Palestine: La dépouille de Yasser Arafat exhumée pour enquête

Cette opération se déroule à la demande de son épouse qui souhaite faire toute la lumière autour de la mort de son mari

Des techniciens palestiniens ont exhumé la dépouille du défunt dirigeant Yasser Arafat ce mardi 27 novembre à l’aube dans la ville de Ramallah en Cisjordanie. C’est après avoir dégagé le sable transporté de Jérusalem à Ramallah le 11 avril 2004 que les membres de la garde présidentielle ont pu extraire le cercueil du tombeau et l’ont transporté à la mosquée de la présidence à Ramallah. C’est dans cette mosquée que des prélèvements ont été effectués pour les besoins de l’enquête. L’exhumation s’est déroulée en moins d’une heure, en présence de hauts responsables palestiniens, d’experts, d’enquêteurs suisses, français et russes, ainsi que de Taoufik Tiraoui, le président de la commission palestinienne chargée de superviser l’enquête sur la mort de M. Arafat. Des mesures de sécurité ont été renforcées pour assurer la confidentialité de l’opération. L’enquête vise à déterminer si la mort de Yasser Arafat, survenue dans un hôpital à Paris, résulte d’un empoisonnement. Les Palestiniens soupçonnent Israël d’avoir empoisonné Arafat avant qu’il ne tombe malade, lors l’assaut du siège de son quartier général par les forces israéliennes à Ramallah.

Au début de 2012, les experts suisses ont soumis les effets personnels d’Arafat à des tests, dont les résultats ont été divulgués dans le cadre d’un reportage diffusé par al-Jazira, la chaîne de télévision arabe basée à Doha. Le reportage, citant l’Institut de radio physique, indiquait que des traces de polonium 210 radioactif avaient été trouvées sur les sous-vêtements et la brosse à dents de l’ex président palestinien. La veuve de M. Arafat, Souha, a engagé des poursuites civiles en France, en réclamant une enquête sur la mort de son mari, décédé dans un hôpital de la banlieue parisienne. Les dirigeants palestiniens ont également décidé de faire appel à des experts russes pour faire en sorte que l’enquête soit la plus fiable possible. Pour la petite histoire Yasser Arafat est tombé malade dans son quartier général à Ramallah, en Cisjordanie, assiégé par l’armée israélienne, et est décédé le 11 novembre 2004 à Percy. Sa mort est restée une énigme, les quelque 50 médecins qui se sont relayés à son chevet n’ayant pas précisé la raison exacte de la détérioration rapide de son état. L’enquête permettra, on l’espère, d’avoir de nouvelles informations.

La dépouille de Yasser Arafat (photo) exhumée pour enquête
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Unesco: L’adhésion de la Palestine divise

Après la décision de l’Unesco d’admettre la Palestine comme membre à part entière, de vives réactions fusent de plusieurs Etats membres

Le Canada n’est pas heureux de l’adhésion de la Palestine à l’Unesco et remet en cause sa participation à cette agence de l’ONU, a déclaré lundi 31 octobre son ministre des affaires étrangères, John Baird. Nous allons évaluer quelle sera notre réponse, nous sommes en train d’évaluer l’avenir de notre participation, a -t-il annoncé. La contribution canadienne à cette agence de l’ONU avoisine 10 millions de dollars par an. En effet, les Palestiniens ont enregistré ce lundi 31 octobre à Paris une victoire diplomatique aussi symbolique que significative sur la voie de la reconnaissance de leur État, en obtenant le statut de membre à part entière de l’UNESCO, l’une des principales agences de l’ONU. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a décidé de l’admission de la Palestine comme membre à part entière par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre parmi lesquelles les États-Unis et le Canada.

Washington a aussitôt annoncé la suspension d’un versement de 60 millions de dollars. Un coup dur pour l’Unesco car les États-Unis assuraient 22% de son budget, avec une contribution d’environ 80 millions de dollars par an. La directrice générale de l’Unesco Irina Bokova a reconnu qu’elle était inquiète pour la stabilité de son budget. Du côté d’Israël, après une réunion du cabinet restreint de Benjamin Netanyahu ce mardi 01er novembre, la riposte est connue : l’accélération de la colonisation de Jérusalem-Est et de Cisjordanie par la construction de 2.000 logements et le gel du transfert de fonds dus à l’Autorité palestinienne. Un revers diplomatique pour Israël, qui, par ailleurs, va faire part de sa déception à la France, dont le vote a été en faveur de cette admission.

Comme la France, l’énorme majorité des pays arabes, africains et latino-américains se sont prononcés pour l’adhésion. L’Union Européenne s’est divisée : onze États ont voté pour, onze se sont abstenus, dont le Royaume-Uni et l’Italie, et cinq, dont l’Allemagne, ont voté contre. Beaucoup d’Occidentaux estimaient que la candidature à l’UNESCO ne pouvait précéder l’aboutissement de la démarche entreprise par les Palestiniens auprès de l’ONU à New York. Le président palestinien Mahmoud Abbas avait solennellement demandé le 23 septembre à l’ONU de reconnaître l’État palestinien. Cette demande doit être examinée le 11 novembre par le Conseil de sécurité, où elle pourrait être frappée d’un veto américain. En effet, La Maison-Blanche a estimé que le vote à l’UNESCO était prématuré et contre-productif dans la perspective d’une reprise espérée des négociations de paix. La France, de son côté, a justifié son vote positif : Aujourd’hui, la question qui était posée était de savoir si la communauté internationale répondait oui ou non à la demande d’adhésion de la Palestine à l’UNESCO, a expliqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. À partir du moment où elle l’est, il nous faut prendre nos responsabilités et répondre sur le fond. Et sur le fond, la France dit oui, a-t-il dit. L’entrée de la Palestine porte le nombre d’États membres de l’UNESCO à 195 et vient s’ajouter à celle du Soudan du Sud, votée vendredi 28 octobre.

Une vue de la Palestine sur carte
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