésion de la majorité des acteurs du football à son projet semble être largement en faveur de la normalisation de l’organisation du football de notre pays.

Les procédures juridictionnelles ayant montré leurs limites à régler seule la crise de la Fécafoot, l’on doit leur adjoindre à mon humble avis la médiation qui pourrait être efficace en l’espèce, les discussions directes ayant montré leurs limites.

Comment interpréter le report par le Tas de la sentence la plus attendue ? Peut-on dire que c’est une lueur d’espoir pour l’Exécutif en poste ?

Une affaire est renvoyée par un juge ou un arbitre pour diverses raisons qui peuvent aller de la simple administration de la procédure à l’insuffisance d’élément pour se prononcer. Il revient à chacune des parties concernées de savoir en tirer le plus grand bénéfice. En l’espèce ce temps peut être mis à profit pour « venir à bout » des dernières poches résistances dans le cadre de ce différend.

Quelles seraient les conséquences directes et indirectes d’une déchéance du Bureau Exécutif actuel par le Tas ?

La conséquence directe d’une déchéance du bureau exécutif actuel par une décision du Tas serait théoriquement la nullité de tous les actes pris par lui. Il en sera ainsi des actes de nomination comme ceux de la création d’organe techniques et juridictionnels de la Fédération. In directement une telle décision pourrait théoriquement avoir un impact sur les compétitions organisées par Ctfp mis en place par l’exécutif actuel de la Fécafoot.

Vous aurez remarqué que nous parlons au conditionnel parce qu’à notre avis, nous en sommes encore bien éloignés.

Quelles propositions de sortie définitive de crise pourriez-vous envisager à faire à la Fécafoot ?

Seul le dialogue, encore le dialogue et toujours le dialogue peut nous permettre de sortir définitivement de la crise actuelle. Beaucoup a déjà été fait dans ce sens, mais nous pensons que les efforts doivent encore être consentis par les uns et les autres en vue de la recherche des solutions dans le seul intérêt de notre football. Les négociations directes entre les protagonistes ayant de la peine à avancer, nous pensons qu’une médiation bien menée peut donner des résultats plus probants.

Yaoundé, le gendarme fécond de la pensée

Yaoundé, capitale politique du Cameroun vit au rythme de la rumeur depuis le dernier discours du président Paul Biya. Le RDPC, parti politique dominant qui se substitue à l’État, est enfermé dans sa caricature de gendarme de la pensée. La mobilisation ne connait point de répit dans la préparation du grand « dialogue national » qui prospère grâce aux anathèmes, alors que les opposants politiques, isolés ou incarcérés, attendent, malgré eux, le grand déballage public.

La préparation du monologue national, pardon du dialogue, bat son plein. Que trouve-t-on dans ce fourre-tout ? Toutes les thématiques qui éloignent le citoyen de l’essentiel. Très habile, le pouvoir manipulateur ne voudra point s’embarrasser.

Évidemment, un sujet revient sans cesse : la guerre en cours dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-ouest du Cameroun. Et Boko Haram ? Le président Paul Biya veut mettre fin aux violences en cours et pacifier le pays. Il compte sur les forces armées.

Dans une démocratie, nous dirions que c’est une démarche noble et responsable. Mais dans une dictature, nous pouvons nous interroger sur les thématiques qui mettent à feu et à sang des régions du Cameroun. Cet examen de conscience a-t-il été fait par le pouvoir en place ?

Si le président Biya a enfin cédé aux pressions extérieures pour « initier » un dialogue avec tous les camerounais, force est de constater que sur le terrain, le RDPC mobilise ses troupes. Il dispose de moyens effarants. Les guerres larvées en cours cachent des problèmes plus profonds dans un pays où le pouvoir est habitué à la politique du pourrissement. Tout indique désormais que rien ne sera plus comme avant. Mais, de quoi l’avenir sera-t-il fait ?

Le Cameroun est malade de sa gouvernance. Des décennies de pillage et de spoliation ont laissé des traces indélébiles. Le dialogue ne suffit pas. Il faut mettre fin, le plus rapidement possible, à l’hégémonie du parti – État RDPC qui n’est pas disposé à céder du terrain. Ce parti est à bout de souffle. Et dans sa fuite en avant, nous pouvons redouter les coups de boutoir incontrôlés de sa longue agonie.

Le débat est ouvert. Du moins le dialogue. Mais de quoi parlons-nous ? De la guerre en cours, de la pauvreté, du tribalisme, des nominations fantaisistes, du pillage des deniers publics, de l’anarchie ambiante ? Les sujets font légion dans un système habitué à aller à vau-l’eau.

À l’heure actuelle, aucun sujet n’est prépondérant. Et c’est le danger qui préfigure le pourrissement du prétendu dialogue. Les gendarmes de la pensée imposent un débat calqué sur un scénario écrit d’avance.

Opération de charme

Nous assistons depuis peu à une vaste opération de charme par les caciques du pouvoir envers les chefs traditionnels et les délégations régionales qui s’invitent au dialogue. Une opération de charme qui fait la promotion du chef de l’État déjà couvert de tous les superlatifs. Faut-il en arriver là pour faire avaler la pilule ? Paul Biya a-t-il besoin de tous ces thuriféraires pour faire aboutir son projet ?

Les délégations, rodées au clientélisme, n’y voient qu’un autre moyen de jouir des fonds publics. Pour le RDPC qui s’est approprié le dialogue, l’occasion est belle pour remettre en selle un président absent de la scène politique et qui a toujours manqué d’empathie envers son peuple.

Aujourd’hui, nul n’est en mesure d’énumérer les thématiques d’un dialogue fourre-tout d’avance condamné par l’inertie affichée d’un pouvoir moribond.  Les conditions d’un dialogue national inclusif ne seront pas réunies tant que les opposants croupissent en prison et que les sécessionnistes ne sont pas invités à s’expliquer librement.

Le Cameroun est un grand malade qui souffre de son inertie chronique. Les maux sont nombreux. La constitution de 1996 détient pourtant des éléments de réponse au chaos observé : la décentralisation. D’autres sons de cloche évoqueront le fédéralisme. Ils n’ont pas tort. La concentration de tous les pouvoirs politiques et économiques à Yaoundé favorisent la corruption et le despotisme dont souffrent les régions. Pourquoi réinventer le fil à couper le beurre ? Décentralisez !

Paul Biya veut-il profiter de cette tribune pour montrer au monde sa disponibilité et son esprit de dialogue face à ses victimes passives ? Nul n’est dupe car la résilience qui anime les camerounais depuis des décennies connait un regain de vitalité. Comme d’habitude, la montagne accouchera d’une souris pour prolonger une longue agonie. Cette attitude nous rappelle, de triste mémoire, un certain Caudillo.

Par Michel Lobé Etamé
Journaliste
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Le fédéralisme doit être le vrai sujet du dialogue national [Dieudonné Essomba]

L’intellectuel camerounais soutient que le fédéralisme est la solution pour en finir avec les revendications sécessionnistes dans le pays.

Je ne sais pas pourquoi les gens s’attardent encore sur cette histoire de décentralisation !

La décentralisation administrative aurait pu marcher il y a 10 ans, avant le premier coup de feu de la Sécession ! Mais aujourd’hui, c’est terminé !

Certains nous en parlent avec arrogance, comme si le Gouvernement contrôlait encore tout et qu’il avait affaire à une population civile docile qui craint le moindre commandant de brigade !

Les Sécessionnistes sont armés, bon Dieu ! Ils se font tuer, mais ils tuent aussi !

Et en trois ans d’annonces triomphalistes au sujet d’un Etat qui est un monstre froid et tout-puissant auquel rien ne résiste, nous voyons bien que ce sont les Sécessionnistes qui montent en force ! C’est eux qui sont partis avec des mains nues, quand tout le monde croyait que l’Etat allait les mater en deux semaines !

Mais trois ans plus tard, ils sont toujours là, édictant leur loi ! Ils ont détruit les grands fleurons qui nous procuraient de très précieuses devises, la CDC et la PAMOL, déstabilisé les réseaux commerciaux, incendié les bâtiments publics, sans que ce fameux Etat puisse les en empêcher !

Ils ont pourchassé l’Etat, et il n’y a plus de sous-préfet et de commandant de brigade en dehors des grandes villes transformées en bunker, où les agents publics grelottent de terreur !

Ils perçoivent les impôts, contrôlent les routes et se sont installés dans des écoles construites par l’Etat qu’ils ont transformés en leur base, au vu et au su de tout le monde !

Et même dans les villes hyper sécurisées de Bamenda et Buea, ce sont eux qui édictent le rythme de vie, en imposant les Villes Mortes, les Rentrées Mortes, sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit, en dehors de stériles condamnations.

Sur le plan international, ils ont imposés leur cause comme une problématique majeure, contrairement aux pseudo-patriotes qui ont trompé le gouvernement en lui faisant croire que c’était une simple affaire intérieure qui n’allait susciter aucune ingérence.

Et aujourd’hui, ce ne sont pas eux qui souffrent, mais bien l’Etat du Cameroun! C’est l’Etat du Cameroun qui épuise ses ressources dans une guerre parfaitement inutile, c’est lui qui perd ses recettes c’est lui qui est dénoncé pour violation des droits de l’Homme et qui se défend désespérément ! C’est lui que le monde entier regarde méchamment, avec un immense reproche!

A contrario, on n’a vu nulle part les sécessionnistes demander le dialogue, mais plutôt dénoncer violemment l’archevêque émérite Tumi et tous les fédéralistes qui proposaient de négocier, impatients qu’ils sont de combattre et de chasser ce qu’ils appellent les forces d’occupation!

Voilà la réalité sur le terrain !

Les gens qui continuent à fanfaronner à Yaoundé sur leur Cameroun unitaire veulent nous conduire où là ? Ils nous affirment qu’ils vont mater la sécession, ils vont la mater quand ? Avec des mots ronflants ? Ils attendent quoi ? Un sifflet ?

Qui peut mater la sécession sans l’adhésion franche de la population anglophone ? Personne !

Je l’avais dit il y a trois ans : le Cameroun n’a pas les moyens politiques, économiques, financiers et diplomatiques pour mater militairement la sécession anglophone ! On m’a traité de traitre à la patrie !

Comment les gens de Yaoundé ont pu croire qu’on pouvait imposer les liens d’un Etat unitaire à une Communauté représentant 20% de la population, et qui plus est, a déjà vécu dans un système fédéral, et sous la supervision des Nations-Unies ?

L’Etat unitaire est clairement un faux projet qui ne peut aboutir qu’à l’horreur ! Il faut en sortir définitivement et immédiatement!

Sinon, nous allons connaître exactement le même sort les 3 autres pays qui sont nés fédéraux et se sont amusés à supprimer la Fédération : l’Ethiopie, le Soudan et la Somalie !

On ne supprime pas une Fédération ! On peut la modifier, mais on ne la supprime pas !

Il est impératif de rentrer dans la Fédération et c’est cela qui doit être l’objet du dialogue !

Sinon, cela risque d’être tard !

Allons à la Fédération au risque de porter une terrible responsabilité historique ! Les Anglophones ne reviendront plus jamais à l’Etat unitaire ! Ils l’on dit et redit, leurs Chefs traditionnels, tous membres du parti au pouvoir l’ont clairement dit ! Ne donnons aucun prétexte à la sécession, car nous ne pouvons pas la battre militairement, en dépit des fanfarons !

Allons à la Fédération ! La Fédération ne tue pas !

Le Nigeria est fédéral ! L’Ethiopie est fédérale ! L’Afrique du sud est fédérale ! La Tanzanie est fédérale ! Le Soudan est fédéral !

Les gens sont morts là-bas ?

Bien au contraire, ce sont les pays les plus puissants d’Afrique du point de vue économique. Et ils alignent aussi 16 Universités sur les 20 premières dans toute l’Afrique !

 

Crise anglophone : retour sur des évènements qui rendaient prévisible un dialogue

Le chef de l’Etat annonce un dialogue national sur la crise anglophone à la fin du mois. Des opérations telles que le désarmement des combattants et des consultations populaires rendait déjà cela prévisible.

Au Cameroun, le dialogue national prend corps. C’est désormais une affaire d’heures pour que la promesse faite ce 10 septembre 2019 par le président de la République devienne une réalité. Journalducameroun.com vous propose un retour sur des évènements qui rendaient prévisibles ces assises.

Le 27 juin dernier, la Suisse propose sa médiation pour un dialogue sur la crise anglophone. De telles assises sont alors hypothétiques au Cameroun tant un flou demeure quant aux acteurs qui feront face au gouvernement. Des institutions internationales telles l’Onu saluent cette initiative. D’autres partenaires du pays gardent le silence.
Ce pays avait souvent été au cœur des consultations menées par la Commission nationale du bilinguisme et du multiculturalisme afin de faire des propositions pour faire de l’anglais et du français deux langues égales au Cameroun.

La sortie de la Suisse s’est faite dans une période de grandes interrogations sur le triangle national. Moins d’un mois auparavant, le Premier ministre Joseph Dion Ngute annonçait la disponibilité du chef de l’Etat à ouvrir un dialogue. Tous les sujets y seront abordés exceptés « la sécession et la séparation », avait-il laissé entendre, ignorant les vélléités sécessionnistes de certains ressortissants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

« Le président Paul Biya est en train de prendre des mesures sur la crise anglophone ait lieu », avait déclaré Joseph Dion Ngute en visite à Bamenda en mai dernier. Une première au Cameroun trois ans après le début de la crise apparue sous la forme de revendications corporatistes.

-Encouragement à abandonner les armes-
Le 01er décembre 2018, Paul Biya créé un comité national de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des combattants, dans l’optique de les inciter à arrêter les hostilités. Le fonctionnement dudit Comité est adossé à la création des centres d’accueil où des anciens miliciens peuvent recevoir des soins. Le processus de désarmement est quelque peu à la traine, l’opération n’ayant pas reçu un accueil favorable au sein des groupes armés. Seuls une centaine de personnes ont consenti à abandonner les armes. Le Comité de désarmement est sur le terrain.

-Libération de prisonniers de la crise anglophone-
Le chef de l’Etat a pris par deux fois des actes qui ont conduit à la libération de détenus de la crise anglophone. La dernière en date a eu lieu le 13 décembre 2018. Quelques 289 détenus ont bénéficié de l’arrêt de poursuites. Ce vaste mouvement de libération est survenu en réponse à la communauté anglophone qui avait souvent présenté cela comme préalable au dialogue.

Le président Paul Biya va ouvrir un dialogue sur la crise anglophone (Dion Ngute)

 Tel est le message que le Premier ministre a délivré jeudi, dès l’entame de sa visite dans la région du Nord-Ouest.

Le Premier ministre Dion Ngute a débuté ce 09 mai, sa première mission officielle dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du Cameroun, en crise depuis novembre 2016. Parvenue au terme de la première journée, il a présenté la quintessence de son message : le président Paul Biya et en train de prendre des mesures pour qu’un dialogue sur la crise anglophone ait lieu.

Journalducameroun.com vous propose l’intégralité du propos de Dion Ngute à la presse.

« Le président de la République m’a instruit de venir dans la région du Nord-Ouest pour porter un message de paix, un message de réconciliation à ces populations, qui ont été meurtries par beaucoup d’actes qui n’auraient pas dû être commis par nos jeunes.

 Il m’a demandé de leur dire qu’ils restent les enfants du Cameroun et de ce fait, ils ne doivent pas se priver d’une éducation comme ils le font. Ils ne doivent pas infliger à la société ce qu’ils sont en train de faire : les villes mortes, les rançons après enlèvements, les gens ne peuvent pas circuler librement dans leurs propres pays.

Il a demandé que je les informe qu’il faut qu’ils déposent leurs armes, qu’ils se rendent dans les centres de DDR [désarmement, démobilisation et réinsertion, Ndlr] où ils seront pris en charge gratuitement, où on va tout faire pour leur trouver quelque chose à faire.

Pour les problèmes politiques, il m’a demandé de dire que hormis la séparation et la sécession, parce que lui en tant que chef de l’Etat, il a juré de garder le pays uni, donc la séparation n’est pas à l’ordre du jour, tout autre point peut être discuté. Tout problème politique peut être discuté et il est en train d’organiser une rencontre au cours de laquelle il va débattre de ce problème. Donc ça ne sert à rien que ces jeunes continuent à rester dans la brousse, à se cacher dans  les villes et de détruire la communauté comme ils sont en train de faire.

Je ne veux pas me militer aux élites. Je voudrais parler à toutes les couches de la population, aux benkineurs, aux organisations de femmes, aux bayam Sellam qui peuvent porter ce message envers ces jeunes qui sont pour le moment pratiquement perdus ».

Conférence des anglophones : les organisateurs dans l’attente d’une autorisation de l’Etat

Le secrétariat à l’organisation de ladite Conférence est dans l’attente de l’autorisation officielle en vue de la tenue de cet événement prévu du 21 au 22 novembre.

Le sous-préfet de Buea a été saisi en fin de semaine par le comité d’organisation de la Conférence générale des anglophones. Celui-ci  a sollicité une autorisation de rassemblement jeudi avant d’apporter des précisions sur les dates de l’évènement le lendemain.

Si elle est acceptée, la Conférence devrait se tenir les 21 et 22 novembre. Cette initiative du cardinal Christian Tumi intervient dans un contexte de crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les multiples attaques portées contre des civils ont obligé les populations à fuir vers d’autres localités. Buea ne fait pas d’exception. La ville  se déserte de plus en plus.

Il faut toutefois cerner les causes réelles de la crise anglophone ainsi que les solutions possibles, expliquait, en fin de semaine, le prélat. Au delà de s’attaquer à cela, les assises de Buea devront permettre de désigner les représentants des populations anglophones lors d’un éventuel dialogue avec l’Etat.

Depuis le début de la crise anglophone, en octobre dernier, plusieurs délégations ont été dépêchées auprès des populations anglophones. Les élites du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Peter Mafany Musongue, Philemon Yang, Atanga Nji, Enow Ngatchu…) ont tenté de dialoguer avec les leurs pour un retour au calme. Sans succès. Leur proximité avec le gouvernement et le parti au pouvoir (Rdpc) aura contribué à l’échec de ces négociations.

Les multiples efforts des chefs traditionnels n’ont pas produit plus de résultats. Et même s’il est dans l’intérêt des différents protagonistes – sécessionnistes et autorités camerounaises – qu’une solution soit apportée à cette crise, l’empressement de ces derniers ne transparaît pas. Le gouvernement reste taiseux. Les sécessionnistes ont quant à eux, proféré des menaces de mort à Simon Munzu – dont l’expérience pour des questions de paix a plusieurs fois été éprouvée dans d’autres pays – l’obligeant à se retirer de l’organisation du conclave.

En attendant d’en savoir plus sur la réponse du gouvernement, le secrétaire à l’organisation par intérim, appelle toutes les communautés à prendre des mesures pour être représentées à Buea les 21 et 22 novembre.

 

 

 

 

La Cemac appelle les Camerounais à dialoguer avec le gouvernement, et non l’inverse!

Les chefs d’Etat de la Cemac ont invité, jeudi, les citoyens camerounais à recourir au dialogue afin que la paix puisse régner dans le pays.

Il ne s’agit pas d’un canular ! Les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ont appelé jeudi les Camerounais à un dialogue avec leur gouvernement. Condition, selon eux, pour que la paix puisse régner dans le pays.

La déclaration des chefs d’Etat et de gouvernement -du Congo, du Gabon, de la Centrafrique, de la Guinée équatoriale, de la Centrafrique et du Cameroun- rame à contre-courant de celles d’autres organismes internationaux, qui, elles, demandent au gouvernement d’être à l’écoute de son peuple.

Les Nations-Unies, les organisations de défense des droits de l’Homme, les pays partenaires du Cameroun, ont, à de nombreuses reprises, appelé le régime de Yaoundé à initier le dialogue avec les populations pour mettre fin aux conflits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Une crise sans pareil pour le pays. Des affrontements y ont lieu depuis deux ans dans le Cameroun anglophone, depuis que les forces de l’ordre et de sécurité ont violemment réprimé des manifestations corporatistes des avocats et des enseignants en octobre 2016. De nombreuses arrestations ont été opérées, favorisant la radicalisation de quelques-uns. Ce à quoi le gouvernement a réagi en adoptant une posture de plus en plus dure, au point que certains ministres ont souvent traité de terroristes les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le dialogue tant promu tarde à se mettre en place au Cameroun. Le dilemme réside dans l’identité des vis-à-vis de l’Etat si une telle initiative venait à prendre corps. Les anglophones laissent voir une certaine méfiance à l’égard de leurs élites et chefs traditionnels et réclament une médiation étrangère.

Restriction de la liberté de  manifester

Au Cameroun, le moindre mouvement d’humeur peut donner lieu à une répression violente ou à d’autres types de sanctions. Cela a été le cas, courant 2017, lorsque des médecins spécialistes ont été affectés dans des hôpitaux ruraux ne possédant pas de plateaux techniques adaptés à leurs compétences. Leur faute : avoir initié une grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail. Les médecins sanctionnés ont rejoint leurs postes d’affectation malgré leurs critiques à l’endroit de cette décision du ministre de la Santé.

Article lié : Cameroun: le CPP appelle les médecins à «continuer la grève»

Cameroun: Charlotte Dipanda invite le gouvernement à écouter les anglophones

Dans un entretien sur la télévision Equinoxe, lundi, l’artiste musicienne s’est dite préoccupée par les tensions qui règnent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Charlotte Dipanda n’est pas insensible à ce qui se passe dans les régions anglophones ! C’est ce qui ressort de sa déclaration au sujet de la crise socio-politique que connaissent les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest depuis plus d’un an.

Invitée du journal d’Equinoxe télévision lundi, 18 juin, l’artiste musicienne a été appelée à s’exprimer sur ladite crise. « Ce que moi j’ai envie de leur dire, c’est que je pense à eux [habitants des régions anglophones, Ndlr]. Il ne faudrait pas qu’ils se sentent isolés », a-t-elle lancé à l’endroit des Camerounais vivant dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Charlotte Dipanda se dit favorable au dialogue. Elle se range ainsi à l’avis de la quarantaine d’artistes camerounais qui réclament un débat sur la crise anglophone. Ceux-ci ont mis sur pied un groupe de réflexion et d’initiatives qui se propose de fournir des contributions pour une sortie de crise.

« Tous les jours des Camerounais meurent. Je pense qu’il faut écouter ce que les populations de ces régions-là ont envie de faire passer comme message. Il faut vraiment être à l’écoute. Et je leur souhaite vraiment de trouver de l’apaisement, que les tensions s’estompent parce qu’on sait quand commence une guerre mais on ne sait jamais quand est-ce qu’elle se termine ni comment », conclut Charlotte Dipanda.

Charlotte Dipanda est en tournée depuis le 29 mars. Elle a commencé la présentation de son album au Cameroun, puis au Burkina Faso. Les 22 et 24 juin prochains, elle participera aux concerts marquant la célébration du 70e anniversaire des Brasseries du Cameroun, à Yaoundé et à Douala.  Au mois de juillet, elle sera à Lomé, au Togo, puis au Grand Rex à Paris en septembre.

 

 

 

 

Les évêques du Cameroun craignent une guerre civile

Dans un message à l’attention du peuple camerounais, Mgr Samuel Kleda, président de la Conférence épiscopale nationale, invite les différents acteurs de la crise à une accalmie pour éviter la catastrophe.

Le clergé camerounais est de nouveau monté au créneau pour appeler au dialogue dans la gestion de la crise anglophone qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Dans un message signé le 16 mai et intitulé « Cri de détresse des évêques du Cameroun », Mgr Samuel Kleda, le président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, écrit : « Nous, évêques du Cameroun, estimons qu’une médiation s’impose maintenant pour une sortie de crise ; épargnons notre pays, le Cameroun, d’une guerre civile inutile et sans fondement ».

Les prélats voient dans divers signaux, les risques de dégradation totale du climat de paix au Cameroun. « Depuis octobre 2016, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest vivent des situations difficiles, marquées par des violences inhumaines, aveugles, monstrueuses et une radicalisation des positions qui nous inquiètent », soutient Mgr Kleda.

Le clergé s’est de nombreuses fois prononcé sur la crise qui perdure dans les régions anglophones. Il a surtout appelé à la prière, car « seule une intervention divine » pourrait mettre fin à cette crise. C’est du moins l’avis des évêques de la province épiscopale de Bamenda qui, réunis en session ordinaire le 8 février dernier, ont exprimé leur indignation face à l’escalade de violence observée dans les deux régions anglophones du pays.

Le temps est grave

Le cardinal Tumi, archevêque émérite de Douala, lui, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ces morts, ces déplacés et ces populations traumatisées. « Quand on parle de crise anglophone, la première idée qui me vient en tête, c’est que le temps est grave et tant qu’on continue de tuer qui que ce soit, militaires, civils, parce que toute vie est sacrée, ce sera toujours une impasse. Nous prions pour que le terrorisme cesse aussitôt que possible. Et que tout le monde se retrouve autour d’une table pour dialoguer. Tant qu’il n’y aura pas de dialogue (…) la crise va continuer », a-t-il déclaré au cours d’une récente interview.

Le dialogue. Une solution sur laquelle tout le monde semble d’accord pour la résolution de la crise, mais qui a bien du mal à être concrétisée. Conséquence, les violences perdurent. Pis, les prêtres sont pris pour cibles par des militants de la cause séparatiste. Le 30 avril dernier, l’abbé William Neba a été pris en otage à Belo (Nord-Ouest) alors qu’il célébrait une messe. Il a été libéré 48h plus tard.

Malgré l’impasse, le clergé entend bien insister sur la nécessité de la prière et du dialogue. « A tous les Camerounais, nous lançons ce cri de détresse au nom de Dieu le Père Tout- puissant : cessons toutes formes de violences et arrêtons de nous entretuer ; nous sommes tous des frères et sœurs, reprenons le chemin du dialogue, de la réconciliation, de la justice et de la paix », exhorte Mgr Samuel Kleda.

 

Mgr Bushu, au sujet des combattants anglophones, « ils se sont radicalisés quand ils ont commencé à perdre des proches »

L’évêque de Buea revient sur la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun et parle des raisons qui expliquent la radicalisation en cours dans ces régions.

Incendie des domiciles, meurtre de civils, déni des exactions commises à l’encontre des populations du Nord-Ouest et le Sud-Ouest, refus d’ouvrir un dialogue inclusif, etc. Tous ces faits sont, de l’avis de l’évêque de Buea, les éléments catalyseurs de la radicalisation persistante dans la communauté anglophone du Cameroun.

« On est en train d’atteindre un point de non-retour. Au début de la crise, les corporations des avocats et des enseignants ont appelé à un dialogue, et c’était une bonne chose. Mais certains d’entre eux ont été arrêtés. Ça a été un tournant très important dans la crise anglophone. Le 1er octobre, l’armée a tué beaucoup de gens. Pendant presque deux semaines, ils ont tiré sur les gens comme sur des oiseaux. Les leaders n’ont pas cru qu’un dialogue serait possible après cela. Ils ont appelé à la formation de groupes pour se défendre, dans chaque communauté. Et c’est ce qu’il s’est passé. Maintenant, en dehors de Buea, c’est un monde différent. C’est une zone de guerre », décrie Mgr Emmanuel Bushu dans une interview publiée le 5 mai par l’Agence France presse.

Au Cameroun, l’appel à la partition du pays est antérieur aux mouvements qui ont suivis la grève des avocats et des enseignants anglophones à Bamenda en fin d’année 2016. Le « Southern Cameroon national council » en est le principal porteur. Ce parti politique, aujourd’hui illégal, a, depuis sa création en 1995, défendu cette idéologie. Néanmoins, l’influence numérique des partisans de la sécession n’avait jamais été aussi ressentie en dehors des régions anglophones, même si les raisons évoquées pour la soutenir étaient bien connues. Il en est de même des scènes de violence commises à grande échelle.

Pour le prélat, c’est le meurtre des populations qui a changé la donne ces derniers mois et fait monter la radicalisation. « Le gouvernement est sur une ligne de défense de l’intégrité de la nation, et les gens en face sont prêts à mourir. Les gens qui se battent ne sont pas une armée, ils ne répondent pas à un ordre. Ils répondent à une volonté de ne plus être mis au ban. Ce sont des fermiers, des gens des villages, pas des soldats formés à obéir. Ils se sont radicalisés à partir du moment où ils ont commencé à perdre des proches. Quand vous perdez un membre, ou plus, de votre famille, vous vous dites que vous voulez vous battre et que vous ne vous rendrez pas. L’armée ne peut rien faire contre eux »,

Emanuel bushu recommande un dialogue qui devra être mené par voie d’intermédiaire. « Il faut que les anglophones écrivent leurs doléances, que des facilitateurs les écoutent. C’est urgent, il y a déjà des centaines de morts. Et surtout, il faut s’assurer que ça soit suivi de décisions. Les gens qui se battent en régions anglophones veulent un dialogue sans condition avec les autorités. Mais les autorités ont mis des conditions. »

Référence est faite ainsi au ministre de l’Administration territoriale qui avait savoir que le gouvernement ne peut pas dialoguer avec ceux qui remettent en cause l’unité nationale. Il a dit cela après avoir appelé, par deux fois, les sécessionnistes à se reconvertir.

 

 

 

 

Atanga Nji : « On ne peut pas parler à ceux qui remettent en cause l’unité nationale »

L’Etat du Cameroun mène un dialogue sur la crise anglophone, a indiqué dimanche le Minat, qui était invité dans Actualité Hebdo sur la Crtv. Selon lui, les séparatistes n’y sont pas conviés.

Paul Atanga Nji, l’auteur de la célèbre phrase choc « il n’existe pas de problème anglophone au Cameroun », ne pense pas à revoir ses positions sur la crise socio-politique qui paralyse le Nord-Ouest et le Sud-Ouest depuis plus d’un an. Favorable à la poursuite du dialogue « institutionnel » dont il est le meneur en sa qualité de ministre de l’Administration territoriale, celui-ci ne voit pas l’opportunité d’y inclure les sympathisants de la cause sécessionniste.

« Le dialogue inclusif, c’est un mot, à mon avis, qui n’a pas de sens. Il y a un dialogue qui est exercé dans un cadre institutionnel. Dialoguer c’est discuter avec ceux qui ont un mandat, ceux qui peuvent faire des propositions valables. Ce sont les chefs traditionnels, les évêques, les pasteurs, les députés, les sénateurs, les hommes politiques. On ne peut pas parler à ceux qui ont tenté de briser l’unité nationale, à ceux qui veulent remettre en cause l’autorité de l’Etat. On leur dit qu’ils n’auront jamais les moyens de combattre un Etat. Ils ne peuvent pas le faire, c’est impossible », a-t-il déclaré dans une interview dans Actualité Hebdo, une émission diffusée en direct dimanche sur la Cameroon radio and television.

Le Minat reprécise ainsi la position du gouvernement sur le déroulement d’un dialogue autour de la crise anglophone. Une démonstration en avait déjà été faite en mars dernier lorsque Paul Atanga Nji, achevant une tournée dans le Nord-Ouest, avait appelé les combattants sécessionnistes à se reconvertir sans ouvrir des perspectives pour leur réintégration sociale.

Fervent défenseur du chef de l’Etat camerounais, Paul Atanga Nji soutient que les ressortissants anglophones ont de tout temps bénéficié de la confiance du président Paul Biya, en témoignent les nombreuses nominations d’anglophones dans le gouvernement. «Mais aux élections présidentielles  de 1992 qu’est-ce qu’on a eu? Moins de 2% en faveur du chef de l’Etat [dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Ndlr]. Mais Achidi Achu a été maintenu Premier ministre. Si politiquement vous ne répondez pas, alors le chef de l’Etat est en train de vous réhabiliter continuellement », a indiqué le Minat qui rejette toute idée de marginalisation des anglophones au Cameroun.

 

 

 

 

 

 

 

Cameroun: reprise du dialogue avec les enseignants le 31 janvier

A cette date, le Comité interministériel examinera les questions techniques liées au système éducatif camerounais dans son ensemble

Les discussions en vue de trouver des solutions aux revendications soulevées par les syndicats des enseignants du Cameroun reprendront le mardi 31 janvier à Yaoundé. L’annonce faite par le ministre camerounais de l’Enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo, précise qu’elles se feront dans le cadre de la quatrième session ordinaire du Comité interministériel créé le 08 novembre dernier par le Premier ministre Philémon Yang.

Ladite commission est constituée des ministres de l’Enseignement supérieur, des Enseignements secondaires, de l’Education de base, de l’Emploi et de la Formation professionnelle et celui des Sports et de l’Education physique. Des présidents des syndicats d’enseignants font également partie de cette commission.

«La quatrième session ordinaire du comité examinera, comme lors de ses trois dernières sessions, les questions techniques liées au système éducatif camerounais dans son ensemble. Il prendra aussi connaissance des propositions émanant des deux groupes de travail mis sur pied lors de la 3e session ordinaire, relativement aux problèmes économiques et financiers des enseignants d’une part, aux problèmes sociaux et humains des enseignants d’autre part», a indiqué le Minseup.

Ces assises se tiendront à la suite des travaux de la commission ad hoc dirigée par Ghogumu Paul Mingo, laquelle devait entendre les demandes des syndicats des enseignants anglophones et proposer des solutions adéquates.

Le groupe conduit par Jacques Fame Ndongo poursuivra également, de manière méthodique, la préparation du Forum national de l’éducation. Un évènement autorisé par Philémon Yang le 02 décembre dernier.


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question anglophone: la diaspora camerounaise prône la décentralisation

Par la Diaspora camerounaise de Benelux et de France

Considérant que le 09 janvier 2017, l’opération «ville morte» a été suivie par plusieurs villes des régions anglophones suite au mécontentement des enseignants et des magistrats anglophones dont les revendications sont légitimes.

Considérant que les référents identitaires se transforment en seuls et derniers recours lorsque le politique a fait faillite dans son rôle de faire cohabiter des hommes et des femmes qui ne pensent pas la même chose et n’ont pas les mêmes valeurs.

Considérant que la question anglophone est positive pour réinventer l’Etat camerounais au sens où le conflit qu’elle induit met en lumière un manque d’entretien politique de la réunification, rouage essentiel de l’Etat camerounais.

Considérant que le Cameroun ne peut se targuer de vivre parce que Yaoundé respire quand Bamenda, Buéa et leurs populations suffoquent
Considérant que la respiration de Yaoundé sera courte dans le marathon du développement économique, social, politique et environnemental du Cameroun tant que toutes les autres régions du Cameroun et leurs populations ne trouveront pas leur souffle.

Considérant que l’Etat camerounais est face à un sérieux problème d’autorité et de gouvernance quand des écoles et des services ne fonctionnent pas dans une partie de son territoire.

Considérant la dignité de traitement que l’Etat camerounais doit à chaque citoyen camerounais.

Considérant l’égalité de traitement qu’implique le statut de citoyen camerounais.

Considérant que plusieurs de nos compatriotes anglophones de Buéa et de Bamenda ont été humiliés par les forces de l’ordre camerounaises
Considérant, au regard des émeutes de la faim de février-mars 2008, que lesdites forces de l’ordre camerounaises sont récidivistes dans la répression sanglante et humiliante des manifestations citoyennes
Considérant que lesdites forces de l’ordre bénéficient d’une impunité sacro-sainte de la part du Renouveau National et que cela consacre le règne du deux poids deux mesures inadmissible dans une république
Considérant que la rupture de confiance entre nos compatriotes anglophones et les forces de l’ordre camerounaises confirme la rupture de confiance entre plusieurs Camerounais, l’Etat camerounais et ses représentations.

Considérant que l’Etat camerounais en lutte contre la secte terroriste et islamiste Boko-Haram ne peut faire l’économie d’une union sacrée et d’une confiance au zénith entre le peuple camerounais et ses forces armées.

Considérant que le Cameroun ne peut combattre efficacement Boko Haram que si tous ses fils et toutes ses filles francophones comme anglophones vibrent en phase de façon à ériger devant la secte une ligne Maginot infranchissable.

Considérant que la République du Cameroun ne peut consolider la construction de la nation camerounaise sans consolider et améliorer de façon constante le vivre ensemble entériné jadis par les accords ayant donné lieu à République unie du Cameroun.

Considérant que la construction de la nation camerounaise nécessite une excellence politique permanente et un dialogue de tout instant entre les instances dirigeantes, les élites, le peuple, le pays officiel et le pays réel.

Considérant que toute demande émanant de la population camerounaise, d’une région camerounaise ou d’une partie de sa population doit être examinée avec sérieux, dialogue, médiation et discussion afin d’aboutir à des solutions concertées destinées à conforter le Cameroun comme projet de vie commun.

Considérant que l’exercice du monopole de la violence légitime est une réponse non seulement inefficace mais aussi inadaptée aux revendications citoyennes que soulève la question anglophone.
Considérant que l’usage de la violence comme seule réponse à la question anglophone est moins la preuve de l’autorité de l’Etat camerounais que sa dégénérescence.

Considérant que le Cameroun est signataire de la Charte Universelle des Droits de l’Homme et se doit de respecter scrupuleusement celle-ci dans le traitement de ses citoyens.

La diaspora camerounaise du Benelux et de France déclare qu’une décentralisation démocratique, compétitive et solidaire de l’Etat camerounais peut, suivant les modalités ci-après, résoudre la question du pouvoir, de son partage, de sa gouvernance et de son identité que pose la question anglophone.

1.La décentralisation camerounaise doit être démocratique afin d’éviter une reproduction locale et ou régionale d’un ensemble de dominations nationales que les populations anglophones en particulier et les populations camerounaises en général dénoncent déjà au sein de l’Etat camerounais centralisé. Une redistribution démocratique du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire aux régions et des régions aux populations concernées est primordiale afin que chaque région, ses identités et ses sensibilités historiques puissent s’exprimer dans un cadre capable d’en promouvoir l’excellence. C’est une façon de responsabiliser les Camerounais et de donner libre expression à la richesse que représentent les multiples identités nationales. La logique de fond de la décentralisation camerounaise doit être de bâtir les bases locales, identitaires, régionales et populaires d’une démocratie camerounaise profonde alliant les principes théoriques aux problèmes et objectifs réels des régions du pays dans une approche du pouvoir où s’applique le principe de subsidiarité.

2.La décentralisation camerounaise doit être compétitive. Le but de la compétition dans une décentralisation n’est pas de plonger le pays dans un magma darwiniste où les régions camerounaises entreraient dans un choc de titans ou un combat de gladiateurs. La compétition se pense ici comme un facteur d’émulation vers l’excellence des projets de vie régionaux de manière à ce que chaque région camerounaise ait dans son agenda le désir permanent, légitime et prétentieux d’être la région camerounaise où «l’art de vie» est le meilleur, le sport plus complétif, le pouvoir plus démocratique, les entreprises plus dynamiques, la gouvernance plus compétente, l’administration plus diligente et efficace, les citoyens plus intègres et respectueux des règles civiques, les universités plus à la pointe de la recherche etc. Dans une telle dynamique le Cameroun tout entier deviendrait un pays habité d’un souci d’excellence dans tous les domaines.

3.La décentralisation de l’Etat camerounais se doit aussi d’être solidaire. Cela implique de mettre en place une nouvelle conception du pouvoir et un nouvel exercice de celui-ci par l’Etat camerounais de façon à ce qu’il continue à assurer la coordination de l’ensemble national via des projets nationaux, des lois nationales, des règles de partage des richesses nationales entre l’Etat et les régions. La nomenclature des formules juridiques, techniques et institutionnelles à mettre en place dans tous les domaines pour maintenir la solidarité entre les différentes régions camerounaises et inventer un nouveau pouvoir décentralisé à la fois hiérarchique et de coordination du nouvel Etat décentralisé, ne peut être trouvée qu’en mettant en dialogue, l’Etat, les experts de la décentralisation, les régions camerounaises et leurs populations respectives.

4.La décentralisation camerounaise doit promouvoir la suppression de tout ce qui peut entraîner l’arbitraire du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire.

5.La décentralisation camerounaise doit promouvoir une vision positive du pouvoir en le donnant aux populations régionales qui seules peuvent en améliorer la légitimité.

6. La décentralisation camerounaise doit abandonner un pouvoir qui s’exerce comme un obstacle à l’expression des identités, des régions et de leurs singularités pour en faire un puissant vecteur de leur libre expression.

7.La décentralisation camerounaise doit faire des projets régionaux le résultat d’une majorité d’idées qui donne une assise plus solide à leur réussite et en assure la légitimité à la fois politique et populaire.

8.La décentralisation camerounaise doit promouvoir une nouvelle figuration régionale du pouvoir de façon à en renforcer la proximité avec les populations régionales.

9.La décentralisation de l’Etat camerounais doit entraîner une organisation préalable et immédiate des états généraux de la Justice camerounaise qui réuniraient tous les intervenants de la Common Law et du droit francophone afin d’harmoniser les procédures et les règles de droit du Cameroun sans léser aucune sensibilité et ayant pour seule boussole l’intérêt général du peuple camerounais.

[b10.]La décentralisation de l’Etat camerounais doit engager une véritable réforme universitaire qui tienne compte de l’environnement socio culturel de chaque entité capable de valeur ajoutée dans la formation des Camerounais. Elle doit instituer et promouvoir un test de bilinguisme (expression et écriture) obligatoire et éliminatoire pour l’accès de tout étudiant camerounais à l’Université et à toutes les grandes écoles nationales.

Fait à Bruxelles le 15 janvier 2017

Organisations signataires :
Le Collectif Des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora (CODE) : Kadji Elie
Fondation Moumié : Delphine Fouda
Le Cercle Belgo-Africain Pour la Promotion Humaine (CEBAPH) : Hugues Seumo
Action Solidaire Internationale (ASI) : Gisèle Emegue
L’ Association Pour la Promotion de la Justice et de l’Education, (L’APJE) : Roufaou Oumarou
Le Mouvement de février 2008 : Marcel Tchangue
Le Cercle de Réflexions Economiques Sociales et Politiques (CRESPOL) : Thierry Amougou, Membre Fondation Moumié
L’observatoire des élections de la diaspora camerounaise (OEDC) : Luc Banemeck




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Cameroun: la reprise des cours attendue lundi en régions anglophones

Le Premier ministre a invité jeudi la communauté éducative des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à cesser la grève observée depuis le 21 novembre dès lundi, date de la rentrée du 2e trimestre

Le gouvernement camerounais, par la voie de son Premier ministre, demande à la communauté éducative du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de mettre à profit la rentrée du deuxième trimestre lundi, 09 janvier 2017, pour reprendre les activités dans les établissements scolaires.

Dans un communiqué datant du 05 janvier, Philémon Yang réaffirme «l’engagement» des autorités à poursuivre avec le dialogue entamé en vue de l’amélioration du sous-système éducatif anglophone. Lequel a déjà permis, selon lui, l’adoption de quelques mesures en cours d’implémentation.

Il s’agit notamment de : «l’intégration des instituts contractuels remplissant les conditions d’ancienneté, le recensement des enseignants en vue de leur redéploiement dans le sous-système linguistique idoine, le recrutement de 1 000 jeunes destinés à enseigner dans les filières scientifiques et techniques , les textes devant permettre l’arrimage subséquent du sous-système éducatif anglophone aux spécificités définies dans la loi du 14 avril 1998», a énoncé le Philémon Yang.

Ce dernier invite ainsi les enseignants anglophone desdites régions à mettre un terme à une grève commencée le 21 octobre dernier à Bamenda.

Une demande également formulée le 30 décembre dernier par le Comité interministériel Ad Hoc chargé de proposer des solutions aux préoccupations soulevées par ces enseignants. Notamment le retrait et le reclassement de tous les enseignants francophones des salles de classe anglophones, à l’exception des enseignants bilingues ; le retrait des conférenciers francophones et des administrateurs des universités anglo-saxonnes de Bamenda et de Buea et de leurs collèges.

Photo d’illustration
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Cameroun: CAN et revendications anglophones à la une des journaux ce jeudi

La liste des 23 joueurs appelés à disputer la CAN qui s’ouvre le 14 janvier au Gabon, et la posture du pouvoir face aux revendications fédéralistes ont meublé les colonnes des journaux

Il manque, dans la liste présentée par le technicien belge Hugo Broos, les noms d’Aurélien Chedjou et Henri Bédimo, s’étonne Le Jour qui constate que c’est la première fois, depuis 2009, que ces deux ténors sont aux abonnés absents dans la sélection.

Et la publication privée de mentionner un certain malaise dans la tanière, désertée déjà plusieurs autres cadres de l’équipe nationale. De quoi craindre une énième humiliation à «Gabon 2017» pour les quadruples champions d’Afrique.

«Je ne vais pas accepter qu’on soit éliminé au 1er tour», rétorque pourtant Hugo Bross dans le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune. «Nous allons tout faire pour arriver le plus loin possible. Mais même si on a l’intention d’atteindre un certain but, à certains moments, il faut avoir un peu de chance. Ce que je vais exiger de mon équipe, c’est qu’elle aille jusqu’au bout», déclare-t-il, mettant en garde ceux qui veulent commencer avec le sentiment que le Gabon et le Cameroun vont se qualifier dans le groupe A qui compte également le Burkina Faso et la Guinée Bissau.

Le même mercredi, et sur le front politique, des dizaines d’élites et dignitaires anglophones, dans ce que Le Messager qualifie de «flagrant délit d’escroquerie», publiaient un appel à la paix, au dialogue et à la reprise des cours dans les écoles dans leur terroir.

Pour cette publication, il ne s’agit rien moins que de vendre du vent au président Biya en faisant semblant d’ignorer les vrais problèmes soulevés dans la zone anglophone et qui vont de la forme de l’Etat à la gouvernance en passant par la juste distribution des richesses du pays ou encore une marginalisation endémique.

Cameroon Tribune, pour sa part, condamne les écrits apocalyptiques que certains meneurs des revendications pour la partition du pays font circuler, en particulier sur les médias sociaux, créant un sentiment de psychose symptomatique de la méfiance malheureuse qui a écorché les esprits au fil des ans.

Aucune autre position sur les questions d’aujourd’hui, martèle le journal gouvernemental, ne peut se substituer aux positions conciliantes prises par le chef de l’Etat, et tenter de conditionner les esprits vers une négation des valeurs qui ont symbolisé le bien-être collectif de la nation laquelle semble tout simplement aller vers un précipice.

Le Cameroun est debout et sous contrôle du chef de l’Etat, renchérit le bihebdomadaire La Météo, Paul Biya ayant rassuré ses compatriotes quant au renforcement des libertés publiques dans l’expression démocratique du jeu politique.

Le Cameroun restera un et indivisible, peut-on y lire, l’Etat devra assurer le maintien de l’ordre public en tout temps et en tout lieu avec fermeté, le pays continuera à activer les leviers macro et micro économiques afin de générer un environnement saint et attractif des affaires, accélérateur de son progrès économique.


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Cameroun: de quel type de dialogue parle Paul Biya dans son discours?

Par Madeleine Viviane Ondoua Biwolé

A monsieur le président de la République
Comme tous les ans vous nous avez délivrez un discours, donc ce n’était pas une surprise, nous attendions avec impatience vos orientations. Celles de vos ministres qui ont suivi ont permis de prolonger votre pensée. Mais sérieusement monsieur le président permettez-moi de vous exprimer trois préoccupations qui restent latentes:

1.La création d’une commission de dialogue: Une de plus! Modestement acceptez que je formule des réserves pour cette proposition, pas parce qu’elle n’est pas pertinente, mais parce qu’elle est « mort-née ». Nous avons plusieurs commissions et comités, tous pertinents, mais pour quelle efficacité. Pourquoi sont-ils inefficaces? La superposition des instances et l’existence des lois et décrets ne suffisent pas, encore faut-il des hommes pour leur donner vie! Je me souviens de votre question « que nous manque-t-il? Nous sommes riches en comités et commissions, ce n’est pas à ce niveau que se trouve le problème monsieur le président. Nous devons commencer par respecter la « parole donnée », respecter « les délais », redonner une valeur à nos engagements et agir dans la transparence! Il nous faut reconquérir la confiance des usagers par des actes plus symboliques, affectifs (de considération et de respect) que techniques et législatifs. Nous sommes tous interpellés…

2.Le dialogue: j’aurais aimé y voir un contenu, qui doit dialoguer avec qui? Dans votre propos on imagine plusieurs voies possibles quand vous parlez des opérateurs économiques qui créent la richesse (dialogue public-privé), les revendications de Bamenda (dialogue politique, sur l’éducation et la justice). Mais de quel type de dialogue parlez-vous, un dialogue hiérarchique, démocratique, transactionnel, relationnel?

De mon point de vue il y a toujours eu dialogue, mais la forme « hiérarchique » et « transactionnelle » du dialogue a présenté ses limites. Vous le relevez d’ailleurs subtilement lorsque vous demandez d’aller au dialogue sans préjugés!!!!! Notre arrogance de « puissance publique » devra certainement être revue. Pour ne pas cacher le fond de ma pensée, un dialogue pourrait également se traduire dans un gouvernement d’union qui convoquerait les intelligences de tous bords, quelle que soit l’appartenance politique. Mais c’est peut-être un peu naïf de ma part, j’y crois tout de même au regard des défis qui nous interpellent.
3. Vous avez encore parlé d’inertie. Plus de 10 ans après, on en est toujours à indexer ce fléau, c’est inquiétant. Un corps ou une nation inerte est une nation sans « vie » sans« énergie ».

L’illusion d’énergie entretenue par la corruption nous laisse croire que le système vit, hélas comme vous le relevez, l’inertie va paralyser à terme notre développement. Mais si un fléau est aussi résistant c’est qu’il est entretenu par ceux-là qui doivent lutter contre l’inertie, quelles sont les actions qui ont été prises? Et si vous étiez seul à voir l’inertie alors que les autres ont le sentiment que le système vit et que rien n’est grave? Parce que pour accepter de déconstruire un dispositif il faut bien tomber d’accord sur l’urgence de le faire, cette urgence ne semble pas partagée par les décideurs en place d’où la tolérance à toutes formes d’inerties. Et pourtant si l’austérité à des causes exogènes et endogènes, les causes endogènes pourraient trouver des sources dans l’inertie, la corruption et l’incompétence.

Merci de refuser l’austérité comme l’ensemble des Camerounais, mais en sommes-nous si éloignés? La situation actuelle nous invite à plus d’agressivité dans l’atteinte des résultats et le respect de la « chose publique », de ce point de vue, comme en médecine, une thérapie de choc s’impose! Laquelle ? Je dévoilerai ma pensée dans mon prochain post…

Madeleine Viviane Ondoua Biwolé
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Revendications des enseignants anglophones: ouverture d’un dialogue le 27 décembre

Selon un Communiqué signé du Premier ministre camerounais, ces échanges seront consacrés à l’examen des solutions susceptibles d’améliorer le sous-système éducatif anglophone

Le gouvernement camerounais initie un dialogue avec les acteurs du sous-système éducatif anglophone. Lesdites assises se tiendront le mardi 27 décembre 2016 à Bamenda dans le but d’examiner les problématiques liées à l’amélioration du fonctionnement des établissements scolaires et universitaires de ce sous-système.

Un Comité interministériel ad hoc a été mis en place le 29 novembre dernier par le Premier ministre. Il est chargé d’examiner et de proposer des solutions aux préoccupations soulevées par les syndicats des enseignants anglophones. Lesquels s’insurgeaient contre la nomination de plus en plus fréquente d’enseignants francophones dans leurs régions.

«Le gouvernement les exhorte à aborder ces travaux avec un esprit constructif. Les pouvoirs publics, quant à eux, ne ménageront aucun effort pour matérialiser, dans les meilleurs délais, les engagements pris ou à prendre afin d’améliorer les conditions de dispensation du savoir dans les enseignements maternel, primaire, secondaire et supérieurs», indique le Premier ministre dans un communiqué daté du 21 décembre 2016.

Les membres du Comité interministériels ad hoc attendus à ces échanges sont entre autres : des ministres de l’Enseignement supérieur, des Enseignements secondaires, et de l’Education de base ; des représentants des syndicats d’enseignants ; des représentants des parents d’élèves. Les délégués régionaux des Enseignements du Nord-Ouest et les responsables des établissements supérieures publics, privés et confessionnels prendront également part aux échanges.

Article lié : Au Cameroun un dialogue à mener avec la minorité anglophone


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Au Cameroun un dialogue à mener avec la minorité anglophone

Des experts des droits de l’homme de l’Onu ont appelé le gouvernement camerounais à faire preuve de retenue et à entamer un dialogue avec les populations du Sud-Ouest et du Nord-Ouest

Les rapporteurs spéciaux Maina Kiai et Rita Izsak-Ndiaye se sont dits profondément préoccupés par la recrudescence de la violence dans le nord-ouest et le sud-ouest du pays, notamment par le recours à la force contre des manifestants anglophones qui protestaient contre la nomination de plus en plus fréquente de fonctionnaires francophones dans leurs régions. La plupart des manifestations ont été dirigées par des associations régionales des barreaux et des syndicats d’enseignants.

Les Camerounais anglophones déplorent depuis longtemps devoir faire face à la discrimination et à la marginalisation ainsi que d’être exclus des hautes fonctions et services publics. Ils affirment également que leur accès à la justice est limité, la majorité de la législation et des procédures judiciaires étant exclusivement en français.

« Nous appelons les autorités à engager un dialogue fructueux et inclusif avec la société, en particulier avec les syndicats d’avocats et d’enseignants des régions anglophones qui revendiquent des services publics bilingues et une meilleure inclusion des anglophones dans la sphère publique », ont déclaré les experts.

Le rapporteur spécial sur le droit à la liberté de réunion pacifique et d’association, Maina Kiai, s’est dit particulièrement alarmé par les informations selon lesquelles les forces de sécurité ont utilisé une force excessive lors de manifestations le 28 novembre à Buea et le 08 décembre à Bamenda.

Les sources indiquent que la police a utilisé des tirs à balles réelles pour disperser les manifestants, entraînant la mort d’au moins quatre personnes. Des dizaines d’autres personnes ont été blessées, arbitrairement arrêtées et auraient été torturées.

« J’exhorte le gouvernement du Cameroun à mener une enquête approfondie sur l’utilisation de la force contre les manifestants ces derniers mois et à faire preuve de la plus grande retenue dans la surveillance des futures manifestations », a déclaré M. Kiai.

La Rapporteuse spéciale sur les questions relatives aux minorités, Rita Izsak-Ndiaye, qui a effectué une visite officielle au Cameroun en 2013, a déclaré qu’il y avait des défis importants concernant les minorités linguistiques.

« Lors de ma visite au Cameroun, la discrimination à l’encontre des anglophones a été portée à mon attention comme une source de préoccupation majeure à Bamenda, en particulier en ce qui concerne l’accès aux fonctions publiques et politiques », a-t-elle noté.

Mme Izsak-Ndiaye a demandé au gouvernement camerounais de répondre aux inquiétudes exprimées par les anglophones concernant l’exercice de leurs droits linguistiques et de mettre pleinement en uvre une politique de bilinguisme.


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Cameroun: le dialogue se poursuit avec les enseignants anglophones

Le Comité interministériel ad hoc mis en place le 29 novembre par le Premier ministre, examine et propose des solutions aux préoccupations soulevées par les différents syndicats

Le Comité interministériel ad hoc mis en place le 29 novembre 2016 par le Premier ministre, déjà à pied d’ uvre, examine et propose des solutions aux préoccupations soulevées par les syndicats des enseignants anglophones.

La mission du comité est de proposer au gouvernement des solutions ainsi que les modalités de leur mise en uvre, afin de trouver un dénouement heureux à la crise en cours dans le secteur éducatif dans régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ce qui peut compromettre le bon déroulement de l’année scolaire des élèves des localités de Buea et Bamenda.

Le Comité comporte également un secrétariat technique d’une dizaine de personnes qui vont assister ces membres dans leurs travaux. Il est dirigé par le Pr. Ghogomu Paul Mingo, directeur de Cabinet du premier ministre, chef du gouvernement. Vingt-cinq personnalités, dont trois membres du gouvernement, assistent le président du Comité dans sa tâche.

Les représentants des syndicats d’enseignants issus des deux régions concernées, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et ceux des parents d’élèves sont aussi associés à l’instance de décision interministérielle créée par le premier ministre Philémon Yang. En effet, le gouvernement, ouvert au dialogue, s’évertue à prendre en compte les points de vue et les appréciations de la situation de crise par tous les acteurs.


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Dialogue constructif entre le Southern Cameroons et la République du Cameroun

Par Southern Cameroons peoples organisation

Southern Cameroons accepte de nouveau un dialogue constructif avec la République du Cameroun dans le cadre de la médiation prônée par la Commission Africain de droits de l’homme et des peuples – CADHP
Exige que les résultats de ce dialogue soient transmis à l’Union Africaine et à l’ONU. Demande son d’adhésion à l’Union Africaine.

Mesdames et Messieurs de la presse,

Le 29 novembre 2016, SCAPO (Southern Cameroons Peoples Organisation) a transmis un rapport à la Commission Africaine des droits des hommes et des peuples (CADHP) basée à Banjul, Gambie, réitérant son acceptation d’un « dialogue constructif » avec la République du Cameroun (le Cameroun francophone) tel que recommandé par la commission en 2009.

SCAPO, a demandé que les résultats dudit « dialogue constructif », s’il venait d’avoir lieu, soient transmis à l’Assemblée générale de l’Union Africaine où « La République du Cameroun » devrait présenter des preuves démontrant qu’elle avait effectivement un titre de propriété sur le Southern Cameroons et que sa présence dans ce territoire n’était pas une annexion.

Par conséquent, le SCAPO a demandé à UA « d’accorder une adhésion au Southern Cameroons comme membre tout en confirmant les frontières internationales de Southern Cameroons, héritées de la colonisation et décrites dans le mandat de l’Assemblée des Nations et la Charte des Nations Unies ».

Le rapport, signé du président national de Southern Cameroons Peoples Organisation, SCAPO, est au nom des plaignants dans les Communications 266/2003 qui, en 2003, et au nom de la population de Southern Cameroons dans son ensemble, a déposé une plainte de 306 paragraphes (avec affidavits) a la CADHP contre l’état francophone de la République du Cameroun pour colonisation.

Il faut souligner que le régime de Yaoundé était toujours représenté à la CADHP durant les six ans que la CADHP statuait sur cette plainte par une délégation conduite par M. Dion Ngute, vice-ministre des affaires étrangères en charge du Commonwealth. Il faut aussi souligner qu’avant Banjul les plaignants de Southern Cameroons avaient avec les membres d’une organisation affiliée au Southern Cameroons transmis au gouvernement du Cameroun, le Buea Peace Initiative (BPI) comme modèle convenu pour une séparation pacifique des deux états. Cela a été largement ignoré par le régime Biya.

On pourra aussi ajouter que les résolutions de la All Anglophone Conférence tenu à Buea, capitale de Southern Cameroons du 2-3 Avril 1993, avait présenté, de façon succincte, la plainte de Southern Cameroons sur la colonisation de leur territoire par le Cameroun francophone. Un an après, la deuxième All Anglophone Conference, tenu à Bamenda du 29 Avril au 1er Mai, 1994 avait encore donner au régime de Yaoundé un délai raisonnable pour se prononcer sur les doléances du Southern Cameroons. Le régime de Yaoundé avait tout simplement balayé ses propositions, notamment le retour au fédéralisme de deux états, fondateurs du Cameroun actuel, du revers de la main.

En 2009, la CADHP a rendu son verdict, lequel verdict fut transmis et adopté par les chefs d’états Africaine pendant leur sommet de Sirte en Libye. Avant ses recommandations, contenues dans une dizaine de pages, la CADHP a souligné que les populations de Southern Cameroons constituent « un peuple » avec des droits inaliénables reconnus par la Charte Africaine et la Charte des Nations Unies et, donc, la communauté internationale (page-178-179 de la Décision de Banjul en 2009). La CADHP a formellement interdit à tous ceux qui ne font pas parti du Southern Cameroons de cesser a jamais de nier ce fait.

Plus précisément, la CADHP a déclaré que « les populations du Southern Cameroons » peuvent être qualifiés de « peuple » parce qu’elles manifestent de nombreuses caractéristiques et affinités qui comprennent une histoire commune, une tradition linguistique, une connexion territoriale et des perspectives politiques. Plus important encore, ils s’identifient comme un peuple avec une identité distincte et distincte. L’identité est une caractéristique innée au sein d’un peuple. Il appartient à d’autres personnes extérieures de reconnaître cette existence, mais de ne pas la nier. » (Voir les paragraphes 178-179 de la décision de Banjul de 2009).

Selon la CADHP, les peuples partout, en particulier les peuples qui vivent dans leur propre territoire (patrie) et aspirent à leur propre État, ont le droit inaliénable de rejeter la colonisation et ces peuples avaient le droit à l’autonomie ou à l’autodétermination.

L’autodétermination signifie que tout peuple, ainsi reconnu, a le droit de déterminer librement son statut politique et le droit de poursuivre librement son développement économique et social selon la politique qu’il a choisi. Le droit à l’autodétermination est reconnu et protégé par les Chartes de l’UA et de l’ONU.

En outre, le verdict de la CADHP de 2009 a ordonné au gouvernement de Yaoundé de verser une indemnité à toutes les entreprises de Southern Cameroons, victimes de l’application de la loi OHADA pratiquée par le gouvernement de Yaoundé.

Toutefois, la CADHP a, pour essentielle, recommandé un « dialogue constructif », sous ses bons offices, entre les représentants de Southern Cameroons et le régime de Yaoundé, pour trouver une solution amiable et durable à toutes les questions liées au droit constitutionnel local et au droit international en ce qui concerne la colonisation de Southern Cameroons par le Cameroun francophone.

En 2010, SCAPO et la SCNC, représentants exclusifs de la population de Southern Cameroons, avaient accepté le principe d’un « dialogue constructif », sous l’égide de la CADHP, comme moyen crédible et sérieux, afin de trouver une solution durable à ce qui est aujourd’hui l’annexion, l’occupation coloniale de Southern Cameroons.

Au lieu donc de s’engager dans ce dialogue constructif, recommandé par la CADHP en 2009, le régime de Yaoundé a plutôt intensifié sa francophonisation coloniale du Southern Cameroons en imposant son système scolaire, sa tradition de droit civil, etc. sur les paisibles citoyens du Southern Camerooons. L’escalade de la colonisation de Southern Cameroons par le régime francophone de Yaoundé est donc la cause profonde de troubles dans le territoire de Southern Cameroons aujourd’hui. Cette escalade, dont le régime de Yaoundé est entièrement responsable, a conduit à plus de quinze décès, officiellement.

Rappelons que l’assemble générale des Nations Unies (par Résolution No 1608 (XV) du 21 Avril 1961 a voté pour l’Independence de Southern Cameroons ; 50 voix pour, 6 voix contre et 12 abstentions. Rappelons aussi que le Cameroun francophone, la France, toute l’Afrique francophone (sauf le Mali) avait voté contre l’unification de Southern Cameroons et de la republique du Cameroun (le Cameroun francophone) dans la même résolution (1608 (XV)) des nations unies.

Philémon Yang aussi suggère un « Dialogue Constructif »
Par ailleurs, l’appel à un « dialogue constructif » a également été fait par l’actuel Premier ministre du Cameroun, M. Philémon Yang, le jeudi 6, décembre 2016 alors qu’il s’adressait aux partisans du rassemblement démocratique du peuple camerounais, RDPC (parti au pouvoir au Cameroun francophone) lors d’un meeting à l’enceinte de l’hôtel Ayaba à Bamenda.

M. Yang a déclaré que le « dialogue constructif » était le seul moyen de mettre fin à l’insurrection évidente et prévisible dans les régions anglophones sous occupation francophone. Le Premier ministre Yang parlait à la tombée d’une journée exceptionnellement meurtrière à Bamenda au cours de laquelle l’armée du Cameroun (surtout les forces d’élite bien armées, la Brigade d’intervention rapide BIR, en compagnie des parachutistes venant de Koutaba) avaient tués au moins dix civils non armés dans diverses parties de la seule ville de Bamenda. Beaucoup plus de personnes, y compris des étudiants, ont été « disparues » à Buea et à Bamenda. En plus, les militaires francophones ont assassiné au moins cinq personnes à Kumba, plus au sud de Southern Cameroons.

Le vendredi, 7 décembre, Amnesty International a demandé au régime de Yaoundé de justifier tous les meurtres et les disparitions dans les régions anglophones sous occupation coloniale.

Southern Cameroons rappelle que les meurtres de ses citoyens, la plupart d’entre eux par des balles perdues, est un crime contre l’humanité, un crime de guerre. SCAPO fera une représentation ferme et musclée au Tribunal Pénale à La Haye au sujet de ces décès et disparitions, le résultat d’usage cruel d’armes de guerre et de balles réelles contre des civils non armés. Pis encore, dans un communiqué du gouvernement camerounais diffusé sur le service français de la BBC (et d’autres médias), le 12 décembre 2016, le porte-parole autoproclamé du régime colonial à Yaoundé, Issa Tchiroma Bakary, a confirmé que le gouvernement de Yaoundé est impliqué dans les disparitions et les escadrons de la mort au Southern Cameroons.

M. Tchiroma a déclaré que la politique de son gouvernement est de traquer (mettre hors état de nuire, ses mots exacts, ce qui veut dire assassiner) les citoyens de Southern Cameroons qui défendent leurs droits, rien que leurs droits. SCAPO informe M. Tchiroma que son nom figure maintenant en bonne place sur la liste des responsables de crimes de guerre à la CPI.

SCAPO rappelle aussi au régime de Yaoundé que le Procureur de la Cour pénale internationale a reçu, le lundi 03 mars 2008, une plainte de 181 pages (avec affidavits) intitulée « Génocide et crimes contre l’humanité en / par les régimes successifs de Yaoundé ». Ce document relate l’historique et l’historicité des crimes génocidaires du régime successif à Yaoundé et en attribuant la responsabilité. Ce dossier a été renforcé avec les détails d’un document signé par les soi-disant élites Beti de Yaoundé en 2008 appelant à un génocide contre les allogènes de la ville de Yaoundé (les natives de Southern Cameroons au premier chef). Voir les Suppléments Genocam 1 et 2 de SCAPO.

L’application de la Résolution de la CADHP sur le « Dialogue Constructif »
Le rapport de Southern Cameroons intitulé « Dialogue constructive : La mise en uvre des Décisions 2009 de la Commission Africaine des Droits des Hommes et des Peuples (CADHP) sur la communication 266/2003, » transmis à Banjul, au nom de la population de Southern Cameroons toute entière, retrace la cause profonde de l’escalade entre le Southern Cameroons et le Cameroun francophone aujourd’hui.
SCAPO souligne : « En rendant sa décision sur la Communication 266/2003, Kevin Ngwang Gumne et les autres V. Cameroun,la Commission Africaine a fait sept recommandations à l’Etat accusé, à savoir la république du Cameroun, et à l’état plaignait, Southern Cameroons (page 215). « La CADHP a explicitement demandé aux parties de faire un rapport sur la mise en uvre de ses décisions 215 (4) ».

Dans son rapport à Banjul, Southern Cameroons, s’est dit «se limitait à la recommandation sur le « dialogue constructif » (215- (I) (VI) ; 2.ii) « parce que c’est la seule recommandation faite aux deux parties (Southern Cameroons et La Republique du Cameroun) et sur laquelle les deux parties ont répondu par l’affirmative ». Pour Southern Cameroons, « la commission avait fixé un délai de 180 jours comme date limite pour l’entame dudit dialogue. Or l’Etat accusé c.à.d. le Cameroun francophone (la République du Cameroun) a demandé une prorogation de délai indiquant qu’ils avaient reçu leur propre copie de la décision de la commission tard et qu’ils avaient besoin du temps pour se préparer au dialogue. La CADHP a accordée leur demande. « Southern Cameroons a attiré l’opinion mondiale sur le fait que « sept ans après que la Commission Africaine ait pris la décision dans la Communication 266/2003, La République du Cameroun n’a mis en uvre aucune des recommandations. Aucun. Même pas un seul !

Par conséquent, Southern Cameroons fait le rapport suivant en ce qui concerne la recommandation spécifique de la CADHP sur le « dialogue constructif » :
1.Que La République du Cameroun (le Cameroun francophone), a utilisé la prorogation du délai accordée à leur demande pour accélérer la colonisation de Southern Cameroons. (LRC) à réaliser une préparation élaborée (y compris la construction de monuments qu’ils ont appelés « Monuments de réunification » à Buea et Bamenda pour célébrer une soi-disant « réunification » de son territoire, diviser par la colonisation. En effet, le 20 février 2014, à un moment où les habitants du Southern Cameroons attendaient le début du dialogue proposé dans la communication 266/2003, le Cameroun francophone a déployée son armée à Buea, capitale de Southern Camerooons pour la célébration du « cinquantenaire » (célébrée après 53 ans !) du soi-disant « réunification. » Or, unification de 1961 concernait deux états indépendants et égaux. SCAPO a déposé des preuves (appendices A et B) du soi-disant « monument de la Réunification » ainsi que le discours de M. Biya à Buea en 2014 pour marquer le soi-disant anniversaire de la prétendue « réunification ».

2.Southern Cameroons affirme que, peu après le verdict de la CADHP, les sieurs Leke, chef Oben et M. Tita (tous les indigènes du Southern Cameroons) tous coopté et financé par le régime de Yaoundé, ont tenté de retirer la plainte de Southern Cameroons, ceci après que la CADHP aie déclarée ladite plainte recevable et après le verdict de la CADHP ! Les trois personnes, financé par le régime de Yaoundé, ont affirmé vouloir entamer le « dialogue constructif » proposé dans la communication 266/2003, et qu’avant de le faire ; Ils souhaitaient retirer la plainte de Southern Cameroons ! La réponse de la CADHP était que leurs noms ne figuraient pas sur la liste des plaignants et qu’ils ne pouvaient donc pas retirer ce qu’ils n’avaient pas déposé. Ils ont été informés que s’ils avaient leur propre plainte ils étaient libres de la déposer. Les trois personnes ont alors contacté les plaignants réels dans la communication 266/2003 et ont proposé qu’ils se joignent à eux pour entamer le dialogue avec l’Etat accusé.

SCAPO et la SCNC leur a répondu qu’ils avaient commis une erreur en usurpant l’identité et en essayant de retirer ce qu’ils n’avaient pas déposé. En outre ils étaient venus à Banjul comme faisant partie de la délégation de l’État du Cameroun. Southern Cameroons souligné que, comme à son habitude, le régime de Yaoundé était impliqué dans cette fraude. N’eut était la vigilance du secrétariat de la CADHP, la supercherie allait réussir. SCAPO déclare que le régime ne Yaoundé continue toujours ses man uvres frauduleuses à la CADHP à ce jour.

3.Southern Cameroons déclare que, en acceptant la proposition du « dialogue constructif, » les plaignants c.à.d. Southern Cameroons avait proposé, comme lieu dudit dialogue, le siège de NU à New York ou le siège de UA à Addis-Abeba ou le siège de la Commission Africaine à Banjul. Ils ont en outre proposé que ledit dialogue soit fondé strictement sur les principes du droit international, en particulier les principes des Nations Unies et ceux de Union africaine. Ces principes sont les mêmes que tous les pays sur terre invoqueraient pour leur défense si leur territoire ou l’un de ses droits étaient violés par un autre pays. Southern Cameroons souligne avec insistance que la République du Cameroun « revendique le Southern Cameroons comme étant deux provinces de son pays alors que le Cameroun francophone et incapable de dire, jusqu’à présent, par quels instruments de droit international Southern Cameroons est devenu une partie de son territoire.

Or, les limites du territoire que la République du Cameroun a hérité de son jour d’indépendance le 1er janvier 1960 et que ce jour les frontières du Cameroun francophone ont été gelées conformément à l’article 4 b) de l’Acte constitutif d’Union Africaine. Southern Cameroons se pose donc ces questions : Quand et par quels instruments ces frontières ont-elles été élargies pour inclure le territoire Southern Cameroons ? Par quel instrument de droit international le peuple du Southern Cameroons ont été déshérité de leur territoire pour conférer ledit territoire à la République du Cameroun ? Nous espérons que le régime coloniale et néocoloniale de Yaoundé répondra à toutes ces questions, et bien d’autres, sans ambiguïté au dialogue proposé par la Commission Africaine.  »

4.Étant donné que l’Etat accusé a évité le dialogue durant ces sept (7) dernières années, alors que ses violations des droits de l’homme et ses violations des droits des paisibles citoyens de Southern Cameroons se sont intensifiées, entraînant, forcément, une escalade très dangereuse entre les « anglophones » et les francophones ; un autre génocide est à craindre en Afrique Centrale vu l’animosité galopante entres les populations des deux états.

Par conséquent, Southern Cameroons indique à l’attention de la communauté internationale qu’il est du devoir de l’assemble générale de Union Africaine de se prononcer sur un rapport et de recommandations à lui adressé par l’une de ses organes et aussi qu’il est du devoir de l’assemblée générale de UA de se prononcer sur les demandes d’adhésion. Par conséquent, Southern Cameroons, de par ses représentants légaux et légitimes que sont SCAPO et la SCNC demande :

A.Que le dialogue recommandé dans la communication 266/2003 soit transmis à l’Assemblée de Union Africaine et que la République du Cameroun (le Cameroun francophone) soit tenue de présenter à Union Africaine les preuves suivantes pour démontrer qu’elle a effectivement un titre foncier quelconque sur Southern Cameroons et ainsi démontre, une fois pour toute, que sa présence dans ce territoire n’est pas l’annexion et de la colonisation :

I.Que, la république du Cameroun (le Cameroun francophone) produise, aux termes de l’article 102 (1) de la Charte des Nations Unies, un traité international valable entre Southern Cameroons et la République du Cameroun déposé au secrétariat de l’ONU attestant une entente entre les deux Etats après l’indépendance de la République du Cameroun.

II.Or, selon les termes du paragraphe 5 de la Résolution 1608 (XV) du 21 avril 1961, un traité d’union valide entre l’Etat de Southern Cameroons et la République du Cameroun à la fin de la tutelle Britannique dans Southern Cameroons devait justifier la présence du Cameroun francophone, la présence de son administration et la présence de ses citoyens dans le territoire de l’état indépendant de Southern Cameroons.

III.Or, selon les termes de l ‘article 4 b) de l’Acte constitutif d’Union Africaine, il existe bel et bien une carte et les traités de frontière entre la République du Cameroun (le Cameroun francophone) tels qu’ils étaient le jour de l’indépendance, le 1er janvier 1960 pour le Cameroun francophone et le 1er Octobre 1961 pour Southern Cameroons. Cette carte date de 1916 et il existe au moins neuf (9) traites de frontière entre les deux états.

IV.Que la république du Cameroun produise, conformément à la résolution 2625 (xxv) de l’Assemblée générale des Nations Unies du 24 octobre 1970, un instrument juridique international valable, daté de 1961, par lequel la République du Cameroun revendique le titre et la juridiction sur Southern Cameroons.

B.Que La République du Cameroun, soit en outre, tenue de montrer si son « non » sur la résolution 1608 XV de l’Assemblée générale des Nations Unies ne soit pas considéré comme un vote contre l’indépendance du Southern Cameroons et, par conséquence, ne soit pas considéré comme un vote contre toute association avec Southern Cameroons de quelle manière que ce soit.

C.Que, puisque le 1er janvier 1960 (date de l’indépendance de la République du Cameroun) Southern Cameroons était encore un territoire sous tutelle de NU avec sa propre frontière internationale, la République du Cameroun (le Cameroun francophone) soit déclarée en violation de l’article 4 b) de la Charte de UA et que par conséquent, la république du Cameroun soit demandée de retirer pacifiquement ses troupes et proconsuls du territoire de Southern Cameroons.

D.Que Southern Cameroons soit autorisé à adhérer à Union Africaine et que ses frontières internationales, telles que décrites dans le mandat de la des Nations et la Charte des Nations Unies, soient confirmées par l’Assemblée générale de UA.

Le rapport du SCAPO, au nom de plaignants dans les Communications 266/2003, et, au nom de toute la population de Southern Cameroons, a été signé le Président National du SCAPO, le Très Hon Augustine Feh Ndangam.

Le rapport de la SCAPO a ensuite été transmis au Président de l’Assemblée général d’UA, au Conseil exécutif de Union Africaine et au Conseil de paix et de sécurité de Union Africaine, etc.

Tout compte fait, le rapport de SCAPO mets fins aux tentatives inopinées et infortunées du premier ministre de la république du Cameroun, Philémon Yang, de « diviser and impéra » (divisée et gouverné, Divide and Rule). En effet depuis quelque jour M. Yang tente un soi-disant dialogue avec divers groupes de piquetages dans Southern Cameroons. On signale aussi des man uvres peu orthodoxes, corruptibles et corrompus d’un certain Baba Danpullo (avec la bénédiction de Yaoundé) de réunir certains « leaders » de la grevé des avocats et des enseignants dans le but inavoué de « trouve une solution au problème anglophone. » Southern Cameroons a connu bien d’autres bas man uvres venant de Yaoundé. Pis encore une sagesse dit qu’on ne soigne pas le cancer avec de l’aspirine. Or la colonisation de Southern Cameroons dure depuis cinquante ans et représente le cancer et le sida à la fois.

SCAPO déclare donc que M. Yang (non plus le magnat de Ndawarra, qui ne point un symbole dans la matière lorsqu’il s’agit du respect des droit de l’homme et des peuples) n’a pas de pouvoir légal (constitutionnel) pour définir pas la politique de la Republique du Cameroun et, de là, ne peut prendre aucune décision crédible, contraignante et durable, sur la colonisation du Southern Cameroons par la République du Cameroun. Cette question relève du droit international car elle concerne, la Charte de Union Africaine, la Charte des Nations Unies et, en particulier, la désormais activée Commission de décolonisation du Conseil de tutelle de l’ONU.

Que le régime de Yaoundé respecte ses engagements vis-à-vis la CADHP, l’UA et l’UNO pour une sortir de crise.

La décision de la CADHP. BANJUL 2009
Dans sa décision de 2009 sur la colonisation du Southern Cameroons par La République du Cameroun (Cameroun francophone) la CADHP a clairement indiquée qu’il n’était pas dans sa compétence de se prononcer sur cette dénonciation qui eut lieu entre 1960 et 1972 quand la commission n’étant pas encore crée. (Voir les paragraphes 151-56 et 182 de la décision de la CADHP). Toutefois, «si les plaignants peuvent établir que toute violation commise avant le 18 décembre 1989, et continuée par la suite, la commission est compétente pour l’examiner ».

La CADHP a remarqué que malgré les ardents arguments contraires, et malgré des décennies de division sur la définition « d’un peuple », la Commission Africaine affirme que « après une analyse approfondie des arguments et de la littérature, on constate que le peuple du Southern Cameroons peut légitimement prétendre être un « peuple ». Les droits individuels dus au Southern Cameroons, ils ont une identité distincte qui attire certains droits collectifs.  »

En outre, la Commission a déclaré que « le rapport du groupe d’experts de UNESCO mentionné ci-dessus stipule que pour qu’un collectif d’individus puisse constituer un « peuple », il doit en manifester certains ou tous les attributs identifiés. La Commission convient avec l’Etat accusé qu’un « peuple » peut manifester des attributs ethno-anthropologiques. Ces attributs ne sont nécessaires que pour déterminer le « peuple », mais ne peuvent être utilisés comme le seul facteur déterminant pour accorder ou refuser la jouissance ou la protection des droits des peuples. Les États parties avaient-ils l’intention de se fonder sur des racines ethno-anthropologiques pour déterminer uniquement les « droits des peuples », ils l’auraient dit dans la Charte Africaine ? En l’état, la Charte Africaine garantit une protection égale aux populations du continent, y compris d’autres groupes raciaux dont les racines ethno-anthropologiques ne sont pas africaines. Sur la base de ce raisonnement, la Commission conclut que « le peuple de Southern Cameroons » est qualifié de « peuple » parce qu’il manifeste de nombreuses caractéristiques et affinités, notamment une histoire commune, une tradition linguistique, une connexion territoriale et des perspectives politiques. Plus important encore, a déclaré la Commission Africaine, « ils s’identifient comme un peuple avec une identité distincte. L’identité est une caractéristique innée au sein d’un peuple. Il appartient à d’autres personnes extérieures de reconnaître cette existence, mais de ne pas la nier. » (Paragraphes 178-179)

En outre, la Commission a souligné que le gouvernement de la Republique du Cameroun reconnaissait implicitement le Southern Cameroons en soulignant que « il y avait des problèmes créés régulièrement par le SCNC « sécessionniste » et le SCAPO, dans cette partie de son territoire, qui s’appelle le » Southern Cameroons « . LRC ne pouvait plus prétendre que les Camerounais du Southern Cameroons n’existent pas en tant que peuple, a indiqué la Commission. Après avoir condamné la LRC pour ses années de mauvais traitements envers les Camerounais du Southern Cameroons, selon la « liste impressionnante » de documents et griefs déposés par le SCNC et le SCAPO, la Commission Africaine a recommandé ce qui suit :

Que le gouvernement du Cameroun doit :

(I)Abolir toutes pratiques discriminatoires à l’égard des personnes du Nord-Ouest et Sud-ouest du Cameroun, y compris l’usage égal de la langue anglaise dans les transactions commerciales ;

(II)Interdire le renvoi des accusés des provinces anglophones pour jugement dans les provinces francophones ;

(III)Veiller à ce que chaque personne faisant face à des accusations criminelles soit jugée selon la langue qu’il comprend. Subsidiairement, l’Etat accusé, c.à.d. le Cameroun francophone, doit veiller à ce que les interprètes soient employés par les tribunaux pour éviter de mettre en péril les droits des accusés ;

(IV)Localiser les projets nationaux, équitablement dans tout le pays, y compris du Nord-Ouest et du Sud-ouest du Cameroun, en fonction de la viabilité économique et de l’équilibre régional ;

(V)Verser une indemnisation aux sociétés du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun, qui ont subi un traitement discriminatoire par les banques ;

(VI)Entretenir un dialogue constructif avec les plaignants et en particulier avec le SCNC et le SCAPO pour résoudre les questions constitutionnelles ainsi que les griefs qui pourraient menacer l’unité nationale ; et

(VII)Réformer le conseil supérieur de la magistrature en veillant à ce qu’il soit composé de personnalités autres que le Président de la République, le Ministre de la justice et d’autres membres du pouvoir exécutif. La Commission Africaine a toutefois souligné au SCNC et au SCAPO que « la sécession n’est pas la seule voie ouverte aux Camerounais du Southern Cameroons pour exercer le droit à l’autodétermination ».

La CADHP a déclaré au SCNC et au SCAPO que « la Charte Africaine ne peut être invoquée par un plaignant pour menacer la souveraineté et l’intégrité territoriale d’un État partie et que » la Commission a cependant accepté que l’autonomie dans un État souverain, L’autonomie gouvernementale, la confédération ou la fédération, tout en préservant l’intégrité territoriale d’un État partie, peuvent être exercés en vertu de la Charte. Selon eux, l’État accusé a implicitement admis que l’autodétermination pouvait être exercée par les plaignants à condition qu’ils établissent des cas de violations massives des droits de l’homme ou de refus de participation aux affaires publiques. Tout ce dont le Cameroun francophone est coupable.

En conséquence, tout en laissant au SCAPO et au SCNC de prouver le cas de violations massives des droits de l’homme ou de refus de participation aux affaires publiques « (déjà en cours), la Commission Africaine a recommandé que le SCNC et le SCAPO se transforment en partis politiques «et engager un dialogue constructif avec la République du Cameroun sur les questions constitutionnelles et les griefs. » La Commission Africaine a mis » ses bons offices à la disposition des parties pour agir comme médiateur sur une solution amiable et pour assurer la mise en uvre effective des recommandations ci-dessus.  » La Commission Africaine a finalement demandé aux parties de « faire un rapport sur la mise en uvre des recommandations susmentionnées dans les 180 jours suivant l’adoption de cette décision par l’Assemblée Général de l’UA. »

Le régime colonial de Yaoundé a rejeté la demande de SCAPO de se transformer en parti politique tel que recommandé par la CADHP.


Droits réservés)/n

Appel de Bruxelles pour un espace de dialogue au Cameroun

Par le Collectifs d’associations et partis politiques camerounais de Bruxelles

Réunis en urgence ce jour à Bruxelles, des associations de la société civile et partis politiques camerounais de l’opposition représentés au sein de la diaspora camerounaise et présents à cette rencontre, invitent les autorités camerounaises au dialogue au sujet de la question anglophone au Cameroun.

La ville de Bamenda dans le Nord-Ouest du Cameroun est sous tension depuis 72 heures. Des populations y ont affronté les forces de l’ordre après un appel à la grève des enseignants. A l’origine de ce soulèvement, un appel à la grève des enseignants de la partie anglophone de la région. Ces derniers protestent contre la dominance de leurs homologues francophones dans l’éducation

Nous, associations camerounaises de la diaspora combattantes, réunies ce jour, continuons de suivre attentivement la situation au Cameroun et plus particulièrement dans la partie anglophone du pays. La grève des avocats et des enseignants de la partie anglophone du Cameroun motivée par diverses revendications vient de susciter des inquiétudes diverses.

Les avocats du Common Law exigent que les textes et lois utilisés par les avocats soient traduits en anglais comme le prévoit, selon eux, la constitution, Ils invitent également les autorités camerounaises au respect du dualisme juridique de l’Etat du Cameroun, le retrait des magistrats francophones de leurs tribunaux etc. Dans le but de faire entendre leurs voix, ces hommes de droit ont, il y a peu, manifesté devant la cour d’appel de Bamenda pour annoncer la création d’un nouveau barreau uniquement pour les anglophones

Les enseignants de la partie anglophone du Cameroun ont suivi le pas des avocats, avec la revendication de l’amélioration de leurs conditions de travail ainsi que le respect de leur système éducatif.

De nombreux citoyens ont rejoint le mouvement, donnant à la manifestation, un caractère général avec au finish l’enregistrement des dégâts matériels importants. Des sources annoncent des blessés graves. Des témoins sur place parlent même de deux morts, sans donner plus de détails.

Cet énième acte de répression des manifestants à mains nues est un rappel permanent que rien n’a changé depuis 1955 au Cameroun et constitue par ce fait, une démonstration de plus de la nature véritable du régime de Monsieur Biya qui, s’attaque violemment à tous ceux et celles qui remettent en cause les fondements et la gestion de son pouvoir.

Nous soulignons ici l’importance, pour le processus démocratique, d’un espace politique ouvert et du respect des droits l’homme. Nous invitons également les autorités camerounaises à s’abstenir de toute provocation et à ouvrir un espace de dialogue avec les manifestants.

Nous invitons instamment le gouvernement de la république du Cameroun habitué à la sourde oreille face aux revendications populaires à promouvoir le processus du dialogue.

Par ailleurs, nous condamnons la répression violente des manifestations organisées à Buéa et à Bamenda et exigeons une enquête indépendante et exhaustive afin de condamner les forces de l’ordre aux abois sur des populations sans armes qui manifestent depuis lors dans cette partie du Cameroun.

Si à Kumba, les manifestations se sont déroulées et terminées dans le calme; à Buéa et à Bamenda les forces de sécurité ont fait recours à l’utilisation disproportionnée d’armes létales blessant et/ou tuant directement ou indirectement plusieurs manifestants ou non-manifestants.

Selon le recoupement des informations en notre possession, le bilan provisoire à ce jour est de 30 blessés et deux morts,

Nous tenons le Gouvernement camerounais pour responsable de ces violations graves des droits de l’Homme. Car, étant habitué pour protéger et se maintenir au pouvoir à gouverner sans prévision et à mépriser le dialogue.

Nous exigeons également que le Gouvernement fasse libérer sans condition de toutes les personnes arrêtées depuis quelques jours à cause de l’exercice de leurs libertés publiques en au Cameroun, et d’accepter une enquête impartiale, indépendante et exhaustive sur les évènements, survenus à Buéa et Bamenda, à l’occasion de la manifestation des avocats et des enseignants

Nous tenons à exprimer ici toute notre solidarité avec les avocats de la Common Law et les enseignants de la partie anglophone du Cameroun, sans oublier les autres citoyens victimes de ces abus et violences de la part de nos autorités locales.

Paul Biya devra comprendre que les Camerounais oublient mais ils ne pardonnent pas. Quand on leur fera défiler l’ensemble des crimes et injustices restés impunis depuis des années, ils se souviendront et seront impitoyables vis-à-vis de ceux qui aujourd’hui s’en croient adulés. Nous réitérons que les assassins du peuple camerounais seront confondus devant la justice.


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Appel de Bruxelles pour un espace de dialogue au Cameroun

Par le Collectifs d’associations et partis politiques camerounais de Bruxelles

Réunis en urgence ce jour à Bruxelles, des associations de la société civile et partis politiques camerounais de l’opposition représentés au sein de la diaspora camerounaise et présents à cette rencontre, invitent les autorités camerounaises au dialogue au sujet de la question anglophone au Cameroun.

La ville de Bamenda dans le Nord-Ouest du Cameroun est sous tension depuis 72 heures. Des populations y ont affronté les forces de l’ordre après un appel à la grève des enseignants. A l’origine de ce soulèvement, un appel à la grève des enseignants de la partie anglophone de la région. Ces derniers protestent contre la dominance de leurs homologues francophones dans l’éducation

Nous, associations camerounaises de la diaspora combattantes, réunies ce jour, continuons de suivre attentivement la situation au Cameroun et plus particulièrement dans la partie anglophone du pays. La grève des avocats et des enseignants de la partie anglophone du Cameroun motivée par diverses revendications vient de susciter des inquiétudes diverses.

Les avocats du Common Law exigent que les textes et lois utilisés par les avocats soient traduits en anglais comme le prévoit, selon eux, la constitution, Ils invitent également les autorités camerounaises au respect du dualisme juridique de l’Etat du Cameroun, le retrait des magistrats francophones de leurs tribunaux etc. Dans le but de faire entendre leurs voix, ces hommes de droit ont, il y a peu, manifesté devant la cour d’appel de Bamenda pour annoncer la création d’un nouveau barreau uniquement pour les anglophones

Les enseignants de la partie anglophone du Cameroun ont suivi le pas des avocats, avec la revendication de l’amélioration de leurs conditions de travail ainsi que le respect de leur système éducatif.

De nombreux citoyens ont rejoint le mouvement, donnant à la manifestation, un caractère général avec au finish l’enregistrement des dégâts matériels importants. Des sources annoncent des blessés graves. Des témoins sur place parlent même de deux morts, sans donner plus de détails.

Cet énième acte de répression des manifestants à mains nues est un rappel permanent que rien n’a changé depuis 1955 au Cameroun et constitue par ce fait, une démonstration de plus de la nature véritable du régime de Monsieur Biya qui, s’attaque violemment à tous ceux et celles qui remettent en cause les fondements et la gestion de son pouvoir.

Nous soulignons ici l’importance, pour le processus démocratique, d’un espace politique ouvert et du respect des droits l’homme. Nous invitons également les autorités camerounaises à s’abstenir de toute provocation et à ouvrir un espace de dialogue avec les manifestants.

Nous invitons instamment le gouvernement de la république du Cameroun habitué à la sourde oreille face aux revendications populaires à promouvoir le processus du dialogue.

Par ailleurs, nous condamnons la répression violente des manifestations organisées à Buéa et à Bamenda et exigeons une enquête indépendante et exhaustive afin de condamner les forces de l’ordre aux abois sur des populations sans armes qui manifestent depuis lors dans cette partie du Cameroun.

Si à Kumba, les manifestations se sont déroulées et terminées dans le calme; à Buéa et à Bamenda les forces de sécurité ont fait recours à l’utilisation disproportionnée d’armes létales blessant et/ou tuant directement ou indirectement plusieurs manifestants ou non-manifestants.

Selon le recoupement des informations en notre possession, le bilan provisoire à ce jour est de 30 blessés et deux morts,

Nous tenons le Gouvernement camerounais pour responsable de ces violations graves des droits de l’Homme. Car, étant habitué pour protéger et se maintenir au pouvoir à gouverner sans prévision et à mépriser le dialogue.

Nous exigeons également que le Gouvernement fasse libérer sans condition de toutes les personnes arrêtées depuis quelques jours à cause de l’exercice de leurs libertés publiques en au Cameroun, et d’accepter une enquête impartiale, indépendante et exhaustive sur les évènements, survenus à Buéa et Bamenda, à l’occasion de la manifestation des avocats et des enseignants

Nous tenons à exprimer ici toute notre solidarité avec les avocats de la Common Law et les enseignants de la partie anglophone du Cameroun, sans oublier les autres citoyens victimes de ces abus et violences de la part de nos autorités locales.

Paul Biya devra comprendre que les Camerounais oublient mais ils ne pardonnent pas. Quand on leur fera défiler l’ensemble des crimes et injustices restés impunis depuis des années, ils se souviendront et seront impitoyables vis-à-vis de ceux qui aujourd’hui s’en croient adulés. Nous réitérons que les assassins du peuple camerounais seront confondus devant la justice.


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Dialogue congolais: un accord qui ne s’appuie sur aucune base juridique

Par Isidore Kwandja Ngembo, Politologue

Après moult tractations aux multiples rebondissements, le dialogue politique convoqué par l’ordonnance présidentielle N° 15/084 du 28 novembre 2015, ouvert le 1er septembre dernier et supposé se dérouler pendant deux semaines, a finalement clôturé les travaux ce mardi 17 octobre 2016, avec, à la clé, un Accord qui recommande la mise en place d’un gouvernement de transition et le partage des pouvoirs entre les différents représentants de partis présents auxdites Assises.

En passant en revue intégralement ledit Accord signé par la Majorité présidentielle au pouvoir et une partie de l’Opposition politique et de la Société civile, il est indiqué dans le préambule que les participants « s’engageaient à respecter la Constitution dans son intégralité », sans faire référence à aucun article spécifique de celle-ci. Mais grand était mon étonnement de constater qu’au chapitre IX, article 17 C, de cet Accord il est dit qu’ : « Il sera procédé, dans les 21 jours de la signature du présent Accord, à la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale. Sans préjudice des dispositions constitutionnelles et législatives nationales en vigueur, le Premier ministre est issu de l’opposition politique signataire du présent Accord. »

Au regard de cette disposition de l’Accord, de deux choses l’une : ou bien les participants au dialogue violent ostensiblement la Constitution ou incitent à sa violation, spécialement en son article 78 qui stipule que : « Le président de la république nomme le premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci », ou alors ils font désormais partie de la Majorité présidentielle, et doivent le dire ouvertement et très clairement, pour prétendre intégrer son gouvernement avant la fin du mandat constitutionnel.

En effet, recommander la formation d’un nouveau gouvernement dans les vingt-et-un jours après la signature de l’Accord revient à dire qu’il devra être mis en place au plus tard le 07 novembre 2016, alors que le dernier mandat de Joseph Kabila et sa Majorité présidentielle court encore jusqu’au 19 décembre 2016.

L’accord ne repose sur aucune base juridique
Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les présidents de deux chambres du Parlement congolais, tous deux juristes de leur état, qui l’on dit clairement le 15 septembre dernier, pendant que le dialogue se tenait à la Cité de l’OUA.

Dans son discours d’ouverture de la session ordinaire au Sénat, Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, a tenu à rappeler aux participants à ces Assises que « le dialogue n’est ni un Parlement, ni une Assemblée constituante ». Et que, tout ce qui sortira de ce forum doit se faire dans le cadre de ses limites. C’est-à-dire dans le strict respect de la Constitution et des institutions qui en sont issues.

De son côté, le président de la chambre basse du Parlement, Aubin Minaku, secrétaire général de la Majorité présidentielle a, dans son discours d’ouverture de la session parlementaire, abondé dans le même sens et dans les termes très compréhensibles : « avant, pendant et après le dialogue, tout doit se faire conformément à notre Constitution [.] le respect de la Constitution passe par le respect de tout le corpus constitutionnel de bout en bout [.] aucune des résolutions du dialogue national ne devra de s’affranchir du corpus constitutionnel. »

Nécessité d’un autre dialogue
En principe le dialogue n’avait pas sa raison d’être si tout le monde avait assumé ses responsabilités avec toute la diligence voulue et tout le professionnalisme attendu, notamment en mettant à disposition les ressources nécessaires pour ce faire. Malheureusement, tous ont failli à leur engagement de respecter et de faire respecter la Constitution.

Nous ne cessons de sonner l’alarme pour dire qu’il y a péril en la demeure. Le risque d’implosion est imminent, si jamais les acteurs politiques ne reviennent pas au gros bon sens et s’engagent véritablement pour un dialogue réellement inclusif afin de trouver un compromis politique consensuel avant la fin du dernier mandat de Joseph Kabila.

Malgré les tergiversations des uns et des autres, une chose que les acteurs sociopolitiques ne devraient pas perdre de vue ce que le temps joue contre eux tous. En tout état de cause, les résolutions du dialogue de la Cité de l’OUA, aussi bonne qu’elles puissent être, si elles ne sont pas partagées par la grande majorité des citoyens congolais, elles sont vouées à l’échec.

La recherche d’un accord politique réellement inclusif pour pallier aux lacunes de la Constitution sur la gestion de la période transitoire, dans le cas où les élections présidentielles ne sont pas organisées dans le délai constitutionnel, devient urgente pour organiser des élections apaisées, crédibles et transparentes. Il y a fort à parier que les jours à venir seront très critiques pour le peuple congolais, si rien n’est fait pour désamorcer cette grave crise. Wait and see.


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Déclaration du 10 avril 2016 de l’UPC: le chemin des patriotes

Par Basile Louka, Secrétaire Général de l’Union des populations du Cameroun (UPC)

L’Union des Populations du Cameroun a commémoré le 10 avril 2016 le 68ème anniversaire de sa création. Fondée dans le but de « grouper et d’unir les habitants de ce territoire en vue de permettre l’évolution plus rapide des populations et l’élévation de leur standard de vie », I’UPC a le Cameroun pour raison d’être, le développement social et humain de son peuple pour boussole.

Le Bureau du Comité Directeur de I’UPC rend un vibrant et respectueux hommage à ces milliers de Patriotes dévoués qui, de génération en génération, tiennent allumée cette flamme nationale que Ruben Um Nyobe a appelée « l’âme immortelle du peuple camerounais ».

En ce début d’année 2016, des drames humains particulièrement poignants -mais hélas de plus en plus fréquents – témoignent des conditions de vie fort difficiles des populations. Au même moment, le Cameroun est menacé dans sa souveraineté. Le Cameroun court des risques d’implosion, de désordre et d’anarchie du fait des luttes de clans sourdes mais féroces pour la succession au pouvoir.

L’UPC appelle au dialogue.
En 1959 déjà, I’UPC appelait les forces politiques au dialogue, pour trouver un consensus sur les règles fondamentales de notre vivre-ensemble dans un Cameroun indépendant. La répression fut préférée au dialogue par ceux qui tenaient le pouvoir, puis le Cameroun indépendant et réunifié sombra pour une longue durée dans une dictature de parti unique.

A l’occasion du retour au multipartisme en 1990-1991, le débat se focalisa sur les modes de transition à la démocratie mais ne donna malheureusement pas lieu non plus à ce dialogue inclusif et sincère, qui aurait pu aboutir à un consensus en mesure de calmer les plaies multiples de notre histoire.

Aujourd’hui encore, 57 ans après, I’UPC appelle au dialogue. L’UPC dit que le Cameroun a besoin d’une réconciliation politique qui lui permette d’être gouverné non plus hors de sa mémoire, mais sur la base même des valeurs patriotiques générées par sa riche et glorieuse histoire.

L’UPC dit que pour sa cohésion en tant que nation, le Cameroun a besoin d’un consensus sur la dévolution du pouvoir et son exercice. Sans un tel consensus, il y aura des successions plus ou moins violentes au pouvoir, mais aucune alternance réelle ne sera possible. Et si l’alternance apparaît impossible, la paix et la stabilité sont illusoires car menacées chaque année, chaque jour, à chaque instant. L’UPC s’en inquiète.

L’UPC dit : Oui, la constitution du Cameroun doit être révisée. La constitution doit être révisée parce que le Cameroun doit changer. Elle doit être révisée pour mieux s’adosser sur l’histoire de notre nation, sur sa lutte pour l’indépendance et la réunification, sur sa quête permanente et solidaire d’une prospérité partagée. Et l’un des principes majeurs que I’UPC aimerait voir notre constitution affirmer, est que la mission première de l’Etat et de ses institutions est la satisfaction des besoins fondamentaux des populations du Cameroun.

Cette révision de la constitution souhaitée par I’UPC n’a donc rien à voir avec des calculs politiciens de conjoncture. Et I’UPC ne s’associe pas non plus aux procès d’intention que ces calculs génèrent ici ou là.

L’UPC veut que l’Etat se mette entièrement au service de la souveraineté du Cameroun et des besoins de ses populations. C’est ainsi qu’il pourra répondre aux nécessités du présent et ouvrir le pays à l’avenir. C’est cela le chemin tracé par les Patriotes qui se sont sacrifiés pour l’indépendance et la réunification du Cameroun.


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Diplomatie: Ban Ki-moon recommande le dialogue politique en RDC

Le secrétaire général de l’Onu a convié, mercredi, les acteurs politiques du pays à travailler ensemble pour un processus électoral inclusif et crédible dans le respect de la constitution

En visite à Kinshasa mercredi, 24 février 2016, Ban Ki-moon a rencontré les acteurs de la vie politique congolaise. Il les a appelés à s’engager dans un dialogue inclusif dans le respect de la Constitution et à adopter un calendrier consensuel pour les élections.

« J’ai eu la chance de rencontrer le président Kabila, les responsables du Parlement, des représentants de l’opposition et de la société civile. Je les appelle à s’engager de manière constructive dans un dialogue politique, je leur ai rappelé qu’il fallait mettre les intérêts de la population au centre des discussions, a expliqué le secrétaire général de L’Onu. Je les ai exhortés à travailler à un processus électoral inclusif et crédible dans le respect de la Constitution ».

Restriction de l’espace démocratique
Il a également exprimé sa préoccupation quant au processus électoral. « Les retards dans le processus électoral m’inquiètent et cela augmente les tensions politiques relatives à une possibilité d’un troisième mandat du président Kabila. J’ai continué d’encourager les acteurs politiques à se mettre d’accord sur un calendrier électoral consensuel », a indiqué le secrétaire général des Nations unies.

Ban Ki-moon a par ailleurs fait part de sa préoccupation quant à la restriction de l’espace démocratique et a appelé au respect des libertés publiques dans le pays. « Je suis également inquiet de la restriction croissante de l’espace démocratique et en particulier le fait que les membres de l’opposition, des médias et de la société civile sont ciblés. Les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique sont essentielles à une vie politique dynamique et à un processus démocratique », a-t-il déclaré.

« S’il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir »
Lors de la conférence de presse, il a également été interrogé sur les enjeux auxquels le continent africain fait face. « L’an dernier, lors du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine, j’ai soulevé ce problème. J’ai dit : s’il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir. Et écoutez ce que vous dit votre population. Ecoutez attentivement quelles sont leurs difficultés, leurs aspirations. Mais quand la fin de votre mandat constitutionnel arrive, s’il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir, a-t-il rappelé. Il faut une bonne gouvernance. Pas de corruption, pas d’impunité. Il faut l’Etat de droit, rendre des comptes et être transparent».

Et d’ajouter : « L’Afrique regorge de richesses en ressources naturelles, en ressources humaines. Mais comment sont utilisées ces ressources, cela dépend de la classe dirigeante. Les dirigeants doivent montrer l’exemple, avoir une conduite exemplaire, s’assurer que cela permet d’accélérer le développement économique et social. C’est l’un des messages que j’ai répété à de multiples reprises en tant que secrétaire général. C’est ce que j’ai dit l’an dernier et répété cette année. Et il y a eu des applaudissements nourris de la part des délégations ».

Le secrétaire général des Nations unies sera ce jeudi à Juba, où il rencontrera le président sud-soudanais, Salva Kiir, et visitera un camp de déplacés de l’Onu.

Ban Ki-moon et le président congolais Joseph Kabila, le 24 février 2016, à Kinshasa.
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l’Onu poursuit des tentatives pour instaurer le dialogue au Burundi

Le chef de l’Etat burundais recevra la délégation onusienne vendredi. Elle tentera de le convaincre d’accepter un dialogue avec l’opposition en exil

Une délégation de 33 personnes doit arriver ce jeudi 21 janvier à Bujumbura. Dans une résolution votée le 12 novembre dernier, le Conseil avait exigé que cessent les violences et qu’un dialogue soit mis en place entre le pouvoir burundais et l’opposition. Mais ce dialogue est resté lettre morte et les différents organes de l’Onu recensent une intensification des violences depuis les attaques des 11 et 12 novembre contre des camps militaires à Bujumbura. Dans ce contexte délicat, la mission de l’Onu semble périlleuse.

C’est la seconde fois en moins d’un an que le Conseil de sécurité des Nations unies se rend en visite à Bujumbura. Mais cette fois, le contexte a changé. D’abord, les différentes instances de l’organisation ont tour à tour tiré la sonnette d’alarme. Tous les signaux sont au rouge, a dit le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Si le pire venait à se produire, l’Onu n’a pas les moyens de réagir, a quant à lui averti le département des opérations de maintien de la paix.

Ensuite, l’Onu fait face à l’échec des institutions régionales. La médiation ougandaise n’a rien obtenu de Bujumbura depuis la rencontre symbolique d’Entebbe, le 28 décembre dernier. De son côté, l’Union africaine n’a pas fait entendre sa voix depuis que le président Nkurunziza a affirmé sa volonté de combattre sa mission de maintien de la paix.

Le Conseil de sécurité de l’Onu divisé
Le chef de l’Etat burundais recevra la délégation onusienne vendredi. Elle tentera de le convaincre d’accepter un dialogue avec l’opposition en exil. Car pour l’instant, Bujumbura s’y refuse, privilégiant le dialogue interne lancé mardi et non reconnu par l’opposition.

La tâche ne sera pas facile, d’autant que le Conseil de sécurité semble divisé, notamment sur le sujet de l’envoi de troupes. En l’absence de consensus sur une résolution, l’Onu pourrait choisir d’appuyer l’Union africaine dans le sens d’une intervention. Car avant de regagner New York, le Conseil fera escale samedi à Addis-Abeba, siège de l’Union africaine.


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Boko Haram veut dialoguer avec le gouvernement nigérian (ONG)

Des éléments de la secte ont approché le gouvernement nigérian via une organisation pour mettre fin à l’insurrection dans certaines parties du pays, a déclaré mardi un officiel de crise

Des éléments de Boko Haram ont approché le gouvernement nigérian via une organisation non gouvernementale (ONG) pour ouvrir le dialogue et mettre fin à l’insurrection dans certaines parties du pays, a déclaré mardi, 04 août 2015, un officiel de crise.

Le commandant à la retraite Yousouf Anas, secrétaire exécutif du Centre pour la communication de crise (CCC), a déclaré lors d’une conférence de crise à Abuja, capitale du pays, que son équipe et lui-même étaient en train de négocier une réunion avec les agences gouvernementales concernées.

Le secrétaire, qui s’exprimait devant la presse au sujet de différentes questions nationales dont le terrorisme, le vol de bétail, la crise de l’assemblée nationale, le vandalisme de pipeline, les enlèvements, les vols armés, entre autres, a déclaré que cette nouvelle position est devenue impérative étant donné que l’option militaire seule n’a pas réussi à résoudre le problème.

Il a apporté son soutien à la déclaration du président Muhammadu Buhari qui a fait savoir que son gouvernement était prêt au dialogue avec les vrais leaders du groupe terroriste.

« Le Centre suggère cependant que ce dialogue se déroule avec toute la prudence et la responsabilité requises, en gardant en tête les déceptions précédentes des tentatives de négociations », a-t-il ajouté.

« Prenant en considération les atrocités épouvantables que le groupe a fait endurées au Nigeria et au Nigérians, cette option est sans nulle doute dure à faire accepter. Mais la récente déclaration du président Buhari sur la volonté du gouvernement de négocier avec les membres crédibles de la secte ravive l’espoir du dialogue », a-t-il déclaré.

Le commandant de la Force aérienne maintenant à la retraite a déclaré aux journalistes que le Centre continuera à soutenir et à encourager tous les efforts pour éliminer l’insurrection au Nigeria.

L’année dernière, l’administration précédente dirigée par l’ancien président Goodluck Jonathan avait annoncé un accord de cessez-le-feu entre l’armée nigériane et les insurgés de Boko Haram.

Cette annonce avait ensuite été rejetée par le groupe extrémiste.

Boko Haram terrorise la population nigériane et revendique des milliers de morts depuis 2009. Le groupe a intensifié ses attaques depuis l’investiture du président Buhari en mai dernier, entraînant une vague de violence qui a fait 800 morts en à peine deux mois.


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Projets infra-structurels: Une implication plus pertinente des nationaux

C’est une des recommandations faites lors d’un dialogue entre le gouvernement et le secteur privé au cours d’une rencontre à Yaoundé

Le secteur privé a proposé mercredi 29 février 2012 lors d’une rencontre avec le gouvernement à Yaoundé la capitale camerounaise, que les pouvoirs publiques puissent prendre la décision politique de rendre prioritaire l’implication des nationaux, dans la mise en uvre des grands projets structurants, en vue de favoriser la relance de l’économie camerounaise. Jusqu’ici, les entreprises camerounaises occupent des places de sous-traitants, dans la réalisation des projets de relance de l’économie camerounaise. Ce qui selon moi pose un petit problème. Nous pouvons prendre exemple sur le Burkina Faso, où la réalisation d’un projet de route a été confiée à quelqu’un qui n’est pas un ingénieur, et il a réussi à recruter les compétences qu’il fallait et le projet a été réalisé a fait savoir André Siaka, le président d’Ecobank Cameroun. Dans un style moins technique, mais tout aussi pertinent, Françoise Fonning a partagé la même préoccupation. Le président de la République a dit dans ses discours que son nouveau septennat était celui des grandes réalisations. Et moi je propose que ce soit celui des grandes réalisations avec l’intégration des nationaux. Je ne comprends pas que nous ayons beaucoup de milliards à investir et que ce soit les autres qui bouffent. Je pense personnellement qu’il faut faire confiance aux investisseurs camerounais a déclaré la présidente du groupe des femmes d’affaire du Cameroun. Comme c’est vous qui pilotez aujourd’hui ces grands projets, nous vous interpellons directement et nous espérons que vous en tiendrez compte, a-t-elle ajouté à l’endroit du ministre en charge de l’Economie et de la Planification, représentant le gouvernement lors de cette rencontre.

En face le gouvernement a fait part de sa réserve. Il n’appartient pas aux autorités politiques, a indiqué le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi, de restreindre la compétition dans l’exécution des grands projets de l’Etat, à un quelconque groupe d’investisseurs. Selon le ministre en charge de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT), le secteur privé camerounais doit se placer dans une position de conquérant. Il appartient au secteur privé national camerounais de montrer ce dont il est capable. Nos projets ont l’ambition de résoudre des problèmes de grande ampleur, et nous ne pouvons-nous permettre de tatillonner, les nationaux doivent pouvoir nous convaincre qu’ils ont derrière, une garantie de l’efficacité, a-t-il indiqué. Le ministre Camerounais a renforcé sa position sur des exemples concrets. Le gouvernement dans son projet de construction des logements sociaux au camerounais, a confié l’exécution à des PME locales, aucun délais n’est respecté et les entreprises ont clairement indiqué leur difficultés à poursuivre. En face, les entreprises estiment que ces difficultés auraient pu être palliées si le gouvernement respectait ses engagements financiers dans les délais aussi.

Pour les experts, la question est toute tranchée. Le capital des nationaux n’est pas suffisamment important pour faire face à la présence des investisseurs étrangers. Dans l’économie camerounaise ce capital représente à peine 15% et ne repose sur aucune réserve d’équipement. Si une entreprise de construction de route camerounaise veut réaliser un chantier, elle doit importer tout son matériel, ce qui ne la rend pas compétitive, alors qu’une multinationale vient avec tout l’équipement qu’elle possède ou via des montages complexes. J’ai aussi entendu dire que le problème peut être résolu grâce au procédé du leasing, la même contrainte subsiste, l’opérateur de leasing national n’a pas la capacité financière d’apporter un type de matériel. Donc il ne faut pas rêver les nationaux ne peuvent pas occuper une place de choix dans la réalisation des grands projets, indique pour sa part Dieudonné Essomba, un expert en économie. Le gouvernement s’est voulu optimiste. Le ministre a engagé le secteur privé à s’approprier des avantages de l’Etat. Dans la construction des routes, par exemple, il a été indiqué la possibilité de se rapprocher du MATGENIE qui possède déjà la base infrastructurelle. Mais quid des autres secteurs. La préoccupation reste majeure avec au centre des enjeux, la conservation de l’argent du Cameroun dans son circuit monétaire interne.

Les nationaux veulent plus de marchés dans les grands chantiers
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