Cameroun : près de 8 milliards de FCFA pour la sécurité de trois aires protégées

La somme a été mobilisée par African Wildlife Foundation (AWF), une organisation de protection de la faune et de la flore en Afrique.

 

L’AWF a annoncé avoir mobilisé un financement de 13 millions de dollars, soit environ 7,8 milliards de FCFA, pour renforcer la protection de trois aires protégées au Cameroun.

Il s’agit de la réserve forestière du Dja (d’une étendue estimée à près de 526 000 ha), le parc national de Campo Ma’an (264 064 ha) et le Parc national du Faro (330 000 ha).

Une partie de l’enveloppe sera allouée à l’opérationnalisation de l’unité anti braconnage qui devrait se déployer dans les aéroports du pays. Un protocole d’entente ainsi que 4 conventions (spécifiques aux zones d’interventions suscité), ont été signé le 17 avril dernier à Yaoundé entre le directeur pays de AWF, Norbert Sonne, et le ministre camerounais des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo.

Le Ministre a souligné à l’occasion, que cette initiative d’AWF venait en appui aux actions déjà entreprises par le gouvernement dans ces sens.  Selon les données du Ministère, le Cameroun dispose de plus de 10,6 millions d’hectares d’aires protégées.

Ces aires sont malheureusement en proie aux exploitations illicites et au braconnage. Leur protection nécessite d’importants moyens que le gouvernement seul ne pourrait mobiliser pour un pays « un pays qui a 45% de son territoire couvert de forêts, plus d’une vingtaine d’aires protégées, certaines spécialisées ».

Afrique : l’AWF recherche des photographes de la faune sauvage

 

L’African Wildlife Foundation (AWF), en partenariat avec le magazine américain Nature’s Best Photography (NBP) lance un appel à candidatures pour primer les photographies sur la vie sauvage en Afrique.

L’African Wildlife Foundation (AWF), en partenariat avec le magazine américain Nature’s Best Photography (NBP) lance un appel à candidatures pour primer les photographies sur la vie sauvage en Afrique. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la deuxième édition du Prix Benjamin Mkapa sur la faune en Afrique.

Le jury constitué des défenseurs mondiaux de la faune récompensera les lauréats par une enveloppe totale d’une valeur de 30 000 dollars. Le vainqueur de l’édition en cours aura également droit à des sculptures artisanales d’éléphant en pierre et une interview dans l’édition spéciale du magazine Nature’s Best Photography pour la circonstance.

Par ailleurs, toutes les images et vidéos gagnantes seront exposées au Musée national de Nairobi au Kenya et dans d’autres lieux en Afrique et aux États-Unis d’Amérique. Les organisateurs du prix indiquent que le concours s’adresse aux photographes de tous âges et de tous niveaux d’expérience photographique d’Afrique et du monde entier.

« Amener l’Afrique au monde et le monde à l’Afrique est la vision qui définit ce concours mondial, axé sur le développement de nouvelles plateformes multimédias qui engagent et impliquent les Africains et ceux qui voyagent en Afrique dans un récit mixte de conservation et de narration visuelle », affirme Craig Sholley, premier vice-président de l’AWF et cofondateur de ce programme qui existe depuis 60 années déjà.

Les résultats de cette deuxième édition seront connus lors de l’ouverture de l’exposition le 27 octobre 2022 au Musée national de Nairobi, au Kenya. En attendant, les candidats ont jusqu’au 1er juin 2022 pour inscrire leurs chefs-d’œuvre portant sur la vie animalière en milieu sauvage.

Cameroun: Situation inquiétante dans la Réserve de faune du Dja (ONG)

Du 26 au 30 avril 2015, une équipe composée de spécialistes de la conservation d’espèces protégées ainsi que des écogardes de la Réserve ont réalisé à pied la traversé du Dja. La vidéo de l’expédition

Située à cheval entre les régions du Sud et de l’Est, la Réserve du Dja s’étend sur une surface de 5260 Km² classés depuis 1950 comme Réserve de faune. En raison de la diversité de ses espèces et de son état de conservation, l’UNESCO décide en 1987 de l’inscrire au patrimoine mondial. Selon cette instance des Nations Unies, 90% de sa superficie resterait inviolée et plus d’une centaine d’espèces de mammifères y vivraient. Parmi elles, plusieurs sont d’ailleurs menacées au niveau global à l’instar du gorille des plaines de l’ouest (Gorilla gorilla), du chimpanzé (Pan troglodytes), de l’éléphant de forêts (Loxodonta africana) et du perroquet gris du Gabon (Psittacus erithacus).

Jef Dupain de l’ONG African Wildlife Foundation a organisé du 26 au 30 avril 2015 une marche de cinq jours, reliant les limites sud et nord de la Réserve, afin de se faire une idée de l’impact de la pression des activités humaines sur la faune. L’équipe était composée de spécialistes de la conservation d’espèces protégées, trois écogardes de la Réserve et huit porteurs Baka (Voir la vidéo).




Selon Jef Dupain, chercheur spécialisé dans l’étude des grands singes, «les animaux se cachent dans des zones plus marécageuses où les grands mammifères essaient d’échapper aux braconniers. Tout le monde regarde dans la périphérie [de la Réserve, ndlr] mais on ne savait pas qu’à l’intérieur la situation était aussi grave. Changer les choses dans un endroit aussi reculé et isolé, c’est difficile.» Et de conclure que le potentiel touristique est là mais qu’aujourd’hui «le touriste entendra plus de coups de fusil qu’il ne verra d’animaux».

De retour à Yaoundé, Jef Dupain a présenté ses conclusions au secrétaire général du Ministère des forêts et de la faune (MINFOF) qui aurait reconnu avoir sous-estimé la menace qu’il y a à l’intérieur du Dja.

Fondé en 1961 par Russell Train, un magistrat américain, African Wildlife Foundation, est une ONG internationale qui uvre à la conservation d’espaces naturels en danger et à la protection de la faune qui y vit. Elle tente de renforcer la lutte contre le braconnage et le trafic d’espèces protégées en développant entre autres des initiatives de développement au niveau local. Aujourd’hui basée à Nairobi, au Kenya, cette organisation est implantée dans plus d’une dizaine de pays africains, principalement en Afrique de l’est (Rwanda, Ouganda, Tanzanie, RDC,etc). Elle est présente au Cameroun dans le Parc national de Faro (Nord) et depuis peu dans la Réserve du Dja (Est et Sud).