Cameroun : recommandations de la Commission des droits de l’Homme sur l’orientation scolaire

L’organe chargé de veiller au respect des droits de l’Homme dénonce la non-prise en compte des droits et aspirations des élèves et étudiants dans leur orientation.

C’est la période de la rentrée scolaire et bientôt celle de la rentrée académique sur l’ensemble du territoire camerounais. Des parents et des élèves sont face à la prise de décisions, dont le choix de la série, de la spécialité ou de la filière dans laquelle l’élève, l’étudiant ou l’apprenant va poursuivre ses études ou sa formation professionnelle.

Dans cette optique, la Commission des droits de l’Homme du Cameroun regrette le non-respect par certains acteurs de la communauté éducative des droits des enfants en matière d’orientation scolaire ou professionnelle. Elle constate que certains acteurs imposent leurs choix aux enfants, sans tenir compte de leurs préférences, de leurs aptitudes ou de leurs propres ambitions professionnelles.

Face à cette pratique, la commission appelle tous les acteurs de la communauté éducative, parents, élèves, étudiants, enseignants, conseillers d’orientation, gouvernement, à prendre des mesures pour assurer une bonne orientation scolaire et professionnelles aux jeunes. L’intérêt de cette réussite se trouve au bout de la chaîne, parce que, selon la Commission, l’orientation « conditionne l’entrée de l’enfant dans la vie adulte en lui évitant de faire fausse route ».

Aussi « l’inadéquation (…) formation-emploi consécutive à un défaut d’orientation scolaire ou à une mauvaise orientation est l’une des causes du chômage chez les jeunes », note la Commission dans un communiqué. Ce défaut peut ainsi entrainer des échecs, des abandons, en augmentant le taux de chômage au pays.

Pour éviter ces difficultés, la Commission que préside le Pr. James Mouangue Kobila invite les parents à nouer et à entretenir « un vrai dialogue constructif et approfondi » avec les enfants et les professionnels de l’orientation. Elle recommande au gouvernement la création des centres d’orientation scolaire dans les 10 régions. Seules les régions du Centre, du Littoral, du Nord-Ouest de l’Adamaoua, de l’Ouest et de l’Extrême-Nord en ont. Elle invite les parents, les élèves, les étudiants à plus d’écoute et de compréhension les uns envers les autres.

Cameroun : le Conseil des droits de l’homme de l’ONU demande « la libération immédiate » de Sisiku Ayuk Tabe

Selon le groupe de travail des Nations unies, l’arrestation et la détention du leader séparatiste et ses neuf codétenus sont « arbitraires ».

La conclusion rendue le 1er septembre est contre la justice camerounaise et le régime de Yaoundé. L’avis du groupe de travail de l’ONU sur l’arrestation et la détention des 10 leaders séparatistes anglophones est en faveur de la « libération immédiate et inconditionnelle » de ces personnes détenues à la prison centrale de Kondengui dans la capitale camerounaise. Nous l’apprenons de JA, le document a été rendu public il y a quelque temps sans avoir bénéficié des réponses des autorités camerounaises et nigérianes.  Ce document soutient que le processus d’arrestation et de détention s’est déroulé en violation du droit international des droits de l’homme.

En effet, pour le groupe de travail, l’arrestation et la détention des leaders séparatistes sont « arbitraires ». Elles ont été opérées en violation des articles 6, 7, 8, 9, 10 et 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elles sont aussi contre les articles 2(1) et (3), 9, 14 et 26 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le document explique que des droits des détenus ont été bafoués.

Il s’agit par exemple de l’arrestation sans mandat d’arrêt, les conditions de détention au secrétariat d’Etat à la défense, leur jugement au Cameroun. Arrêtés au Nigéria le 5 janvier 2018 au cours d’une opération spéciale des services secrets nigérians, Sisiku Ayuk Tabe, Cheh Augustine Awasum, Henry Tata Kimeng, Egbe Ntui Ogork, Fidelis Ndeh-Che, Elias Ebai Eyambe, Blaise Sevidzem, Wilfred Tassang et Ngala Nfor Nfor ont été ramenés au Cameroun.

Lors de leur arrestation, ils s’étaient à l’hôtel Nera à Abuja selon Ayuk Tabe. Ils bénéficiaient du statut de réfugié à eux accordé par la branche Nigériane du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, annonce Jeune Afrique. En août 2019, le tribunal militaire de Yaoundé les a  condamnés à la prison à perpétuité en plus d’une amende de 250 milliards de francs CFA.

Cameroun : le MRC dénonce le traitement administré à son militant détenu et malade

Selon le parti de Maurice Kamto, Adolphe Kouam Tatchuemo reste enchaîné sur son lit d’hôpital malgré l’arthropathie de ses deux membres supérieurs. Dans un communiqué en date du 03 août 2022, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun s’indigne contre ce traitement de son militant condamné à deux ans de prison.

COMMUNIQUE DU MOUVEMENT POUR LA RENAISSANCE DU CAMEROUN (MRC) SUITE A L’HOSPITALISATION DU NOMME KOUAM TATCHUEMO ADOLPHE ENCHAÎNÉ SUR UN LIT D’HÔPITAL

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun informe l’opinion publique que Monsieur KOUAM TATCHUEMO Adolphe, militant du MRC, condamné à deux ans de prison ferme par le Tribunal Militaire de Douala pour avoir participé aux Marches pacifiques du 22 Septembre 2020, a été admis à l’hôpital Laquintinie à Douala, suite à l’atrophie de ses membres supérieurs.

Y étant accompagné par des agents de l’administration pénitentiaire ayant pour mission de le surveiller, KOUAM TATCHUEMO Adolphe est depuis lors maintenu enchaîné sur son lit d’hôpital, et ce malgré les objections du personnel médical de cet hôpital public.

A la suite de la publication sur les réseaux sociaux des photos illustrant ce traitement cruel, inhumain et dégradant, l’agent de l’administration pénitentiaire chargé de le surveiller va s’offusquer, au point de serrer davantage la chaîne sur le pied gauche de ce militant du MRC, à l’aide d’un cadenas, obstruant ainsi la circulation sanguine.

Plusieurs militants du MRC détenus font régulièrement l’objet d’un traitement similaire ; le cas le plus récent étant celui du jeune Rodrigue NDAGUEHO KOUFET mort en détention dans des conditions atroces.

Le MRC proteste vivement contre ce traitement inhumain, indigne de toute société civilisée, réservé à ses militants détenus alors qu’en même temps, certains prévaricateurs de la fortune publique ayant au demeurant reconnu les faits et commis  entre autres des infractions non concernées par le Décret du 04 Septembre 2013 fixant les modalités de restitution du corps du délit (transfert à l’étranger de valeurs et sommes non déclarées), sont libérés sur la base de ce texte inique, taillé à leur mesure, et célébrés en grande pompe comme le seraient des héros nationaux.

Fait à Yaoundé le 03 Août 2022

Le Secrétaire National Délégué chargé des

Droits de l’Homme et de la Gouvernance.

Maître Désiré SIKATI (Avocat)

Cameroun : la Commission des droits de l’homme annonce la disponibilité d’un numéro vert

Le numéro 1523 est désormais ouvert et disponible pour les usagers de la Commission des droits de l’homme du Cameroun.

Un nouveau canal s’ouvre pour accéder à la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC). Désormais à travers le 1523, le public a la possibilité de soumettre une requête, de se faire écouter, assister ou orienter par  la Commission. Selon un communiqué en date du 26 juillet et signé du président de la structure James Mouangue Kobila, la Commission a ouvert cette ligne pour mieux remplir ses missions aussi bien de promotion et de protection des droits de l’homme que de prévention de la torture.

A en croire ce document, « le 1523 est une ligne de communication libre et sécurisée, responsable et totalement confidentielle, dans le respect des règles éthiques d’anonymat et de protection de l’information. Ce numéro est ouvert à toute personne qui souhaite se plaindre d’un cas de violation des droits de l’homme ou exprimer ses inquiétudes quant à la jouissance de ses droits ainsi qu’à des fins informatives », précise le communiqué.

Cette initiative de la CDHC  vise à « contribuer au développement d’une culture des droits de l’homme, à la consolidation de l’Etat de droit et à la lutte contre l’impunité en matière des droits de l’homme », comme le prévoit la loi portant création, organisation et fonctionnement de la CDHC.

Cameroun-Dikolo : le Groupe Marriott abandonne son projet hôtelier à Douala

Le groupe Marriott International suspend son contrat dans le projet de Marriott Douala. Précisément dans la partie commercialisation et clientèle dans laquelle il était engagé depuis le début.

15 propriétaires à Bali-Dikolo, quartier situé à Douala (capitale économique du Cameroun) avaient porté plainte devant le procureur de la république de Douala contre Ntone Ntone Fritz, ancien délégué du gouvernement de Douala, le délégué régional des domaines du Littoral à l’époque des faits ; Olivier Chi Nouako, le promoteur du Mariott Hôtel pour destruction de leurs biens et immeubles. La plainte avait été déposée le 8 juin 2022.

Ainsi, suite à ces contestations, le groupe hôtelier Marriott international a pris position sur le projet de construction d’un hôtel 5 étoiles à Douala, lieu-dit Dikolo. Dans cette publication, Richard Collins, le Vice-président pour l’Afrique Subsaharienne du groupe Marriot International, affirme avoir informé le promoteur du projet, Olivier Chi Nouako, de la suspension de ses engagements.

Ce retrait s’explique, d’après Richard Collins, par l’attachement du groupe hôtelier au respect des Droits de l’homme. « Nous nous sommes sérieusement impliqués dans ce projet, mais nous n’en sommes pas les porteurs. Nous ne sommes ni les propriétaires, ni les exploitants du site prévu pour la construction de cet hôtel. Nous informons aussitôt le porteur de ce projet de la suspension de nos prétentions contractuelles jusqu’à la levée de toutes les pesanteurs », indique le vice-président pour l’Afrique Subsaharienne du groupe Marriot international.

En rappel, c’est depuis plusieurs années que l’homme d’affaires menait des démarches avec l’Etat du Cameroun pour l’obtention d’un bail emphytéotique à Douala dans le but de faire construire un hôtel 5 étoiles de la chaîne américaine Marriott.

Amnesty International lance la bourse Gaëtan Mootoo 2022

Cette bourse rend hommage à Gaëtan Mootoo, chercheur respecté de l’organisation, passionnément engagé dans le travail avec les défenseurs des droits humains de toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre francophone, décédé en 2018 après plus de trente ans passés au sein d’Amnesty International.

La bourse Gaëtan Mootoo pour les défenseurs des droits humains est décernée chaque année par Amnesty International pour apporter un soutien à la formation de jeunes défenseurs des droits humains originaires d’Afrique de l’Ouest et du Centre francophones.

Les candidats doivent être âgés de moins de trente-cinq ans et impliqués dans des activités consacrées à la défense des droits humains dans leur communauté.

Ils devront être citoyens d’un des pays suivants : au Benin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo, Gabon, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, République Centrafricaine, Sénégal, Tchad ou Togo.

Une préférence sera accordée aux personnes qui n’ont jamais eu l’occasion de voyager en dehors de l’Afrique de l’Ouest et du Centre dans le cadre de leur travail dans le domaine des droits humains et qui n’ont pas bénéficié de formations similaires par le passé.

La bourse financera un programme d’études de quatre semaines et/ou des opportunités d’apprentissage pour un·e défenseur·e des droits humains francophone ouest-africain, axé sur l’inscription aux sessions d’été en droit international des droits de l’homme et droit international pénal et humanitaire de l’Institut René Cassin à Strasbourg (France).

D’autres opportunités peuvent inclure des visites dans des institutions basées en Afrique ou en Europe telles que la Cour pénale internationale, la Cour Africaine des droits de l’homme, les bureaux d’Amnesty International et d’autres instances et organisations multilatérales de défense des droits de l’homme.

Les candidatures devront être envoyées en ligne au plus tard le 27 mars 2022 à l’adresse suivante : isadmindakar@amnesty.org.

 

Cameroun : lancement d’une opération de paix et de respect des droits de l’Homme

Ce plan d’action vise principalement les régions de l’Extrême-Nord, le Nord, l’Est et l’Adamaoua. Des zones en proie à l’insécurité.

C’est une initiative conduite par les Réseaux camerounais des organisations des droits de l’Hommes, Recodh. Avec l’appui financier de l’Union Européenne et de la technique de l’ONG Avocats sans frontières, le Recodh est engagé à promouvoir la paix et la cohésion sociale.

Pour ce faire, il compte s’appuyer sur trois piliers. Le premier inclut la mise en place et l’animation des cadres de concertation multi-acteurs. Ce qui va baliser le chemin d’un dialogue inclusif pour une promotion de la paix.

Par ailleurs, l’association dans son opération de paix, veut œuvrer au renforcement des approches participatives et les mécanismes communautaires de réponses aux crises menaçant la sécurité collective.

Et comme troisième pilier, il est question de s’appesantir sur les violences basées sur le genre. Un combat qui permet d’ouvrir la voie à une meilleure intégration des femmes dans les structures de gouvernance locale.

Des points présentés comme éléments de solutions aux crises qui perdurent déjà dans ces régions. Et ces démarches sont étalées sur 36 mois.

Que ce soit dans les régions du septentrion ou même à l’Est, on ne parle plus seulement de terrorisme. D’autres maux comme le flux migratoire, le grand banditisme transfrontalier et la manifestation des conflits ethno-identitaires font aussi ombrage à la paix.

Pour le Coordonnateur national du Recodh, Joseph Désiré Zebaze, la société civile doit alors apporter sa touche et accompagner le gouvernement « il n’est pas aisé pour les autorités d’allier les impératifs de sécurité à ceux du respect des droits de l’Homme ».  

Le projet de paix porté par le Réseau camerounais des organisations des droits de l’Hommes, Recodh a reçu la caution institutionnelle de la Commission des droits de l’Homme du Cameroun. Son président, Pr James Mouangue Kobila n’a pas manqué de féliciter les initiateurs du Recodh. Pour lui, les activités du réseau vont en droite ligne avec les idéaux défendus par la Commission.

 

Cameroun : cinq policiers en jugement pour torture dans un commissariat

Les hommes en tenue répondent de supposés actes inhumains  et dégradants infligés à un présumé bandit au sein du Commissariat de sécurité publique au quartier Ngousso à Yaoundé. Les flics clament leur innocence en compagnie d’une personne accusée d’avoir filmé et propagé les images des violences au centre du procès.

Les faits sont rapportés par le journal Kalara, spécialisé dans l’information juridico-judiciaire. Le sort des carrières de l’officier de police André Arol, l’inspecteur de police David Keyo, le gardien de paix principal Patrick Kolwé et les gardiens de paix Ngoh Marguérite et Ndjea Fualem écroués à la Prison centrale de Yaoundé Kondengui depuis deux mois, dépend désormais de la décision que va prendre le Tribunal de première instance (TPI) de Yaoundé centre administratif.

Les cinq fonctionnaires de police sont poursuivis pour avoir, d’après l’accusation, infligé des violences physiques de grande ampleur à un certain Tchoumi, présumé voleur, dans la nuit du 15 au 16 septembre 2021. Une vidéo dont l’auteur serait Williams Kamga, l’une des victimes supposées du vol au centre du procès, avait fait le tour du monde à travers les réseaux sociaux.

La publication de cette vidéo, en septembre 2021, avait suscité l’indignation au sein de l’opinion publique, obligeant ainsi Martin Mbarga Nguele, le Délégué général à la Sureté nationale (Dgsn) de publier un communiqué de presse condamnant les actes imputés à ses éléments. Le patron de la police camerounaise avait alors indiqué que les mis en cause placés en garde à vue, devaient comparaître devant la justice pour répondre de leurs actes.

Deux mois après la commission des faits décriés et le communiqué du Dgsn, le procès qualifié désormais de procès de la torture a été ouvert le 29 novembre 2021. André Arol et ses collègues ont comparu en compagnie de Williams Kamga, poursuivi pour sa part pour publications équivoques. Il est reproché à ce dernier d’avoir filmé et propagé sur les réseaux sociaux une vidéo qui présentait des scènes de violence pendant lesquelles des policiers déchainés rouaient de coups de bâton et de machette un détenu accusé de vol.

Correction et riposte

Devant la barre, les flics ont tous rejeté les faits de torture qui leur sont imputés et parlé plutôt d’une correction et d’une riposte qu’ils ont opposée à un détenu violent et récalcitrant. Au cours de leurs déclarations, les policiers expliquent que le supposé voleur avait tenté de s’évader à deux reprises et engagé une bagarre contre le chef de brigade chargé de la conduite dans la cellule.

Des flics expliquent que c’est ce comportement belliqueux du voleur qui aurait poussé d’autres policiers à venir au secours à leur chef menacé dans l’exercice de ses fonctions. Les mis en cause se sont indignés du fait que la supposée victime de tortures, qui  a été remise en liberté sous caution par le juge d’instruction, ne comparaisse pas dans le cadre de cette affaire.

Dans sa prise de parole, André Arol, chef de section dans cette unité de police, a indiqué que c’est au cours d’une patrouille de routine que deux bandits ont été arrêtés pendant qu’ils commettaient leur forfait. L’un d’entre eux aurait accepté d’entrer dans la cellule sans opposer la moindre résistance.

C’était tout le contraire de Tchoumi qui, dit-il, avait résisté aux ordres de ses collaborateurs. « Quand mes éléments se sont mis à le corriger, je leur ai demandé d’arrêter. Et le voleur violent et récalcitrant a finalement rejoint lui-même la cellule », a-confié l’officier de police.

S’agissant de la participation de chacun de ses collaborateurs dans la commission des faits décriés, André Arol a dit qu’il était occupé par des auditions des supposées victimes du vol au centre du procès. Il a néanmoins indiqué que l’inspecteur de police David Keyo a « corrigé » le voleur en lui appliquant quelques 5 à 6 coups de machettes sur la plante des pieds.

Par contre Ndjea Fualem a appliqué environ 10 coups de matraque qui est d’un outil de travail dans les cas de riposte, selon les dires des policiers aux fesses du voleur récalcitrant. Dans la suite de son récit, il a indiqué que ses collaborateurs Patrick Kolwé et Marguerite Ngoh ont aidé David Keyo à «neutraliser»  le détenu récalcitrant. Des propos que d’autres mis en cause ont corroborés.

Le gardien de la paix Ndjéa Fualem, le plus jeune du groupe, a  ajouté qu’il avait utilisé la matraque pour riposter  au fait d‘avoir été mordu par cet individu particulièrement violent. Il a reconnu que la brutalité utilisée par ses collaborateurs n’obéissait certes pas à la déontologie de la police, mais était une technique de la force publique pour discipliner un détenu rebelle et agressif.

Cameroun : armée et police à l’école des violences basées sur le genre

Issus des régions du Centre, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, des gendarmes, militaires et policiers sont les bénéficiaires de cette formation qui s’est ouverte ce 1er novembre 2021 à Yaoundé. 

 

 

 

 

 

 

Selon les Nations unies, toute violence qui s’exerce sur une femme ou sur un homme tout simplement parce qu’elle est une femme ou parce qu’il est un homme, est qualifiée de violence basées sur le genre. Les femmes et les jeunes filles sont les plus visées, du fait de leur vulnérabilité. C’est pourquoi, le Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale (CNUDHD-AC) tient ce 1er novembre un atelier de consolidation des capacités des forces de défense et de sécurité en matière de violences basées sur le genre.

Y prennent part, des personnels du ministère de la défense, dont cinq travaillant à Yaoundé et 15 issus des régions de l’Extrême-Nord, Nord-Ouest et sud-Ouest. Du côté de la Secrétariat d’Etat à la défense,  15 gendarmes, dont  cinq exerçant dans la capitale  et 10 dans les  régions de l’Extrême-Nord, Nord-Ouest et sud-Ouest. La Délégation générale à la sureté nationale est représentée par 10 éléments.  Cinq sont en service à Yaoundé et les autres  dans les  régions de l’Extrême-Nord, Nord-Ouest et sud-Ouest.

Gendarmes, militaires et policiers sont entre autres sensibilisés sur la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre,  les actions menées en la matière par le ministère de la Défense et celui de la Promotion de la femme et la famille. Des recommandations pour consolider la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre seront formulées à la fin de l’atelier qui s’achève demain.

Cameroun – Droits de l’homme : 14 experts déployés pour former les responsables de l’application des lois

Après trois ans de formations, ils ont été présentés le 21 octobre 2021 à Yaoundé. Leur mission est  d’accroître l’efficacité opérationnelle des unités de lutte contre le terrorisme.

Les 14 experts sont issus de l’armée, la police, la magistrature, l’administration pénitentiaire, le barreau, de la Commission nationale des Droits de l’homme, et de la diplomatie.

Leur mission est de renforcer les capacités des responsables de l’application des lois en matière de Droits de l’homme. Il est question de les mettre au pas en ce qui concerne les normes internationales  grâce à des programmes de formation nationaux à court et long terme. Dans le cadre du mandat du Pilier IV de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies (A/RES/60/288).

Le plan de mise en œuvre des formations repose sur l’agenda  2022-2026.  Les formations seront dispensées à travers des séminaires et ateliers dans  les grandes écoles nationales et internationales (formation de base) ainsi que dans les Centres d’instruction des forces armées et police. A toutes fins utiles, les experts peuvent aussi se déployer dans  toute entité ayant un projet relatif aux Droits de l’homme. Il faudra  pour cela saisir de la tutelle qui est  le ministère des Relations extérieures (Minrex).

Les experts ont une grande connaissance en Droits de l’homme. Connaissance acquise depuis le lancement du « Projet global » en 2018. Ils ont entre autres été formés sur  :  le cadre juridique international régissant les droits de l’homme et les activités antiterroristes ;  le recours à la force ; les pratiques de détention conformes aux droits de l’homme ; les pratiques d’interrogatoire conformes aux droits de l’homme ; et les techniques d’enquête spéciales.

Le gouvernement camerounais et ses partenaires comme les Nations unions unies fondent beaucoup d’espoir sur les 14 experts mis en mission le 21 octobre 2021.

Cameroun : le patron de la police apaise les tensions autour de la torture d’un civil

Martin Mbarga Nguele promet des sanctions aux fonctionnaires de police à la manœuvre dans une scène de  bastonnade d’un civil à l’aide d’une machette. Une démarche visant à calmer les tôlé suscité par cette affaire.

La vidéo amateur montre un homme en tenue administrant des coups à l’aide d’une machette à un jeune civil. Aidé par ses collègues, ils tentent d’obtenir par la torture des informations sur les complices du voleur. Ce dernier insiste à dire qu’il était seul au moment de son forfait. .

Dans un communiqué de presse rendu public le 21 septembre dernier, le patron de la police camerounaise restitue les faits.  Martin Mbarga Nguele avoue que  les faits de torture « sont exacts et se sont déroulés dans la nuit du 15 au 16 septembre 2021, au Commissariat de sécurité publique du 18ème arrondissement de la ville de Yaoundé ». Le DGSN précise cependant que l’acte s’inscrivait dans le cadre d’une enquête pour vol.

Image de la torture policière

Au regard de la gravité des faits qualifiés de « traitements inhumains et dégradants », Martin Mbarga Nguele annonce que « les fonctionnaires en question ont été identifiés et font l’objet des mesures appropriées pour répondre de leurs actes devant les instances judiciaires et disciplinaires ».

Le fait survient au moment où règne un climat délétère entre les forces de l’ordre et les civils. Les images et vidéos partagées depuis quelque temps à travers les réseaux sociaux présentent des scènes de violence entre policiers et usagers des rues. Le Délégué général à la sureté nationale ainsi que le ministre de l’Administration territoriale sont montés au créneau pour ramener la population civile à l’ordre et annoncé des sanctions contre quiconque s’attaquera une nouvelle fois aux éléments de la sécurité dans e cadre de l’exercice de leurs fonctions.

Cameroun : une réflexion pour évaluer l’impact du Covid-19 sur les couches sociales vulnérables

C’est le but d’un atelier d’échange de deux jours qui s’est ouvert ce 25 août 2021 à Yaoundé.

« Dans la forêt, nous ne savons pas ce qu’on appelle Covid-19. Pourtant nous sommes exposés aux gens qui viennent de la ville et peuvent transmettre cette maladie. Et s’il arrive que nous soyons contaminés, je ne sais pas si aurons la plante qu’il faut pour se soigner, tellement la déforestation tue notre milieu naturel », regrette Moua Jeanne, pygmée, originaire de la région du Sud, membre d’une  l’Association de défense des droits des peuples autochtones.

Comme elle, ils sont nombreux qui participent à l’atelier d’échange sur l’impact  du Covid-19 sur les personnes vulnérables. Les femmes en situation de faiblesse physique, psychique et économique, les femmes vivant avec un handicap, les femmes autochtones, les femmes déplacées internes et les femmes vivant avec le VIH Sida etc.

« Face à la pandémie, les femmes issues des catégories vulnérables se retrouvent en situation de double vulnérabilité, discriminés et marginalisées en tant que femmes d’une part, et d’autre part, oubliées et abandonnées », dénonce Pauline Irène Nguene, le ministre des Affaires sociales.

Les 50 participants à l’atelier évaluent le niveau d’inclusion de ces groupes vulnérables dans la réponse sanitaire à la pandémie du Covid-19.  Après le diagnostic de la situation, des recommandations vont être formulées au profit des décideurs et des acteurs sociaux notamment.

L’atelier d’échange est organisé par le Centre des Nations unies pour les Droits de l’Homme et la démocratie en Afrique centrale (CNUDHD-AC) et financé par le Royaume de Belgique.

Cameroun – crise anglophone : l’armée rejette les nouvelles accusations d’Human Rights Watch

Le ministère de la Défense à travers son chargé de la communication qualifie de mensongers, les éléments du rapport du 02 aoút 2021, de l’ONG Human Rights Watch (HRW). Ledit rapport fait état des destructions, viols, meutres et exécution de civils, pillages et violations des droits humains,  qu’il impute aux Forces de Defense et de Sécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Communiqué Radio – Presse

« Le Ministère de la Défense communique: dans un nouveou rapport outrageusement provocoteur mis en ligne le lundi 02 aoút 2021, Human Rights Watch (HRW), relaie des allégations prétendument documentées de destructions, viols, meutres et exécution de civils, pillages et violations des droits humains, et les impute aux Forces de Defense et de Sécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Il importe de rappeler que cette organisotion non gouvernementoie connue pour son aversion contre les Forces de Défense et de Sécunité camerounalses, poursuit ainsi sans précaution son soutien aux mouvements
irrédentistes opérant sur certaines parties de notre territoire. Tout comme ses précédentes publications sur le Cameroun dont celle particulièrement inique et agressive du 26 février 2021, le rapport du 02 août
2021 ne se résume ni plus ni moins qu’à un énième fatras d’affirmations sans fondement.

Tout semble clairement indiquer que les multiples prises de position de HRW ne visent qu’à décrédibiliser les Forces de Défense et de Sécurité, engogées qu’elles le sont dans l’accomplissement de leurs missions régaliennes

A l’heure ou le Cameroun travaille résolument à l’effectivité du processus de restauration de la paix dans les zones en crise, des ennemis tapis dans l’ombre ne manquent pas d’audace pour fustiger la stratégie mise en œuvre  par le Gouvernement, et jeter l’anathème sur les Forces de Défense et de Sécurite.

Cette énième facétie de Human Rights Watch ne fragilise aucunement le moral des Forces de Défense et de Sécurité, Quimpe poursuivent leurs opérations aux quatre coins du pays dans le strict respect des Droits de l’Homme et des Droits Humains, tout en veillant à ce que tout écart établi et vérifié soit sanctionné conformément aux lois et règlements du pays.»

 

Le Capitaine de vaisseau Cyrille Atonfack Guemo, Chef de la division communication

 

Cameroun : le phénomène des sextapes « pimente » l’espace public

Les photos et la vidéo sorties du bureau du journaliste Mimb Hiol Fleur Martin tiennent l’opinion en haleine depuis le 17 juin dernier. Attirant l’attention sur la récurrence des ébats sexuels sous fond pornographique,  filmés et publiés sur la toile au mépris des bonnes mœurs.

Ce qu’il convient désormais d’appeler le Camusgate  alimente les discussions dans les chaumières entre accusateurs et défenseurs. Sans doute, la renommée du journaliste, commentateur de match et patron de Radio sport info (RSI) à Douala,  fait mousser l’affaire bien plus que d’autres connues des semaines plus tôt.

Le 1er mars 2021, une scène pornographique servie en plein jour par 14 élèves (10 filles et 4 garçons) dans une salle de classe du Lycée bilingue de Kribi,  avait choqué les sensibilités. Le 4 mars, une cinquantaine d’élèves ont été arrêtés à Kumba, dans la région du Sud-Ouest dans des ébats sexuels accompagnés de consommation de stupéfiants. Huit jours plus tard ce sont  huit filles du Lycée bilingue d’Ekounou, âgées de 13 à 16 ans, qui étaient surprises dans les mêmes conditions.   La plus populaire de ces scènes dans le pays est celle du footballeur Clinton Njié. En 2019, l’intimité de l’international camerounais s’était retrouvée sur la toile.

Analysant la récurrence de ce phénomène de sextape, le père jésuite Ludovic Lado pense dans une tribune publiée le 21 juin 2021, que sur les questions de mœurs, de sexualité et de pudeur « nous vivons au Cameroun comme en Afrique une transition générationnelle qu’on pourrait résumer en termes de banalisation de la pornographie ».

Le prélat catholique attribue tout cela aux technologies de l’information et de la communication qui font du téléphone androïde un centre multimédia capable en quelques clics de produire et de diffuser des contenus audiovisuels.

Il  invite les uns et les autres à la maitrise de soi. «  Beaucoup de nos ancêtres marchaient nus mais la maîtrise de soi était de mise. Il nous faut réapprendre qu’on ne couche pas avec n’importe qui, n’importe où, n’importe comment et pour n’importe quelle raison. Et qu’en fin de compte, le sexe doit toujours être l’affaire des adultes consentants en toute liberté ».

Cameroun – torture d’un civil à NDU : des éléments des forces de défense et de sécurité aux arrêts

Le ministre délégué chargé de la Défense indique dans un communiqué publié ce 15 février  2021,   que les premières investigations révèlent que deux gendarmes, deux soldats et quatre policiers sont responsables de la torture du civil soupçonné d’être un relais criminel et terroriste.

Joseph Béti Assomo, le ministre délégué chargé de la Défense (Mindef) donne des précisions sur l’affaire de la vidéo de torture d’un civil à Ndu, département du Donga-Mantung, dans la région du Nord-Ouest le samedi 13 février 2021. Dans un communiqué publié ce jour, il indique que les premières investigations mettent en cause deux gendarmes, deux soldats et quatre policiers.

« Les premières investigations menées ont conduit à l’identification de la victime, le nommé Jean FAI FUNGONG, soupçonné d’être un relais criminel et terroriste local a de même été aisé au Commandement d’identifier les éléments des Forces de Défense et de Sécurité compromis dans cet acte inacceptable. Il s’agit pour instant de deux (02) Gendarmes, deux (02) Soldats et quatre (04) policiers », écrit le Mindef.

Le membre du gouvernement fait savoir que les concernés ont été mis aux arrêts à la Brigade territoriale de gendarmerie de NDU, sur son  instruction. « Les enquêtes disciplinaires, administratives et judiciaires prescrites par le Haut Commandement et ouvertes par les Autorités administratives locales et les Forces de Défense et de Sécurité, permettront de préciser les contours de ces intolérables agissements, en rupture avec d’une part le respect des réglés d’engagement, et d’autre part la protection des droits Humains, principes cardinaux auxquels les éléments des Forces de Défense et de Sécurité sont fermement astreints », précise le Joseph Béti Assomo.

Le Cameroun comme démocratie devrait célébrer et accepter la dissidence (ONU)

Par des experts indépendants des droits de l’homme des Nations unies

 

Quatorze experts indépendants des droits de l’homme des Nations Unies ont appelé, lundi [12 octobre 2020], le Cameroun à libérer le principal dirigeant d’opposition et les autres personnes arrêtées lors de manifestations pacifiques à travers le pays, et de cesser les intimidations à l’encontre des militants politiques.

Ces experts ont également demandé au Cameroun d’enquêter de manière impartiale sur toutes les violations des droits de l’homme, y compris les allégations de disparitions forcées, de détention arbitraire et de mauvais traitements infligés aux manifestants, et de traduire les auteurs de ces actes en justice.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par les arrestations massives de manifestants pacifiques et de militants politiques qui expriment leur dissidence », ont déclaré les experts dans un communiqué conjoint.

Plus de 500 personnes auraient été arrêtées à la suite des manifestations organisées par l’opposition camerounaise le 22 septembre, et quelque 200 seraient toujours en détention. Elles risquent d’être accusées de terrorisme et d’atteinte à la sécurité nationale et d’être jugées par un tribunal militaire pour avoir exercé leurs libertés fondamentales.

Les experts de l’ONU se sont également dits préoccupés par l’usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques par les forces de sécurité camerounaises. « La violence contre les manifestants a été disproportionnée, avec utilisation de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour les disperser violemment », ont-ils déclaré.

Les manifestants se sont mobilisés dans tout le pays en réponse à l’appel lancé par le parti d’opposition Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) pour réclamer un dialogue national, des réformes du système électoral et le retour de la paix dans les régions anglophones du pays. Les autorités camerounaises ont interdit les manifestations dans certaines régions du pays et ont qualifié d’illégale toute tentative de rassemblement. Le gouvernement a également déployé un dispositif de forces de sécurité important pour empêcher les manifestations pacifiques.

Les experts ont également exprimé leur inquiétude face aux informations faisant état de torture de manifestants pacifiques et de journalistes en détention. « C’est vraiment inacceptable », ont-ils déclaré. « L’interdiction de la torture et de toute forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant est absolue en vertu du droit international des droits de l’homme, et ne peut être justifiée », ont-ils souligné.

Demande de libération du leader de l’opposition Maurice Kamto

Ils ont appelé le Cameroun à libérer le président du MRC, Maurice Kamto, qui est assigné à résidence avec sa famille depuis la nuit du 22 septembre. Les forces de sécurité l’ont empêché de communiquer avec les membres de son parti et ses avocats, et de prendre part aux manifestations.

« L’assignation à résidence de M. Kamto pourrait constituer une privation de liberté, en violation de ses droits à la liberté de réunion pacifique et d’association, ainsi que de la liberté et à la sécurité de sa personne », ont déclaré les experts.

« Nous avons déjà fait part de nos préoccupations à l’État et nous rappelons au Cameroun qu’en vertu du droit international, tout individu a le droit d’organiser et de participer à des réunions pacifiques, de s’associer avec d’autres et de prendre part à la conduite de la vie publique. Aucun de ces actes n’est un crime, et le Cameroun devrait célébrer et accepter la dissidence, car une véritable démocratie prend en compte les demandes de la population au lieu de les réprimer », ont-ils ajouté.

Des élections régionales devant avoir lieu dans tout le pays dans le courant de l’année, les experts ont appelé les autorités camerounaises à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir un environnement propice à des élections pacifiques et transparentes.

« Toute action susceptible d’alimenter de nouvelles tensions sociales doit être évitée, et les voix du peuple et de ses représentants doivent être pleinement prises en compte », ont-ils déclaré.

Les experts :
Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association ; Irene Khan, Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression ; Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ; Fionnuala Ní Aoláin, Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste ; Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; Leigh Toomey (Président-Rapporteur), Elina Steinerte (Vice-présidente), José Guevara Bermúdez et Seong-Phil Hong, membres du Groupe de travail sur la détention arbitraire ; Tae-Ung Baik (Président-Rapporteur), Henrikas Mickevičius (Vice-Président-Rapporteur), Bernard Duhaime, Houria Es-Slami, et Luciano Hazan, membres du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires.


  • Note: Les Experts indépendants font partie de ce qu’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le terme « procédures spéciales », qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme afin de traiter de la situation spécifique d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement ; ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et exercent leurs fonctions à titre individuel.
  • Article initialement publié sur le site web des nouvelles des Nations unies.

Le Cameroun exclu de l’Agoa : HRW appelle les autres partenaires à agir de même

L’organisation appelle le gouvernement à prendre cette sanction américaine comme un signal d’alarme en matière de respect des droits de l’Homme.

Human right watch se penche à nouveau sur le cas du Cameroun. Alors que le pays vient de perdre ses privilèges de bénéficiaire de la Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (Agoa), l’organisation appelle les partenaires internationaux à accroître la pression sur le gouvernement en se servant de l’exemple américain.

Le 30 octobre dernier, le président Donald Trump a pris une sanction contre le Cameroun suite aux « violations systématiques des droit de l’Homme » dans le pays. Il en a présenté les raisons dans un récent message au Congrès américain, faisant état de ce que Yaoundé s’était abstenu de répondre aux allégations de tortures, détentions arbitraires, et assassinats portées contre des forces gouvernementales.

Human right Watch appelle le régime du président Paul Biya à prendre cette sanction comme un signal d’alarme devant l’inciter à lutter contre les violations des droits de l’Homme.

Le Cameroun exclu de l’Agoa, comprendre cette sanction

Le président Américain Donald Trump a décidé jeudi de suspendre le Cameroun de la liste des pays éligibles à l’Agoa.

L’exclusion du Cameroun  de l’ « African Growth Opportunities Act (Agoa) prendra effet à partir du 01er janvier 2019. Du moins, il en sera ainsi si les violences qui secouent le pays depuis plusieurs années se poursuivent », a fait savoir le Président Donald Trump, jeudi. Journalducameroun.com propose quelques pistes de compréhension de l’implication de cette décision.

L’Agoa ou Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique, est une initiative américaine qui permet aux pays d’Afrique subsaharienne de vendre leurs produits sur le marché américain sans droit de douanes. Cette loi a été promulguée en 2012 avec pour objectif de promouvoir le commerce et les investissements  entre les Etats-Unis et l’Afrique subsaharienne en accordant aux pays admis un accès en franchise de droits de douane et sans restriction quantitative au marché américain afin d’améliorer la compétitivité africaine.

Agoa : les Etats-Unis mettent fin aux accords avec le Cameroun

Plus de 70% des exportations africaines vers les Etats-Unis se sont réalisées dans le cadre de l’Agoa. Le Cameroun a exporté approximativement 220 millions de dollars (129,619 milliards de Francs CFA)en biens et services vers les États-Unis. 63 millions de dollars (37,118 milliards de Francs CFA) de ces exportations l’ont été au titre de l’Agoa, soit 28,3% de marchandises.

Seuls 2,6% des produits camerounais sont vendus aux USA en 2018, selon la note sur le commerce  extérieur du Cameroun de l’Institut national de la statistique.. Ce pays ne fait pas partie des destinations prisées par les exportateurs locaux. Les principaux clients du Cameroun, la Chine (22,2%), l’Italie (13,7%), les Pays-Bas (8,4%), la France (5,9%) et  l’Espagne (5,9%) ont acquis 77,5% des produits d’exportation camerounais.

D’après les statistiques nationales, les importations américaines au Cameroun (3,9%) restent minimalistes face aux concurrents chinois (18,5%), français (8,3%), nigérians (5,6%).

Le président américain détermine chaque année si les pays-membres ont fait des progrès dans le respect des critères d’éligibilité à l’Agoa. Notamment : la garantie d’un système politique où tous les citoyens sont égaux au regard de la loi et du droit, la lutte contre la corruption et les pots-de-vin, entre autres.

L’exclusion du Cameroun  pour cause de « violation des droits humains » est une censure. Elle met en exergue la dégradation des relations politiques entre Washington et Yaoundé. Des tensions de plus en plus rendues visibles  dans des prises de positions antagonistes. Les Etats-Unis ont réclamé la libération des leaders «ambazoniens» tandis que Yaoundé les jugeaient pour terrorisme. Le pays a omis de féliciter Paul Biya pour sa réélection en tant que président de la République et récemment, alors que Yaoundé se réjouissait encore de la réussite du dialogue national, les Etats-Unis ont demandé la tenue de nouvelles négociations.

Malgré cela, les Etats-Unis n’ont jamais manqué de saluer la bonne coopération entre les deux pays.

«Le gouvernement s’élève radicalement» contre la résolution des eurodéputés

Le ministre de la Communication du Cameroun a rejeté les accusations du Parlement européen qui accablent les autorités du pays.

«Le gouvernement camerounais s’élève radicalement contre cette résolution du Parlement européen, et exprime son indignation face à un acte empreint de partialité, qui s’apparente à une kyrielle de contre-vérités, d’affirmations gratuites, de récriminations infondées, et d’injonctions assorties de chantage, dirigés contre les autorités camerounaises et nos Forces de défense et de sécurité».

La réaction du gouvernement du Cameroun se veut à la mesure des accusations portées par le Parlement européen le 17 avril dernier. Les eurodéputés se sont en effet inquiétés de la détérioration du climat sociopolitique au Cameroun et des exactions des forces de défense et de sécurité dans le cadre de la crise anglophone. Ils demandent la libération de l’opposant Maurice Kamto et de ses partisans, ou encore enjoignent la Commission européenne (l’exécutif des 27) de réévaluer la coopération avec le Cameroun.

Pour le gouvernement camerounais, «il est spécieux voire inexact, d’affirmer que des tensions existent entre francophones et anglophones, que les régions anglophones subissent des discriminations, ou qu’il existe une option, sinon une politique délibérée visant à consacrer le primat de la composante francophone ou d’un ordre culturel et juridique francophones», a rejeté René Emmanuel Sadi dans un point de presse le 22 avril à Yaoundé.

Après avoir rappelé toutes les mesures prises par le gouvernement pour apaiser les tensions nées de la crise anglophone, le ministre de la Communication a une fois de plus rejeté les accusations de violations de droits de l’Homme portées sur les militaires et les policiers. «Comme nous l’avons indiqué en d’autres circonstances, toutes ces affirmations ne correspondent nullement à la réalité et à la véracité des faits sur le terrain», a-t-il justifié.

L’Union africaine interpelle le Cameroun sur l’arrestation des militants du Mrc

La commission africaine des droits de l’Homme a exprimé jeudi sa préoccupation sur l’arrestation et la détention de centaines de militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun.

 La commission africaine des droits de l’Homme de l’Union africaine a appelé, ce 11 avril, le Cameroun à respecter la charte africaine des droits de l’Homme dont elle est signataire. La sortie de ladite instance est liée à l’emprisonnement d’une centaine de militants au lendemain de la manifestation du 26 janvier, violemment réprimée par les forces de sécurité. La Commission condamne fermement l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre ainsi que l’usage de la force létale envers les manifestants et les civils non armés.

« Le droit de se rassembler et de manifester font partie intégrante de la démocratie et des droits de l’Homme. Même si des actes de violence sont commis durant ces événements, les participants conservent leurs droits à l’intégrité physique et d’autres droits et la force ne peut être utilisée, sauf d’une manière conforme aux principes de nécessité et de proportionnalité. Les armes à feu ne doivent jamais être utilisées simplement pour disperser un rassemblement », martèle la Commission.

L’Union africaine appelle le gouvernement à mettre en œuvre son obligation de protéger ses populations; s’assurer que les arrestations et les détentions effectuées l’ont été en respect des principes établis par les lignes directrices de Luanda; garantir le droit à un procès équitable devant des juridictions de droit commun à toutes les personnes arrêtées en les inculpant formellement ou alors les libérer sans aucune condition; œuvrer à la stabilité du pays pour une jouissance effective des droits par tous les Camerounais.

Crise anglophone: Human Rights Watch demande l’intervention du Conseil de sécurité

D’après l’Ong internationale, au moins 170 civils tués et des centaines d’habitations incendiées par les forces de sécurité et les séparatistes au cours des six derniers mois.

Le décor est planté dès l’entame de la déclaration publié ce 28 mars «Les forces gouvernementales ont tué plusieurs dizaines de civils, recouru à la force de manière indiscriminée et incendié des centaines d’habitations au cours des six derniers mois dans les régions anglophones du Cameroun». Des violences perpétrées par des forces de sécurité notamment des membres du Bataillon d’intervention rapide (Bir) et des gendarmes.

«Les autorités camerounaises sont dans l’obligation d’apporter une réponse conforme au droit et de protéger les droits des populations pendant les périodes de violence», a déclaré, Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.

Une reddition des comptes qui pourrait être imposée, selon l’Organisation non gouvernementale (Ong) internationale par «Les partenaires du Cameroun, en particulier la France, devraient accroître les pressions qu’ils exercent sur le gouvernement camerounais afin que les responsables soient tenus de rendre compte de leurs actes».

Et de poursuivre «les membres du Conseil de sécurité de l’Onu devraient formellement ajouter la question du Cameroun à l’ordre du jour du Conseil, demander au Secrétaire général de l’Onu l’organisation d’une réunion d’information sur cette situation, et indiquer sans équivoque que les responsables d’atteintes graves aux droits humains risquent de faire l’objet de sanctions». Le rapport rapporte et condamne par ailleurs les exactions, enlèvements avec demande de rançon des groupes séparatistes.

La déclaration de Human Rights Watch s’appuie sur des informations relayées dans les médias et des enquêtes sur le terrain. L’organisation de défense des droits de l’Homme «a interrogé 140 victimes, membres de leurs familles et témoins entre décembre et mars, dont 80 en personne dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en janvier».

L’Ong publie périodiquement des rapports sur la situation de la crise anglophone. Enquêtes en général peu élogieuses pour les forces de défense Camerounaises.

 

Crise anglophone: un avocat nigérian menace de poursuive son gouvernement

Femi Falana, avocat nigérian réputé donne deux semaines aux autorités de son pays pour ramener les leaders du mouvement de l’Ambazonie détenus à Yaoundé.

L’avocat Femi Falana, dans une lettre datée du 20 mars 2019 adressée au procureur général de la fédération nigériane Abubakar Malami; a exhorté le gouvernement de respecter la décision de la Haute cour fédérale de justice.

Celle-ci, dans une décision rendue il y a quelques semaines, avait ordonné au gouvernement le retour des 46 personnes arrêtées au Nigeria et déportées au Cameroun dans le cadre de la crise anglophone. Personnes parmi lesquelles le dirigeant séparatiste Julius Ayuk Tabe et tout son « gouvernement ».

La haute cour de justice nigériane avait jugé que l’arrestation des leaders amazoniens en janvier 2018 constituait une violation de leur statut de réfugiés et de demandeurs d’asile.

« Compte tenu de ce qui précède, nous sommes obligés de vous demander d’utiliser vos bons offices pour conseiller au gouvernement fédéral de se conformer sans retard aux arrêts susmentionnés de la Haute Cour fédérale », a urgé l’avocat réputé dans la défense des droits de l’Homme.

Dans cette correspondance, Femi Falana rappelle une jurisprudence : l’affaire ministère de l’Intérieur contre Alhaji Shugaba Darman (1982), où le défendeur qui avait été illégalement expulsé vers la République du Tchad par le gouvernement fédéral a été ramené au Nigeria conformément à la décision de la Haute Cour de l’État de Borno présidée par le juge Oye Adefila.

Cameroun : les Usa appellent à un procès public des militaires

Les Etats-Unis viennent de reconnaître les efforts déployés par le gouvernement pour punir des soldats coupables de violation de droits de l’Homme. Reste encore à rendre publiques les procédures initiées contre eux publiques.

Les Etats-Unis d’Amérique critiquent le secret entourant les actions menées contre des militaires accusés d’entorses aux droits humains dans le cadre de la crise anglophone. Dans un rapport consacré à la situation du Cameroun à la période 2018, les Etats-Unis observent que cela n’a pas suffit à dissuader des soldats de commettre de tels actes. « Certains auteurs d’infractions, notamment des auteurs d’infractions en série, ont continué agir en toute impunité », relève le département d’Etat américain.

La crise anglophone a lieu dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016. Les contestations populaires ont été  récupérées par des partisans de la sécession et depuis octobre  2017, la zone anglophone est paralysée par un conflit opposant forces de défense et de sécurité et combattants sécessionnistes.

Durant ces évènements, soulignent les Usa,  « les autorités n’ont pas contrôlé efficacement les forces de sécurité, notamment la police et la gendarmerie ». Celles-ci notamment à l’origine d’ « homicides arbitraires », de « disparitions forcées », de « tortures », de « détentions arbitraires », d’ « atteintes arbitraires ou illégales à la vie privée », entre autres.

Crise anglophone : l’Onu envisage la surveillance à distance du Cameroun

Selon le HCDH, cette solution leur permettra de vérifier les différentes allégations relatives aux violations attribuées aux soldats camerounais.

Le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (Hcdh) est résolu à observer le comportement des militaires déployés dans les régions anglophones du Cameroun et à l’Extrême-Nord. Dans une note publiée mercredi sur son site, ladite instance fait savoir qu’elle explorera toutes les options qui s’offrent à elle «  y compris la surveillance à distance » .

Cette mesure permettra au Hcdh de contourner l’interdiction d’accès aux régions anglophones opposées par le gouvernement camerounais à l’instance pour vérifier les allégations de violation des droits de l’Homme et d’abus portées contre les militaires et les combattants séparatistes.

« Les rapports font état d’enlèvements, d’assassinats ciblés contre la police et les autorités locales, de destructions d’écoles par des éléments armés.  Les rapports révèlent aussi que les forces gouvernementales seraient responsable de tueries, d’usage excessif de la force, d’incendie de maisons, de détentions arbitraires et de torture« , souligne la note.

Du point de vue du Haut commissaire de l’Onu aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, les mesures lourdement répressives privilégiées par le gouvernement pour riposter aux attaques des bandes armées ne peut qu’aggraver la situation des civils pris à partie dans le conflit. Car selon lui, les allégations de violation de Droits de l’Homme et l’exécution de deux femmes et deux enfants en bas âges soupçonnées d’appartenir à Boko Haram ne sont pas des « cas isolés« .

 

 

 

 

Torture, violences faites aux femmes… ces maux dont le Cameroun ne parvient pas à se débarrasser

Le Cameroun a été exhorté le 16 mai par les Nations unies à mettre fin aux pratiques de torture, de détention abusive, de la traite d’humains, entre autres.

Les efforts du Cameroun pour garantir les droits de l’Homme ont été salués le 16 mai dernier au Conseil des droits de l’Homme de l’Organisation des Nations unies. Toutefois, des mesures fortes restent à entreprendre dans certains domaines tels que l’éradication des actes de torture dans les prisons, les détentions arbitraires, la défense des droits des femmes et des enfants, entre autres.

La Nouvelle Zélande, l’Espagne, l’Allemagne et les Etats-Unis appellent le Cameroun à lever les restrictions sur les services mobiles et Internet ; à adopter des mesures pour garantir la liberté de la presse en permettant un libre accès à l’information. S’agissant des droits des femmes, Djibouti exhorte le gouvernement à prendre des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes, tandis que l’Islande et l’Argentine invitent l’Etat à adopter des mesures juridiques visant à punir les auteurs des actes de mutilation génitales, de repassage des seins, de rites « discriminatoires » de veuvage ou de mariages forcés. « Interdire toutes les formes de violence domestique à l’égard des femmes, en particulier le viol conjugal, car le nouveau Code pénal ne couvre pas toutes les formes de violence à l’égard des femmes et abroger les dispositions légales qui éliminent le crime de viol si l’auteur épouse la victime », renchérissent l’Allemagne et l’Espagne.

Deux autres points sur lesquels le Cameroun est invité à redoubler d’effort concernent les conditions de détention carcérale et la lutte contre la traite humaine. Il est principalement question pour le pays d’abolir la peine de mort, de mettre un terme aux pratiques de torture et de détention arbitraire, d’exploitation des femmes et des enfants pour des fins sexuelles ainsi que le mariage forcé.

L’ensemble des 197 recommandations faites au Cameroun ont été adoptées le 18 mai par le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu. Il ne reste qu’à l’Etat du Cameroun d’indiquer sa position sur lesdites recommandations.

Droits de l’Homme au Cameroun : 175 poursuites initiées contre des représentants de la loi en 2016

L’information est contenue dans un rapport produit par le Cameroun à l’intention du Groupe de travail du conseil des Nations unies pour les droits de l’Homme.

Le gouvernement camerounais a engagé des actions pour lutter contre l’impunité des personnels chargés de l’application de la loi [gendarmes, policiers, magistrats, autorités traditionnelles…, Ndlr]. C’est ce qui ressort de son rapport sur la situation des droits de l’Homme présenté le 16 mai devant l’organisme onusien responsable des questions y relatives. Ledit document révèle que 175 poursuites judiciaires ont été engagées contre ces agents publics en 2016.

L’on y apprend également que 14 condamnations ont été prononcées par le Tribunal militaire pour des infractions relatives à l’atteinte au droit à la vie, à l’intégrité physique et morale de personnes.

Selon la délégation camerounaise à l’Onu, 84 fonctionnaires de police ont fait l’objet de sanctions disciplinaires allant de l’avertissement à la révocation de 2013 à 2017 pour des atteintes diverses au droits de l’Homme. « Dans la même veine, un officier supérieur de la Gendarmerie nationale et une douzaine de sous-officiers ont été sanctionnés et déchargés immédiatement de leurs fonctions », précise le rapport.

Le Cameroun a souvent été indexé par des organisations non gouvernementales en matière de violation des droits. Cela a notamment été le cas dans les trois dernières éditions du rapport annuel d’Amnesty international, qui a accusé les forces de sécurité et de défense camerounaises de procéder à des arrestations arbitraires, des tortures, entre autres, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. A mille lieues de-là, précisément dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des allégations similaires sont avancées.

Jusqu’ici, le gouvernement avait privilégié le déni dans ses communications officielles. Mais après l’appel au respect des droits de l’Homme lancé par les Nations unies en 2017, l’Etat du Cameroun reconnaît les faits et affirme qu’il est en train d’implémenter des mesures pour combattre les atteintes à ces droits.

Au Cameroun, interrogations sur le sort d’une réfugiée centrafricaine portée disparue depuis 2016

Eliana, ressortissante centrafricaine, s’était retrouvée dans la rue à Yaoundé. Elle y a été trouvée par une activiste des droits de l’Homme qui se souvient amèrement de la façon dont elle a été éconduite au Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (Hcr).

Corinne Ndoung garde un souvenir du jour où elle a trouvé Eliana, une réfugiée centrafricaine, en 2016 dans la rue au quartier Odza, à Yaoundé. Elle se souvient aussi des événements qui ont suivi cette rencontre fortuite. Elle décrit une jeune fille, 25 ans environ, vêtue d’une longue jupe noire et d’un tee-shirt bleu, portant des rastas de couleurs noire et bleue. Rien n’aurait alors attiré l’attention de Corinne Ndoung si elle n’avait constaté que la jeune femme avait les pieds nus. Assise à même le sol, la jeune fille se parlait à elle-même et cela a intrigué des passants qui se sont attroupés autour d’elle. A son tour, l’activiste des droits humains s’approche et interroge l’inconnue sur son identité. Pour toute réponse, la jeune fille sort sa carte de réfugiée d’un emballage en plastique qu’elle tient à la main. « Elle a demandé qu’on la conduise au Hcr [Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Ndlr]. Elle était émaciée, semblait fatiguée et ressemblait à une personne qui avait beaucoup marcher», raconte Corinne Ndoung.

Des commerçantes offrent des boissons à Eliana qui en boit goulûment, Corinne Ndoung la ramène chez elle et lui offre deux paires de chaussures. Ensemble, elles se rendent au siège de la représentation du Hcr au Cameroun.  Sur la place, des vigiles reconnaissent Eliana. « L’un des gardiens qui s’adressait à son collègue a dit qu’Eliana y  était déjà venue plusieurs fois.  Et là, grande a été ma surprise. Eliana qui était restée silencieuse durant tout le trajet s’est mise à parler. Elle m’a d’ailleurs remis les deux paires de chaussures que je lui avais donné. Nous avons été reçus par les responsables qui ont procédé à l’audition d’Eliana. Elle a déclaré qu’elle ne se sentait en sécurité nulle part et donc qu’elle préférait marcher, là où la nuit la trouve elle cherche un coin pour dormir», rapporte l’activiste des droits de l’Homme.

« A la fin de l’entretien, les responsables du Hcr m’on demandé de la conduire à Elig-Essono. Ils y ont un centre d’accueil. Nous y sommes allés et on a trouvé l’infirmière qui a commencé à poser des questions à Eliana. Au fil de la conversation elle a compris qu’ Eliana n’était pas stable mentalement. Et là, Eliana a sorti un vieux carnet qui attestait qu’elle avait déjà été interné dans un hôpital psychiatrique à Bangui (Centrafrique). L’infirmière a dit que le lieu n’est pas indiqué pour la garder», ajoute Corinne Ndoung.

Aucune trace d’Eliana

Corinne Ndoung est la présidente de l’association Fafed, une organisation qui œuvre à l’assistance des femmes violentées. Elle affirme avoir fait jouer ses relations pour lui trouver un abri. Hélas, en vain. Elle appelle alors un responsable de l’un des centres d’accueil du ministère de la Promotion de la femme et de la famille, qui lui explique qu’il lui est impossible d’accueillir Eliana vu l’heure (plus de 18h). Les consignes de leurs administrations sont claires: les portes doivent être fermées dès 18h pour plus de sécurité.

Corinne Ndoung fait alors appel au représentant de la communauté centrafricaine au Cameroun. Une rencontre a lieu et elle confie Eliana à celui-ci. De retour chez elle, il fait déjà nuit, elle reçoit un appel de ce monsieur qui lui dit qu’il est en route pour Odza. Il souhaite ramener Eliana.

Seulement, depuis ce jour, elle n’a jamais revu Eliana. « Un jour je me suis rendue dans la communauté des Centrafricains pour avoir des nouvelles de cette jeune fille. Il y avait un tableau sur lequel étaient affichées les photos des réfugiés que l’on recherchait. La photo d’Eliana y était. On l’avait perdue. Je continue à en vouloir au Hcr parce que j’estime qu’ils avaient les moyens de prendre cette petite en charge. Ils ne l’ont pas fait. Aujourd’hui ne nous ne savons pas ce qui lui est arrivé, ou même si elle est encore en vie. Personne ne l’a revue« . C’est ce ressentiment qui a sans doute poussé Corinne Ndoung à évoquer cette histoire lors d’un séminaire de formation de la société civile sur les risques d’apatridie que le Hcr a organisé les 16 et 17 mai à Yaoundé.

 

 

Droits de l’Homme : la lutte contre les discriminations en étude à Yaoundé

C’est à la faveur d’une session de formation dédiée aux juristes qui se tient jusqu’au 7 avril prochain à l’Institut des relations internationales du Cameroun.

L’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) abrite, depuis le 2 avril dernier, un séminaire de formation sur la lutte contre les discriminations. Il s’agit de la 3ème session de formation thématique en droit international des droits de l’Homme, organisé par l’Institut international des droits de l’Homme – fondation Réné Crassin.

Selon les organisateurs, cette session de formation répond au besoin croissant de satisfaire une demande locale, au regard de l’intérêt que les praticiens du domaine ne cessent de manifester vis-à-vis de ce thème. En effet, le continent africain serait l’une des zones où les droits et la dignité humaine seraient les plus bafoués. D’où l’importance de tenir ce genre de regroupement, dont l’objectif  est d’offrir aux praticiens de droit au Cameroun, un enseignement de qualité sur le sujet.

Pendant les six jours de la formation, ce sont pas moins de huit professeurs de rang magistral qui se succéderont pour présenter des modules. Il s’agit notamment de Makane Moïse Mbengue de l’université de Génève, Nicolas Haupais de l’université d’Orléans, de Brusil Miranda Metou de Yaoundé 1, ou encore de Xavier Philippe, professeur à l’université d’Aix-Marseille.

Pour Luc Mubiala Mutoy, le représentant régional du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, « la question de la lutte contre les discriminations est dans l’agenda des Nations unies depuis plusieurs décennies », raison pour laquelle cette institution oeuvre au quotidien pour la mise en oeuvre du droit international des droits de l’Homme en Afrique centrale.

La 3ème session de formation thématique en droit international des droits de l’Homme de Yaoundé s’achèvera le 7 avril prochain.

 

Droits de l’Homme: les nouvelles observations d’Amnesty sur le cas du Cameroun

L’Ong dénonce les restrictions à la liberté d’expression, d’association et de réunion, la surpopulation carcérale et les procès inéquitables dans le pays.

Le Cameroun est à nouveau dans le viseur d’Amnesty international pour ce qui concerne la situation des droits humains dans le pays. L’Ong accuse le gouvernement de procéder à des arrestations arbitraires de personnes accusées de collaborer avec Boko Haram, de restreindre la liberté d’expression, d’association et de réunion.

Les actes de torture, les arrestations arbitraires, les mauvaises conditions de détention, les procès inéquitables et la peine de mort, et rapatriement des réfugiés, sont autant d’actes qu’Amnesty international reproche au Cameroun.

Le rapport sur la situation des droits humains 2017/2018 ne produit pas de données quantitatives permettant de mesurer l’ampleur des entraves aux droits humains au Cameroun. De plus, les violations évoquées s’inscrivent dans la continuité d’évènements survenus durant les années antérieures. C’est le cas notamment du récit de la crise anglophone, à ses débuts, ou encore les procès contre certains journalistes pour terrorisme.

Si le document d’Amnesty international n’apporte pas de révélations nouvelles par rapport à ses éditions de 2016/2017, il rompt avec le ton dur souvent privilégié pour dénoncer les violations des droits de l’Homme au Cameroun. L’Ong atténue ses allégations en évoquant à chaque fois quelques faits positifs: « Cette année encore, des personnes accusées de soutenir Boko Haram ont été condamnées à mort à l’issue de procès inéquitables devant des tribunaux militaires, mais aucune n’a été exécutée », ou « Les conditions carcérales demeuraient désastreuses : surpopulation chronique, nourriture insuffisante, soins médicaux limités, et conditions sanitaires et d’hygiène déplorables. La prison de Maroua accueillait 1 500 détenus, soit plus de quatre fois la capacité prévue. Les autorités ont achevé la construction d’au moins 10 nouvelles cellules à la prison de Maroua. »

Les rapports d’Amnesty international n’ont pas toujours reçu un bon accueil au Cameroun, le gouvernement trouvant qu’ils ont pour but de déstabiliser  et de jeter l’opprobre sur le pays.

Lire l’intégralité du Rapport sur la situation des droits humains 2017/2018

 

 

 

 

Droits de l’Homme: L’armée de nouveau mise en cause par Amnesty international

Dans un rapport publié mardi, l’ONG dénonce le mépris des libertés d’expression et d’association, les mauvaises conditions de détention, les disparitions forcées, etc. Des faits pour lesquels le Cameroun était déjà incriminé en 2015

Le rapport d’Amnesty international «La situation des droits humains dans le monde», publié mardi 21 février 2017, offre une analyse qualitative de l’application des droits fondamentaux dans 159 pays du monde.

Pour ce qui est du Cameroun, l’ONG s’est intéressée à la lutte contre Boko Haram et la crise qui paralyse les régions anglophones  du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Le rapport a principalement révélé la pratique d’arrestations et détentions arbitraires, de torture, de conditions carcérales précaires et de disparitions forcées, d’entorses à la liberté d’expression, d’associations et de réunion, de procès inéquitables, d’impunité des autorités, de  non-application des droits des lesbiennes, gays, bisexuels, et des conditions de vie difficiles des réfugiés.

«Le groupe armé Boko Haram a continué de commettre de graves atteintes aux droits humains et des infractions au droit international humanitaire, notamment des centaines d’homicides et d’enlèvements de civils, dans la région de l’Extrême-Nord. En ripostant, les autorités et les forces de sécurité se sont rendus coupables de violation des droits humains y compris d’arrestations arbitraires, de détention au secret, d’actes de torture et de disparitions forcées»

Des exactions commises au nom de la guerre contre Boko Haram

«La situation des droits humains dans le monde» révèle que les forces de sécurité camerounaises ont arrêté «arbitrairement» des personnes accusées de soutenir la secte terroriste, sur «la base des preuves minces, voire inexistantes» et les auraient placées en détention dans des conditions «inhumaines qui mettaient souvent leurs vies en danger». De plus, poursuit le rapport, les forces de sécurité ont continué à mener, durant l’année, des opérations de ratissage qui ont donné lieu à des vagues d’arrestations.

A titre illustratif, Amnesty international soulève le cas de la localité de Salak, non loin de Maroua, où «des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants accusés de soutenir Boko Haram, ont été torturés par des membres du BIR et des agents de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE). Certains ont succombé à ces tortures, d’autres ont disparu».

Pour Amnesty international, le gouvernement camerounais s’est par ailleurs livré à la restriction des libertés d’expression d’association en posant des actes d’ «intimidation de harcèlement et de menaces» sur des journalistes et des organisations de la société civile.

«Des journalistes ont déclaré que face aux restrictions pesant sur les libertés d’expression, d’associations et de  réunions pacifiques, ils pratiquaient l’autocensure afin de ne pas subir les conséquences d’une critique visant les autorités, en particulier sur des questions liées à la sécurité», souligne le même rapport.

D’autres exemples sont cités dans «La situation des droits humains dans le monde» pour étayer lesdites exactions. Il s’agit des différentes arrestations de Kah Walla (présidente du Parti populaire du Cameroun, PPC), de la condamnation à dix ans de prisons infligée à un trio de jeunes jugés pour non-dénonciation d’actes de terrorisme après avoir partagé une blague sur Boko Haram, le procès pour terrorisme des journalistes Ahmed Abba, Rodrigue Tongué, Félix Ebole Bola et Baba Wame.

L’absence de statistiques dans le rapport rendu public mardi ne permet cependant pas d’évaluer l’étendue des actions commises par les forces de défense en 2016 comparés à l’année précédente.

Tout comme dans son rapport intitulé «Bonne cause, Mauvais moyens», Amnesty International dénonce les actes terroristes perpétrés par Boko Haram, lesquels se résument à « 150 attaques, dont 22 attentats-suicides qui ont fait 260 morts parmi les civils» en 2016, début 2017. A cela s’ajoute : des enlèvements, des exécutions sommaires, des actes de torture, des prises d’otages et le recrutement des enfants-soldats

De la crise en régions anglophones

Evoquant les manifestations des avocats, enseignants et élèves du Sud-Ouest et du Nord-Ouest à l’origine de la crise qui paralyse cette partie du pays depuis plus de trois mois, Amnesty international note la «répression violente» qui y a été menée.

«Les forces de sécurité camerounaises ont arrêté arbitrairement des manifestants et ont recours à une force excessive pour les disperser. Par exemple, le 08 décembre, elles ont tué deux à quatre personnes en tirant à balles réelles lors d’une manifestation à Bamenda