Cameroun: intégration et droits de l’Homme à la une des journaux du 18 juillet

Les tribulations du gouvernement sur le respect des droits de l’Homme, mais aussi les difficultés d’intégration sous régionale ont retenu l’attention des journaux camerounais parus lundi

Sortant de sa spécificité, Le Quotidien de l’Economie se fait l’écho d’une conférence de presse donnée en fin de semaine par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, qui «discrédite» le travail du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.

Répondant aux conclusions dudit Groupe, qui considère comme «prisonnier politique» l’ex-ministre de l’Intérieur, Marafa Hamidou Yaya, demande sa libération immédiate ainsi qu’un dédommagement de l’intéressé détenu pour complicité intellectuelle de détournement de deniers publics, M. Tchiroma invoque la «superficialité» des conclusions des experts.

C’est presque d’un revers de la main que M. Tchiroma a balayé l’avis émis par le Groupe de travail, renchérit Mutations.

C’est que «le régime panique» sur le cas Marafa, constate pour sa part le quotidien à capitaux privés Emergence : pour Yaoundé, il s’agit bien d’un prisonnier de droit commun, qui en ce moment est par ailleurs aveugle de l’ il gauche et que le gouvernement a donné son quitus afin qu’il subisse une opération chirurgicale le 2 août prochain.

Les clarifications du gouvernement, ajoute Cameroon Tribune, ne laissent effectivement aucun doute quant à la qualité de «prisonnier de droit commun et rien d’autre» de celui qui fut également secrétaire général de la présidence de la République.

Le Groupe de travail, conclut le quotidien à capitaux publics, n’a pas pris en compte les remarques de l’Etat du Cameroun qui indiquent clairement que le dossier a bien été mis à la disposition de l’accusé qui, convoqué de nombreuses fois à comparaître devant le tribunal aux fins de l’enquête judiciaire, a délibérément refusé de déférer auxdites convocations, probablement dans le but de profiter de cette absence pour poser des questions de procédures.

«Stade Ahmadou Ahidjo : bruits d’argent et de vaudou sous la cuvette de Mfandena» est le titre qui barre la Une de l’hebdomadaire Intégration.

En effet, peut-on y lire, alors que l’infrastructure, construite en 1972, s’apprête à accueillir en novembre prochain la Coupe d’Afrique des nations dames en novembre prochain, le contentieux quarantenaire des expropriations des autochtones de la zone n’arrête pas d’enfler dans une ambiance où la sorcellerie et les gros sous remontent régulièrement en surface.

Un conflit récurrent, apprend-on, les propriétaires terriens de Mfandena continuant à affirmer avoir été lésés, et disant régulièrement des messes noires pour qu’à chaque match les sélections nationales de football mordent la poussière.

La même publication, et sur un sujet sous-régional, dénombre les vieux démons qui empêchent le plein épanouissement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) en terme de projets intégrateurs, de libre circulation des personnes et des biens ou encore de programme économique régional.

Tout n’est pas noir dans ce tableau, renchérit le bihebdomadaire EchoMatin qui s’appuie par exemple sur le nouveau dispositif en matière de blanchiment d’argent et de lutte contre la prolifération des armes, entré en vigueur en avril dernier.

Ce dispositif met ainsi un accent particulier sur l’identification des personnes physiques et morales au niveau des transactions financières, notamment à l’ouverture des comptes ou encore de l’attribution des coffres-fort dans les établissements bancaires.


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Les Etats-Unis présentent la lutte contre Boko Haram comme une menace aux libertés au Cameroun

C’est l’un des principaux points développé dans le rapport 2015 du département d’Etat américain sur l’état des droits de l’Homme dans le pays

Le département d’Etat américain a présenté le 13 avril dernier ses rapports nationaux sur l’état des droits de l’Homme dans le monde, lors d’une conférence de presse organisée à Washington, D.C. pour la circonstance. « Cette année, nous avons assisté à de graves abus des droits de l’homme, des violations du droit international humanitaire et d’autres actes criminels commis par des acteurs non étatiques tels que: Da’esh, Boko Haram, al Shabaab, les Talibans, des organisations criminelles transnationales et d’autres », a relevé le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, au cours de ladite conférence de presse.

Les exactions commises par Boko Haram au Cameroun au cours de l’année écoulée et les abus perpétrés en retour contre des civils par les autorités camerounaises, au nom de la lutte contre le terrorisme, sont ce qui aura frappé les Américains dans le rapport national consacré au Cameroun en 2015. Ce constat s’ajoutant à des faits régulièrement décriés comme la toute puissance du pouvoir exécutif sur le judiciaire et le législatif.

« Les problèmes les plus importants liés aux droits de l’Homme ont été les massacres perpétrés par Boko Haram et d’autres abus dans la région de l’Extrême-Nord, dont l’enrôlement des enfants soldats, les enlèvements, les décapitations et immolations; la torture et les abus des forces de sécurité (police et gendarmerie) sur les personnes suspectées d’appartenir à Boko Haram, le déni de procès rapide et équitable, et les conditions de détention des prisonniers », peut-on lire dans le résumé du rapport.

Abus à Magdeme et Double
« Deux unités de l’armée: le Bataillon d’intervention rapide (BIR) et le Bataillon d’infanterie motorisée (BIM), la police et la gendarmerie ont été cités par des organisations de la société et Amnesty International comme responsable de violations », mentionne le document.

« En décembre 2014, par exemple, les membres du BIR ont bouclé Magdeme et double, deux villages du département du Mayo Sava dans la région de l’Extrême-Nord, dans le cadre d’une opération. Selon des organisations de la société civile et le rapport publié en septembre par Amnesty International, au moins neuf personnes, dont une jeune fille, ont été tués au cours de l’opération. Après enquête des autorités gouvernementales sur le drame, tous les membres du BIR ont été jugés non coupables ».

C’est au cours de la même opération que de nombreuses personnes arrêtées, d’abord conduites dans un camp militaire de Mora puis au quartier général de la gendarmerie à Maroua, trouvèrent la mort par « suffocation ».

Le 15 mai 2015, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), une OSC, établit un bilan de 50 personnes décédées et enterrées aussitôt dans une fosse commune.

Le 23 mars, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, minimisa le bilan le ramenant à 25 suspects décédés au lendemain de leur interpellation par le gendarmerie. La polémique ne devait pas s’arrêter là.

Le 15 septembre 2015, Amnesty International réussit à recueillir des témoignages de civils interpellés en décembre 2014. Ces derniers, selon AI, expliquèrent que du gaz avait été diffusé dans deux cellules amenant plusieurs détenus à vomir et saigner du nez en tentant de lutter pour pouvoir respirer.

Le 17 septembre, deux jours après les accusations d’Amnesty International, le porte-parole du gouvernement camerounais déclara que les 25 personnes mortes en étant détenues par la gendarmerie l’avaient été suite à « une intoxication chimique collective après avoir ingéré des produits chimiques et traditionnels non identifiés ». Il assura s’être basé sur les résultats d’une « autopsie ». Le département d’Etat regrette que ladite autopsie n’a jamais été rendue publique et que le ministre de la Communication a par ailleurs été incapable de donner la liste des personnes décédées et le lieu de leur inhumation.

Le rapport souligne aussi, pour ne pas verser dans la critique unilatérale, que les combattants de Boko Haram ont tué des centaines de civils et de membres de comités d’auto-défense dans la région de l’Extrême-Nord. Le rapport fait état notamment d’un double attentat suicide survenu à Kerawa le 03 septembre 2015, en faisant au moins 40 morts et plus de 150 blessés. La secte a également procédé à des enlèvements de plusieurs civils à Double, Waza, Amchide, Tchakamari, et Blame dans la région de l’Extrême-Nord, entre autres localités touchées par les exactions du groupe terroriste.

Le gouvernement accorde généralement la protection aux réfugiés et aux déplacés internes, reconnaît le département d’Etat.

Harissou, Marafa
Le rapport aborde aussi le problème des conditions de détention et de la surpopulation carcérale, reprenant des chiffres du ministère de la Justice. En août 2015 par exemple, la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, d’une capacité d’accueil de 500 prisonniers, avait dans les faits 4234 détenus. La prison centrale de Maroua, dans l’Extrême-Nord, construite en 1935 pour 235 prisonniers, en accueillait 1360 en 2015.

Au chapitre des arrestations et détentions arbitraires, il est de nouveau évoqué les situations de Aboubakar Sidiki et de Abdoulaye Harissou, arrêtés respectivement à Douala et à Maroua en août 2014, sans qu’ils sachent au départ ce qui leur était reprochés. Les deux personnalités sont actuellement poursuivis au tribunal militaire pour «outrage au président de la République du Cameroun», «hostilité contre la patrie et révolution», «complicité d’assassinat», «port et détention illégale d’armes».

« Il n’y a pas toutefois de statistiques disponibles sur le nombre de prisonniers politiques », peut-on lire dans le document. Le nom de l’ex-ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya est cependant mentionné, sous prétexte qu’il fait l’objet d’une « haute surveillance » car incarcéré au secrétariat d’Etat à la défense en charge de la gendarmerie; et qu’il est par ailleurs parfois difficile à ses avocats d’avoir accès à lui. Le rapport évoque une scène du 03 juillet 2015, survenue à l’Hôpital Général de Yaoundé, au cours de laquelle il fut interdit à deux avocats de voir le prisonnier, sous le motif qu’ils n’avaient pas une autorisation pour communiquer avec lui.

John Kerry, le Secrétaire d’Etat américain
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« Affiliation avec Boko Haram »
Au-delà de ce cas, le rapport 2015 des Etats-Unis sur les droits de l’Homme au Cameroun, aborde aussi le domaine de la liberté d’expression. Rappelant la « vitalité » de la presse camerounaise (avec plus de 650 journaux, 200 radios et une dizaine de télévisions privées), dans un environnement économique et administratif morose, le rapport s’attarde sur les violations enregistrées sous le couvert de la lutte contre le terrorisme.

Il est rappelé l’interpellation à l’Extrême-Nord, en août 2015, de Simon Ateba, un journaliste camerounais établi à Lagos, qui s’était rendu au camp des réfugiés nigérians de Minawao pour y faire une enquête sur leurs conditions de vie; avant d’être arrêté et incarcéré suite à des allégations d’espionnage et d’affiliation à Boko Haram. Il avait recouvré la liberté après trois jours de détention. Ahmed Abba, un correspondant de RFI en langue Haussa interpellé le 30 juillet 2015 à Maroua, est quant à lui toujours sous les verrous.

De manière générale, les détentions arbitraires liées à Boko Haram et à la lutte contre le terrorisme innervent le rapport 2015 sur l’état des droits de l’homme au Cameroun, document en anglais de 46 pages qui a été transmis au Congrès américain après sa présentation aux journalistes à Washington D.C. par le département d’Etat.

Le lecteur pourra aussi y trouver aussi des données sur la situation des droits des femmes et des enfants, et des appréciations sur la corruption au sein du gouvernement et de l’administration publique.

Lire le rapport intégral sur l’état des droits de l’Homme au Cameroun en 2015

Des soldats du BIR, unité d’élite de l’armée camerounaise déployée dans la région de l’Extrême-Nord
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Cameroun: la CNDHL soutient le président Mowha

Par Frontline fighters for Citizen Interests (FFCI)

Frontline fighters for Citizen Interests (FFCI) informe l’opinion publique nationale et internationale qu’en dates des 10, 12 et 18 janvier 2016, la Commission des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL), par son représentant régional Ouest, M. Paul Tizanou, a rendu visite à son président Mowha Franklin, incarcéré depuis le 6 décembre 2016 à la Prison Centrale de Bafoussam pour six mois fermes, en exécution d’un mandat d’arrêt du TPI de Bafoussam datant de 2012.

Sous haute instruction du Dr Chemua Banda Divine, Président de la CNDHL, un appui financier a été accordé à la famille Mowha pour soutien à la scolarité de ses quatre enfants mineurs, résidant toujours à Bamenda avec leur mère depuis décembre 2013 !


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Le Burundi toujours au centre des discussions avant le sommet de l’UA

Le week-end prochain doit se tenir à Addis Abeba le 26e sommet de l’Union africaine avec pour thème les droits de l’homme

Le week-end prochain doit se tenir à Addis Abeba le 26e sommet de l’Union africaine avec pour thème les droits de l’homme. En prélude, tous les ministres africains des Affaires étrangères sont attendus ce mercredi matin dans la capitale éthiopienne pour un Conseil exécutif de l’UA, dont le sujet majeur sera le Burundi, enlisé dans une profonde crise depuis huit mois.

Des « violations massives » des droits de l’homme au Burundi, indiquait le dernier rapport des Nations unies la semaine dernière. Les droits de l’homme, éternelle problématique du continent et d’une Union africaine qui peine à s’organiser. Le protocole censé lancer la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples n’a pour l’heure été ratifié que par 24 Etats. Soit à peine la moitié.

Les droits de l’homme, mais avec un accent sur les droits de la femme. L’Union africaine avait déjà déclaré 2015 l’année de l’autonomisation de la femme. Un enjeu cher à la Commission.

Dlamini-Zuma candidate à sa succession ?
La Commission sera elle aussi au c ur des spéculations. Le mandat de Nkosazana Dlamini-Zuma prendra fin en juillet. Se représentera-t-elle ? D’après les rumeurs, non. La présidente de la Commission semblerait vouloir se concentrer sur la politique sud-africaine avec en vue l’élection présidentielle de 2019.

De nouveaux visages apparaîtront aussi au sein du Conseil de paix et sécurité. L’ensemble des membres sera renouvelé en fin de semaine.

Mais parmi les quinze représentants, les poids lourds de la politique africaine, le Nigeria, l’Algérie et l’Ethiopie devraient conserver leurs fauteuils. Et la nouvelle assemblée devra, sans surprise, se focaliser sur le cas du Burundi.

La nouvelle Assemblée générale devra se focaliser sur la crise au Burundi. Addis Abeba, le 30 janvier 2014.
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RDC: les atteintes aux droits de l’homme explosent

C’est le constat que dresse le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme avec 64% de violations de plus en 2015 par rapport à 2014

Une augmentation dramatique du nombre de violations des droits de l’homme en République démocratique du Congo : c’est le constat que dresse le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme avec 64% de violations de plus en 2015 par rapport à 2014. Des violations commises pour un peu plus de la moitié par les agents de l’Etat et l’autre moitié par les groupes armés. Une tendance des plus inquiétantes alors que s’ouvre officiellement une année électorale en RDC dont la crédibilité du processus pourrait être menacée.

Il y a d’abord une recrudescence des violations commises par les groupes armés, avec les FDLR, le FRPI, la LRA en tête. Une hausse de 95 % par rapport à 2014. Pour le patron du bureau conjoint, José Maria Aranaz, c’est sans doute un des effets pervers de la suspension des opérations conjointes entre la Monusco et l’armée congolaise. Il y a moins d’opérations contre les groupes armés qui sont donc plus actifs et les forces de sécurité congolaises ont, selon lui, tendance à commettre plus de violations des droits de l’homme quand elles ne coopèrent pas avec les casques bleus.

Deuxième type d’explication de cette hausse spectaculaire : le découpage du pays en 26 provinces qui n’aurait pas été accompagné du déploiement nécessaire des forces de l’ordre et des institutions judiciaires. Mais les agents de l’Etat sont, selon ce rapport annuel, responsables de près de la moitié des violations, avec tout de même 294 victimes d’exécutions sommaires.

La troisième raison évoquée pour expliquer cette hausse du nombre de violations, est la restriction de l’espace politique et les atteintes aux libertés – d’expression, de réunion et de manifestation – avec des arrestations arbitraires, menaces et intimidations à l’égard de l’opposition, de la société civile et de journalistes. Le bureau conjoint s’inquiète notamment des interdictions générales de se réunir ou de manifester par certains commissaires spéciaux et d’un double standard interdisant les manifestations de l’opposition et pas de la majorité ou en soutien au gouvernement.

Pour l’ONU, les forces de sécurité congolaises ont tendance à commettre plus de violations des droits de l’homme quand elles ne coopèrent pas avec les casques bleus.
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Mali: l’ONU dénonce de massives violations des droits de l’homme

En mai 2014, l’armée malienne a utilisé des armes lourdes, de façon indiscriminée, dans la ville de Kidal, en direction de zones habitées par des civils, précise un des deux rapports

Au Mali, deux rapports publiés conjointement par la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme évoquent avec précision deux affaires qui ont fait beaucoup de bruit. En 2014, l’armée malienne ouvre les hostilités et tente, sans succès, de reprendre des mains de la rébellion, la ville de Kidal, située au nord-est. Ensuite, en mai 2015, c’est une confrontation qui a eu lieu, toujours dans le nord, entre des groupes armés pro-Bamako et les groupes rebelles. Dans les deux cas, précise le rapport, de massives violations des droits de l’homme ont été commises.

En mai 2014, l’armée malienne a « utilisé des armes lourdes, de façon indiscriminée, dans la ville de Kidal, en direction de zones habitées par des civils », précise le premier rapport.

Des violations et des abus ont également été commis par des groupes armés rebelles qui, lors de ces évènements, ont tué huit personnes, dont six membres de l’administration malienne, et parmi lesquelles « certaines auraient été exécutées sommairement », selon le document de l’ONU.

Le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats dans les hostilités sont également pointés dans le rapport qui accuse également les groupes armés d’arrestations arbitraires et de traitements cruels.

Le deuxième rapport dénonce aussi de graves violations commises, cette fois-ci en 2015, lors d’affrontements dans la région de Gao entre le Gatia – un groupe armé pro-gouvernemental – et les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad.

Au cours des combats, le Gatia aurait « sommairement exécuté six hommes en raison de leur appartenance communautaire ». De leur côté, les rebelles sont accusés « d’avoir pillé, fait prisonniers et obligé 230 personnes à un déplacement forcé, sur une base ethnique ».

Les groupes armés démentent
Si la CMA reconnaît qu’il y a eu de graves violations tout au long de la crise qui l’a opposée au gouvernement malien, elle conteste son implication dans les exactions relevées par les Nations unies, notamment dans la mort de 8 personnes, dont 6 membres de l’administration malienne, certaines exécutées sommairement en mai 2014, à Kidal.

« Nous n’avons pas tiré à bout portant ou de manière sommaire sur ces personnes. Elles ont été découvertes mortes dans les enceintes du gouvernorat qui était le théâtre d’opérations militaires pendant les combats. Des combats qui nous opposaient aux Fama suite à leur volonté délibérée de violer le cessez-le-feu et d’attaquer nos positions », explique Mossa Ag Attaher, porte-parole de la CMA au nom du MNLA.
La CMA demande un rapport plus approfondi et la mise en place d’une commission d’enquête internationale neutre.

Le chef d’état-major adjoint de la plateforme à laquelle appartient le Gatia, Djibril Diallo, réfute quant à lui les accusations visant le groupe armé pro-gouvernemental. Il précise que le groupe ne se trouvait plus sur les lieux au moment des faits.

Un véhicule de l’armée malienne dans les rues de Gao.
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Critiquées sur une opération armée, les autorités camerounaises répondent

Dans un rapport publié en septembre dernier, Amnesty International répertorie de nombreuses violations des droits de l’homme dans deux villages au nord du pays

Amnesty International demande des explications aux autorités camerounaises sur une opération de ratissage de l’armée dans deux villages dans le nord du Cameroun. Dans cette opération conjointe de l’armée, de la police et de la gendarmerie pour déloger des combattants du groupe Etat islamique (ex-Boko Haram), 200 personnes ont été arrêtées mais 130 d’entre elles sont toujours portées disparues. 25 autres sont mortes en détention dans la prison de Maroua, la capitale provinciale.

Dans un rapport publié en septembre dernier, l’ONG répertorie de nombreuses violations des droits de l’homme lors de l’opération.

« Nous savons qu’une enquête interne et administrative a déjà été ouverte en mars 2015, en ce qui concerne les personnes mortes en détention. Mais, à ce jour, rien n’a été fait pour essayer de donner des informations aux familles, des gens qui sont, encore aujourd’hui, portés disparus depuis un an. Nous demandons une enquête impartiale par une institution indépendante qui puisse essayer de faire la lumière sur ce qui s’est passé parce que pendant la même opération de bouclage et ratissage, huit personnes dont un enfant ont été tués, et environ 80 maisons ont été brûlées. Des biens ont été emportés par les forces de sécurité. », estime Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur l’Afrique centrale à Amnesty International.

De son côté, le Cameroun qui a en effet ouvert une enquête interne se défend de couvrir les agissements présumés de ses forces de sécurité.

« C’est injuste de faire passer la victime pour le bourreau. C’est Boko Haram qui égorge et décapite nos populations, comme de temps en temps aussi quelques-uns de nos militaires. Qu’il y ait eu des bavures, nous le reconnaissons. Et d’ailleurs, nous avons un colonel qui était responsable de la gendarmerie à cette époque-là. Il sera traduit devant la cour martiale parce que c’est sous son administration qu’il y a eu négligence, et après avoir placé des gens dans un magasin désaffecté, le lendemain quand on ouvre le magasin, on constate qu’il y en avait 20 ou 25 qui étaient morts. Ça relève de sa compétence, c’est le plus haut gradé. Mais tous ceux qui, de manière ou d’une autre, seraient pris en flagrant délit du non-respect des droits de l’homme en répondront devant des tribunaux militaires. », explique Issa Tchiroma, le porte-parole du gouvernement.

es soldats camerounais patrouillent à bord de véhicules militaires dans la commune de Fotokol, à la frontière du Nigeria, le 3 février 2015.
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Droits de l’homme, gouvernance et économie au menu des journaux camerounais

La récente sortie du ministre de la Communication au sujet de prétendues exécutions de citoyens nigérians par l’armée est l’un des sujets à la une de l’actualité lundi

La récente sortie du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, au sujet de prétendues exécutions de citoyens nigérians par l’armée mais aussi des sujets à coloration économique et axés sur la mal gouvernance dominent le menu des journaux camerounais parus lundi.

Le gouvernement de la République du Cameroun a apporté, jeudi dernier, un démenti formel et catégorique aux allégations faisant état de prétendues exactions commises par les forces de défense, lors des opérations de ratissage effectuées aux abords de la frontière avec le Nigeria dans la région de l’Extrême Nord.

Au cours de celles-ci pas moins de 150 villageois de nationalité nigériane auraient été exécutés, leurs habitations incendiées et leurs biens pillés et dérobés en territoire nigérian, selon le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune (CT).

«L’armée camerounaise une fois de plus accusée d’exactions», confirme son confrère privé Emergence, qui relaie des accusations portées par la presse américaine et confirme le nombre de 150 exécutions sommaires.

La même publication, concernant toujours la guerre contre la secte islamiste Boko Haram, indique par ailleurs que plus de 800 membres de ce mouvement terroriste sont actuellement détenus à la prison de Maroua (Extrême-Nord), prévue en réalité pour accueillir 350 prisonniers et qui en compte désormais 1513.

Dans le bihebdomadaire La Météo, c’est le directeur général de la Cameroon Water Utilities (Camwater, société de patrimoine), Jean Williams Sollo, qui «est allé se mettre à genoux à Paris devant Franck Biya», du nom du fils aîné du président de la République.

En effet, apprend-on, acculé par les affaires, l’homme a «usé de subterfuges» pour se retrouver, dans la capitale française, face à un personnage qu’il croit capable de lui procurer à la fois longévité au poste et immunité judiciaire.

«Pour ceux qui suivent la chronique des faits divers à la Camwater, il va de soi que l’homme, comme un gangster pris en tenaille, a décidé de jeter ses dernières forces dans la bataille pour se sortir d’affaire », écrit La Météo.

« Mais, ajoute-t-il, la gangrène à l’état avancé, au sein de la société dont il a la charge, semble si profonde que le salut ne pourrait vraisemblablement pas venir de quelques coups foireux, d’opérations de charme ou encore d’une savante campagne cachottière. »

Dans cette problématique de mal gouvernance généralisée, c’est encore Issa Tchiroma Bakary, constate Mutations, estimant que «la corruption est universelle» et non le monopole du Cameroun, qui est pris à partie par le président de la section nationale de Transparency International (TI), l’avocat Charles Nguini. Pour ce dernier, cette communication qui insiste pour le vote d’une loi anti-corruption dans le pays «est contreproductive».

Victimes de ce phénomène, les exploitants de bois, selon Le Jour, n’ont pas attendu la fin de cette polémique liée au dernier classement de TI, qui fait du Cameroun le 2ème pays le plus corrompu d’Afrique après le Liberia, pour interpeller le gouvernement sur les ravages de cette gangrène particulièrement dans les régions de l’Adamaoua et de l’Est.

Dans Mutations, c’est l’archevêque de Yaoundé, Jean Mbarga, qui décrie justement la misère et la corruption rampantes à travers le pays.

Dans son homélie de Noël rapporte la publication, l’homme d’Eglise a déclaré que «les Camerounais ne vivent pas, mais ils survivent. Nous devons prendre conscience que la misère est notre premier ennemi, et la corruption en est l’arme la plus redoutable. Que l’action économique se dirige dans les quartiers, les villages, etc. pour soustraire les populations de ces gangrènes».

Sur le front de l’économie, justement, CT consacre sa couverture à la ventilation du budget 2016, équilibré en recettes et en dépenses à 4 234,7 milliards FCFA et dont les dépenses intègrent notamment les contraintes sécuritaires liées à la guerre contre Boko Haram.

Sont également prises en compte les bandes armées venues de la République centrafricaine du côté de l’Est, dans un contexte marqué par la réduction du train de vie de l’Etat.


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Violations des droits de l’Homme: la Comicodi tire la sonnette d’alarme

Par Shanda Tonme

Un nombre d’abus et de violations des droits de l’Homme inquiète plusieurs organisations de la société civile au Cameroun, de tels manquements pouvant mettre en péril la cohésion sociale dans ce pays. Ci-dessous, un cas d’illustration parfaite d’abus constaté par la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (Comicodi)

Objet : Requête aux fins d’informations sur les abus subis par monsieur Kamgaing Kamgaing Darios, sur l’orchestration du sieur Nana Bouba.

Monsieur le Président, nous sollicitons votre intime attention pour vous rappeler le cas de monsieur Kamgaing Kamngaing Darois, dont nous aimerions avoir une idée des actions entreprises par votre institution dans l’affaire qui l’oppose à monsieur Nana Bouba.

Il ressort en effet de la demande d’intervention qui nous été adressée, des faits d’une gravité extrême ayant non seulement privé ce citoyen de liberté accompagné de tortures, mais également de confiscation sans droit ni titre de son bien.

Dans l’attente croyez, Monsieur le Président, à l’assurance de notre considération citoyenne./.


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Les droits des Africains continuent d’être bafoués!

Par le Cercle Belgo-Africain Pour la Promotion Humaine (CEBAPH)

La Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée par les 58 membres qui constituaient l’Assemblée générale des Nations unies, le 10 décembre 1948, est célébrée dans le monde entier le 10 décembre de chaque année. Pour la célébration de ce 67ème anniversaire de cette déclaration, l’asbl CEBAPH (Cercle Belgo-Africain Pour la Promotion Humaine) s’inquiète de la situation des droits de l’Homme en Afrique. L’intégralité de son communiqué publié ce jour.

Il y a 67 ans, l’Assemblée Générale des Nations Unies adoptait à Paris, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH). Après les barbaries perpétrées lors de la seconde guerre mondiale, cette déclaration réaffirmait les droits fondamentaux de tout être humain, « la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine », « les droits égaux et inaliénables (qui) constituent le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ».

La Déclaration de 1948 a ravivé l’espoir pour bon nombre de fervents défenseurs des droits de l’Homme. Elle porta ses fruits et fut le point de départ d’autres textes internationaux et régionaux proclamant les droits de l’Homme : Pactes internationaux sur les droits civils et politiques et économiques, sociaux et culturels (1966), Conventions internationales contre la torture, pour l’élimination des discriminations raciales et à l’égard des femmes, sur les droits de l’enfant et le statut des réfugiés, ainsi que, sur le plan régional, la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, la Convention interaméricaine des droits de l’Homme (1969), la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples (1981), etc.

En ce jour 10 décembre 2015, l’asbl Cebaph (Cercle Belgo-Africain Pour la promotion Humaine), toutes les antennes réunies, se joint à la Communauté Nationale et Internationale pour commémorer cette Journée Internationale des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales.

Cette journée commémorative pour tous les militants défenseurs des droits humains intervient à un moment où de grandes interrogations et de vives préoccupations sont présentes dans les esprits au moment où les libertés fondamentales demeurent bafouées dans le monde entier et l’Afrique en particulier.

A cet effet, inquiet de la tendance négative du respect des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales en Afrique, l’asbl Cebaph constate que :
Les cas de violations des droits de l’Homme dans le cadre ou au nom de la lutte contre le terrorisme sont en effet nombreux sur le continent africain. Pourtant, il n’existe pas en Afrique de mécanisme de contrôle du respect des droits fondamentaux dans ce contexte spécifique. Seules l’actuelle Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples et la future Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples auraient un rôle important à tenir pour contrôler les mesures et pratiques des États.

Les dossiers sur les exactions que subissent la population du Nord Est du Congo RDC et qui implique dans la conscience universelle le caractère flagrant de l’impunité sont classés sans suite. Idem pour la situation alarmante des défenseurs des droits de l’Homme qui sont en permanence en danger de mort.

-Le système de dysfonctionnement du système judiciaire, la corruption, le népotisme et au favoritisme flagrants et les actes de tortures récurrentes au Cameroun…Sans oublier la violence de la part des forces de l’ordre du Cameroun exercée sur membres des partis politique de l’opposition et de la société civile qui réclament les conditions meilleures pour la mise en place d’un véritable Etat de Droit au Cameroun.

– Le Darfour, théâtre d’une rébellion et d’une répression qui continue en toute impunité à chasser de leurs foyers des millions d’habitants.

– Aussi, l’asbl Cebaph relève que les campagnes électorales ont été violentes dans plusieurs pays, notant que « dans presque tous les cas, les violations des droits humains ont été commises en toute impunité ».

Interpellation
Face à cette situation de dégradation alarmante des droits de l’Homme en Afrique, l’asbl Cebaph profite de ce 67ième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme pour lancer un appel pour une mobilisation générale et permanente à l’endroit de toutes les citoyennes et de tous les citoyens en vue de faire échec aux fossoyeurs de libertés fondamentales et de l’Etat de Droit.

L’Asbl Cebaph interpelle les autorités camerounaises en vue de la libération des derniers jeunes emprisonnés depuis 2008 dans le cadre des émeutes de février 2008 et invite les mêmes autorités à initier un procès équitable pour toutes les personnes interpellées dans le cadre d’une enquête. Nous en profitons également pour condamner au Cameroun des actes d’arrestations arbitraires, des détentions abusives, de la torture etc. entretenus de façon récurrente par les autorités locales vis-à-vis des populations démunies.

Face au règne grandissant de l’impunité en République Centrafrique, l’asbl Cebaph interpelle les autorités locales afin qu’elles mettent en uvre les mesures nécessaires pour lutter contre ce manquement. Cela passe notamment par l’interdiction en droit interne de toute violation des droits reconnus dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, par la garantie d’une justice indépendante et impartiale, et par la mise en uvre de sanctions efficaces.

En tout état de cause, l’asbl Cebaph interpelle le Conseil de Paix et de sécurité de l’Union Africaine, l’Organisation des Nations Unies, l’Union Européenne, tous les militants des Droits de l’Homme et tous les Démocrates du monde entier, à se mobiliser comme un seul Homme pour promouvoir les valeurs Républicaines contenues dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

L’asbl Cebaph salue le courage des centaines de milliers de défenseurs dans le monde qui, avec énergie et dévouement, mettent en danger leur vie pour la promotion et la protection de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales.

Une fois encore, nous n’avons qu’une intention : Celle d’arrêter le cycle infernal des massacres, génocides et de l’humiliation de l’intelligentsia africaine.

Nous exhortons dont à un sursaut de tous les Africains en ce 67 ieme anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme pour enfin retrouver le sens de la dignité qui, est la parfaite harmonie entre ce que l’on dit et ce que l’on fait pour un renouveau dans notre continent, berceau de l’Humanité.

Fait à Bruxelles le 10 décembre 2015


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L’Afrique. pour le respect des droits de l’homme et l’éradication de la torture!

Le sujet est au centre des travaux de la 10e conférence biennale des réseaux africains des droits de l’homme ouverts mercredi à Yaoundé, sous la présidence du Premier ministre, Philemon Yang

«Les droits de l’homme sont une composante importante de la vie de l’homme. Il est important qu’ils soient toujours respectés», a déclaré Philemon Yang, qui procédait, au nom du chef de l’Etat, à l’ouverture de la 10e conférence Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme (Rinadh). C’était mercredi soir, 21 octobre 2015, à Yaoundé, capitale camerounaise.

Placés sous le thème: «Prohibition et prévention de la torture: succès, défis et rôle des INDH africaines», les travaux regroupent des représentants de 44 pays du continent. Les participants à ces assises devront identifier les défis et opportunités qui leur sont offerts pour contribuer à la prévention et à la lutte contre la torture en Afrique.

Hier déjà, lors de son allocution, le président en exercice du Rinadh, le Camerounais Chemuta Divine Banda, par ailleurs, président de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés a relevé que l’Afrique a encore du chemin à faire en la matière. Pour lui, «la torture n’est pas que physique. Elle est également morale et même psychologique».

De l’avis du directeur du Centre des Nations unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale, Ahowanou Agbessi, représentant du Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme en Afrique centrale, «la torture est l’une des violations les plus graves des droits de l’homme». D’où la nécessité de se prémunir contre elle en tout temps. Même en temps de conflit.

Et pour contribuer à la faire reculer, Chemuta Divine Banda a souligné le rôle majeur des institutions nationales des droits de l’homme qui, selon lui, doivent être régies par un cadre juridique leur garantissant une forte autonomie et des ressources adéquates dans le budget des Etats. Ceci, dans le but de «faciliter leurs interventions en matière de promotion et de protection des droits de l’homme».

Malheureusement, celles du continent africain, de l’avis du président en exercice du Réseau souffrent d’un grave déficit en la matière. Ainsi, sur les quatre réseaux qui existent en la matière dans le monde, celui du continent arrive en dernière position. Une faible performance qui s’explique par « le niveau de développement des pays africains qui reste encore bas », selon le président de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés du Cameroun. D’où leur intérêt à se tourner vers des partenaires financiers.

Au rang de ceux intervenant en appui au Rinadh, l’on peut citer l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Commonwealth ou encore l’Union européenne. Prenant la parole à l’ouverture des trois jours de travaux de Yaoundé, Françoise Collet, ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun, a garanti le soutien de cette institution aux différentes actions de prévention et de lutte contre la torture.

Au sortir des travaux qui prennent fin demain, vendredi, la Déclaration de Yaoundé devra présenter les progrès accomplis pour la mise en uvre des lignes directrices de Robben Island et des recommandations sur les moyens d’aller de l’avant pour le réseau et ses membres.


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Burundi: le gouvernement répond à l’Union africaine

Après l’annonce faite par le Conseil paix et sécurité de l’Union africaine, samedi, de l’ouverture d’une enquête approfondie sur les violations des droits de l’homme dans le pays, Bujumbura réagit

Après l’annonce faite par le Conseil paix et sécurité de l’Union africaine, samedi 17 octobre, de l’ouverture d’une enquête approfondie sur les violations des droits de l’homme et des exactions contre les populations civiles au Burundi, Bujumbura réagit par la voix du ministre des Relations extérieures, Alain Aimé Nyamitwe.

«Il y a des efforts qui ont été menés au sein du pays. Il y a des efforts qui sont en cours au niveau de la région. Je peux vous affirmer que les consultations avec la région n’ont jamais été interrompues. Donc le travail se fait. Maintenant, qu’ils viennent avec un marteau pour imposer une série de mesures sur le Burundi, nous, nous sommes en droit de nous poser la question: est-ce que cette décision émane véritablement du Conseil de paix et sécurité, ou d’ailleurs?», interroge le ministre des Relations extérieures burundais, Alain Aimé Nyamitwe. «Au vu des réactions de satisfaction qui sont venues de certains partenaires, on est en droit absolument de se poser la question de savoir si cette décision n’a pas été dictée ou inspirée tout au moins d’ailleurs», ajoute-t-il.

L’Union africaine (UA) a annoncé samedi 17 octobre le lancement d’une enquête sur les violations des droits de l’homme au Burundi. Elle a appelé à la mise en place de sanctions ciblées contre ceux qui contribuent à la montée continue de la violence. Une mission africaine doit également être prête à se déployer au Burundi pour éviter des violences généralisées.

L’Union africaine demande par ailleurs la convocation rapide d’un dialogue, à Kampala ou à Addis-Abeba, impliquant tous les acteurs burundais, y compris ceux qui se trouvent à l’extérieur du pays. L’Union européenne partage l’analyse de l’UA et soutien l’annonce du lancement d’un dialogue ouvert à l’extérieur du pays.

Cette dernière requête sera satisfaite, mais le choix de la ville doit être négocié, répond Alain Aimé Nyamitwe. «Je crois que le plus important pour la région, pour l’Union africaine et pour les Nations unies en général, c’est qu’il puisse effectivement y avoir un dialogue ouvert, un dialogue inclusif. Et c’est le but que nous recherchons, affirme le ministre des Relations extérieures. Je peux vous dire que la volonté y est et que nous sommes prêts à rencontrer tous les Burundais, qu’ils soient au Burundi ou à l’étranger, pourvu que le but recherché soit la paix. Nous sommes absolument désolés qu’on impose une ville. Ça ne se fait pas. Parce qu’ici, même la ville est objet de discussions, de négociations.»

Un policier patrouille dans les rues de la capitale Bujumbura, fin juillet 2015.
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Cameroun: la Commission des droits de l’Homme du Barreau installée

L’organe technique, créée en février 2015, est désormais présidé par Me Simon Pierre Etémé Etémé, avocat

Créée en février 2015, elle apparaît comme l’une des filles aînées du bâtonnier de l’ordre des avocats, Me Jackson Ngnié Kamga. Selon son président nouvellement installé, Me Simon Pierre Etémé Etémé, «la Commission des droits de l’homme du barreau est spécialement chargée «d’inventorier» les normes de droit interne qui restent en déphasage avec le Droit international dans lequel est engagé le Cameroun».

A travers cet organe technique, installé récemment, il est question de soumettre aux délibérations du conseil de l’ordre des avocats les projets pertinents de modification des normes sus-évoquées. C’est dire l’importance de cette commission sur laquelle devra s’appuyer le barreau dans le plaidoyer pour le toilettage de l’arsenal juridique camerounais. Ceci, dans la perspective de sa mise en conformité avec les standards internationaux de réalisation, de promotion et de protection des droits humains.

Concrètement, cette commission est habilitée à saisir le conseil de l’ordre de toutes violations des droits de l’homme qu’elle juge graves, d’où qu’elles émanent. Elle est, par conséquent, chargée de mener des enquêtes en rapport avec ses prérogatives. Des missions qui positionnent l’ordre des avocats comme un réel observatoire stratégique des droits de l’homme au Cameroun.


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Violation des droits de l’homme: le F.F.C.I écrit au président Paul Biya

Par Mowha Franklin, Président National du Frontline Fighters for Citizen’s Interest (FFCI)

Excellence Monsieur le Président, au nom de l’organisation FFCI (Frontline Fighters for Citizen’s Interest) dont l’objet est la défense et la sauvegarde des droits citoyens, nous avons l’honneur de porter à votre connaissance les violences et autres exactions subies de façon continue par monsieur Ndjoumegni Vincent et expulsé par le colonel Wankam Marius d’une manière totalement injuste de son domicile qu’il occupe de façon continue et qu’il a acquis par voie successorale.

Monsieur le président,

Monsieur Ndjoumeni occupe un lopin de terre immatriculé à son profit suivant titre foncier N° 2238 délivré le 14 février 2008 par le conservateur foncier de Bangangté. Ce terrain est totalement mis en valeur et a fait l’objet du jugement en sa faveur N°202/COR du 23 juillet 2013 par la cour d’appel de l’Ouest à Bafoussam. Ce jugement a été rendu par:
-Madame Ekambi Patrice, vice-président de céans, Président ;
– Monsieur Kountchou Clément, vice-président de ladite Cour-membre
-Monsieur Tonye Pierre, vice-président de ladite Cour-membre
-En présence de Monsieur Ebia Ndida André substitut au paquet général près la cour d’appel de l’Ouest à Bafoussam, occupant le banc du ministère public; assistés de Maître Metouom Yolande Noel’ Greffière assermentée.

Monsieur Ndjoumegni Vincent né en janvier 1932 à Bamena par Bangangté a fait face à 12 arrestations successives et gardes-à-vue arbitraires dans le but de l’obliger à quitter sa concession héritée de ses parents.

FFCI Frontline Fighters for citizen’s Interest, dénonce avec la plus grande vigueur les exactions subies par Monsieur Ndjoumegni de la part d’un officier supérieur de l’armée Camerounaise avec la complicité des autorités Administratives et Judiciaire de Bangangté.

Monsieur le président,
Alors qu’il apparaît clairement ici que Ndjoumegni Vincent a eu gain de cause devant la cour d’appel de l’Ouest dans l’affaire l’opposant au colonel Wankam MariuS, ce denier a décidé de faire recours au non droit car après le verdict du 23 juillet 2013, il a décidé d’utiliser les voix de fait contre Ndjomegni Vincent et ne cesse de faire usage de ses relations.

Monsieur le président,
FFCI sollicite votre intervention pour abréger les souffrances de ce citoyen démuni et dont on veut faire plier l’épine de résistance face à l’arbitraire.

En vous souhaitant bonne réception de notre correspondance pour laquelle nous souhaitons une suite favorable, Veuillez agréer, Excellence Monsieur le président, l’assurance de notre parfaite considération.


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Les Etats-Unis dénoncent l’absence des pouvoirs judiciaire et législatif au Cameroun

Dans son rapport 2014 sur la situation des droits de l’homme au Cameroun, le département d’Etat évoque également le cas Guerandi Mbara, le «prisonnier politique» Marafa Hamidou Yaya, etc.

C’est presqu’un brûlot que les Etats-Unis viennent de produire sur le Cameroun. Sur les 41 pages du rapport 2014 sur la situation des droits de l’homme au Cameroun, publié par le département d’Etat américain (équivalent du ministère des Relations extérieures ici), très peu de points positifs sont mis au compte du pays que dirige Paul Biya depuis 1982. Et le président en prend lui-même pour son grade au début de ce rapport rédigé en anglais.

«Le Cameroun est une République dominée par une présidence forte.» «Dans la pratique, le président détient le pouvoir pour contrôler la législation», observent les auteurs du rapport. Si la Constitution de janvier 1996 parle de trois pouvoirs au Cameroun (exécutif, législatif et judiciaire), principe régulièrement défendu par certains ministres, le département d’Etat indique pour sa part que l’Exécutif prime sur tous les autres. «Le président Biya et les membres du RDPC, cependant, contrôlent les aspects clés du processus politique y compris le judiciaire», peut-on relever à un autre endroit du rapport.

Le département d’Etat américain décrit un pouvoir présidentiel très «fort». «Le président nomme tous les ministres y compris le Premier ministre, et nomme également les gouverneurs de chacune des 10 régions du Cameroun, qui représentent en général les intérêts du RDPC. Le président a le pouvoir de nommer d’importants membres des 58 structures administratives régionales. Le gouvernement paie les salaires (surtout) des chefs traditionnels ce qui crée un système de patronage», relève le département d’Etat.

Les Américains regrettent par ailleurs que les 286 groupes ethniques du Cameroun ne soient pas proportionnellement représentés dans l’administration et d’autres instances du pays. «Les membres du groupe ethnique Beti/Bulu du Sud, dont est originaire le président, occupent des postes clés et sont disproportionnellement représentés dans le gouvernement, les entreprises publiques, et le RDPC, parti au pouvoir», lit-on dans le rapport.

De manière générale, en dehors de ces questions politiques suscitées qui ne sont pas l’objet du rapport, le département d’Etat américain dénonce: Les conditions de détentions des prisonniers, la mauvaise qualité de la nourriture à eux servis, le racket organisé par les gardiens de prison; le travail des enfants; les arrestations et détentions arbitraires; le prolongement des détentions provisoires dans les affaires judiciaires; le harcèlement des journalistes; la restriction de la liberté d’expression pour la presse; les entraves à la liberté de mouvement; le niveau de corruption dans le pays; la discrimination contre les homosexuels; les abus commis par les forces de défense et de sécurité, parfois sous le sceau de la lutte contre Boko Haram, pour l’essentiel. En le parcourant, on constate que le rapport est basé sur les articles de médias, les rapports des ONG et des institutions gouvernementales.

Dans le détail de certaines critiques formulées contre le Cameroun
Sur le point des arrestations et détentions arbitraires, les Américains notent l’arrestation le 09 août 2014 à Douala de Aboubakar Sidiki et le 26 août 2014 de Abdoulaye Harissou, notaire arrêté à Maroua. Les deux personnalités ont été transférées à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui le 26 septembre, et inculpées en octobre pour divers chefs d’accusation, dont celui d’«hostilité contre la patrie et révolution».

Le rapport dénonce aussi les délais qui ne sont pas respectés en ce qui concerne la détention provisoire, fixée à 18 mois au maximum au Cameroun. Il s’appuie notamment sur le cas de Henri Engoulou, l’ancien ministre délégué aux Finances, en charge du budget, décédé à Yaoundé le 08 mai 2014, d’une fièvre typhoïde après plus de quatre ans d’incarcération en attendant son procès.

«Il n’y a pas de statistiques disponibles sur le nombre de prisonniers politiques» au Cameroun, mentionne le rapport au chapitre consacré aux détenus et prisonniers politiques. Ces personnes sont incarcérées «sous haute sécurité», souvent au Secrétariat d’Etat à la Défense, décrivent les auteurs du rapport. Le département d’Etat cite ainsi le nom de Marafa Hamidou Yaya, ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, condamné en 2012 à 25 ans d’emprisonnement pour des faits liés à un détournement de deniers publics. Comment on peut le relever dans le rapport, M. Marafa est considéré par les Américains comme un prisonnier politique en vertu du fait que le gouvernement aurait refusé à plusieurs ONG au courant de l’année de lui rendre visite.

L’autre nom cité par le rapport c’est celui de Michel Thierry Atangana, Franco-camerounais libéré en février 2014, grâce à un décret présidentiel de remise de peine, après 17 années passées en prison. «Des défenseurs des droits de l’homme ont considéré que l’arrestation et la condamnation de Michel Thierry Atangana étaient politiquement motivées», écrivent les auteurs du rapport.

Sur les disparitions, le département d’Etat indique qu’il n’y a pas véritablement de disparitions observées pour des raisons politiques à l’exception du capitaine Guerandi Goulongo Mbara, un ancien putschiste dont «l’enlèvement» par les services de renseignement a été signalé par le magazine Jeune Afrique en date du 15 septembre 2014. RFI a annoncé qu’il a été exécuté en janvier 2013, mais le gouvernement n’a pas répondu à ces allégations à la fin de l’année 2014, relève le rapport.


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Libertés civiles
D’après le constat du département d’Etat américain, les officiels du gouvernement refusent un accès à la liberté d’expression pour des personnes souvent opposées aux points de vue du gouvernement ou qui critiquent régulièrement les politiques publiques. Les interdictions de manifestations publiques et autres meetings sont les points illustrés dans le rapport.

En ce qui concerne la liberté de la presse, les Américains relèvent que les journalistes font régulièrement l’objet de pression. Ils évoquent l’inculpation de Rodrigue Tongue, ancien journaliste au quotidien Le Messager; Felix Ebole Bola, de Mutations; et l’enseignant Baba Wame, inculpés pour «non dénonciation» par le tribunal militaire en octobre 2014.

Le rapport souligne également que les médias publics et privés ne bénéficient pas d’un même traitement pour la couverture d’événements officiels. Les événements organisés à la présidence, dans les services du Premier ministre et les voyages présidentiels sont réservés à une poignée de médias alors que le ministère de la Communication se targue de l’existence de plus de 650 journaux et 200 radios dans le pays.

La corruption est un «problème»
Travail des enfants, sous-représentation des femmes en politique, protection des minorités ethniques, etc. le rapport examine un panorama de questions que lesquelles le gouvernement devrait mettre plus d’attention.

La département d’Etat relève l’entrave à la liberté de mouvement avec les contrôles à répétition des forces de sécurité, qui en profitent régulièrement pour extorquer des fonds aux voyageurs sur certains axes.

Le rapport fait aussi mention de cas de viols dans les camps de réfugiés, dénoncés par des ONG, mais malheureusement impunis.

Malgré un environnement hostile, le rapport relève que de nombreuses ONG continuent de lutter pour la défense des droits des minorités sexuelles (lesbiennes, gays), non reconnus cependant par le code pénal camerounais.

Quelques points positifs sont accordés au gouvernement camerounais, notamment la protection que le pays accorde aux réfugiés; et la liberté de communication en ligne. Aucune censure n’est signalée. Le taux de pénétration d’Internet se situait, selon les données obtenues par le département d’Etat américain, à 5,7% en 2014.

Mais le Cameroun a encore maille à se départir d’un problème sérieux au quotidien: la corruption. «La corruption est présente à tous les niveaux du gouvernement» écrit le département d’Etat, c’est même un mal «sérieux», souligne-t-il. En dépit de ce qui est marqué dans la Constitution, Le département d’Etat regrette que le président n’ait pas encore signé le décret exigeant aux officiels de déclarer leurs biens.

Consulter le rapport du Département d’Etat sur les droits de l’Homme au Cameroun en 2014


AFP)/n

La France pays des droits de l’homme. Tous les hommes? Le cas de Michel Thierry Atangana

Par Bernard Benaïem, Avocat au barreau de Paris

La libération du dernier otage français donne à chacun l’occasion de se réjouir.

Elle laisse cependant un goût d’amertume à ceux qui comme moi s’interrogent sur les raisons qui ont conduit notre pays à se désintéresser du sort du français, Michel Atangana, détenu arbitrairement pendant 17 ans dans une geôle camerounaise.

Pourquoi notre pays, si prompt à s’émouvoir partout dans le monde des violations des Droits de l’Homme, a-t-il détourné son regard quand l’un de ses enfants privé de liberté espérait son intervention ?

Pourquoi a-t-il fallu attendre une pression internationale et une décision de l’ONU pour qu’enfin Michel Atangana puisse recouvrer sa liberté ?

Pourquoi cette libération n’a-t-elle suscité en France que très peu d’intérêt alors qu’à l’ONU et qu’aux Etats-Unis, Michel Atangana devenait le symbole du combat contre l’arbitraire et un exemple pour tous ceux qui comme lui, s’accrochent du fond de leur cachot à la vie et à la liberté.

Les réponses à ces questions inquiètent sur la capacité de la France à protéger ses nationaux partout dans le monde et à s’opposer efficacement à des geôliers qui ne seraient pas des terroristes sanguinaires mais des états souverains, censés respecter les règles internationales.

Le manque d’engagement de la France pour la libération de Michel Atangana ne peut pour autant s’expliquer qu’au travers du prisme des relations que la France entretient avec le Cameroun et l’Afrique.

Force est de constater que certains de nos otages suscitent plus d’intérêt et de compassion que d’autres.
Alors que pour certains, leur libération s’accompagne d’une couverture médiatique et politique à la hauteur de l’événement et d’un rapatriement par avion sanitaire, Michel Atangana, après 17 ans de détention arbitraire dans des conditions particulièrement innommables, a été contraint de rejoindre Paris par un vol régulier, après avoir lui-même acheté son billet retour.

Un exemple parmi d’autres, des humiliations auquel cet homme a été soumis depuis son arrivée en France, lui qui en 17 ans ayant tout perdu, devait apprendre à recommencer à vivre dans un monde qu’il ne connaissait plus, ayant au passage perdu sa famille, ses ressources et son relationnel.

Après un rapide passage au Val-de-Grâce, la seule aide concrète que la France lui attribua en sa qualité d’ancien otage, fut celle de lui fournir les services d’une assistance sociale pour obtenir un RMI, que par dignité il préféra refuser.

Ce comportement indigne des autorités s’accompagne d’une volonté manifeste de réduire Michel Atangana au silence et à l’oubli.

J’en veux pour preuve, le fait que le Parquet, le Doyen des Juges d’Instruction, puis la Cour d’Appel de Paris, lui refusèrent le droit élémentaire de voir instruite sa plainte pour séquestration, avant de se faire rappeler à l’ordre judiciaire, par la Chambre criminelle de la Cour de cassation.

De façon surprenante cette situation ne suscite aucune réaction de la part de notre Garde des Sceaux, Madame Taubira, pourtant si prompte à réagir à la violation des Droits de l’Homme institutionnels aux Etats-Unis…

Pourtant Michel Atangana présente lui aussi la caractéristique d’être noir et mériterait que l’on s’interroge sur une éventuelle corrélation entre ce statut et le traitement qui lui est réservé.

La France semble se contenter pour Michel Atangana d’une liberté retrouvée sans sa collaboration, quand l’ONU pour sa part, réclame que les responsables de cette détention arbitraire, soient poursuivis et jugés par les autorités camerounaises et que Michel Atangana soit indemnisé pour le préjudice financier, matériel et moral subi.

Il est pour le moins paradoxal que le Département d’Etat américain uvre depuis plusieurs mois au respect de cette décision de l’ONU, alors qu’en France, Michel Atangana attend encore un peu de reconnaissance et de dignité.

Michel Thierry Atangana
Panapress)/n

Cameroun: Célébration de la journée des droits de l’homme sous le prisme de l’accès aux soins de santé

L’association Positive Generation a organisé une conférence-débat autour du thème «accès aux soins et Droits Humains» le 10 décembre dernier à Yaoundé

Arriver à une couverture sanitaire universelle au Cameroun! Tel est l’objectif que s’est assigné l’association «Positive Generation» (PG). Et c’est la date commémorative des Droits de l’Homme dans le monde, le 10 décembre, que ce groupe de jeunes a choisi pour véhiculer son message.

Pour cette association qui uvre pour la santé, l’environnement, l’éducation et les droits humains, le non accès aux soins sanitaires représente «une violation grave des droits de l’Homme.» C’est pour cette raison qu’elle demande au gouvernement camerounais de respecter son engagement pris à Abuja au Nigeria en 2001, d’allouer 15% de son budget annuel à la santé. Ce qu’il n’arrive pas à faire depuis 13 ans, car le secteur de la santé ne perçoit pas encore à ce jour plus de 6% du budget annuel de l’Etat. Au-delà de cet engagement, non respecté, «Positive Generation» propose à l’administration camerounaise d’adopter une taxe obligatoire santé d’au moins 0,3% sur les recettes du pays, en faveur de la couverture sanitaire universelle.

La conférence du 10 décembre a également été l’occasion pour cette association de présenter la situation actuelle de l’accès aux soins dans le pays. En effet, durant les mois de juillet août et septembre de cette année, «Positive Generation» a mené des activités dans les différentes régions du pays. Et ces activités qui portaient essentiellement sur l’accès aux soins concernant le VIH, la tuberculose et le paludisme, l’ont conduite dans les formations sanitaires, au sein des associations qui militent pour la santé, dans les associations de défense des droits humains, plusieurs représentations administratives, des laboratoires, des centrales d’approvisionnement régionales, etc. Au cours de ces descentes sur le terrain, les membres de cette association disent avoir rencontré 120 patients.

Quelques-uns des nombreux problèmes constatés par les membres de «PG», en ce qui concerne le traitement du VIH-Sida a trait: au manque de personnel de renforcement, l’obsolescence du plateau technique, la rupture fréquente des stocks des anti retro viraux, une mauvaise gestion des données recueillies auprès des patients, entre autres.

Lors de son exposé, le chef de la cellule de suivi de l’association, Emdele Paul Patrick, a tenu à mettre en évidence la gravité de la situation en citant le cas de l’hôpital de Loum, localité située dans le département du Moungo, région du littoral, qui a passé deux ans sans Cotrin, un médicament entrant dans le traitement par anti retro viraux, distribué gratuitement au Cameroun. Difficile dans ce cas d’assurer une bonne prise en charge des malades atteints du VIH.

En ce qui concerne la tuberculose, en plus des difficultés citées plus haut, «Positive Generation» a observé un problème d’aération et souvent d’hygiène dans les centres qui prennent en charge les personnes atteintes de tuberculose. Par ailleurs, a-t-elle dénoncé, dans plusieurs centres, les agents relais communautaires ne sont pas payés. Ceux-ci ne se sentent donc pas obligés de se rendre fréquemment à leur poste.

Pour ce qui est du Paludisme, l’association a apprécié le fait que le dispositif mis en place par le gouvernement est celui que recommande l’Organisation Mondiale de la santé. Mais elle demande qu’une sensibilisation soit faite en ce qui concerne les frais de prise en charge de la maladie. Déjà que la corruption est un fléau qui mine gravement le secteur de la santé au Cameroun. L’association «Positive Generation» a annoncé qu’elle compte mettre sur pied, «très prochainement», une cellule juridique, pour dénoncer les abus subis par les patients en ce qui concerne le coût réel des traitements sanitaires.

L’association Positive Generation a donné une conférence de presse mercredi, 10 décembre, à Yaoundé
Journalducameroun.com)/n

La décision de l’ONU dans l’affaire Paul Eric Kingué

Par le Groupe de soutien à Paul Eric Kingué

Le 12 Novembre 2012, fatigué d’attendre que le droit soit dit dans l’acharnement judiciaire dont il fait l’objet depuis Février 2008, Paul Eric Kingue (PEK) avait saisi le Groupe de Travail de L’ONU sur la détention arbitraire. Ce même Groupe, souvenez-vous, qui avait pris position dans les affaires Thierry Michel Atangana et Pierre Desiré Engo. Paul Eric Kingue (PEK) vient d’être notifié du fond de sa prison matériellement, de l’avis n° 38/2014 du groupe de travail des Nations Unies, adopté le 29 Aout 2014.

Cet avis qui tient lieu de décision après débats contradictoires entre l’Etat du Cameroun et Paul Eric Kingue reconnait explicitement l’arrestation et la détention de Paul Eric Kingue (PEK) comme arbitraire et enjoint l’Etat du Cameroun à mettre un terme à cette situation (détention) qui n’a que trop duré.

Par ailleurs, le Groupe de Travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, demande à l’Etat du Cameroun de réparer les torts causés à ce détenu, du fait de cette longue détention.

Enfin, cet avis/recommandation des Nations Unies, vient mettre un terme sur les débats portant sur la détention arbitraire ou non de Paul Eric Kingue (PEK). En même temps, qu’il vient conforter les avis de toutes les organisations internationales (Amnesty International, Fédération Internationale des droits de l’Homme « FIDH », Transparency International, Commission National des droits de l’Homme et des Libertés « CNDHL ») sur cette détention incompréhensible, qui à jeté le discrédit sur la justice Camerounaise et contribué à ternir de manière irréversible l’image du Cameroun englué depuis plusieurs années, dans des violations barbares des droits de l’homme et piétinements ostentatoires de ses lois internes.

Avis donc à l’Etat du Cameroun dont les fonctionnaires zélés continuent à délabrer la petite image que peut encore porter ce pays.

A cette allure, il arrivera un temps où le budget du Cameroun ne sera destiné qu’à réparer les torts créés par une justice manipulée et très souvent rendue par des magistrats dont l’insuffisance professionnelle est caractérisée.

Le Cameroun ayant ratifié le pacte international sur les droits civils et politiques est tenu de respecter les décisions rendues par les Nations Unies et après cela, s’en prendre à lui-même du fait de l’impunité des ses magistrats qui vont dans tous les sens, foulant chaque jour du pied, les lois pourtant librement votées par les Députes à l’Assemblée Nationale et promulguées par le Président le République.

A titre de rappel, Paul Eric Kingue (PEK) a parallèlement à cette procédure dont la décision vient d’être rendue par l’ONU, saisi le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies pour la réparation des torts qui lui ont été créés dans la première affaire pour laquelle il était accusé d’avoir détourné la somme de CFA 1 400 000 frs, et au terme de laquelle il a été acquitté purement et simplement pour faits non établis. Pour les raisons de cet acquittement, sa plainte à l’ONU exige de l’Etat du Cameroun une réparation de 7 milliards de francs CFA.

A ce jour, la procédure dont décision vient d’être rendue par l’ONU est en instance à la Cour Suprême du Cameroun.

Le Cameroun prendra-t-il le risque de rendre à travers sa Cour Suprême une décision contraire à celle de L’ONU ? WAIT AND SEE.

(voir document d’origine ci-dessous)


Wikipedia)/n







La Commission nationale des droits de l’Homme s’en prend à Boko Haram

Elle reproche à la secte qui sévit à l’Extrême-Nord du Cameroun de semer «l’inquiétude», «le désarroi», et «la terreur» au sein des populations

La Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (Cndhl) se dit préoccupée par les conséquences des incursions à répétition de la secte Boko Haram dans l’Extrême-Nord du Cameroun, d’après un communiqué publié par son président, le Dr. Chemuta Divine Banda, ce mardi dans la presse publique. La Cndhl cite notamment les assassinats, enlèvements de personnes et des destructions de biens perpétrées sur le territoire camerounais, en prenant pour exemple l’attaque de Kolofata, le 27 juillet dernier, dans le département du Mayo Sava. Attaque qui a occasionné l’enlèvement d’une dizaine de personnes avec près d’une vingtaine de morts.

«Ces actions terroristes menées par des individus en grand nombre et lourdement armés sèment l’inquiétude, le désarroi et la terreur au sein des populations ; toutes choses qui portent gravement atteinte à la liberté d’aller et venir, ainsi qu’à la liberté de vaquer aux activités économiques», écrit la Commission.

Les actions de Boko Haram dans l’Extrême Nord sont qualifiées par la Cndhl de: «situation dramatique, susceptible de compromettre la paix et la sécurité au Cameroun. A la fin de son message, le Dr. Chemuta Divine Banda «invite ardemment les populations à collaborer avec les autorités compétentes pour endiguer cette menace terroriste», qui constitue «une vive préoccupation» pour la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés.

Dr. Chemuta Divine Banda, président de la CNDHL
thespokesman.info)/n

Les chef d’Etat africains s’accordent une auto-immunité

La future Cour africaine de justice et des droits de l’homme de l’UA ne pourra pas poursuivre des chefs d’Etats et de gouvernements en exercice.

La future Cour africaine de justice et des droits de l’homme ne pourra pas poursuivre des chefs d’Etats et de gouvernements en exercice. Les dirigeants des pays membres de l’Union africaine (UA), réunis la semaine dernière en sommet à Malabo (Guinée équatoriale), en ont décidé ainsi.

Les dirigeants se sont bien gardés de communiquer sur cet article 46 bis a, qui confère l’immunité aux chefs d’Etat durant la totalité de leur mandat, y compris pour des chefs d’inculpations de génocide, de crimes de guerre, et de crimes contre l’humanité. Aux chefs d’Etat et de gouvernement en exercice, mais aussi à tout autre haut représentant de l’Etat, en fonction des responsabilités exercées, ce qui est particulièrement vague. Un vaste panel de responsables africains pourrait donc profiter de cette mesure.

Pour l’heure, les statuts de la future Cour africaine de justice et des droits de l’homme, qui sont en cours de rédaction, ne disent rien sur les relations avec la Cour pénale internationale (CPI), dont le siège se trouve à La Haye. On ne sait donc pas si cet article pourra permettre à des chefs d’Etat africains d’échapper à la CPI qui pour l’heure ne préfère pas commenter. Quoi qu’il en soit, l’article 46a bis limite le champ d’action de la future cour africaine à des responsables qui ne sont pas en exercice. Les chefs d’Etat africains n’ont eu de cesse de vilipender la CPI ces dernières années, car elle n’a jusqu’ici, inculpé que des Africains.

Un immense pas en arrière
Elle a aussi maintenu les procédures visant Uhurru Kenyatta et William Ruto, malgré leur élection à la tête du Kenya. D’où peut-être la volonté de l’UA d’accélérer le chantier d’une cour de justice aux compétences élargies à l’échelle du continent africain. Mais les organisations de défense des droits de l’homme, depuis l’adoption de cet article, accusent les dirigeants d’organiser leur propre impunité, et dénoncent un immense pas en arrière.

Ceci étant, la Cour africaine de justice et des droits de l’homme est loin d’être opérationnelle. Ses statuts devront d’abord être finalisés et ratifiés dans leur globalité par au moins quinze Etats membres de l’UA.

Les procédures de la CPI visant le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto (ici en décembre 2013), ont probablement été à l’origine de la décision des dirigeants de l’UA
Reuters)/n

Un premier pas de la France dans l’affaire Lydienne Eyoum

Lors de son récent séjour au Cameroun, l’ambassadrice française pour les droits de l’Homme, Patrizianna Sparacino-Thiellay, a rendu visite à l’avocate dans sa cellule de Kondengui

Le lobbying des différents comités de soutien à Lydienne Yen Eyoum est-il en train de porter des fruits ? On serait tenté de le croire, avec la récente visite de l’ambassadrice française pour les droits de l’Homme, qui s’est rendue au Cameroun, du 28 au 30 avril 2014. En effet, dans le cadre d’un « dialogue régulier », comme l’explique le ministère français des Affaires étrangères sur son site, engagé sur le thème des droits de l’Homme, Patrizianna Sparacino-Thiellay a été reçue par plusieurs membres du gouvernement, à l’instar du ministre de la Justice et celui de la Promotion de la Femme et de la Famille. Avec ces autorités, elle a abordé divers sujets dont les très controversés droits des personnes Lesbiennes, gays, bisexuelles et trans (LGBT).

Elle a profité de cette opportunité pour rendre visite à Lydienne Eyoum, avocate «franco-camerounaise», qui se trouve en détention préventive à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui depuis plus de quatre ans. L’ambassadrice a eu également, officiellement, des entretiens avec « plusieurs membres de son comité de soutien à Yaoundé ».

On se rappelle qu’à sa sortie de prison par une grâce présidentielle en février 2014 après 15 ans de prison, le Franco-camerounais Michel Thierry Atangana avait promis qu’il s’engagerait pour faire sortir Lydienne Eyoum de prison, autre « Franco-camerounaise » dans les geôles du Cameroun. L’avocate, incarcérée depuis 2010 à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui, est poursuivie, avec Polycarpe Abah Abah et autres, pour avoir retenue frauduleusement par devers elle 1, 077 milliard de F CFA d’une somme totale de 2,155 milliard de F reçue de la BEAC et destinée au Trésor public. Selon l’avocate, cet argent représentait ses honoraires dans le cadre du recouvrement des fonds de l’Etat dans une affaire où elle était son conseil.

Les avocats français de Lydienne Eyoum, Me Christian Charrière-Bournazel et Me Caroline Wassermann, ont engagé de nombreuses actions en France pour mettre la pression sur le Cameroun pour la libération de la « Franco-camerounaise ». C’est ainsi qu’ils ont par exemple adressé une lettre au pape François le 24 avril 2014 pour qu’il intervienne auprès du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya. Michel Thierry Atangana, qui avait bénéficié du soutien de la France pour sa libération, a été reçu le 28 mars 2014 à l’Elysée pour plaider le cas de Lydienne Eyoum auprès de François Hollande. A cette occasion, il avait affirmé confiant : «Il a été très sensible [le président français, Ndlr], et je pense que des actes seront posés dans les jours qui viennent». Actes qui auraient, selon toute vraisemblance, commencé à voir le jour avec la visite de l’ambassadrice Patrizianna Sparacino-Thiellay.

Ici, photo de famille lors de la rencontre avec les associations de défense des personnes LGBT
diplomatie.gouv.fr)/n

Centrafrique: Bernard Acho Muna appelle à éviter le pire

Le président de la commission d’enquête de l’Onu sur la violation des droits de l’Homme en RCA estime que les tueries vont crescendo malgré les efforts de la communauté internationale

Le président de la commission internationale d’enquête de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur la violation des droits de l’homme en Centrafrique, Bernard Acho Muna, a regretté lundi à Bangui, au terme d’une mission d’un mois, la persistance des violences et autres violations des droits de l’homme dans ce pays qu’il qualifie être sur le chemin du génocide. « Après notre première mission, nous avons constaté que les tueries et autres violations des droits humains continuent de s’enregistrer sur le terrain en Centrafrique », a observé l’avocat camerounais lors d’une conférence de presse.

« Je pense que la Centrafrique n’a pas connu un génocide, mais il y a ici dans ce pays, le langage de la haine qui pourrait créer les conditions de ce génocide », a-t-il ajouté. La Centrafrique a connu une recrudescence de la violence en décembre dernier entre les milices anti-Balakas, fidèles au président déchu François Bozizé, et les ex-rebelles de la coalition Séléka qui avaient porté au pouvoir en mars 2013 Michel Djotodia, contraint à la démission il y a trois mois par les dirigeants d’Afrique centrale et la France.

La Croix-Rouge centrafricaine a dénombré au moins 1.400 personnes tuées et 960 blessés depuis la fin de l’année écoulée jusqu’en mars dernier. Environ 625.000 autres continuent de vivre dans des camps de déplacés à cause de la persistance de ces violences. Bernard Acho Muna a appelé à éviter le pire en mettant un terme au langage de la haine qui s’est enraciné parmi les populations musulmane et chrétienne qui vivent séparément aujourd’hui, alors que des milliers de musulmans se sont même imposé un exil forcé dans des pays voisins.

La commission internationale d’enquête sur la RCA a été créée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies le 5 décembre 2013, le jour même où les milices anti-Balakas avaient lancé une grande offensive contre les positions des ex-rebelles Séléka à Bangui. Cette commission est notamment chargée d’examiner et d’analyser toutes les informations concernant les violations des droits de l’homme et des exactions commises depuis le 1er janvier. Son premier rapport sera rendu public en juin 2014.

Bernard Muna, l’avocat camerounais préside la Commission d’enquête internationale sur les violations des droits de l’homme en Centrafrique
UN Photo/Jean-Marc Ferré)/n

Le Cameroun, «un apartheid anti-homosexuels», selon Me Alice Nkom

Dans le cadre du prix des droits de l’homme qu’elle vient de recevoir, l’avocate a comparé les homosexuels au Cameroun à l’esclavage

« Quand tout un pays utilise les armes, la police et tout le dispositif judiciaire et pénitentiaire contre une partie de sa population alors qu’il a l’engagement de protection », c’est un apartheid, explique la juriste de 69 ans dans un entretien à l’AFP à Berlin.

Venue dans la capitale allemande pour recevoir son prix mardi prochain, Alice Nkom compare également la situation des homosexuels dans son pays à l’esclavage aux États-Unis jusqu’au XIXe siècle « quand on a dénié toute humanité à des êtres humains parce qu’ils étaient noirs ».

L’homosexualité est interdite au Cameroun et, depuis 1972, passible d’une peine de cinq ans de prison. Souvent, un simple soupçon suffit à déclencher des poursuites devant les tribunaux et même à des condamnations, selon Amnesty International. La société camerounaise reste très hostile vis-à-vis des gays et lesbiennes.

« Quel est le peuple qui peut se bâtir sur la discrimination et espérer survivre? » s’interroge cette femme affable, dans son boubou jaune vif, le regard pétillant derrière de sérieuses lunettes en écaille.

L’avocate camerounaise assure que le combat qu’elle mène depuis dix ans pour défendre les gays est plus largement « un problème des droits de l’Homme ». Car paraphrasant le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon, elle souligne: « chaque fois qu’on touche à un homosexuel, on touche à toute l’humanité, c’est comme ça qu’il faut prendre le problème ».

Alice Nkom refuse en outre de considérer l’homophobie comme « une affaire africaine ou l’affaire d’un pays ».

Les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont actuellement illégales dans au moins 76 pays, dont 36 en Afrique, selon l’organisation de défense des droits de l’Homme.

« Il n’y a rien d’ancré dans les coutumes ou la culture africaine. Jusqu’à nouvel ordre, les valeurs africaines, c’est la non-discrimination », affirme-t-elle. Elle donne en exemple l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, qui s’est battu pour « l’amour, la tolérance et le respect de la différence ».

L’attitude des Occidentaux vis-à-vis des pays répressifs en matière d’homosexualité est répréhensible, selon elle. « Les Européens ont tort de se laisser intimider lorsque les Africains leur disent ‘ne vous en mêlez pas’ ou ‘c’est vous qui nous avez apporté ça ‘ », poursuit-elle, puisqu’il est parfois prétendu en Afrique que l’homosexualité est une « importation » occidentale.

Elle appelle notamment à une réaction forte des Occidentaux après les lois anti-homosexuels promulguées fin février en Ouganda. Le président Yoweri Museveni a fait interdire notamment toute « promotion » de l’homosexualité et fait rendre obligatoire la dénonciation des homosexuels dans un pays où ils risquent déjà la prison à vie.

« Vous ne pouvez pas le laisser exercer une telle barbarie sur une partie de son peuple sans rien dire », s’insurge-t-elle, en réclamant « un certain nombre de sanctions » contre le président et sa famille, notamment en lui refusant tout visa pour se rendre à l’étranger.

Depuis son cabinet de Douala, la grande cité portuaire du Cameroun, elle préside également l’Association de défense des droits des homosexuels ADEFHO, qui fournit aide médicale et soutien psychologique aux gays et lesbiennes souvent en situation de détresse.

Le quotidien des homosexuels dans son pays? « Vous devez vivre dans la totale clandestinité, vous devez surveiller le moindre de vos gestes parce que ça commence à la maison » », raconte-t-elle.

Par exemple, « si votre maman est très pieuse (…) pour elle, l’abomination, c’est l’homosexualité, c’est ce qu’on lui a mis dans la tête. Et elle commence par ne plus vous reconnaître comme son enfant ».

« Il y a aussi tout un métier de racketteur des homosexuels. On les traque sur les réseaux sociaux, on les traque partout. Il y a toute une organisation autour des dénonciateurs, de tous ces skinheads qui prononcent la haine, l’extermination, la violence contre les homosexuels à haute voix, dans les médias », dénonce-t-elle.

La juriste note toutefois que le combat qu’elle mène au Cameroun depuis dix ans a permis une certaine avancée: « Ceux qu’on arrêtait (il y a dix ans) avaient intériorisé qu’ils étaient des sous-citoyens. On a mis le sujet sur le tapis et on a brisé un tabou ».

Alice Nkom à Berlin le 14 mars 2014
AFP / Johannes Eisele)/n

Violation des droits de l’homme en Centrafrique: L’ONU bientôt sur le terrain

Bernard Muna, le président de la commission internationale mise sur pied à cet effet, a décliné la méthode de travail des enquêteurs

Bernard Acho Muna, le président de la Commission d’enquête internationale sur les violations des Droits de l’Homme en République centrafricaine, se rendra à Bangui ce mercredi 26 février 2014.

Les mesures de sécurité, les autres formalités diplomatiques et administratives ont déjà été réglées pour l’avocat camerounais et ses deux collègues qui composent le trio de cette commission internationale de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

« Avec mes collègues, l’ancien ministre mexicain des Affaires étrangères et l’avocate mauritanienne, nous allons descendre sur le terrain. Nous allons rencontrer les représentants de l’Union africaine, ceux des Nations-Unies et tous ceux qui peuvent témoigner sur ce qui se passe », a assuré Bernard Acho Muna dans le quotidien public Cameroon Tribune du 25 février 2014.

Par ailleurs, a-t-il indiqué, « Il s’agira ensuite d’établir les responsabilités collectives et individuelles des acteurs de cette violence. Nous allons également échanger avec l’équipe actuelle au gouvernement. Il s’agira de savoir comment on est parti d’un simple coup d’Etat à toutes ces tueries qui ont été enregistrées ».

La commission d’enquête mise sur pied en Centrafrique par la résolution 2127 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 5 décembre 2013, a une durée d’un an. Elle est composée d’un secrétariat et de trois experts.

Bernard Acho Muna, qui en assume la présidence est avocat. Ancien magistrat, il a été Procureur adjoint du Tribunal pénal international pour le Rwanda de 1997 à 2002. Il a par ailleurs présidé le Barreau des avocats du Cameroun.

La Mauritanienne Fatimata Mbaye est avocat des droits de l’homme et Présidente de la Commission des droits de l’homme de l’Association mauritanienne des droits de l’homme. Elle est en outre la Vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l’homme.

Le Mexicain Jorge Castañeda est universitaire et auteur de nombreux ouvrages en droit international humanitaire. Il a été secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères du Mexique.

Selon le Conseil de Sécurité des Nations Unies, les trois experts de la Commission auront pour mission de: « réunir des informations, aider à identifier les auteurs de ces violences et atteintes, mettre en lumière leur éventuelle responsabilité pénale et aider à faire en sorte que les responsables répondent de leurs actes »

Bernard Muna, l’avocat camerounais préside la Commission d’enquête internationale sur les violations des droits de l’homme en Centrafrique
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Douala: Forces de sécurité et Journalistes à l’école des droits de l’homme.

C’est à la faveur d’un séminaire placé sous le thème du renforcement des capacités des médias, pour la promotion des droits de l’homme en milieu carcéral.

Forces de sécurité, membres de l’administration pénitentiaire, défenseurs des droits de l’homme et journalistes tous autour d’une même table, ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir pareil rassemblement. Et pourtant cela s’est vu ce week-end à Douala, à l’occasion d’un atelier de concertation entre ces différentes parties sur la question des droits de l’homme. Un projet de renforcement des capacités des médias pour la promotion des droits de l’homme en milieu carcéral, initié par l’ONG JADE Cameroun (Journalistes en Afrique pour le développement), en collaboration avec Ouest Fraternité, et soutenu par l’Union Européenne. Dans son mot de bienvenu, le coordinateur du projet Etienne Tasse a tout d’abord salué la forte mobilisation des parties, un vendredi Saint et de surcroit, jour férié : ce qui témoigne de l’intérêt et de la volonté de tous, de travailler en synergie pour une meilleure promotion des droits de l’homme en milieu carcéral a t-il souligné. Le projet doit permettre la diffusion régulière des informations sur le respect des droits des personnes détenues dans les prisons, les commissariats de police, les gendarmeries ou tout autre lieu privatif de liberté.

D’après l’ONG, divers problèmes entravent en effet une meilleure information du public sur les conditions de détention des personnes condamnées. Il s’agit notamment du manque d’un dialogue constructif entre les responsables pénitentiaires, la police ou la gendarmerie d’une part et les journalistes d’autre part ; l’absence de collaboration entre les organisations de la société civile actives en milieu carcéral et les journalistes, le déficit des moyens financiers nécessaires aux investigations et surtout le manque de formation appropriée de la part des journalistes appuie le coordinateur. Du coup, ceux-ci se limitent au traitement approximatif des informations ou aux dénonciations légères poursuit-il.

Le projet Renforcement des capacités des médias pour la promotion des droits de l’homme en milieu carcéral tente de corriger ces lacunes. Au cours des ateliers du 22 au 23 avril, les participants ont passé au peigne fin des thèmes tels que L’état des relations entre les journalistes et les autres parties prenantes, L’explication du rôle de chaque partie dans la promotion des droits humains et la définition des modes de collaboration entre les journalistes et les autres parties prenantes dans le cadre de ce projet. Car c’est en étant mieux informés que les citoyens, les élus peuvent se mobiliser pour faire mieux respecter les droits des personnes privées de liberté et que les décideurs peuvent être touchés et agir pour améliorer les conditions de détention dans notre système carcéral conclut Etienne Tasse à l’issue de ce séminaire, le troisième du genre, après ceux de Bafoussam et Yaoundé.

Forces de sécurité et Journalistes à l’école des droits de l’homme à Douala
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Cameroun: Le festival international de films des droits de l’Homme décommandé

Le 12 Avril au CCF de Yaoundé, la cérémonie inaugurale du festival a été annulée en présence des invités et des journalistes. Les raisons.

Les raisons de l’annulation et les résolutions du Gouvernement
Sur la note préfectorale (préfet du Mfoundi) on pouvait lire en mention « Très urgent ». Sur l’objet il est spécifié : « Suspension du festival du film des droits de l’homme ». Le motif : « Absence du visa de Madame le ministre de la Culture sur l’ensemble des films à projeter ». En plus, des films tels que « Révolutions mode d’emploi » ont été jugés susceptibles de porter atteinte à l’ordre public. Les organisateurs du festival ont reconnu la décision du préfet M. Jean-Claude Tsila et ont informé le public que les projections diverses et les activités planifiées (Mendong, Université de Yaoundé 2, Elig Edzoa et Briqueterie) ont été supprimés. Après un entretien entre le Ministre de la culture madame Ama Tutu Muna et le comité d’organisation (Vincent Mercier et Yannick Deubou) le Jeudi 14 Avril 2011, il en ressort que le ministère de la culture a bloqué le festival à son niveau parce-que c’est Espace Lumière (le partenaire technique du festival ndlr) qui a demandé l’autorisation de visa de diffusion, et c’est à eux que cela a été accordé et non à Alliance Ciné. Mercier se défend et estime que «c’est la petite bête qu’il cherche. Dans les demandes de visa, il est bien mentionné tous les partenaires du festival, y compris Alliance Ciné, qui en est le principal. Le ministre a demandé qu’on fasse une nouvelle demande au nom de Alliance Ciné et que les films seront visionnés par une commission composée par des représentants de la présidence de la république, des services du premier ministre et des universitaires. C’est après le visionnage de cette commission qu’on nous dira si oui ou non le festival peur se tenir.

L’ambition: Encourager la culture des droits humains au Cameroun
Cette suspension arrive dans un contexte politique pour expliquer quelque peu la nervosité autour de la discussion de certaines questions de droits de l’homme au Cameroun. « Étant donné les raisons indiquées par les autorités, nous pensons que c’est politiquement le refus motivé de discuter des problèmes touchant les droits de l’Homme au Cameroun. Nous déplorons cette situation et regrettons que le dialogue autour des droits de l’Homme ne puisse pas être tenu impartialement au Cameroun », affirme le directeur du festival Vincent Mercier. Pour le comité d’organisation, les autorités camerounaises ont suspendu un événement qui devait à travers des rencontres et des échanges, être une plateforme de dialogue, pour devenir un endroit pour l’expression d’une culture démocratique. Les films présentés avaient déjà été examinés dans d’autres pays africains et le festival a déjà eu lieu paisiblement dans certains pays sur le continent. Il est à noter que cet évènement culturel a pour ambition unique d’alimenter le débat public de manière apaisée et pacifique sur les sujets portant sur les thèmes des droits de l’homme.

Le festival des films sur les droits de l’homme n’aura pas eu lieu au Cameroun
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Arrestation arbitraire au Cameroun: Le REDHAC dénonce

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale se dit préoccupé par l’arrestation de 8 défenseurs des droits de l’homme

Arrestation arbitraire de huit personnes
Dans un communiqué transmis le 10 mars 2011 dernier, le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), se déclare profondément préoccupé par l’arrestation « arbitraire et les traitements inhumains et dégradants que subissent depuis le 23 février 2011, 8 personnes parmi lesquelles 3 défenseurs des Droits de l’Homme et certains membres des responsables des partis politique par la Direction de la Sécurité du Territoire (DST) ». Le communiqué fait savoir que ces personnes ont été déférées devant le procureur général du tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé la capitale politique du Cameroun le 09 mars dernier, lequel tribunal les a renvoyés à nouveau à la Police judiciaire. Selon l’association, il s’agirait de Billy BATIPE, ancien étudiant et membre de l’ADDEC (Association Des Défenses des Droits des Etudiants au Cameroun), Abba Aboubakar, responsable d’un parti politique, Essomba Urbain, Dibonji Bruno, Bouba Michel, Responsable d’un parti politique, Nyamsi Patrick, Olinga Cyprien, ancien étudiant et membre l’ADDEC et Adoueme Aimé. Le communiqué sur les détails de leur arrestation fait savoir qu’ils auraient été arrêtés séparément et se sont retrouvés dans un premier temps à la DST (Direction de la Sécurité Intérieure à Yaoundé), après au commissariat central de Yaoundé Ier. On leur reprocherait « l’appel à la rébellion et atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ». Du côté de la police judiciare, on se refuse à tout commentaire, et les causes exactes et officielles de ces arrestations restent encore attendues

Des revendications en dix ponts
L’organisation déplore en outre le fait que depuis leurs mises en détentions, ces personnes seraient privées de communications avec qui que ce soit, même des avocats. « Notre conseil n’a pas eu droit au dossier ni à l’identification de ces derniers », fait savoir un responsabe de l’association. Le REDHAC dit condamner avec fermeté « cette arrestation arbitraire et le déferrement en catimini de ces leaders associatifs et des partis politiques devant le procureur de la République du tribunal de Grande Instance du Mfoundi de Yaoundé » Elle exprime aussi son inquiétude quant au nom respect des lois de la République qui consistent à garantir à tout citoyen le droit d’être défendu rappelant que la liberté d’expression, la liberté de manifester pacifiquement, d’appartenir à une association ou un parti politique sont des droits inscrits dans le préambule de la constitution camerounaise. Le REDHAC formule ainsi deux types de revendications. Aux autorités camerounaises, il exige de laisser les avocats, parents et organisations de défenseurs et de défense des droits de l’homme de communiquer avec les supposés mis en cause ; libérer sans condition ces personnes au vu des délais de détention préventive dépassés; sinon leur garantir un procès équitable ; garantir l’intégrité physique et psychologique de tous les défenseurs des droits de l’homme oeuvrant au Cameroun; prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des défenseurs des droits de l’homme au Cameroun et assurer la sécurité et la protection des défenseurs arrêtés et de ceux qui sont en liberté. Au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, l’association invite à demander aux autorités de la République du Cameroun de garantir la protection des défenseurs des droits de l’homme sur son territoire et de se conformer aux dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des droits de l’Homme. Enfin à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, le REDHAC invite à exiger du gouvernement Camerounais le respect de ses engagements concernant la protection des défenseurs des droits de l’homme tel que stipulés dans les Déclarations de Kigali et de Grand Baie, de soutenir le plaidoyer pour la protection des défenseurs des droits humains en exigeant des Etats Africains de s’engager publiquement et fermement à prendre des mesures pour la protection effective des droits de l’homme et enfin de faire respecter les libertés syndicales et le droit d’appartenir à une association, parti ou autre organisation ainsi que le droit d’organiser et/ou de participer aux manifestations pacifiques et publiques.

Le REDHAC dénonce l’arrestation d’une dizaine de personne au Cameroun

Des associations camerounaises à l’école de la promotion des droits de l’homme

Un forum de sensibilisation sur le sujet se tient ce mardi 19 janvier à Douala

Le forum qui s’étale sur toute la journée au cercle municipal de Bonanjo, a pour thème central Mon pays est un Etat de droit. Mais qu’en est-il des miens? Selon les organisateurs – l’association Solidarité pour la promotion des droits de l’homme et des peuples (PRODHOP) et Alternative-Cameroun – l’objectif est d’éduquer et sensibiliser les uns et les autres sur les droits de l’homme au Cameroun, afin d’éditer un livre blanc sur les droits humains dans notre pays. Ainsi la journée sera marquée par des exposés sur des thèmes tels: Les droits individuels et les droits des minorités; les droits des prisonniers; les violences faites aux femmes et aux enfants en prison, le statut des LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuelles et Transsexuelles); les mariages forcés des mineurs et le travail des enfants. Bref, il sera question au cours des échanges de passer au peigne fin tous les aspects qui touchent aux droits de l’homme. Les exposés seront animés par des enseignants d’université, sociologues, journalistes, avocats et autres pharmaciens.

A la fin des exposés, l’on suivra un grand débat animé par des experts des droits de l’homme. Une journée qui va permettre de s’interroger sur l’effectivité, le respect ou non des droits de l’homme dans notre pays. Ceci au moment où certaines minorités telles que les femmes et enfants prisonniers et les homosexuels sont engagés dans une lutte acharnée pour la reconnaissance de leurs droits, ce avec le soutien notamment de ces deux associations.

PRODHOP a pour objet la promotion des droits humains, de la paix, de l’Etat de droit et de la démocratie, la défense et la protection des droits et liberté de la personne humaine, l’assistance judiciaire et juridique aux victimes des violations des droits humains, la lutte contre l’impunité et la protection des personnes vulnérables. Alternatives-Cameroun quand à elle, l’association pour la Liberté, la Tolérance, l’expression et le Respect des personnes de Nature Indigentes ou victimes d’exclusion sociale, a entre autres missions de lutter pour le respect des droits humains, notamment les droits d’accès aux services médicaux, à l’information, à la formation et à l’éducation des personnes vulnérables ou victimes de discrimination (les minorités sexuelles); aider les personnes exclues à réintégrer un milieu affectif et/ou professionnel et contribuer ainsi à leur réinsertion sociale.

Image d’illustration (Séance de formation)
Journalducameroun.com)/n

Démocratie: Amnesty International épingle le Cameroun

L’ONG, dans un nouveau rapport relève des violations massives des droits de l’homme au Cameroun

Dans son rapport, Amnesty international dit recevoir depuis dix ans, des informations faisant état de violations des droits humains ordonnées, cautionnées ou perpétrées par les autorités camerounaises au mépris de leurs obligations nationales et internationales en matière de droits humains. Amnesty international parle notamment d’ arrestations arbitraires et détentions illégales ; exécutions extrajudiciaires ; menaces et mauvais traitements visant des défenseurs des droits humains et des journalistes ; privation des droits à la liberté d’expression et d’association ; conditions carcérales pénibles ; torture et autres formes de traitement cruel, inhumain ou dégradant ; absence de protection des droits humains des femmes et des fillettes ; et persécution d’hommes et de femmes en raison de leur orientation sexuelle réelle ou présumée.


L’un des premiers cas évoqué par le rapport de Amnesty International (AI) est [i la répression violente des manifestations contre la montée des prix en février 2008 et contre la modification de la Constitution visant à permettre au président Paul Biya de se présenter aux prochaines élections présidentielles ]. « Le gouvernement a non seulement ordonné aux forces de sécurité de recourir à une force meurtrière et cautionné de telles actions, mais également utilisé le système de justice pénale pour punir ses opposants » peut-on lire dans le rapport. L’Ong évoque en suite les cas des militants du mouvement sécessionniste Southern Cameroon National Council (Scnc). Le rapport écrit : [i Plus de 60 membres du SCNC ont été arrêtés le 24 avril 2006. Une quarantaine de membres du Scnc ont été appréhendés le 20 janvier 2007. Le 11 février 2008, les forces de sécurité ont arrêté au moins sept membres du SCNC qui s’étaient réunis dans un centre presbytérien pour les jeunes à l’embranchement d’Azeri Old Church à Mankon (Bamenda)]. L’ong cite aussi le cas des militants principal parti d’opposition, Social Democratic Front (SDF), qui sont détenus pendant une longue durée sans jugement. La situation la plus flagrante est l’affaire Gégoire Diboulé dans laquelle était impliquée « John Ngu Mbahaning, qui faisait partie des personnes arrêtées en mai 2006, est mort d’une méningite le 15 août 2006, peu après son transfert de la prison à l’hôpital. Innocent Kom Mokto, un autre détenu, est également mort en détention le 4 octobre 2008 ». La cellule de la gendarmerie dans laquelle ils (les militants du Sdf, Ndlr) étaient initialement incarcérés, apprend – on, n’était pas bien aérée. Elle n’avait pas de lumière et aucune installation sanitaire n’était prévue pour les détenus. Les détenus n’avaient pas non plus de quoi dormir. De la gendarmerie, les détenus ont été transférés au poste de police central de Bamenda ; ils se sont plaints qu’aucune protection n’y était offerte contre les moustiques et que le poste était infesté de rats qui leur mordaient les pieds et les doigts. Les détenus ont utilisé des bols en guise de toilettes et ne vidaient leurs excréments que le matin. James Chi Ngafor (un colonel à la retraite, Ndlr) aurait puisé dans ses propres fonds pour réparer le sol de la cellule sur lequel dormaient les détenus.

Repression sanglante des manifestations de l’ACDIC à Yaoundé
journal du Cameroun)/n

Une justice aux ordres et les contre pouvoirs bâillonnés
Le rapport s’intéresse aussi au cas des procès engagés contre les émeutiers du mois de Février 2008. Les avocats et défenseurs des droits humains au Cameroun se sont déclarés préoccupés par le caractère inique des procès indique le rapport qui ajoute que « les représentants de l’appareil judiciaire n’ont pas laissé aux accusés le temps de préparer leur défense, ou de la préparer adéquatement. D’après les groupes locaux de défense des droits humains, bon nombre d’accusés n’avaient pas d’avocat, et les autres n’ont pas eu le temps de consulter l’avocat affecté à leur dossier ». AI évoque au passage les cas de Lapiro de Mbanga, Joe Laconscience et Paul Eric Kingue qui ont été particulièrement réprimés. C’est aussi les cas des associations des droits de l’homme, des syndicalistes qui sont l’objet de harcèlements et d’intimidations permanentes. « Madeleine Afite, oeuvrant pour l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) dans la province du Littoral, a informé Amnesty International qu’elle avait reçu des menaces de mort après avoir dénoncé des atteintes aux droits humains commises par des agents des forces de sécurité durant les émeutes de février 2008. Delphine Fouda, une journaliste oeuvrant pour la défense des droits humains, avait été attaquée par des policiers qui avaient menacé de la violer et de la tuer en mai 2006 ». Même la presse n’est pas épargnée selon l’ong. Elle cite le cas des journalistes intimidés, des médias fermés, des journalites incarcérés et lourdement amendés. En mai 2008, plusieurs médias indépendants locaux ont affirmé que Benjamin Fouda Effa, directeur de Radio Tiemeni Siantou, avait été démis de ses fonctions sur l’insistance d’un ministre. Le ministre avait selon les médias pris ombrage du contenu d’une émission condamnant la décision du gouvernement de mettre fin aux activités de la chaîne de télévision Équinoxe et deux stations de radio, Radio Équinoxe et Magic FM. Toutes trois se sont vu ordonner de cesser d’émettre en février après avoir relayé des propos critiques quant à la manière dont le gouvernement avait fait face aux mouvements de protestation de fin février. Équinoxe TV a dû mettre la clé sous la porte le 29 février 2008, après avoir diffusé des interviews de politiciens opposés aux propositions de modification de la Constitution lit-on. On y apprend aussi que Polycarpe Essomba, correspondant de Radio France International, a été contraint de se cacher pendant plusieurs jours après que certains membres de sa famille et lui-même eurent été la cible de menaces de mort pendant les émeutes.

Policiers camerounais
spm.gov.cm)/n
Le gouvernement camerounais doit créer de toute urgence une culture de respect des droits humains et mettre un terme à l’impunité dont bénéficient actuellement les agents gouvernementaux et les forces de sécurité.
Amnesty International



Le rapport revient en outre sur les condamnations des homosexuels et dénonce les conditions de détention « pénibles » dans les prisons. II revient aussi sur les cas des deux étudiants de l’université de Buéa, Ivo Obia Ngemba et Moma Bennet qui ont été abattus par les forces de sécurité au cours de violentes manifestations contre la corruption présumée et la discrimination dont seraient victimes les étudiants anglophones. Selon une organisation estudiantine camerounaise, il n’y a eu aucune enquête formelle sur les homicides et aucun membre des forces de sécurité n’a été traduit en justice pour ces faits. AI termine enfin son rapport en formulant des recommandations au gouvernement du Cameroun. « Le gouvernement camerounais doit créer de toute urgence une culture de respect des droits humains et mettre un terme à l’impunité dont bénéficient actuellement les agents gouvernementaux et les forces de sécurité » prescrit l’Ong.
L’ong reconnait cependant qu’elle n’a pas profondément vérifié ces informations qui sont mis à sa disposition. Elle regrette de ne pouvoir rencontrer le gouvernement du Cameroun afin d’ « échanger des renseignements et discuter de recommandations afin de protéger et de promouvoir les droits humains dans le pays » tout en déplorant « le fait que les autorités ont invariablement refusé d’accéder à cette requête (ou retiré leur accord sans explication), l’empêchant ainsi de diagnostiquer et d’évaluer la véritable ampleur et la gravité des violations des droits humains au Cameroun ». Car selon elle, la promotion et la protection des droits humains seront vraisemblablement vitales au cours des mois qui précéderont les élections générales de 2011 au Cameroun.


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Commémoration: « Droits de l’Homme, une uvre inachevée »

L’universalité de principes ne saurait être l’occasion d’imposer des méthodes et des modes d’expression.

 » Plus jamais cela ! ». N’oublions jamais que c’est ce cri de révolte contre la barbarie et l’oppression, mais aussi ce cri d’espoir qui a été à l’origine de la rédaction de la déclaration universelle des droits de l’Homme, voilà soixante ans. N’oublions jamais que c’est la conscience naissante d’appartenir à une même famille humaine qui a conduit, pour la première fois, à vouloir, comme le disait René Cassin,  » protéger tout l’homme et les droits de tous les hommes en tout lieu de la terre », à vouloir affirmer clairement la dimension universelle et indivisible de ces droits.
Soixante ans après, qu’est-il advenu de nos aspirations, de nos ambitions, de nos engagements ? Année après année, on a vu s’étoffer l’action normative et institutionnelle des Nations unies, on a vu s’élargir les catégories des bénéficiaires, on a vu s’amplifier la notion même de droits de l’homme progressivement appliquée à l’alimentation, au développement, ou à l’environnement. Année après année, de nouvelles étapes décisives ont été franchies : qu’il s’agisse de la Conférence mondiale de Vienne, de la création de la Cour pénale internationale, de la reconnaissance du principe de compétence universelle, ou de celui de la responsabilité de protéger.

Malgré le travail et les efforts accomplis par l’ONU et la communauté internationale, malgré l’action inlassable des organisations non gouvernementales et des milliers de héros anonymes qui se dévouent souvent au péril de leur vie, malgré les progrès accomplis et les avancées incontestables réalisées tout au long de ces soixante années, l’ uvre reste, encore et toujours, inachevée.
Qui oserait, en effet, affirmer, aujourd’hui, que le droit à se nourrir, à se soigner, à se former, à travailler, à être protégé par la loi, à circuler librement, en d’autres termes que le droit à vivre dans le bien-être et la dignité est, partout dans le monde, réalisé ? Qui oserait affirmer, aujourd’hui, que la liberté de pensée, de conscience, d’opinion et d’expression, que l’égalité entre les hommes et les femmes, est, partout dans le monde, réalisée ? Qui oserait affirmer, aujourd’hui, que la pauvreté et la guerre, la dictature et l’oppression, l’esclavage et la torture, la xénophobie et le racisme, ont été, partout dans le monde, éradiqués ? Qui oserait affirmer, aujourd’hui, que les principes proclamés par la Déclaration universelle des droits de l’Homme sont, partout dans le monde, effectivement appliqués, que leur violation est, partout, réprimée, ou mieux encore, prévenue ?

Soixante ans après, ayons la lucidité et le courage de reconnaître que le combat pour les droits de l’Homme et les libertés fondamentales demeure d’une pressante et révoltante actualité ! Ayons la lucidité et le courage de reconnaître que l’urgence n’est plus tant de définir de nouveaux droits, que d’amener les Etats, tous les Etats, à ratifier les textes existants, mais surtout à les appliquer réellement ! Plus grave encore ! Devons-nous prendre prétexte que le monde a connu, depuis soixante ans, de profonds bouleversements, que de nouveaux équilibres se sont fait jour, mais aussi de nouvelles menaces, pour remettre en cause, ici ou là, l’universalité de ces principes ?
Quelle serait la portée, l’efficacité et le devenir d’un droit que certains Etats seulement appliqueraient, tandis que d’autres le bafoueraient, au nom de spécificités culturelles, religieuses, nationales, au nom de je ne sais quel relativisme ? Nous irions au devant d’un immense péril pour l’humanité si nous devions invoquer la diversité pour mieux révoquer l’universalité ! L’universalité et la diversité ne sauraient s’affronter, tant elles sont vouées à se nourrir, à s’alimenter, à s’enrichir l’une l’autre.

Mais dans le même temps que nous devons dénoncer cette instrumentalisation de la diversité et de l’altérité, nous devons réaffirmer fermement que l’universalité de principes ne saurait s’accommoder d’une politique du  » deux poids, deux mesures ». Nous progresserons d’autant mieux que l’équité sera respectée et que tous les manquements à ces principes et ces idéaux seront condamnés, sans considération de puissance aucune ! Nous devons, aussi, réaffirmer fermement que l’universalité de principes ne saurait être l’occasion, pour certains, d’imposer à d’autres, de manière péremptoire, des méthodes et des modes d’expression venus d’ailleurs. Nous progresserons d’autant mieux que seront prises en compte la diversité des réalités historiques et socio-culturelles, tant en ce qui concerne la formulation de ces principes, qu’en matière de sensibilisation, d’éducation, d’appropriation. Nous progresserons d’autant mieux que la volonté de condamner s’accompagnera d’une volonté de coopération et d’assistance dans un esprit d’écoute, de respect et de dialogue.
C’est bien dans cet esprit qu’agit la Francophonie pour conforter l’universalité des principes et l’efficacité des mécanismes. Une Francophonie fondée, il faut le rappeler, sur le respect de la diversité culturelle, une Francophonie qui a tant fait pour que cette diversité soit érigée en principe du droit international. Puisse donc ce soixantième anniversaire de la Déclaration des droits de l’Homme nous inciter, par-delà nos différences, à proclamer l’unité de notre condition humaine et l’identité de notre destin !


http://apf.francophonie.org)/n