Cameroun : 5 enseignants et 11 élèves tués depuis 2017 dans la crise anglophone (Human Right Watch)

C’est ce qui ressort de son nouveau rapport publié le 15 décembre 2021. L’ONG constate que du fait de la guerre dans le Nord-ouest et le Sud-ouest, des élèves et enseignants ont été tués, battus, mutilés, enlevés, menacés et terrorisés. Des familles ont été intimidées pour qu’elles retirent leurs enfants de l’école. Une attaque contre l’éducation.  

« Dès le début de l’année 2017, les combattants séparatistes ont commencé à ordonner et à faire appliquer un boycott des écoles, invoquant certes leur opposition à l’éducation francophone imposée par le gouvernement central, mais révélant aussi une stratégie perverse visant à faire pression sur le gouvernement pour obtenir une reconnaissance politique », rappelle Human Right Watch.

 L’on apprend que les combattants séparatistes  (ambaboys) ont ainsi privés 700 000 élèves de l’accès à l’éducation. A travers des meurtres, enlèvements, incendie et fermetures  d’écoles, menace des familles.   « Quand je vais à l’école, je ne porte pas mon uniforme scolaire », a déclaré une lycéenne de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest. « J’ai peur d’être repérée par les amba. Pour aller à l’école, je dois faire environ un kilomètre à pied, et je ne me sens jamais en sécurité ».

« Human Rights Watch a documenté le meurtre de 11 élèves et de 5 enseignants dans la région du Sud-Ouest. Sept élèves ont été tués lors d’une attaque contre leur école à Kumba, et trois élèves et un enseignant lors d’une attaque contre leur école à Ekondo Titi. Les autres victimes ont été tuées chez elles ou sur le chemin de l’école. Les groupes séparatistes ont également procédé à des centaines d’enlèvements. Human Rights Watch a documenté 268 enlèvements d’élèves et de professionnels de l’éducation depuis 2017. Dans la région du Nord-Ouest, lors de deux incidents seulement, l’un en 2018 et l’autre en 2019, des combattants ont réussi à enlever pas moins de 78 et 170 élèves dans leurs écoles respectives. », peut-on lire dans le rapport.

Human Right Watch relève également que  les combattants séparatistes ont utilisé au moins sept écoles dans les deux régions anglophones comme bases pour stocker leurs armes et leurs munitions et pour retenir et torturer des otages.

L’ONG affirme que  les attaques contre l’éducation ont eu des répercussions considérables sur les élèves et les enseignants, notamment en provoquant des déplacements, des traumatismes et des troubles de santé mentale, ainsi que des abandons scolaires.

L’auteur du rapport Ilaria Allegrozzi suggère entre autres aux autorités camerounaises d’enquêter de manière impartiale sur toutes les attaques contre l’éducation, poursuivre les responsables dans le cadre de procès équitables et apporter un soutien rapide aux victimes.

Cameroun : Human Rights Watch plaide pour la libération des militants du MRC emprisonnés

Ilaria Allegrozzi, chercheuse à Human Rights Watch, invite le gouvernement de remettre en liberté tous les militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun emprisonnés.

« Les autorités camerounaises devraient libérer immédiatement ces leaders de l‘opposition parce qu’ils sont détenus pour leurs opinions politiques, pour avoir exercé leur droit fondamental de se réunir pacifiquement », déclare Ilaria Allegrozzi, chercheuse à Human Rights Watch.

Elle parle notamment d’Olivier Bibou Nissack et d’Alain Fogue Tedom dont-elle , estime qu’ils ont été abusivement arrêtés. « Ils ne sont pas les seuls à être détenus de manière arbitraire. Des centaines de membres et militants du principal parti d’opposition, le MRC, demeurent en détention jusqu’à aujourd’hui pour des raisons purement politiques depuis septembre, quand ils ont été interpellés pendant des marches pacifiques. Parmi eux d’ailleurs, certains avaient été battus, maltraités lors de leur arrestation et pendant leur détention. Donc, il faut que les autorités camerounaises autorisent la libération de ces personnes qui sont détenues de manière arbitraire », appelle-t-elle.

L’on se souvient que le 12 janvier dernier, une cour d’appel a rejeté les demandes de remise en liberté d’Olivier Bibou Nissack, d’Alain Fogue Tedom et de vingt autres de ses membres du MRC interpellés dans le cadre de la marche visant à réfuter l’organisation des élections régionales et demander le départ du président de la République du pouvoir. Cela fera bientôt quatre mois qu’ils sont emprisonnés.

Cameroun: HRW dénonce la violation du droit à la santé et des droits humains des personnes arrêtées le 22 septembre

Par Human Rights Watch

 

Les forces de sécurité camerounaises ont tiré des gaz lacrymogènes, utilisé des canons à eau et arrêté des centaines de personnes, principalement des membres et partisans de partis de l’opposition, pour disperser des manifestations pacifiques dans tout le pays le 22 septembre 2020. De nombreux manifestants pacifiques ont été battus et maltraités lors de leur arrestation et pendant leur détention. Les autorités camerounaises devraient immédiatement libérer toutes les personnes détenues pour leurs opinions politiques ou pour avoir exercé leur droit de se réunir pacifiquement.

L’Union africaine (UA), la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et les autres partenaires régionaux et internationaux du Cameroun devraient dénoncer publiquement la répression de l’opposition politique et des autres détracteurs. Ces organisations devraient faire pression sur le gouvernement camerounais pour qu’il demande des comptes à ceux qui se sont rendus responsables de violations des droits à se réunir, à la liberté et à la protection contre les traitements inhumains et dégradants.

« Les organisations africaines et régionales devraient dénoncer la répression et les abus généralisés du gouvernement camerounais », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique à Human Rights Watch. « Au moment où le thème de l’UA pour 2020, ‘Faire taire les armes,’ touche à sa fin, il est crucial que ces institutions envoient des messages forts à l’administration du président Paul Biya pour signaler que les violations flagrantes de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et d’autres traités relatifs aux droits humains sont inacceptables ».

Selon le parti d’opposition Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), plus de 500 personnes ont été arrêtées le 22 septembre, parmi lesquelles 155 seulement ont été libérées. Selon les avocats du parti, 21 personnes ont été présentées devant des juridictions civiles pour diverses infractions, notamment pour rébellion et participation à une manifestation illégale ; 107 personnes ont été traduites devant des juridictions militaires pour diverses infractions, notamment terrorisme et insurrection ; 63 personnes continuent à être détenues sans inculpation, alors que la situation des autres encore en détention n’est pas claire. Dans un communiqué du 14 octobre, le ministre camerounais de la Communication a déclaré que 294 personnes avaient été arrêtées le 22 septembre, et que 176 d’entre elles avaient été libérées.

Entre le 22 septembre et le 10 octobre, Human Rights Watch a interviewé dix dirigeants et membres du parti d’opposition MRC, cinq avocats, trois journalistes et quatre membres des familles d’hommes qui ont été arrêtés et battus par la police le 22 septembre. Human Rights Watch a également examiné des photographies et des vidéos des manifestations du 22 septembre et de la réaction des forces de sécurité.

Début septembre, les autorités camerounaises ont interdit les manifestations dans tout le pays après que le MRC a encouragé les gens à descendre dans la rue suite à la décision du gouvernement d’organiser des élections régionales en décembre. Le parti a déclaré qu’avant la tenue de ces élections, le gouvernement devrait réviser la loi électorale et résoudre la crise dans les régions anglophones, où des séparatistes cherchent à obtenir l’indépendance de ces régions minoritaires du pays et où la violence est vive depuis fin 2016.

Le ministre de l’Administration territoriale a alors annoncé que toute personne organisant ou dirigeant des manifestations serait arrêtée, en prétextant que les manifestations mettraient des vies en danger pendant la pandémie de Covid-19. Le 15 septembre, le ministre de la Communication a averti les partis politiques que les manifestations pourraient être considérées comme une « insurrection » et que les manifestations illégales seraient punies en vertu de la loi antiterroriste.

L’épouse d’un membre du MRC âgé de 32 ans et arrêté à Yaoundé, la capitale, le 22 septembre, a déclaré à Human Rights Watch : « Je me suis rendue au commissariat central où mon mari est détenu. Ses yeux étaient rouges et gonflés. Il m’a dit que les policiers l’avaient battu lors de son arrestation ». Un membre du parti qui a rendu visite à son ami de 36 ans au commissariat central de Yaoundé après son arrestation, a déclaré : « Les policiers l’ont sauvagement battu au point que son poignet est maintenant disloqué. Il est détenu dans une petite cellule insalubre avec 20 autres personnes, sans lumière, et avec des toilettes bouchées ».

Au moins huit journalistes figuraient parmi les personnes arrêtées le 22 septembre, et il semble qu’au moins certains d’entre eux aient été délibérément ciblés. Le correspondant de Radio France Internationale (RFI) à Yaoundé, Polycarpe Essomba, a déclaré à Human Rights Watch : « Je venais de finir de couvrir les manifestations et j’étais dans un salon de coiffure en train de préparer mon émission de radio lorsque six policiers sont entrés et m’ont pointé du doigt. L’un d’eux a dit : ‘C’est lui que nous recherchons. C’est lui qui gâte l’image du Cameroun à l’étranger.’ Ils m’ont embarqué dans leur camion et m’ont forcé à m’y allonger. Puis ils m’ont piétiné, et l’un d’eux m’a frappé avec une matraque ». Le journaliste a été conduit au commissariat central de Yaoundé et a été libéré trois heures plus tard. Les sept autres journalistes ont également été libérés plus tard dans la journée ou le jour suivant.

Le leader du MRC, Maurice Kamto, qui avait été arrêté en janvier 2019 après des manifestations pacifiques dans tout le pays, puis libéré suite à un décret présidentiel en octobre 2019, est détenu de facto en résidence surveillée depuis le 22 septembre. Des dizaines de policiers et de gendarmes encerclent sa résidence à Yaoundé et ne l’autorisent pas à sortir. Le 5 octobre, ses avocats ont déposé une requête devant le tribunal de première instance de Yaoundé pour obtenir sa libération, mais le tribunal l’a rejetée le lendemain « par manque d’urgence ». Le 11 octobre, les avocats de Maurice Kamto ont déposé plainte contre l’État camerounais, accusant les autorités de le maintenir illégalement en résidence surveillée. La première audience, prévue pour le 15 octobre devant le tribunal de première instance de Yaoundé, a été reportée au 29 octobre.

Deux autres dirigeants du MRC – son trésorier, Alain Fogue, et son porte-parole, Bibou Nissack – ont eux aussi été arrêtés, respectivement les 21 et 22 septembre. Ils sont détenus sans inculpation au Secrétariat d’État à la défense (SED). Si leurs avocats et les membres de leur famille peuvent leur rendre visite, leurs avocats affirment qu’ils ne peuvent pas parler en privé à leurs clients et que les visites ne sont autorisées que pour une durée inférieure à 10 minutes. Nissack est détenu à l’isolement et la lecture lui est interdite.

Le 1er octobre à Yaoundé, suite à l’annonce d’une manifestation, des policiers et des gendarmes ont encerclé le siège du Cameroon People’s Party (CPP), un autre parti d’opposition, ainsi que la résidence de sa présidente, Edith Kahbang Walla, connue sous le nom de Kah Walla. « La police m’a d’abord informée que j’étais assignée à résidence, mais elle a ensuite fait marche arrière lorsque j’ai exigé de voir le jugement du tribunal autorisant une telle arrestation », a déclaré Kah Walla dans un communiqué du 9 octobre.

Le droit de manifester pacifiquement est garanti par la constitution camerounaise et par le droit international des droits humains. Les arrestations arbitraires, les mauvais traitements en détention et le recours injustifié à la force pour disperser les manifestants violent ces garanties et les obligations internationales du Cameroun. Les autorités devraient plutôt protéger les manifestants.

Si les autorités se sont servies de la pandémie de Covid-19 comme prétexte pour interdire les manifestations, la détention de centaines de personnes dans des conditions de grande promiscuité pose de graves risques de santé publique et pourrait être considérée comme une violation du droit à la santé. Human Rights Watch a exhorté les gouvernements du monde entier, y compris celui du Cameroun, à réduire leur population carcérale au vu du risque accru de transmission du Covid-19 entre détenus et pour le personnel. Pour la même raison, les autorités ne devraient pas placer des personnes en garde à vue qu’en cas de stricte nécessité. Les personnes arrêtées lors des manifestations du 22 septembre n’étant pas impliquées dans des actes de violence et ne représentant aucune menace immédiate, rien ne justifiait de les placer en détention suite à leurs arrestations.

Les autorités camerounaises ont à de multiples reprises arrêté arbitrairement des opposants politiques et d’autres détracteurs du gouvernement, et les forces de sécurité ont eu recours à une force excessive et aveugle pour réprimer d’autres manifestations menées par l’opposition. Fin janvier, Maurice Kamto, le leader du MRC, et certains de ses plus proches alliés ont été arrêtés en même temps que 200 autres membres et sympathisants du parti après avoir organisé des manifestations dans tout le pays.

En juin 2019, les forces de sécurité ont arrêté au moins 350 membres et sympathisants du MRC à travers tout le pays alors qu’ils tentaient d’organiser des manifestations. Certains, dont le vice-président du parti, Mamadou Mota, sont toujours détenus pour des motifs politiques.

« Nous avons le sentiment que la répression se normalise », a déclaré à Human Rights Watch Michelle Ndoki, une avocate camerounaise des droits humains. « La communauté internationale doit savoir que l’espace politique dont disposent les groupes d’opposition pour s’exprimer librement se réduit de jour en jour ».

Le 12 octobre, 14 experts indépendants des droits humains des Nations Unies ont appelé le Cameroun à libérer Maurice Kamto et les autres personnes arrêtées lors de manifestations pacifiques, et à mettre fin à l’intimidation des militants politiques. Le 14 octobre, le ministre de la Communication a déclaré que le communiqué des experts des Nations unies était « partial et biaisé » et qu’il s’appuyait sur « de fausses informations ».

« Alors que d’autres manifestations organisées par l’opposition sont attendues dans tout le Cameroun dans ces prochains mois, l’UA et la CEEAC devraient faire pression sur le président Biya pour qu’il mette fin à la campagne de répression et respecte les droits humains », a déclaré Ilaria Allegrozzi. « Les organisations africaines et régionales ne devraient pas rester silencieuses face à l’escalade de la répression et devraient fédérer les soutiens au sein de leurs institutions pour exiger des autorités camerounaises qu’elles respectent leurs obligations en matière de droits humains, notamment en demandant l’inculpation ou la libération immédiate de tous les manifestants et opposants politiques qui ont été arrêtés ».


Cameroun : Human Rights Watch accusé de complicité avec les terroristes

S’exprimant sur  le récent rapport de l’ONG des Droits de l’homme à propos du massacre de Ngarbuh dans le Nord-ouest,  le ministre de Communication a rejeté le contenu de ce document. René Sadi dénonce sa partialité et les accointances entre son auteur et les milieux terroristes.

L’Organisation non gouvernementale « Human Rights Watch » a publié le 25 février 2020, un rapport accablant contre les Forces de défense et de sécurité, intitulé : «Cameroun : Massacre de civils dans la région séparatiste.»  Le document accuse les militaires et des membres de l’ethnie peule Mbororo d’être à l’origine de la mort d’une vingtaine de personnes, dont une femme et treize enfants dans la nuit du 14 février dernier à Ngarbuh dans le Nord-ouest du pays. Deux jours après la sortie de ce rapport, la réponse du gouvernement par le biais de son porte-parole.

L’Etat du Cameroun rejette en bloc les allégations d’Human Rights Watch et rappelle que le président de la République a instruit une enquête qui fera la lumière sur ce drame. « Alors que l’enquête est en cours, l’ONG « Human Rights Watch », à l’instar de plusieurs autres groupes revendiquant le statut d’activistes politiques ou de défenseurs des droits humains, s’est empressée de publier un bilan erroné de ce regrettable incident, tout en décrivant avec force détails et de façon fantaisiste, les péripéties supposées de l’enchaînement des faits, ainsi que les auteurs présumés, sans avoir effectué la moindre descente sur le terrain, ni une quelconque investigation », s’insurge le ministre camerounais de la Communication.

Le gouvernement accuse l’ONG  Human Rights Watch d’avoir pris parti pour « les terroristes sécessionnistes ».  René Emmanuel Sadi révèle à ce sujet que : « le Gouvernement camerounais détient en effet depuis quelques jours, des preuves irréfutables établissant des liens entre d’une part, Madame Ilaria Allegrozzi, présentée comme chercheuse senior au sein de l’ONG « Human Rights Watch », auteur du rapport biaisé incriminant les Forces Armées Camerounaises, et d’autre part, de nombreux terroristes sécessionnistes qui mettent régulièrement à sa disposition et à sa demande, depuis le début de la crise dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des photographies, des vidéos, ainsi que des informations sur leurs diverses abominations, afin que celles-ci servent plutôt d’arguments à charge contre nos Forces de Défense et de Sécurité. »

 

Ilaria ALLEGROZI

La preuve en conviction serait des échanges téléphoniques entre Ilaria Allegrozzi l’auteur du rapport, et le nommé NFOR YACUBU, dont l’interpellation a eu lieu le 24 février tel que l’indique le ministre de la Communication. « Plusieurs de leurs échanges par messages téléphoniques, cette dernière demande au terroriste, alors présenté comme un spécialiste du trucage d’images destinés à la propagande sécessionniste, au-delà de tous les crimes, violences et trafics illicites auxquels il se livre au quotidien, « de lui fournir autant que possible, en les fabriquant de toute pièce, des documents visuels, photographies et vidéos, montrant les Forces Camerounaises de Défense et de Sécurité en train de commettre des violences sur des civils» », témoigne René Sadi.

Il conclut en disant : « Voilà donc comment fonctionne cette terrible usine à mensonges montée par Madame Ilaria ALLEGROZI, et dont « Human Rights Watch » se sert de façon ignoble, dans un objectif de stigmatisation systématique des Forces Armées Camerounaises, et partant, de déstabilisation de nos Institutions ».

Cameroun : Human Rights Watch persona non grata

Une chercheuse de cette Ong spécialisée dans l’observation du  respect des droits de l’Homme a été interdite d’entrée sur le territoire camerounais.

Circulez, il n’y a rien à voir (?). Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior de Human Rights Watch (HRW) sur l’Afrique centrale s’est vue refuser l’entrée sur le territoire du Cameroun. Retenue à l’aéroport de Douala le 12 avril dernier par des agents de l’emi-immigration, la chercheuse était pourtant détentrice d’un visa d’une durée de trois mois, délivré le 25 mars, a-t-on appris de Reuters.

Ceci alors même qu’elle avait précisé l’objet de son déplacement, à savoir se rendre dans les régions anglophones du pays pour mener des recherches au nom de Human Rights Watch sur les abus commis à la fois par les forces du gouvernement et des séparatistes armés, ainsi que sur l’impact de la crise sur les personnes handicapées.

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C’est ce qui semble ne pas avoir été du goût des autorités camerounaises. « Le gouvernement cherche à dissimuler aux yeux du monde les abus qu’il est en train de commettre, mais il n’y parviendra pas », pense Philippe Bolopion, directeur adjoint Human Rights Watch cité par Reuters. Il poursuit, « interdire à notre chercheuse d’entrer sur le territoire constitue clairement un pas en arrière pour le Cameroun »,

D’après HRW, le gouvernement est resté sourd à ses sollicitations pour comprendre les raisons de ce refus.

Il est cependant à noter que le 10 avril dernier, l’Ong internationale rapportait des exactions dont se seraient rendus coupables des militaires dans une opération à Meluf, une localité de la région du nord-ouest Cameroun. HRW accusait ainsi l’armée d’avoir tué de civils. Accusation rejetée quelques jours plus tard dans une communication attribuée à l’armée, qui donnait par la même occasion des détails sur ladite opération.