Cameroun : Henri Njalla Quan s’attaque à la gestion de Samuel Eto’o

L’ancien Vice-président de la Fecafoot a lors d’une conférence de presse samedi 15 juillet 2023 fait des révélations fracassantes.

Samuel Eto’o ne fait plus vraiment l’unanimité. Le Vice-président démissionnaire de la Fécafoot estime que Samuel étouffe l’équipe nationale et utilise le football pour diviser les camerounais. Nous vous proposons quelques extraits de sa conférence de presse :

«Dans le comité exécutif de la Fécafoot, il y a des personnes compétentes, telles que des professeurs, des conseillers municipaux et autres. Je n’arrive pas à comprendre qu’ils se fassent autant manipuler. J’ai honte à leur place.»

«Les stars de l’équipe nationale sont étouffées par une personne qui elle-même était star, lorsqu’elle était footballeur, et veut rester star en tant que dirigeant. Moindre réunion, il est là, séances d’entraînement, il est là. Même le sélectionneur se sent étouffé par Eto’o qui est omniprésent.»

 «Je travaille dans une entreprise qui a une grande réputation, j’ai aussi mes petites affaires, et ce n’est pas de faute si je suis héritier. Donc, l’idée selon laquelle je me suis séparé avec Eto’o parce qu’il a fermé la mangeoire est ridicule. Je l’ai déjà dit, je n’ai rien mangé à la Fécafoot. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai utilisé mes perdiems pour faire des dons aux acteurs du football dans le Sud-Ouest. Eto’o a promis de ne pas toucher son salaire de président de la Fécafoot, où en est-il avec cette promesse ? Aujourd’hui, la Fécafoot a une dette de dizaines de milliards de francs. C’est la faute de qui ?»

 «J’ai vu les premiers signes de la cabale contre moi il y a environ six mois. Mais j’ai d’abord pris mon mal en patience. Le début de notre mandat à la Fécafoot était sucré, comme tout mariage récent. Mais après il y a eu un basculant avec les projets d’augmentation de mandat du président, les suspensions de certains responsables de ligue régionales et départementales, juste parce qu’ils n’ont pas fait allégeance à Eto’o. Mais la cabale contre moi a réellement commencé en janvier, la dernière fois que j’ai demandé à voir les contrats marketing signés par la Fécafoot. La preuve : Eto’o est venu à Limbe en mars, lancé le championnat régional du Sud-Ouest, sans informer son vice-président que je suis. Il s’attendait à ce que je le trouve au stade comme tous ceux qui font le culte de la personnalité. Mais je n’y étais pas, et cela a surpris Eto’o. Après ça, il est revenu vers moi pour qu’on se réconcilie, mais comme je sais qu’il est rancunier, j’ai refusé.»

 «Aucun membre de l’assemblée générale de la Fécafoot n’a jamais proposé la prorogation du mandat de président de 4 à  7 ans. Ce sujet n’a jamais été débattu à aucune assise de la Fécafoot. Le seul sujet dont on a discuté c’est celui de l’augmentation du nombre de mandats du président de la Fécafoot, de deux à trois mandats de 4 ans, comme à la CAF et à la FIFA. Eto’o a manipulé tout un pays !»

 «Nous travaillons actuellement pour transférer nos meilleurs joueurs dans des clubs d’Elite One, Elite Two, et d’autres hors du pays. Ceux qui ne sont pas encore matures seront transférés dans d’autres centres de formations. Nous travaillons en collaboration avec nos pensionnaires et leurs parents, pour que leurs enfants ne souffrent pas de la suspension de nos activités…»

 «J’étais président de la Commission marketing de la Fécafoot, mais je n’ai eu accès à aucun document relatif aux différents sponsoring. Je ne sais pas que valent les contrats de One All Sports, Orange, MTN… J’ai plusieurs fois demandé ces documents, la dernière fois en mettant en copie le président, mais les employés de la Fédération m’ont répondu cash qu’il ne me les donnent pas…»

 «Le président de Victoria United, qui est l’ami d’Eto’o,  est entré sur un stade et a arrêté un match, on ne lui a rien fait. Mais on me suspend pour 10 ans parce que j’ai dit la vérité…»

 «La Fécafoot est un risque à la déstabilisation du Cameroun. Eto’o utilise le football pour diviser les Camerounais..»

 «Eto’o a donné 1 million de francs à un responsable du football du Sud-Ouest pour qu’il me surveille, et ce monsieur a commencé à menacer ma famille. J’ai saisi le procureur à cet effet, qui a pris des dispositions pour assurer ma sécurité…

 Le monsieur m’a menacé en disant qu’il va mettre le remède sur mon chemin pour que je devienne fou, et je marche nu avant de mourir… le président Samuel Eto’o a fait une réunion avec les autres membres du comité exécutif à Starland hôtel au cours de laquelle il a dit qu’il ne me faisait plus confiance, parce que je pose trop de questions.»

 «Je ne regrette pas d’avoir démissionné. Les choses ne se passaient pas comme je le souhaitais… Dans la région du Sud-Ouest, j’ai fait des dons en matériels aux clubs, joueurs et arbitres. J’ai même soutenu financièrement certains médias, même s’ils m’insultent aujourd’hui. J’ai dépensé environ 10 millions francs»

 

Lions indomptables du Cameroun : l’indispensable conférence de presse

Rigobert Song est en tournée en Europe pour convaincre les binationaux. Le manager-sélectionneur de l’équipe du Cameroun devrait lors d’un point de presse expliquer ses choix, avant la double confrontation face à la Namibie.

Rigobert Song a dévoilé vendredi 03 mars 2023 la liste de 34 joueurs présélectionnés pour la double confrontation contre la Namibie, pour le compte des éliminatoires de la Can 2024. Le manager-sélectionneur des Lions va réduire cette liste à 24 joueurs. Moment propice, comme il est de tradition ailleurs pour un entraîneur, d’expliquer ses choix lors d’un point de presse.

La télévision nationale (CRTV) étant un partenaire privilégié de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), la posture de l’invité du journal de 20h30 peut être ainsi retenue, à chaque fois, comme un grand moment médiatique. L’évocation de la liste des Lions retenus pour un match officiel reste une information importante, généralement très attendue des Camerounais, passionnés de football.

Song, Mbeumo et Migne

Depuis sa prise de fonction, le Manager-sélectionneur national nous a habitués à rendre public ses différentes listes via, curieusement, les médias sociaux. L’unique fois où il a animé un point de presse pour expliquer ses choix et répondre aux questions de journalistes, c’était le 12 septembre 2022 au siège de la Fécafoot. Un procédé qui fut salué, malgré quelques manquements et hésitations dans la prononciation exacte des noms de certains joueurs retenus.

A cet effet, rien ne doit être improvisé. La Fécafoot, via son département Communication et le team press des Lions, doit en faire un grand événement médiatique. Il est donc important de bien s’y préparer pour éviter de mauvaises retombées médiatiques. «L’homme de la théorie du danger », devrait, par exemple, choisir les mots justes pour expliquer pourquoi Carlos Baleba et Daniel Namasso ne seront pas de la partie face à la Namibie.

Rigobert Song face à la presse

Le jeune milieu de terrain de Lille, formé à l’Ecole de football des Brasseries, arrivé en France en 2019, lorgne désormais du côté des Bleus. Annoncé par les médias français, notamment TF1, comme un futur crack, Carlos Baleba, encouragé par son entourage, a demandé à Rigobert Song et Samuel Eto’o de lui donner un temps de réflexion. Le temps pour lui de « mieux s’acquérir ». Aurait-il affiché la même attitude s’il avait été convoqué dans une sélection française où il ne possède même pas encore la nationalité ?

Daniel Namasso Loader, du FC Porto, qui a joué dans toutes les catégories jeunes des sélections anglaises, pour les mêmes raisons, se montre aussi hésitant pour rejoindre la tanière des Lions. Rigobert Song qui dans son planning de tournée en Europe devrait rencontrer la bande à Sacha Boey (Galatasaray), Dina Ebimbe et Ivan Ndicka (Eintracht Francfort), devra donc lors d’une conférence de presse faire le point sur ces différentes négociations.

Cameroun: le silence ou la mort

Pour avoir dénoncé la corruption du pouvoir au Cameroun, Martinez Zogo, un journaliste, a été assassiné. Une violence contre la presse exacerbée par une féroce compétition au sein de l’élite pour la succession d’un Paul Biya vieillissant. L’État de non-droit qui règne est volontairement ignoré par l’Occident au motif de la stabilité du pays.

Le corps du journaliste Martinez Zogo a été retrouvé quatre jours après son enlèvement par des hommes cagoulés circulant dans un 4×4 dépourvu de plaques d’immatriculation. Les premières constatations font état d’un corps affreusement mutilé, laissant penser que Martinez a été torturé avant d’être exécuté.

Corruption et peur

Martinez Zogo n’est pas le premier journaliste à être victime de la répression. Il y a deux ans, Samuel Wazizi était mort en détention après avoir écrit des articles critiques sur les agissements de l’armée camerounaise dans la région anglophone en guerre contre le pouvoir central. Paul Chouta fut lui aussi enlevé, tabassé et laissé pour mort. D’autres journalistes ont été victimes d’intimidation. Le but : imposer le silence au sujet des nombreux délits financiers commis par les tenants du pouvoir. C’est précisément pour avoir dénoncé les affaires de détournement d’argent public, en apportant les preuves et en citant les noms des responsables, que Martinez a été probablement assassiné. Dans son émission « Embouteillage » diffusée sur la radio Amplitude FM, le journaliste avait dévoilé en détail une affaire de corruption dit de la ligne 94, déjà évoquée il y a quelques semaines dans nos colonnes1. Cette ligne budgétaire 94 cachait des versements d’argent public vers le privé. Était cité le nom de Jean-Pierre Amougou Belinga, un homme d’affaires propriétaire de plusieurs médias, très proche du pouvoir et particulièrement du ministre des Finances Louis-Paul Motaze.

La lutte de clans

Cette mise au pas des journalistes se déroule dans un contexte très particulier. En effet, c’est Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire de la présidence, qui gère le pays à la place de Paul Biya, le président du Cameroun bien mal en point du haut de ses 89 ans. Cependant, il a toujours pris soin d’éviter de désigner un dauphin qui aurait pu le destituer, comme il l’a fait lui-même en menant un coup d’État contre l’ancien président Ahmadou Ahidjo. La conséquence est que les élites au pouvoir, sentant la fin de règne de Biya, s’entredéchirent pour lui succéder. Des noms sont régulièrement cités. Le fils du président, Franck Biya, Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie dont le père fut un soutien de Biya lors du coup d’État. Il y a aussi le neveu de Jeanne-Irène Biya, première épouse du président, qui n’est autre que… Louis-Paul Motaze, le ministre des Finances. Tant que l’impunité est de règle pour les crimes contre les journalistes, la violence n’est pas près de cesser, d’autant que les enjeux en termes de pouvoir politique et financier sont considérables.

Cachez cette corruption que je ne saurais voir

Le pouvoir en place utilise le conflit armé dans la partie anglophone du pays et les attaques des djihadistes de Boko Haram pour restreindre les libertés démocratiques. Dans ce contexte difficile, partis de l’opposition et organisations de la société civile tentent de faire entendre leur voix et exigent une commission indépendante pour enquêter sur le meurtre de Martinez Zogo.

Si la situation de non-droit est néfaste pour les populations, certains en profitent. À l’exemple de Bolloré, comme l’a révélé Mediapart. L’homme d’affaires, malgré un jugement exécutoire dans un litige commercial au Cameroun, s’est refusé à verser les dédommagements. Et lorsque les agences gouvernementales anticorruption préconisent des poursuites contre des hauts fonctionnaires pour détournement des aides financières destinées à la lutte contre le Covid, rien ne bouge. Les institutions financières internationales quant à elles préfèrent fermer les yeux et continuer à verser les fonds. La France n’est pas en reste. Elle refuse d’apporter la moindre critique au pouvoir en place au nom de la préservation de la stabilité du pays, justification éculée de la politique africaine de la France. Comme l’a justement résumé une universitaire dans une tribune au journal le Monde « Au Cameroun, la diplomatie française défend les intérêts d’une élite prédatrice ».

Cameroun : 12.5 millions de FCFA à cinq PME

C’était à l’occasion de la 2ème édition de CBT Champions, organisée par la Société de Presse et d’édition du Cameroun (Sopecam).

5 lauréats ont reçu des accompagnements financiers de la part de la Sopecam allant de 5 millions à 1 million de FCFA.

L’initiative de la Société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam), vient de dévoiler les lauréats de la 2e édition de ce concours qui promeut la production locale. Sur les 10 candidats présélectionnés dans les domaines de l’agroalimentaire, la promotion des matériaux locaux et la cosmétique, 5 ont obtenu le graal à Yaoundé le 8 décembre 2022.

Le premier prix de la catégorie Champion d’or, accompagné d’une cagnotte de 5 millions de FCFA, d’un trophée et d’un diplôme, a été remporté par Aurora Building Materials Co Ltd, spécialisée dans la production de briques de terre cuite et autres matériaux de construction. Le deuxième prix Champion d’argent, constitué d’un chèque de 3,5 millions de FCFA, d’un trophée et d’un diplôme, a été décerné à MJC Shoes, entreprise spécialisée dans la fabrication de chaussure en cuir.

 L’entreprise Rehoboth, spécialisée dans la production et la transformation du miel a reçu le troisième prix Champion de bronze accompagné d’un chèque de 2 millions de FCA. Le quatrième prix baptisé Prix spécial du Jury et le cinquième prix du nom de prix de meilleur espoir à une PME, accompagné chacun d’un chèque d’une valeur d’un million de FCA ont été remporté respectivement par les entreprises Fop’s Color, spécialisée dans la production de craie et Foods and Beverages Engineering spécialisée dans la filière anacarde.

Les entreprises distinguées sont majoritairement investies dans les secteurs de l’agro-alimentaire et de la transformation du cuir, qui constituent des piliers importants de la stratégie nationale de développement 2020-2030.

Hiondi Nkam IV : « La presse ne fait plus rêver, le pouvoir de Yaoundé s’est attelé à détricoter… »

Le journaliste et producteur revient sur la descente aux enfers de la profession de journaliste au Cameroun.

En une dizaine d’années, la presse privée camerounaise a basculé dans l’indigence économique et le délitement déontologique. Au grand bonheur d’un pouvoir qui trinque sur sa misère. Chronique d’une descente aux enfers programmée.

Permettez-moi toutefois d’évoquer un pan de mon expérience professionnelle pour camper le décor. En 2002,  je suis jeune reporter (stagiaire en pré-emploi) au journal Le Messager. Contre toute attente, ma hiérarchie décide de me confier la lourde tâche de la couverture de la Coupe d’Afrique des Nations au Mali.

Avec Honoré Foimoukom (l’autre envoyé spécial), nous suivons d’abord un séminaire de photojournalisme sur place à Douala. Les billets d’avion sont  achetés bien à l’avance et le Rédacteur en chef nous remet à chacun l’équivalent d’un million de Fcfa en dollars américains.

Perturbé par un tel pactole que je n’avais jamais vu de ma vie, j’en viens à perdre mon passeport en plein aéroport et c’est Honoré qui passait par là qui sauvera la mise.

Nous recevons chacun un autre million de Fcfa une fois au Mali. Deux millions pour une mission d’une vingtaine de jours. Et ce n’était pas tout. Les logements étaient gracieusement affrétés par le Comité d’organisation local (Cocan).

La nourriture nous était servie par la « magnanimité de la Première Dame » qui avait convoyé des cargaisons de vivres frais pour satisfaire la délégation camerounaise qui se plaignait (curieusement) de la qualité de la bouffe malienne.

Et comme le Cocan s’occupait aussi du transport des journalistes, je pouvais patiemment palper ma petite fortune en mijotant des plans d’un beau début de carrière.

Le rêve était permis.

La délégation camerounaise sous l’instigation du ministre Bidoung Mkpatt avait beau m’exclure de son festin quotidien à cause, m’avait-on dit, de mes papiers trop corsés et irrévérencieux, il m’en restait suffisamment pour savourer les délices de la cuisine malienne et même offrir quelques verres à mes potes Michel Emvana, Simon Meyanga, Bouba Ngomena et autres, Brice Mbeze et  Hervé Penot qui savaient me rendre la pareille.

Le retour au Cameroun fut tout aussi excitant. Un voyage dans l’avion des Lions, une invitation (déclinée, et oui !) au palais de l’Unité et une promotion comme chef du service des Sports. De quoi ignorer l’offre d’un poste d’attaché de presse à l’Ambassade d’Allemagne qui m’était promis. Une belle carrière m’attendait dans la presse. J’allais vivre ma passion.

Après une dizaine d’années de pérégrinations internationales et d’expériences professionnelles diverses, je suis de retour au pays natal. Au quotidien Le jour. Mon collègue David Eyengue est désigné pour la couverture de la Coupe des Confédérations  de 2017 en Russie.

« Désigné » est un bien grand mot car mon confrère qui est aussi passionné que déterminé doit quasiment s’y prendre seul. Il se bat comme un beau diable pour obtenir un billet d’avion grâce notamment à des échanges de service.

Le Directeur de la publication plonge dans les caisses désespérément vides du journal pour lui trouver quelques billets de banque pour l’aider à subsister en Russie. L’acharnement du professionnel fera le reste. Le reporter rendra une excellente copie. Mais à quel prix ?

Du rêve au cauchemar

David n’est plus tout jeune et sa fille a décidé de le suivre dans ce métier ô combien périlleux. Mais chaque jour elle hésite, recule. Voyant son père tirer la langue, elle refuse de s’abandonner à pareil sort. La presse ne fait plus rêver. Que s’est-il donc passé entre-temps ?

Bien de choses pourrais-je dire. Il y a d’abord ce marché de la publicité qui s’est rétréci comme peau de chagrin. Les télévisions sont nombreuses, les radios foisonnent, les journaux se dédoublent, le tout sans la moindre perspective économique. La presse cybernétique a fait une entrée tonitruante et les réseaux sociaux sont devenus la principale source d’information de bien de Camerounais.

La main du pouvoir

Mais le plus pernicieux est ailleurs. Savamment, méticuleusement, le pouvoir de Yaoundé s’est attelé à détricoter les velléités d’entreprise de presse privée au Cameroun. Il a touché où ça fait mal : Le porte-monnaie. Dans la quasi-totalité des nations modernes qui reconnaissent le droit à l’information, l’entreprise de presse est soutenue. Au Cameroun, l’ingénierie politique a surtout consisté à la fragiliser, à la paupériser.

L’accord de Florence qui aurait permis une exonération sur le prix du papier et induit une baisse du coût du journal n’a jamais été ratifiée. Le tabloïd est vendu 400 Fcfa au Cameroun alors qu’il coûte 100 Fcfa au Sénégal.

En guise d’aide à la presse privée, le pouvoir sert une pitance humiliante qui renseigne sur le mépris qu’il éprouve pour la profession. 240 millions de Fcfa pour près de 15O médias en 2020. La moitié l’année suivante. Une insulte ? Mieux, une belle blague.

Un mépris… royal. Mieux encore, les médias dits publics ont un quasi-monopole sur les annonces légales et le marché de la publicité alors même qu’ils sont grassement subventionnés par les impôts des Camerounais. Une vraie trouvaille sous les tropiques.

Des patrons à la table

Ankylosée dans un complexe quasi incurable, la présidence de la République arrose les médias occidentaux en même temps qu’elle infantilise la presse locale à laquelle elle jette quelques os à ronger comme on nourrirait des chiens en errance.

L’aumône pitoyable est vite absorbée par les patrons de presse qui mènent grand train et confinent leurs personnels à l’indigence. Un pôle de contestation politique semble porté par une presse de gauche. Le peuple y croit, ignorant tous des accointances insoupçonnées de certains directeurs de publication qui dînent eux aussi avec le diable.

Le pouvoir avait déjà assujetti la presse à capitaux publics en lui assignant la seule et unique mission de tresser les couronnes de louanges au Prince et à son gouvernement. Cela ne suffisait manifestement plus.

Presse à gage

Des pontes du régime sont eux-mêmes rentrés en jeu en créant  leurs médias via des prête-noms. Ils y ont recruté des tontons flingueurs qui exécutent prestement leurs adversaires politiques en longueur de journée. Et quand on a affaire à un « opposant radical » qui menace la « stabilité du régime », le tir est groupé. La haine monte d’un cran. La presse à gage se met en mission. Ainsi, le pouvoir ne laisse qu’une alternative au journaliste qui veut exercer au Cameroun. Rallier la horde de laudateurs (si on en a les moyens) ou crever la dalle par conviction ou par résignation. Et quand on y ajoute la répression brutale et sauvage des reporters qui osent le professionnalisme, on en arrive à un kaléidoscope aseptisé où règnent la pensée unique et l’affaissement éthique. Triomphant, le pouvoir peut boire du petit lait au dessert. La presse a été mangée. Dans la sauce ! »

Cameroun : les silences du président

Conférence de presse. Où ce qui n’a pas été dit parle plus que ce qui l’a été.

C’était le clou de la visite. Où tout est en contrastes.  Emmanuel Macron  entrait en Maternelle lorsque Paul Biya devenait président de la République du Cameroun, il y a quarante ans. Il y eut donc, un contraste, plus, une opposition,  naturelle, non seulement de styles, mais aussi de postures et à la fin, une espèce de dialogue de sourds ( au sens propre et au sens figuré ) qui fit que les deux présidents, échangèrent en définitive une poignée de main dont personne ne sut si elle était de pure forme ou sincère.

L’essentiel du débat politique au Cameroun est cristallisé depuis une bonne décennie, sur le  » quand et comment s’achèvera le régime Biya « . Amélie Tullet de RFI, toute en circonvolutions, posa la question cruciale. Le vieux président se la fit répéter (on peut être dur d’oreille à cet âge, pourquoi pas?) avant de répondre sur un modèle mathématique, invitant la journaliste à ôter quatre de sept pour trouver le moment où on saura s’il reprendra un quatrième septennat ( après ses trois premiers quinquennats). La réponse à la question que tout le monde attendait a donc été reportée à une date ultérieure.

Pour le reste, ce fut une sorte de tirs aux buts entre l’équipe de France des journalistes et celle du Cameroun. Ou je pose une question à ton président, et tu poses une question au mien, comme dans un scénario bien huilé. Emmanuel Macron annonça (avancée notable sur cette épineuse question) la mise sur pied d’une commission mixte d’historiens camerounais et français, pour élucider enfin la question des événements ayant précédé la marche à l’indépendance du Cameroun.

Paul Biya évoque la démarche simple de  » routine diplomatique », qui présidait à la visite du ministre de la défense du Cameroun à Moscou, en pleine guerre en Ukraine… Pour une conférence dite  » de presse », on pouvait s’étonner de la présence dans cette salle de tout le gouvernement, assis en rangs d’oignons, dont le directeur du Cabinet Civil, Mvondo Ayolo, calé sur une seule fesse dans une chaise inconfortable, qui n’arrêtait pas de bouger et d’échanger ce qui devait être des confidences , avec le Sgpr, Ngoh Ngoh.

La  » grande royale », première dame, trônait sur un fauteuil somptueux, drapée dans une longue robe rouge décorée de tissu Ndop. Au fond de la salle, tel un anonyme, Frank Biya devait dodeliner de la tête pour avoir un petit accès à la cérémonie, dont on aurait pu dire qu’il était un simple petit resquilleur.

Il y eut un long et grand moment de gêne, et de silence, ponctué par des sourires ennuyés, lorsque Paul Biya avoua n’avoir pas entendu une question. La journaliste la répéta et Emmanuel Macron, gentiment, répéta encore en simplifiant, en résumant …

Le tout s’acheva dans une ambiance très  » Le vieux Nègre et la médaille », où les Français se félicitèrent d’avoir vu leur président aussi brillant. Et où les fans camerounais échangeaient de larges sourires suite à la prestation de leur (vieux) lion. Les sourires égrillards révélés  par la caméra qui a longtemps traîné sur les visages des participants à cette assemblée en disaient long sur cette curieuse affaire. Où tout fut dit dans les non- dits.

Cameroun-Gabriel Zabo «les Togolaises ont trop triché»

Après le nul 1-1 concédé contre le Togo, le sélectionneur du Cameroun, Gabriel Zabo a, en conférence de presse, confié que ses joueuses avaient la possibilité de gagner, mais les Togolaises simulaient trop.

Après ce match nul face au Togo (1-1), quelles sont vos premières  impressions ?

C’est une déception parce que nous avons mis tous les moyens pour pouvoir gagner ce match. On n’a pas gagné parce qu’on avait en face une équipe du Togo qui en voulait plus que nous. Il y avait de la place pour pouvoir marquer et sur le premier but c’est nous-même qui occasionnons un penalty sur une faute de la gardienne.

Je voudrais savoir si vous avez les clés en main pour pouvoir battre une équipe comme celle de la Tunisie…

Je vous ai dit tantôt ici à l’issue du match contre la Zambie que le Togo allait venir jouer contre la Zambie et ce qui est sûr c’est que la Tunisie viendra jouer comme le Togo. Donc ce sera à nous de trouver la clé. On a dominé aujourd’hui le match sur tous les plans mais malheureusement il n’y a pas eu le résultat que nous attendions. Il faut s’attendre encore à un match compliqué, difficile.

Mais il va falloir que nous sortions véritablement de nos entrailles ce que nous savons faire pour pouvoir gagner ce match, parce que ce ne sera jamais facile pour le Cameroun. Ça sera un match très difficile. On s’attend à une finale. On doit gagner et il faut gagner. Il faut donc avoir un autre état d’esprit.

On a l’impression que vous êtes négatif par rapport à ce résultat (1-1). Est-ce parce que vous étiez le favori du groupe ?

Non ! Négatif, pourquoi ? Ce n’était pas aussi faute d’avoir essayé. Nous avons essayé. Bon, il y a un autre facteur. Moi je pense que cette équipe-là est comme la Zambie. Elles ont triché sur certaines choses, c’est-à-dire tombé à tout moment. Il faut que les décideurs puissent trouver un moyen à ce genre de choses, à ce genre de tricherie.

Vous savez, chacun vient avec ses armes. C’était à nous de marquer ; Si nous avions marqué, je pense qu’elles n’allaient pas continuer à tomber. La faute nous revient entièrement et moi le premier fautif. Il faut qu’on prenne la résolution de marquer des buts et marquer plus de buts. Si l’adversaire a largement la possibilité de le faire,  il faut qu’on le fasse.

Tactiquement est-ce que le Cameroun a été faible ou c’est le Togo qui a été très fort ?

Est-ce qu’il est question de savoir si tactiquement le Togo a été fort ou pas, je ne pense pas. Il y avait un adversaire sur le terrain qui jouait avec son style et nous avons résisté.  Mais j’ai dit notre problème ce n’est pas sur le plan tactique, c’est plus sur le plan de la réussite.  Je pense qu’il faut voir ça sur cet angle là aussi.

Donc on n’a pas la réussite dans cette compétition et je pense que c’est la fin et  la prochaine fois on aura la réussite. Et vous allez voir le jour où on aura la réussite on va marquer deux trois voire quatre buts. Ce n’est pas un problème sur le plan tactique, mais une question d’état d’esprit. Mais j’ai dit que nous avons besoin d’un petit facteur de chance aussi parce que dans les grandes compétitions il faut l’avoir.

Est-ce que vos joueuses n’ont pas un excès de confiance, est-ce qu’elles ne se disent pas quelles sont les meilleures avant de gagner le match ?

Être favori dans une compétition, il faut gagner des matchs. Je pense qu’aujourd’hui si on s’est vu trop beau contre le Togo, il faudrait qu’on se voie un peu plus laid contre la Tunisie.

 

Shanda Tonme : transition au Cameroun, « la presse doit faire preuve de maturité »

Le médiateur universel de la presse parle des rumeurs de plus en présentes dans l’environnement camerounais sur Camer.be. Ces rumeurs sont par exemple relatives à la transition au sommet de l’Etat, en insistant sur une potentielle révision constitutionnelle pour réinstaurer le poste de vice-président de la République.

Dans un contexte de plus en plus dominé par toutes sortes de rumeurs liées aux attentes et espoirs légitimes sur la transition au sommet de l’exécutif dans notre pays, la presse dans toutes ses versions est devenue un acteur crucial, un référentiel de pensée, de programmation, d’évaluation, d’éducation et d’information, mais aussi et hélas, un agent pathogène de désinformation, d’intoxication, de provocation, d’injures, d’intrigues et d’inquisitions.

Chaque jour apporte ses nouvelles révélations, supputations et annonces, bien souvent sans aucun soutien effectif ni certitudes avec preuves irréfutables. Certes, nous devons beaucoup à la presse en termes d’émancipation de nos populations, d’ouverture et de sensibilisation des cercles de décision de la gouvernance au plus haut niveau.

Cependant, il demeure que les enjeux auxquels est confronté notre société, commandent dorénavant un sens plus élevé de responsabilité, et une attention toute particulière sur tout ce qui est dit, publié, raconté et montré. L’amour propre des uns et des autres, des intimités familiales, des secrets d’Etat de même que des documents douteux fabriqués de toute pièce, animent des débats sulfureux au profit de manipulateurs véreux aux desseins funestes.

Plus que jamais, la presse doit mieux se prendre en mains, en faisant preuve de maturité pour éviter moult désagréments, remords et accusations. Ne rien dire, montrer ou écrire qui ne soit prouvé, et ne rien cacher ni retenir lorsque la conviction de la véracité existe au-delà de tout doute./.

Yaoundé, le 05 Juillet 2022

SHANDA TONME

Cameroun-Nécrologie: le journaliste Jean Baptiste Sipa n’est plus

 L’éditorialiste qui a fait les beaux jours de la presse camerounaise est décédé ce 10 juillet des suites de maladie.

Quelques heures après l’annonce, des hommages fusent au sein de la presse. « Avec la mort de Jean Baptiste Sipa, la presse camerounaise perd l’une de ses plumes les plus sûres et pointues. Avec Article 55, il était un défendeur acharné de la liberté d’expression. Le 03 mai 2019, le Snjc a eu le privilège de son dernier cours aux Universités tenues à Yaoundé », écrit sur son compte twitter, Denis Nkwebo, président national du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc).

« Il avait horreur qu’on lui serve du « Dp ». Cela le rendait mal à l’aise au point où il refusait carrément de répondre. Il exigeait qu’on l’appelle « Coach » parce que, martelait-il à se collaborateurs,  « Le Messager est d’abord ‘une équipe ». Après avoir hérité du flambeau suite au départ tragique de Pius Njawé en 2010, il a chaussé les crampons pour conduire l’équipe dont beaucoup proclamaient l’élimination, à des phases finales de Can et Mondial… avec succès. Les trophées sont là pour en témoigner »,  s’exprime Christian Tchapmi, journaliste à Le Messager.

L’histoire du journalisme au Cameroun ferme un de ses chapitres avec le décès de Jean Baptiste Sipa. L’éditorialiste est décédé ce 10 juillet des suites de maladie. Il quitte la scène à l’âge de 81 ans. L’homme des médias va rester dans les mémoires pour sa lutte pour la liberté d’expression et les générations de journalistes qui ont émergé sous sa houlette.

Il a été nommé directeur de publication du journal Le Messager (2010), après le décès du fondateur de ce tabloïd et ami, Pius Njawé. Un choix évident pour beaucoup car l’homme avait alors à son actif 50 années d’expérience dont 28 au sein de cette rédaction. Il va quitter Le Messager en décembre 2012.

Du haut de son parcours, l’éditorialiste avait toujours une anecdote à raconter qui sur les débuts de la pesse au Cameroun, qui sur des sujets d’actualités. Depuis, peu, il était en retrait, intervenant sur des sujets brûlants lorsqu’il était sollicité où tout simplement lorsque la plume le démangeait.

Il était engagé dans la société civile notamment à travers le groupe Article 55, une organisation de la société civile militant pour la démocratie au Cameroun. Son militantisme lui a d’ailleurs valu d’être interpellé plusieurs fois.

L’une des dernières sorties du journaliste était en rapport avec les manifestations de la Brigade anti-sardinards (Bas) à Genève. JBS, comme l’appelait affectueusement ses proches a décrypté tout d’abord les causes de la «colère» des Camerounais «non seulement M. Biya n’a pas pu se distancer de la tête de son parti afin d’agir et d’être perçu comme Président de tous les Camerounais, mais en plus, il a transformé l’administration publique camerounaise qui appartient aux citoyens, en une cellule géante du Rdpc, par un subtile chantage sur les carrières des agents publics, faisant ainsi de l’Etat du Cameroun un Etat-parti, et du Rdpc un parti-Etat», expliquait-il, avant d’indiquer par la suite que la Bas a pêché par la méthode en usant de violence.

L’homme qui prônait l’humilité se présentait fièrement comme ancien scout et ancien membre de la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc), un mouvement d’action catholique. L’autodidacte qui a fait ses armes à «l’Effort des jeunes» croyait dur comme fer à la formation des jeunes en dehors d’un cursus académique classique.

Revendications anglophones et CAN dames au menu de la presse camerounaise

La poursuite de la fronde socio-politique dans les régions anglophones, et la qualification du pays à la finale de la Coupe d’Afrique des nations de football dames font l’essentiel de l’actualité

La poursuite de la fronde socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, consécutive à des revendications souvent violentes de syndicats d’enseignants et des avocats de culture anglo-saxonne, mais aussi la qualification du pays pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football dames constituaient l’essentiel du menu des journaux camerounais parus mercredi.

Après les violences de Bamenda la semaine dernière, c’est au tour de l’université d’Etat de Buea de connaître des remous souvent violents, se désole le quotidien à capitaux privés Mutations qui parle d’un «campus mort» depuis le début de la semaine alors que la police a investi les lieux pour éloigner les apprenants qui exigent notamment le paiement de la prime d’excellence et la fin de bien d’autres tracasseries académiques.

La situation est à ce point préoccupante dans les deux régions anglophones, ajoute la publication, que les Etats-Unis viennent d’inviter le gouvernement au respect des droits de l’homme et au respect des libertés fondamentales.

Aussi bien à Bamenda qu’à Buea, l’activité est plus ou moins profondément perturbée, tant dans les amphithéâtres et salles de classe qu’au sein des Cours et tribunaux de ces deux régions, décrit le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune : avocats, enseignants, élèves et étudiants observent un mouvement d’humeur ponctué dans certains cas de violences inexplicables, injustifiées.

« Corporatistes au départ, la plupart de ces revendications ont hélas pris une coloration politique, les initiateurs de la contestation de l’ordre républicain faisant parfois preuve d’une intransigeance, source de blocages persistants. »

Il ne se pose pas seulement un problème simple de langue, mais de la prise en compte du biculturalisme du Cameroun, renchérit l’hebdomadaire Repères qui estime, pour autant, que « l’appel à l’insurrection, à la sécession ou au fédéralisme, ne peuvent se justifier ».

« L’on ne peut mettre l’unité nationale si chèrement acquise du Cameroun, à cause de ces questions qui peuvent facilement trouver une solution dans un cadre concerté. Surtout que l’unité nationale du Cameroun n’aura pas été un long fleuve tranquille ces 44 ans durant. Que Bamenda et Buea aujourd’hui nous servent de leçon pour entrevoir et préparer l’avenir. »

Et, comme pour s’éloigner aussitôt de ce sujet qui fâche, Repères salue la qualification, la veille, du pays organisateur et du Nigeria, détenteur du titre, pour « une finale de rêve » à la CAN dames, samedi prochain, une « chaude explication ».

En triomphant respectivement du Ghana (1-0) et de l’Afrique du Sud (1-0) respectivement, le Cameroun et le Nigeria se voient déjà sur le toit de l’Afrique, le pays organisateur ayant à c ur de s’adjuger un premier sacre continental, analyse Mutations.

Pour Cameroon Tribune, qui rappelle par ailleurs qu’il s’agit d’« un remake de l’édition 2014 ». C’est « la finale idéale ».

« Yes, you can ! » S’exclame l’hebdomadaire The Spark : les « Lionnes indomptables » ont l’avantage de jouer à domicile, elles forment un groupe jeune et talentueux, à l’image de ce sport en plein développement chez les filles, qui en dix ans a quadruplé ses effectifs.


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Réflexion autour de la distribution numérique de la presse en Afrique (I)

Par Hamoua Baka Armand, Expert en distribution presse, Ancien du système NMMP-Paris

LA DISTRIBUTION DE LA PRESSE DANS LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE : DEVANCES PAR L’OCCIDENT, LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT SERONT-ILS A L’HEURE AU RENDEZ-VOUS? Etat des lieux, enjeux et perspectives. (Première partie.)

Tout nouveau, tout bon ! A t-on coutume de dire.
Au commencement c’était le parchemin arabe qui se vit détrôné par le papyrus egyptien dont l’origine remonte vers l’an 105 après J.C sous l’ingéniosité de Tsai Lun, ce mémorable ministre de l’Agriculture chinois qui servit sous le règne de l’empereur Chiuangdi (dynastie QUIN). Le papyrus à ses débuts est fait de vieux chiffons de chanvre, d’écorces de bambou et de murier écrasés. Chinois et Japonais vont perdre le monopole de la production du papier à la suite de la bataille de Samarkand en 751 où les Arabes, découvrant et comprenant l’enjeu d’une possible propagation de l’Islam à travers cette matière, s’en approprient le process de fabrication.

C’est tout naturellement que les Arabes seront les disséminateurs en Occident dont Bagdad en 793, l’Egypte(Le Caire) en 900, Sicile en 1102, Fabriano(Italie) en 1276, Xàtiva (San Félipe en Espagne) en 1506, la France au début du XIVème siècle. Le papier commença sa mue avec la découverte de la cellulose sous forme de fibre de bois en 1839 par le Français Payen; la cellulose sera désormais utilisée comme matière première pour rendre maximale l’utilisation des premiers moulins à papier qui voient le jour au Xème siècle près de Valence en Espagne. Auparavant, dans le sens de la complémentarité en 1454, Johann Gensfleich plus connu sous le nom de Gutenberg donne au papier ses lettres de noblesse lorsqu’il invente la machine d’imprimerie.

L’invention de la première machine à papier en continu vers 1789 par Nicolas Robert, bouleversera profondément le monde du papier qui commence son odyssée avec désormais la construction d’usines de pâte à papier plus gigantesque; le produit de ces usines sera différemment traité et débouchera sur une multitude de présentations et autant de champs d’utilisation: papier couché(graphismes), papier Kraft, papier Canson, papier carton(emballages), papier crêpé, papier spéciaux(monnaie, cigarette, documents sécurisés, etc.), papier colorié, papier journaux pour la noble cause de la Presse, etc.

Toujours dans la mouvance évolutionniste, le monde entier voit arriver à côté des grosses machines d’imprimerie (rotatives, offset) une version miniaturisée d’appareils de reproduction: les machines à écrire; dévoilées en premier par l’Américain Christopher Sholes en 1867, elles ne tiendront que pour l’intervalle de temps nécessaire à la mise au point des inventeurs qui rivalisent d’ingéniosité. Le secrétariat vit soudainement toutes les machines mécaniques Olivetti, Gestener, Brother, Olympia, Remington, Japy, Etc. prendre le chemin du muséum en se faisant remplacer progressivement par les machines électriques IBM et consorts, puis les ordinateurs.

Les secrétaires sténo-dactylo, durent abandonner la très célèbre méthode Prévost-Delaunay au profit des enregistreurs numériques, réduisant de facto la pénibilité des retranscriptions avec la possibilité de restituer des travaux des conférences qui durent des heures.

Poursuivant la conquête du beau et du meilleur, la disquette, le CD (Compact Disc), le DCC (Digital Compact Cassette)abusivement appelés Laser vinrent remplacer les bandes magnétiques des Nagra régulièrement cassées et scotchées avec des adhésifs, la galette de Vinyle 78, 33 et 45 tours aux microsillons, très souvent rayée pour préserver les saphirs en diamant et satisfaire l’oreille absolue du mélomane moderne, toujours plus exigeant. Le code binaire est abondamment mis à contribution ; les mémoires à tores de ferrite magnétisée, les microprocesseurs et circuits intégrés colonisent l’industrie et deviennent l’âme de plusieurs machines dont l’homme se sert: La numérisation est là!

Aucun secteur n’échappe au monstre numérique, tel un Léviathan qui détruit tout sur son passage. La distribution classique des journaux, outre le fait qu’elle a intégré des outils de la technologie numérique dans sa chaîne d’exploitation, se voit obligée d’accepter l’indécent commandement de décamper progressivement son terrain de prédilection(réseau physique), au profit de la distribution numérique dont les nouveaux maîtres , les développeurs d’applications, exhibent des modèles de diffusion audacieux, permettant au lecteur de retrouver ses titres préférés à n’importe quel point géodésique de la planète et même dans le cosmos, en un laps de temps.

Des siècles ont défilé; les lecteurs, les machines, le papier sont toujours de ce monde, et surtout, la soif de s’informer de plus en plus grandissante!

Une grande question nous traverse le cortex cérébral: La distribution numérique est-elle une chance pour les éditeurs? Autrement dit, la distribution numérique coiffera t-elle au poteau la distribution traditionnelle de la presse? Nous allons tenter d’y répondre avec sagacité, de la plus belle manière, et prudence, tant le sujet est nouveau et non encore maîtrisé, à l’image du monstre de Frankestein, sorti droit des laboratoires et dont son créateur n’aurait pu prédire la force dévastatrice.

ETAT DES LIEUX:
Ce n’est un secret pour personne, la distribution physique du papier connaît de nombreux problèmes (voir nos articles précédents, du même auteur). Les spécialistes en la matière se creusent la tête pour trouver le meilleur moyen de relancer la vente au numéro qui est une fonction caractéristique de l’incitation aux insertions publicitaires.

La presse dans les années 1950 à 1980 est vraiment le 4ème pouvoir. Le journal est abondamment lu ; les journalistes même formés sur le tas sont des préposés craints de grands commis et homme d’Etat. Les patrons d’éditions, les magnats de la presse accumulent des fortunes, influencent les décisions d’Etat, font rêver les annonceurs et même les distributeurs qui sont envieux.

Vers la fin des années 70, La télévision s’enracine en Europe et se vulgarise peu à peu en Afrique, emportant au passage une bonne partie du budget publicitaire initialement réservé à la Presse. Cela ne s’arrête pas là, voici venue l’ère numérique, la déferlante, le « Tsunami technologique » qui commande une relecture critique et une réécriture de tous les systèmes tendant soudainement à la désuétude.
Les distributeurs traditionnels sont dans la gadoue enrichie de mordorée : la carterie (Cartes Postales) ne marche plus, la BD avec les titres jadis célèbres: Zembla, Rahan, lucky-Luck, Tarzan, Marco Polo, Pinocchio, Blek le Roc, Mr Zeze, Popeye, Etc., ont disparu ou alors ces titres possèdent désormais une version en dessins animés plus ludiques et captivants. La dématérialisation gagne du terrain et semble satisfaire les exigences d’un nouvel ordre mondial pour la conservation de la nature lorsqu’on coupe moins d’arbres pour la pâte à papier. Au-delà de toutes les spéculations et repérages historiques, nous voulons maintenant nous pencher sur les enjeux réels de la distribution en mode numérique, ses chances et les défis à relever.


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ENJEUX DE LA DISTRIBUTION NUMERIQUE :
Les enjeux sont: d’une part visibles: et de dimension occulte d’autre part.

I-Enjeux Visibles de la distribution et plus spécialement de la distribution numérique :
Pour mieux appréhender les enjeux de la e-distribution, procédons par juxtaposition. La distribution traditionnelle a pour objectifs/caractéristiques :
. Porter le support très loin du centre de production, dans les 4 coins du monde en 48 heures pour les quotidiens, 72 heures pour les hebdos, 7 jours maximum pour les mensuels et les irréguliers.
. Permettre un retour rapide sur investissement de l’Editeur par la réalisation d’un volume de vente devant couvrir les coûts de structures, une marge bénéficiaire et permettre l’attractivité des annonceurs pour la publicité.
. La facilitation de L’accès à la connaissance, la transformation de la conscience collective.
. La recherche des débouchés loin du centre de production, en s’assurant une certaine visibilité.
. La promotion des emplois directs et indirects dans le réseau de distribution (diffuseurs, Vendeurs à la criée, VRP, cadres commerciaux, sous-traitant, sociétés apparentées, Etc.)

La distribution numérique quant à elle:
. Met le journal par un simple clic dans tous les terminaux du monde entier;
. Elimine les coûts de fabrication (papier, imprimerie, encre, manutention, Etc.);
. Casse le prix d’accès à l’information : téléchargement moins cher que le journal papier;
. Veut accroître significativement le chiffre d’affaires par des économies d’échelle et la production de masse en un laps de temps;
. Veut jouer les rôles de plénipotentiaire pour le changement climatique (nous verrons comment).
Nous pouvons mieux ressortir quelques avantages et inconvénients, similitudes et différences des deux modèles de distribution dans le tableau ci-dessous:


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Hamoua Baka Armand)/n

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Articles suivants:
II-Inquisition: La face occulte de la distribution numérique ou la théorie du complot;
III-Les défis à relever par la distribution numérique pour son envol.


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Cameroun: politique et gouvernance à la une des journaux ce mercredi

La marche globale du pays, embarqué dans divers soubresauts politiques et de gouvernance, préoccupe la presse locale ce jour

«Voici donc, s’étonne l’hebdomadaire Repères, que la scène politique nationale s’enrhume, dans une ambiance marquée par des appels à la candidature du président Biya pour un nouveau mandat à la tête de l’Etat, et memoranda défavorables de son propre camp».

Des revendications sont ainsi formulées sur toute l’étendue du territoire, par les chefs traditionnels et des populations qui ne désirent plus suivre aveuglement une certaine élite, raison pour laquelle ils s’insurgent, depuis quelques mois, contre les motions et déclarations de soutien, implorant le président de la République à se porter de nouveau candidat à la présidentielle prévue en 2018.

Et de s’interroger lourdement : «Comment donc comprendre l’attitude de ces Camerounais, qui se disent en même temps fidèles aux idéaux prônés par le chef de l’Etat Paul Biya, au pouvoir depuis le 6 novembre 1982, à qui ils promettent un vote à 100 % et qui, en même temps, se disent désabusés par les promesses non tenues du régime?»

Relayant les propos du vice-président d’Amnesty International, par ailleurs avocat de renom sur la scène nationale, Akere Muna, le quotidien à capitaux privés Mutations confirme de réels risques : les textes fondamentaux, en l’état actuel et au vu du système électoral en vigueur, «ne sont pas de nature à garantir une transition apaisée».

L’angoisse se fait d’autant plus grande, renchérit Le Quotidien de l’Economie, que le Cameroun, 37ème sur 54 pays africains dans le classement Mo Ibrahim 2016, fait partie des «mauvais élèves en matière de gouvernance».

Un classement de plus qui n’honore pas le pays, insiste la publication, soulignant que cela «montre clairement que le Cameroun, au plan général, a dégringolé».

N’empêche, minimise le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, avant de rappeler que la diplomatie de Paul Biya continue d’être sollicitée dans la sous-région.

A preuve : rien que la veille, le ministre congolais des Affaires étrangères et de la Coopération, Jean-Claude Gakosso et le Premier ministre tchadien, Albert Pahimi Padacke, porteurs de plis fermés adressés par le chef de leurs exécutifs au président camerounais, ont été reçus en audience par des responsables de premier plan.

Le premier émissaire cité, apprend-on, a souligné qu’il subodorait que le pli dont il était porteur a trait à la nécessité de consolider la paix dans la zone, alors que le chef du gouvernement du Tchad sollicite le soutien du Cameroun pour la candidature de son ministre des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahama, à la présidence de la Commission de l’Union africaine.

Pour le Premier ministre tchadien, «le président Idriss Deby Itno estime que cette candidature ne pourrait pas être celle du Tchad uniquement. Elle est également celle du Cameroun, de l’Afrique centrale et de la CEEAC (Commission économique des Etats de l’Afrique centrale».

«Quel est donc ce chef d’Etat qui n’est jamais chez lui, et qui chaque fois se fait représenter par ses collaborateurs ?» s’insurge Mutations qui constate que Paul Biya a déjà passé 99 jours à l’étranger rien qu’en 2016.

Constamment à l’étranger avec une cour aux petits soins, le chef de l’Etat à cause de ses «absences prolongées et injustifiées (.) mais aussi le traitement de ses accompagnateurs» coûte «des milliards de francs au contribuable pour un résultat à somme nulle».


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Cameroun: politique, social et l’insécurité en vedette de la presse ce jeudi

La longévité au gouvernement, la survie de la compagnie aérienne et de la filière bovine ainsi que les méfaits du terrorisme dans l’Extrême-Nord trônent en couverture des journaux camerounais

La longévité au gouvernement, la survie de la compagnie aérienne et de la filière bovine ainsi que les méfaits du terrorisme dans l’Extrême-Nord trônent en couverture des journaux camerounais parus jeudi, 06 octobre 2016.

Un brin sarcastique, l’hebdomadaire Baromètre Communautaire constate qu’une vingtaine de ministres, qu’il qualifie de «fossiles», cumulent déjà plus de 10 ans au gouvernement, beaucoup occupant le même poste depuis leur entrée et ce malgré des résultats mitigés.

Le système du président Biya se caractérise ainsi «par la conservation et la rotation des mêmes acteurs».

«Sauf qu’il demeure loisible d’imaginer que plus d’un ministre éprouve un sentiment de lassitude, outrés par des décennies passées au même poste, voyant défiler différents ministres moins âgés ou qualifiés qu’eux au moment où d’autres savourent avec panache les délices du pouvoir, découlant d’une confiance sans interruption du faiseur de rois.»

The Spark, hebdomadaire généralement proche du pouvoir, préfère s’intéresser à la situation au sein de la compagnie nationale Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) où l’équipe managériale annonce le grand ménage : sont particulièrement concernés, les agents atteints par la limite d’âge, les hôtesses vieillissantes, les responsables affairistes et les pilotes non opérationnels dans «une opération non négociable, dit-on».

«Qui sera licencié à Camair-Co ?», interroge le quotidien à capitaux privés Emergence qui précise que le plan social, annoncé à grande échelle et qui vise le redressement d’une compagnie plombée par les dettes ainsi que des coûts d’exploitation déficitaires, interpelle même les cadres de la société.

Et chaque employé craint le pire, surtout que la décision vient des plus hautes personnalités, notamment le président du conseil d’administration et le directeur général de la compagnie.

Un autre domaine sinistré et qui préoccupe son confrère Le Jour, c’est la filière bovine qui, contribuant à près de 165 milliards FCFA au produit intérieur brut (PIB) et procure des revenus à peu près 30% de la population rurale, «risque de s’effondrer si rien n’est fait dans l’urgence».

En effet, jadis activité identitaire pour les éleveurs respectant les traditions, cet élevage connaît désormais l’intervention d’une nouvelle génération d’opérateurs en quête de revenus à savoir les fonctionnaires, les jeunes diplômés chômeurs sans expérience, et surtout pâtit du phénomène du terrorisme et de prise d’otages dans la région de l’Extrême-Nord

En rapport avec la lutte contre le djihadisme, le bihebdomadaire régional L’ il du Sahel révèle qu’un certain Abdallah, présenté comme un des principaux médiateurs entre les pouvoirs publics et la secte islamiste Boko Haram pour la libération des otages, est toujours aux arrêts alors que certains le disaient libre de ses mouvements.

En homme qui en sait manifestement plus qu’on ne pense sur les pratiques du mouvement terroriste, l’intéressé est en train d’être cuisiné par les services de sécurité.


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Au pays de la loi du plus fort, même la presse n’échappe pas au gangstérisme

Par Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

Au Cameroun un patron de presse peut, pour peu qu’il bénéficie de la couverture de certains pontes du régime, s’offrir le luxe de faire filmer des journalistes par les caméras de sa télé, pieds nus, menottés; les faire embarquer dans un pick-up de cette même télé (et non de la police), et les faire garder à vue à la police puis écrouer à la prison centrale de Kondengui sans émouvoir personne.

Monsieur le PDG de « Vision 4 » Amougou Belinga, libérez les journalistes David Eboutou et Patrick Sapack!

Nous condamnons systématiquement ce gangstérisme qui prévaut au sein de votre groupe de presse, auquel appartient la chaîne de télévision « Vision 4 ».

En effet tout travail mérite salaire.

Inutile pour cela d’user de méthodes peu recommandables comme la fausse facture qu’on exhibe au moment de l’arrestation médiatisée des journalistes, la corruption systématique des juges, l’humiliation et l’intimidation des membres de la profession… Pour faire taire tout le monde et imposer votre diktat à tout un pays.

Non, M. Jean Pierre Amougou Belinga, vous n’avez pas le monopole du droit.

Libérez immédiatement messieurs Eboutou et Sapack!

Amougou Belinga.
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Cameroun: Actualité sociale et gouvernance à la une des journaux parus le 09 mai

La presse camerounaise a accordé la priorité ce lundi aux sujets liés à l’hôpital inauguré vendredi par la Première dame et la mort du footballeur Patrick Ekeng

«Paul Biya offre un hôpital spécialisé dédié aux riches» est le titre qui barre la couverture du quotidien à capitaux privés Emergence au sujet de l’inauguration, vendredi dernier par la première dame Chantal Biya, du Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine (CHRACERH) de Yaoundé, la capitale du pays.

Les tarifs extrêmement élevés, pratiqués par cette nouvelle officine réservée aux couples stériles, explique la publication, ne sont pas accessibles aux indigents.

Pour son confrère Mutations, cette structure jouit d’une technologie des plus avancées dans la prise en charge des pathologies liées aux capacités reproductrices du couple.

Le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune abonde dans le même sens, qui y voit également «une véritable lueur d’espoir pour les couples en proie à des problèmes d’infertilité».

Un qui n’aura pas eu la chance d’atteinte un hôpital, c’est le footballeur Patrick Ekeng, 26 ans, décédé vendredi dernier en plein match du championnat de Roumanie.

Pour le même journal, c’est une tragédie qui frappe le sport camerounais, victime d’un malaise sur le terrain.

«Patrick Ekeng : le choc !» renchérit Le Jour qui décrit l’émotion et la détresse dans la famille du disparu.

Le jeune homme est mort exactement comme son compatriote Marc Vivien Foé, qui s’est écroulé dans les mêmes circonstances le 26 juin 2003 à Gerland (France), étaye The Guardian Post.

«Un talent s’éteint à la fleur de l’âge», constate Mutations qui rappelle que le disparu, après le championnat d’Afrique des nations des moins de 20 ans, après le Mondial juniors en Egypte en 2009, fut sélectionné parmi les 23 joueurs appelés à disputer la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de 2015 en Guinée Equatoriale.

Mais dans son édition du jour, cette publication ouvre sur un sujet qui fâche : la Commission des droits de l’homme et des peuples de l’Union africaine a demandé au Cameroun de libérer l’ex-secrétaire général de la présidence de la République, Jean Marie Atangana Mebara, condamné pour un total de 35 ans de prison pour crimes économiques et que l’instance continentale considère comme un prisonnier politique.

Sous le même titre, Le Jour précise que le non moins ancien ministre de l’Enseignement supérieur n’a pas bénéficié d’un procès équitable.

L’Etat du Cameroun devra également verser 400 millions FCFA à l’intéressé pour détention arbitraire, conclut Le Messager.


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Les relations Cameroun-Nigeria à la une des journaux parus le 06 mai

La presse camerounaise a passé au scanner les relations avec le pays voisin le Nigeria, au lendemain de la visite d’Etat de deux jours du président Biya à Abuja

Le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune applaudit, des deux mains, une «accélération de l’histoire» entre les deux pays : le président Biya et son homologue Muhammadu Buhari veulent, chacun, dissiper tout nuage qui pourrait assombrir le ciel des relations entre le Cameroun et le Nigeria. C’est un autre signe de leur engagement dans cette option assumée.»

Pour l’hebdomadaire Baromètre Communautaire, c’est effectivement «le temps du co-développement» : «Après une période de froid, la coopération entre les deux pays gagne en intensité depuis quelques mois. Au cours de sa visite à Abuja, du 3 au 4 mai 2016, le président camerounais, Paul Biya et son homologue nigérian Muhammadu Buhari ont décidé d’unir leurs efforts pour un développement mutuel des deux pays. La matérialisation de la frontière après le conflit de Bakassi, la gestion des réfugiés, les échanges commerciaux et militaires sont les premières préoccupations évoquées».

Mutations ne voit pas les choses sous le même angle, qui invoque des «contentieux non vidés» entre les voisins, les déclarations des deux chefs d’Etat, mercredi à Abuja, ayant laissé entrevoir des malentendus aussi bien sur la guerre contre la secte islamiste Boko Haram que sur le conflit territorial sur la péninsule de Bakassi dont la Cour internationale de justice de La Haye a fini par attribuer la souveraineté au Cameroun par un Arrêt rendu le 10 octobre 2002.

D’un point de vue politique, analyse cette publication, cette deuxième rencontre au sommet entre les deux leaders aura permis à ces alliés dans la guerre contre Boko Haram de se parler une nouvelle fois de vive voix, et de dissiper les éventuels clichés.

Il n’en demeure pas moins, ajoute-t-elle, qu’«il y a une méfiance persistante entre les deux pays du fait probablement des contentieux frontaliers qui les ont opposé autrefois».

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La politique et l’insécurité à la Une des journaux camerounais

La multiplicité des appels au chef de l’Etat pour une élection présidentielle anticipée, et les nouvelles du front de lutte contre Boko Haram ont alimenté les colonnes des journaux parus lundi

Le président Paul Biya, dont le mandat s’achève en 2018, doit convoquer début de mars 2017 le corps électoral pour un scrutin à la magistrature suprême, révèle The Guardian Post.

Selon cette publication, cette élection sera notamment placée dans la logique du bulletin unique, un mandat présidentiel réduit à 5 ans renouvelable une fois avec, cette fois, la création d’un poste de vice-président destiné à apaiser la communauté anglophone qui s’estime peu représentée dans les institutions.

«Grandes man uvres : vers une session extraordinaire du Parlement», renchérit le bihebdomadaire La Météo, généralement bien introduit dans le sérail.

Il y aura donc une révision de la Constitution avant la présidentielle anticipée et, avec un calendrier politique qui s’accélère au fil des jours, le Parlement devrait être convoqué en session d’ici fin février en vue de réviser la Loi fondamentale.

Parmi les changements les plus attendus et annoncés, le journal cite le retour du mandat du chef de l’Etat de 7 à 5 ans et limité à deux mandats, l’introduction du poste de vice-président de la République, en charge d’assurer l’intérim en cas de vacance et l’instauration de l’âge légal de vote de 21 à 18 ans.

Dans le très influent département de la Lékié, informe Le Quotidien de l’Economie, on trépigne sérieusement d’impatience puisque, en dehors du souhait d’une modification de la Constitution, ses élites demandent que le scrutin soit ramené à septembre prochain.

Dans la région de l’Est aussi, renchérit Mutations, les dignitaires du régime plaident pour l’organisation «immédiate» d’un congrès du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) devant précéder ladite élection.

Mais cette mobilisation militante ne va pas sans heurts, dans certaines zones à l’instar de l’Ouest, une région réputée concentrer le plus grand nombre de chefs d’entreprises et qui tarde à publier son «appel» à Paul Biya, du fait de nombreuses tractations de coulisses.

«Mais ce qu’il faut déplorer dans cet environnement, constate Mutations, c’est l’absence d’une opposition et d’une société civile digne de ce nom, capables de contraindre Paul Biya et son camp à ne pas faire à tout moment tout ce qu’ils veulent, comme ils le veulent et quand ils le veulent, comme en dictature, comme en parti unique, comme en Corée du nord. Malheureusement, ce bond en arrière, le Cameroun l’a déjà fait.»

Dans l’Extrême-Nord en proie aux assauts terroristes, ce sont les primes octroyées par le gouvernement aux comités de vigilance qui divisent, indique le bihebdomadaire régional L’ il du Sahel.

En cause, une politique discriminatoire qui non seulement sème la discorde, mais surtout crée la démobilisation de ces civils dont le rôle est devenu essentiel dans le renseignement, la détection des suspects et même les arrestations de présumés jihadistes.

Loin de cette région septentrionale, c’est Intégration qui s’émeut :«Menace terroriste : Yaoundé à la merci des attentats !»

Selon cet hebdomadaire, alors que les bombes humaines font feu de tout bois dans le septentrion, dans la capitale, on n’a pas tiré les leçons des événements survenus le mois dernier au Splendid hôtel et au bar restaurant Capuccino de Ouagadougou, au Burkina Faso.

Dans les lieux de réjouissances populaires de la ville, a constaté cette publication, aucun dispositif de sécurité n’est visible alors que les lieux grouillent de monde.

Pourtant, «le danger n’a jamais été autant présent, Boko Haram ayant depuis changé de stratégie, faisant des attentats kamikazes son nouveau mode de combat».


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Insécurité et politique à la Une de la presse camerounaise

L’insécurité dans la région de l’Extrême-Nord et le mode de succession à la tête de l’Etat sont les principaux centres d’intérêt des journaux camerounais parus vendredi 29 janvier

«La psychose Boko Haram», titre Le Quotidien de l’économie s’agissant de l’intensification des activités de la secte terroriste dans le septentrion après le double attentat meurtrier enregistré la veille à Kerawa et qui a fait 4 victimes.

Selon les statistiques officielles, indique la publication, c’est une vingtaine d’assauts à la bombe qui ont été comptabilisés dans cette partie du pays depuis le début de l’année avec une cinquantaine de morts sur le carreau.

En 26 jours, les terroristes ont mené 19 attaques dans les départements du Logone et Chari, du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga, au cours desquelles 74 personnes ont perdu la vie ainsi que 13 terroristes, les pertes en matériel sont énormes pour les populations mais aussi pour les forces de défense, renchérit Le Jour.

«L’on est tenté de dire que c’est au cours de cette année et du mois de janvier 2016 que le Cameroun a perdu le plus d’hommes dans les attaques de Boko Haram. Les populations des localités les plus touchées ont perdu le sommeil. Elles qui croyaient à une accalmie, voire à la fin de la guerre, se rendent compte que l’ennemi ne dort pas.»

Sur le front politique, Le Soir constate le «flou total» autour de la célébration du Cinquantenaire de la jeunesse, le 11 février prochain.

Ainsi, apprend-on, les départements ministériels impliqués dans cet événement se livrent à des guerres d’intérêts occultes, dans une atmosphère d’improvisation.

A pas feutrés, les dignitaires du régime se livrent également à une guerre de positionnement ainsi qu’à des propositions choc pour la succession à la tête de l’Etat.

Ex-ministre et ancien secrétaire général de la présidence de la République, par ailleurs agrégé de droit public et de sciences politiques, Joseph Owona, indique Le Jour, a publié un ouvrage qui évoque la possibilité d’une «alternativité» régionale à la tête du pays.

«L’alternativité régionale s’avérerait peut-être comme la règle la plus souhaitable, consistant en une rotation du pouvoir suprême entre toutes les régions du pays : Nord, Sud, Extrême-Nord, Ouest et Est, rompant avec le fameux ping-pong nord-sud.»

Dans un pays qui exhale de plus en plus des remugles de fin de règne – après plus de 30 ans de Renouveau -, une posture comme celle de Joseph Owona, qui suggère une alternance rotative entre toutes les régions du Cameroun, est au mieux embarrassante, sinon dangereuse pour ceux qui, dans le sérail, ont foi en l’axe Nord-Sud institué par l’ex-président Ahmadou Ahidjo, analyse finement Mutations.


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Education et affaires à la Une de la presse camerounaise

Les journaux camerounais parus mercredi se penchent entre autres sur un rapport de la Commission nationale anti-corruption (Conac) épinglant des opérateurs de téléphonie

Avec pour titre principal «Un programme pour faciliter l’apprentissage des mathématiques», le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, indique que le pays vient de signer un accord avec un institut africain spécialisé en vue d’intéresser davantage les élèves et étudiants à cette matière.

L’African Institute for Mathématical Sciences (AIMS), apprend-on, propose un programme-pilote de 5 ans pour la formation des formateurs en partenariat avec la Fondation Master Card, en vue d’améliorer la qualité de l’enseignement de cette discipline avec des méthodes plus simplifiée et des techniques modernes, s’appuyant ainsi sur un laboratoire d’apprentissage aménagé à cet effet à l’Ecole normale supérieure (ENS) de Yaoundé, la capitale.

Sur un autre chapitre, la même publication relève que la CONAC, à travers un rapport de la mission conduite du 13 au 21 janvier 2015, vient d’épingler MTN Cameroon, Orange et CAMTEL, des opérateurs de téléphonie qui doivent reverser à l’Etat et à ses démembrements plus de 170,548 milliards FCFA.

Cette somme représente notamment la dette fiscale, ainsi que les redevances et les contributions à reverser à l’Agence de régulation des télécommunications (ART), détaille Le Jour pour qui «la CONAC tire les oreilles aux opérateurs».

«La CONAC pointe 170 milliards dus par les opérateurs à l’Etat», acquiesce Emergence et Le Quotidien de l’Economie, le 2ème journal cité ajoutant par ailleurs que le dernier venu dans le secteur, le vietnamien Viettel, est pour sa part épinglé pour s’être illégalement attribué le nom commercial de Nexttel.

Les opérateurs accusés, indique Mutations, n’ont pas encore pris connaissance du contenu de ce rapport mais, d’ores et déjà, soutiennent en ch ur s’être toujours assurés d’être en phase avec les lois et règlements de la République.

Dans le même secteur, et citant la directrice générale de Orange, Elisabeth Medou Badang, le bihebdomadaire Le Soir dénonce le «mensonge sur la 4G» que cet opérateur français, mais aussi le sud-africain MTN, se targuent d’avoir à travers de ronflantes campagnes de publicité alors qu’aucune fréquence n’a encore été attribuée.


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Insécurité et économie à la Une de la presse camerounaise

L’insécurité dans la partie septentrionale du pays et l’économie règnent en maître dans les colonnes des journaux camerounais parus mardi

«Extrême-Nord : encore 5 morts dans un attentat» ; «Cinq morts dans un autre attentat visant une mosquée» ; «Nguétchéwé : 5 morts dans un attentat-suicide» ; «Mayo-Tsanaga : cinq morts dans un attentat-suicide», titrent respectivement Le Jour, The Guardian Post, Emergence et Cameroon Tribune.

Alors que la première publication citée indique que le kamikaze a forcé l’entrée d’un lieu de prière lundi aux environs de 6 heures, et qu’une mine a également été découverte dans une école voisine, la dernière sur la liste précise que la localité est située à la frontière avec le Nigeria et subit, régulièrement, les incursions des membres de la secte Boko Haram qui viennent y faire exploser leurs charges, causant des morts et des blessés.

«Cet attentat survient cinq jours après une attaque similaire dans la mosquée de Kouyapé, dans l’arrondissement de Kolofata qui avait fait 13 morts et un blessé grave. C’est le même mode opératoire qui avait été appliqué», appuie Mutations.

Dans Cameroon Tribune, le gouverneur de la région, Midjiyawa Bakari, a affirmé que «la situation est sous contrôle et que des consignes fermes ont été données aux autorités administratives et traditionnelles compétentes pour réconforter les populations et les rassurer sur le fait que des dispositions particulières sont en train d’être prises pour protéger les lieux de prière devenus la cible privilégiée des Boko Haram ces derniers temps».

Cameroon Tribune indique par ailleurs que 6 transporteurs camerounais, enlevés le 11 juin 2015 à 15 kilomètres de Dabanga, sur la nationale N°1 par les membres de la secte Boko Haram, ont réussi à s’échapper des mains de leurs bourreaux depuis le 5 janvier dernier dans la foulée des actions conjointes entre les armées camerounaises et nigérianes qui ratissent la frontière depuis quelques mois.

A fond dans son domaine de prédilection, Le Quotidien de l’Economie, relayant le ministre en charge du secteur, Louis Paul Motaze, qui tenait une conférence de presse la veille, fait le tour des grands chantiers de développement qui, selon le membre du gouvernement, devraient installer le pays dans la logique de l’émergence à l’horizon 2035.

«Motaze explicite le discours de Paul Biya», renchérit Mutations pour qui le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire s’est attaché à s’approprier le discours de fin d’année du chef de l’Etat qui s’est félicité de la «résilience» du Cameroun ayant permis de résister aux contraintes sécuritaires et économiques ayant interpellé le Cameroun en 2015.

Mais il y a un problème, tempère le quotidien à capitaux privés : «l’industrialisation envisagée se heurte encore à de nombreuses contingences, notamment énergétiques».

Au plan des écueils économiques, poursuit Cameroon Tribune, figure également le secteur de l’entretien routier où le ministère des Travaux publics a, au 31 décembre 2015, dénombré 406 contrats actifs sur l’ensemble du territoire, un peu plus de 300 ayant une exécution acceptable et près de 100 contrats qui n’ont véritablement plus de raison d’être.

«Ces contrats, explique le quotidien gouvernemental, passés depuis parfois 7 ans, seraient toujours en cours d’exécution alors que rien ne se fait sur les tronçons concernés», surtout que la centaine de contrats ainsi défaillante constitue 5800 kilomètres de route, soit la moitié du réseau destiné à l’entretien et que les conséquences de ces lenteurs extraordinaires


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Un parfum d’insolites en couverture des journaux camerounais

Les sujets abordés par la presse camerounaise ce vendredi ont une forte teneur d’insolite et de polémique

Avec pour titre commun «Le RDPC interdit un meeting du MRC», Mutations et Le Jour affirment que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, au pouvoir, a fait écran au Mouvement pour la renaissance du Cameroun, qui pour sa part s’active dans l’opposition, qui projetait un meeting samedi dans le chef-lieu de la région de l’Ouest, Bafoussam.

Et la première publication citée de se demander si l’autorité préfectorale du pays, à l’origine de l’interdiction d’un rassemblement pourtant dument déclaré selon la législation au prétexte de menaces à l’ordre public, est, finalement, devenue la «petite armée du système autoritaire qui étouffe la libre expression politique.

S’aventurant sur le terrain de l’insécurité, Emergence se demande si les attentats terroristes de vendredi dernier à Paris ne seraient pas, finalement, «une aubaine pour le Cameroun».

«Le massacre parisien pourrait-il pousser la France à mieux s’impliquer dans la lutte contre le terrorisme dans notre pays ?» s’interroge cette publication pour qui l’Hexagone n’en fait pas assez dans la recherche de solutions visant l’éradication de la secte islamiste Boko Haram.

«Fécafoot : Abdouramane et compagnie contre-attaquent», poursuit cette publication, cette fois pour évoquer la posture de l’un des acteurs majeurs ayant occasionné l’annulation totale du processus électoral de la Fédération camerounaise de football, et qui vient d’annoncer le blocage des comptes de ladite instance en défiance à l’annonce, par le ministre des Sports Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt, de prononcer «la validité» dudit processus.

«Comment obtenir la tête de Tombi à Roko ?» renchérit son confrère Le Soir à propos du nouveau président fédéral : une question qui se profile dans les dénonciations de certains acteurs du football camerounais, à propos d’un processus électoral réputé vicié et qui le condamne à remettre son tablier à peine élu.

«La position de Bidoung Mkpatt aura des conséquences sur le fonctionnement et la dynamique du mouvement sportif qu’il a rejoint il y a un peu plus d’un mois et demi», analyse Mutations pour qui, en décidant du maintien de Tombi à Roko à la présidence de la Fécafoot, le ministre des Sports montre qu’il ne permettra pas d’entraves dans l’organisation administrative ou matérielle des Coupes d’Afrique des nations (CAN) 2016 (dames) et 2019 (messieurs).

The Guardian Post est loin de partager cette position, pour qui l’immixtion du gouvernement dans les affaires du ballon rond pousse le Cameroun vers une suspension par la Fédération internationale de football association (FIFA) et la Confédération africaine de football (CAF).


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Les affaires et la politique dans les colonnes de la presse camerounaise

Les contenus des journaux parus jeudi font la part belle aux sujets liés à la mal-gouvernance, aux tourments à la fédération nationale de football, et à la politique

Avec pour titre : «L’Epervier plane sur Ama Tutu Muna», le quotidien à capitaux privés Mutations révèle qu’une équipe d’inspecteurs d’Etat, sur instructions du chef de l’Etat Paul Biya, séjourne depuis lundi au ministère des Arts et de la Culture (Minac) où le management de celle qui en était la patronne jusqu’au 2 octobre dernier est fortement remis en cause.

Au c ur de l’enquête, la gestion du compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle, créé en décembre 2001 et qui a notamment vocation à encourager l’excellence dans la création, la production et la diffusion des uvres de l’esprit, encourager la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel national.

Ce compte, étaye le journal, doté d’un milliard de FCFA pour l’exercice 2011, est entièrement consommé et présente un solde débiteur à la paierie générale du Trésor et d’importants décaissements, de plus de 1,096 milliard FCFA, y ont été opérés par l’agent comptable du Minac.

Un autre ancien gestionnaire sur la sellette, c’est l’ex-trésorier payeur général de Yaoundé, Emmanuel Mbia Enguene, aux arrêtes depuis le 15 février 2013 pour un détournement présumé d’environ 6 milliards FCFA dans le cadre du règlement des émoluments dus aux magistrats militaires. Seulement voilà, cette scabreuse affaire constitue aujourd’hui un véritable «casse-tête» et un «dilemme» pour le Tribunal criminel spécial (TCS), appelé à se prononcer sur un dossier alors que les principaux accusés n’ont jamais été cités dans une quelconque ordonnance de renvoi.

L’imbroglio se fait d’autant plus cruel que les avocats de la défense exigent que les militaires impliqués, c’est-à-dire des magistrats en fonction, soient présentés à la barre. Au rang des illustrations criardes de mal-gouvernance, Le Quotidien de l’Economie (LQE) recense de son côté les ratés du programme phare de logements sociaux dans la capitale, Yaoundé : murs penchés, retards dans l’exécution du chantier, délits d’initiés et, last but not least, le paiement au compte-gouttes des prestataires.

Actuellement réalisé à 50% le site du quartier Olembe, réalisé à 50% des logements attendus, sera livré en mars 2016, informe néanmoins le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune. En sport les colonnes de LQE rendent compte de l’annulation, la veille par le ministre des Sports, Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt, d’une sentence de la Chambre de conciliation et d’arbitrage (CCA) du Comité national olympique et sportif du pays (CNOSC) qui avait prononcé la caducité du processus électoral de la Fécafoot.

«Bidoung Mkpatt légitime Tombi à Roko», renchérit Mutations pour qui le membre du gouvernement, en adoubant à sa manière l’élection du nouveau président fédéral, a estimé que la CCA «n’est pas compétente pour se prononcer sur un cas afférent à la légalité républicaine». «Bidoung Mkpatt maintient Tombi à Roko», acquiesce Le Jour pour qui l’acte ministériel est de nature à pousser les belligérants au consensus.

Tombi à Roko peut d’autant plus se sentir renforcé dans sa légitimité, appuient en ch ur Emergence et Cameroon Tribune, que la CCA «a outrepassé ses compétences en violation des règles de compétence, qui du reste sont d’ordre public». Abordant l’actualité politique, le 2ème journal cité évoque un «succès total pour le Cameroun» s’agissant de la participation du pays à la 38ème conférence générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) ayant pris fin la veille dans la capitale française, Paris.

Et, alors que le président Paul Biya a plaidé dans son intervention pour une solution globale contre le terrorisme, un compatriote, Ebénézer Njoh Mouelle, a de son côté été élu pour un mandat de 4 ans au sein du conseil exécutif de l’organisme onusien. Loin de ces relents enjoués, le bihebdomadaire La Météo s’en prend violemment à la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, accusée d’avoir fait épingler un badge d’identification, «comme à un vulgaire accompagnateur», au chef de l’Etat camerounais lors de cette conférence.

«Imagine-t-on François Hollande (France), Barak Obama (Etats-Unis) ou encore Angela Merkel (Allemagne) confrontés à ce type d’exigences protocolaires ?» s’emporte la publication qui exige d’Irina Bokova pas seulement des explications, mais surtout excuses en règle face à ce comportement condescendant.


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La presse camerounaise analyse les 33 ans de pouvoir de Paul Biya

Ce vendredi, jour de commémoration de l’accession de l’actuel président à la magistrature suprême, les quotidiens se focalisent sur le bilan de ses trente-trois années à la tête du Cameroun

«Le Renouveau a 33 ans», titre le quotidien Cameroon Tribune qui consacre un dossier spécial au sujet.

«Cet événement aurait dû être célébré en grande pompe. Malheureusement, comme l’année dernière, il intervient dans un contexte marqué par la guerre, plus précisément les attaques répétées de la secte islamiste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord. Et au lendemain du deuil national consécutif à la mort de nombreux Camerounais lors du pèlerinage à la Mecque», écrit le journal.

«Doit-on encore croire au Renouveau?», s’exclame Mutations qui, à l’occasion, a donné la parole à un député de l’opposition (Jean Michel Nintcheu) et un philosophe (Hubert Mono Ndzana) proche du pouvoir.

«L’histoire du Cameroun retiendra que le 6 novembre 1982 est le jour où la malédiction s’est abattue sur le pays», analyse le premier cité.

Pour le second, il est urgent de mettre fin au «milliardisme» peu crédible des fonctionnaires pour laisser quelques chances d’épanouissement au développement du Cameroun.

Pour The Guardian Post, on est effectivement bien loin des promesses de «rigueur et moralisation», du serment de bonne gestion de la chose publique ainsi que de développement équitable, alors qu’au même moment les régions anglophones du pays sont en régression sur tous les plans.

«Pas vraiment de quoi pavoiser», renchérit Le Quotidien de l’Economie qui constate que les inégalités se sont accrues et le nombre de pauvres est passé de 7,1 millions en 2007 à 8,1 millions de nécessiteux l’année dernière pour un pays de 22 millions d’âmes.

«33 ans, et après?», s’interroge Le Jour qui, après avoir dressé le même «bilan peu flatteur» de Paul Biya aux affaires, jette un regard à la fois prospectif et pessimiste sur l’avenir d’un «pays gangrené par la corruption et les détournements de derniers publics».

Le Soir analyse que cet anniversaire qui coïncide avec les opérations de renouvellement des organes de base du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), intervient également dans un contexte où le tribalisme s’étend à toutes les strates du système.

Le président camerounais Paul Biya, 33 ans au pouvoir.
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Un sentiment de sinistrose en couverture des journaux camerounais

Les sujets évoqués par les journaux camerounais parus mercredi ont une forte odeur de brûlé, en rapport avec l’actualité nationale

Dans le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune c’est le nouveau ministre des Enseignements secondaires, Ngallè Bibehe, qui vient de sanctionner 46 candidats et examinateurs de l’année scolaire écoulée, interdits qu’ils sont des salles d’examens durant les trois prochaines sessions et alors que certains devront également répondre de leurs actes devant les tribunaux.

Les uns et les autres sont, entre autres, épinglés pour substitution de candidats, arnaque, extorsion de fonds et inscriptions frauduleuses.

«Ngallè Bibehe sort son stylo rouge», confirme son confrère Mutations qui souhaite que les pouvoirs publics «continuent dans cette traque des contrevenants et s’assurent que les sanctionnés n’useront pas de subterfuges pour se réinscrire durant la période de leur suspension».

Revenant sur le budget 2014 de l’Etat, la même publication signale que les dépenses de fonctionnement ont été en dépassement de 56 milliards FCFA et alors que plus de 79 milliards FCFA n’ont pas été exécutés dans le budget d’investissement, et alors que le chef de l’Etat n’a cessé de fustiger la sous-consommation de a dernière enveloppe visée.

«S’il est admis qu’une exécution du budget de l’Etat soit utopique, dans le contexte purement camerounais, des écarts énormes sont régulièrement au fil des ans entre les prévisions et les réalisations», déplore Mutations.

S’agissant cette fois des détails du projet de budget 2016, bientôt à l’étude au Parlement, ils révèlent, selon Le Quotidien de l’Economie (LQE), une augmentation de la masse salariale de l’Etat, une annulation de la subvention aux carburants à la pompe ainsi qu’une émission des titres publics de 300 milliards FCFA.

Concernant toujours les finances publiques, LQE constate que rien ne filtre sur le niveau d’avancement du projet d’eurobond de 1,5 milliard de dollars que l’Etat veut émettre sur le marché international, et dont l’objectif est de financer plusieurs projets de développement.

Le lancement de cet emprunt à l’international, censé assurer le refinancement de la Société nationale de raffinage (SONARA), le financement partiel du plan d’urgence triennal et de certains projets de développement, connaît un retard, affirme le journal, puisque son lancement officiel était prévu en d’octobre.

Sur le plan de la protection de l’environnement, et en rapport avec la Conférence mondiale sur le climat (COP21) prévue en fin novembre prochain à Paris (France), l’hebdomadaire The Spark, considéré comme proche du gouvernement, ouvre un dossier sur le rapport des citoyens avec cette problématique.

Et de constater: «En dépit des menaces, les Camerounais ne se sentent pas concernés par les concepts relatifs aux changements climatiques et à leur impact sur la vie des populations.»

Pendant ce temps, l’hebdomadaire régional Ouest-Echos relate une cruelle affaire de crime rituel sur une fillette de 4 ans et qui relance la psychose auprès des paisibles populations de la ville de Bafoussam, face à un phénomène devenu cyclique et en dépit des arrestations et condamnations de coupables.

Malade, l’infortunée a pourtant été enlevée dans le domicile familial et c’est très tard, dans la soirée, que son corps sans vie sera retrouvé non loin de là avec des organes génitaux arrachés.

La mère et l’enfant sont également au c ur des préoccupations d’Emergence, pour qui «les clignotants sont au rouge» concernant la mortalité maternelle, et ce malgré les discours de propagande du gouvernement.


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Diversité de sujets dans la presse camerounaise

Les journaux camerounais parus mercredi affichaient des sujets divers, allant du social à l’humanitaire en passant par la politique ou encore la politique.

Les journaux camerounais parus mercredi affichaient des sujets divers, allant du social à l’humanitaire en passant par la politique ou encore la politique.

Avec pour sujet la subvention publique aux médias à capitaux privés, The Guardian Post moque les 250 millions FCFA octroyés à pas moins de 600 publications et autres sociétés commerciales telles que les imprimeries.

Cette enveloppe, précise la publication anglophone, est réduite de 15 millions FCFA représentant les impôts et taxes, de 6 millions FCFA que se partageront les membres de la commission d’octroi de cette «misère» sans oublier le ministre de la Communication en personne, qui y défalquera sa quote-part.

Et il n’y a pas que ces médias à peine tolérés par le pouvoir pour connaître un tel affront, renchérit le trihebdomadaire Le Soir : limogé le 2 octobre dernier, l’ex-ministre des Transports Robert Nkili, qui se voyait déjà dans le siège d’ambassadeur du pays en France, après avoir vu son passeport retiré et alors qu’il est guetté par la justice pour crimes économiques, «est désormais interdit de sortir du territoire avant la fin de l’enquête en cours».

En couverture du bihebdomadaire The Spark c’est le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies, Stephen O’Brien, qui tire la sonnette d’alarme : La générosité du Cameroun ne suffira pas pour nourrir les 310.000 réfugiés qui s’empilent actuellement sur son sol.

«Une aggravation de la crise humanitaire est à craindre en 2016 au Cameroun, due à une augmentation du nombre de réfugiés et de déplacés, conséquence des violences persistantes de la secte islamiste nigériane Boko Haram, déjà à l’origine de la présence dans des camps de réfugiés dans ce pays de quelque 61.000 ressortissants nigérians.»

Le même journal, s’agissant de l’économie constate que le pays, sous l’ère dite des «grandes réalisations» qui sont en réalité le tout premier septennat entier sous le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), donne l’impression d’être une «dictature économique», tant l’illégalité et l’illégitimité de ce document restent encore fortement soupçonnées.

«Le défaut de la tenue des états généraux de l’économie avant ou après la validation du DSCE ou même pendant son implémentation, ce qui peut encore être fait, sédimente une forte impression du primat de la raison politique sur la raison économique.»

Il y a pourtant un «frémissement», tempère le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune qui revient sur l’inauguration, veille dans la métropole économique Douala, par le Premier ministre Philemon Yang, de l’usine du groupe marocain Ciment de l’Afrique (CIMAF) qui avec une capacité de 500.000 tonnes annuelles vient augmenter la production nationale en ce matériau de construction.

Il reste toutefois, souligne «CT», à combler la grosse attente des consommateurs, lesquels souhaitent une baisse des prix comme conséquence de cette multiplication des offres.

Dans l’hebdomadaire Repères c’est le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, qui vient de «déclarer la guerre aux fraudeurs» : il a mis en garde les opérateurs économiques véreux contre les pénuries artificielles et la spéculation pendant la période de fêtes de fin d’année.

Dans une interview à Mutations c’est le président de la Chambre d’agriculture, des pêches et des forêts (CAPEF) du Cameroun, Janvier Mongui Sossomba, qui annonce l’imminence de la création d’une banque agricole, fruit d’une souscription nationale lancée le 19 octobre dernier à l’endroit des producteurs.


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Insécurité, gouvernance et économie à la Une de la presse camerounaise

Les journaux camerounais parus vendredi abordent des sujets liés à l’insécurité dans l’Extrême-Nord, à la gouvernance, mais également à l’économie

Selon le quotidien à capitaux privés Emergence, une attaque de la secte islamiste Boko Haram a fait 15 morts la veille dans la localité de Doulo.

Cette énième agression terroriste, constate la publication, intervient alors que les Etats-Unis viennent de déployer 300 de leurs soldats dans la zone, une opération dont le gouvernement « se tue à démontrer le bon côté » alors que la méfiance s’est installée au sein de l’opinion.

Interrogé par le bihebdomadaire La Météo, le sociologue Claude Abé croit savoir que le déploiement américain est à la fois d’ordre stratégique, économique et en termes de facilitation de circulation.

« L’histoire récente des interventions des États-Unis, sur un certain nombre de pays, nous indique que partout où ils ont mis pied, très souvent l’ordre sécuritaire n’a pas été rétabli. Il y a donc lieu d’avoir un certain nombre de réserves par rapport à cela et espérer que leur présence au Cameroun ne soit pas une situation qui va, au lieu d’un médicament, nous apporter plutôt une situation qui aggrave la situation sécuritaire non seulement du Cameroun, mais de l’ensemble du Golfe de Guinée. Et surtout que les Américains ont pas mal d’intérêts dans cette partie du continent aujourd’hui, particulièrement en matière d’exploitation des ressources pétrolières. »

Les mêmes Américains, constate pourtant The Guardian Post, sont aujourd’hui sollicités pour aider à obtenir la libération de l’ancien directeur général du Chantier Naval et industriel du Cameroun (CNIC), Zaccheus Forjindam, condamné à 12 années de prison ferme depuis novembre 2010 pour détournement de deniers publics de la somme de 978 millions FCFA.

Dans le même domaine de la gouvernance, le trihebdomadaire Le Soir prévient que 48 détourneurs de deniers publics, dont il publie la liste, s’apprêtent à prendre d’assaut la tête des organes de base du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir).

Ces prévaricateurs, explique ce journal, se recrutent parmi les anciens directeurs généraux de sociétés d’Etat et autres ex-membres du gouvernement et croient pouvoir s’acheter une immunité en mouillant le maillot en faveur du chef de l’Etat et président de cette formation, Paul Biya.

Sur le front de l’économie, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune se satisfait du lancement, la veille dans la métropole économique, du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance décidé depuis le 9 décembre 2014, avec comme principaux enjeux la qualité, la rapidité et le respect des normes dans l’exécution des marchés publics.

Les choses, pourtant, vont mal au plan de la lutte contre la vie chère décrétée par le gouvernement, constate Mutations dans un dossier de deux pages. Selon le journal, l’inflation a atteint 3,4% au premier semestre de l’année en cours, et ce malgré les 2,42 milliards FCFA de budget alloué à la Mission de régulation des approvisionnements des produits de grande consommation (MIRAP).

Les pouvoirs publics, insiste le journal à capitaux privés, sont totalement débordés par la surchauffe des prix et leur incapacité « à contenir tend bien à faire croire qu’ils sont dos au mur ».


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Liberté de la presse 2014 : Le Cameroun perd 11 places

De 120ème en 2013, le Cameroun est passé à la 131ème position dans le classement 2014 de Reporters sans frontières. L’organisme pointe l’intransigeance du Conseil national de la communication.

La réorientation en 2013 des missions du Conseil national de la communication au Cameroun ne trouve pas grâce aux yeux de Reporters sans frontières. En novembre 2013 déjà, l’organisation de défense des droits de la presse dénonçait : « l’attitude intransigeante du Conseil national de la communication, présidé par Monseigneur Joseph Befe Ateba ». Elle rappelait pour cela le cas de Benjamin Zebaze et Guibaï Guitama, directeurs de publication du quotidien Ouest-Littoral et de l’hebdomadaire L’ il du Sahel. « La plainte contre Benjamin Zebaze déposée par Msgr Befe Ateba lui-même concernait un article du 10 octobre 2013 sur la polémique créée par l’interdiction par le CNC de la publication des tendances électorales. Celle contre Guibaï Gatama, émise par le délégué général à la Sureté national, Martin Mbarga Nguele, visait un article du 15 octobre 2013 concernant des affrontements à la frontière Cameroun-Nigéria », avait relevé l’organisation sur son site. Reporters sans frontières aura également eu, avant de publier le rapport 2014 qui vient d’être rendu public, à critiquer les autres décisions du CNC notamment les sanctions envers d’autres médias et le guide du reporter remis aux journalistes le 13 septembre 2013 pour leur expliquer les sanctions encourues en cas de publication des tendances des votes.

C’est donc un procès en règle contre les actions du CNC que Reporters sans frontières vient d’effectuer en reléguant le Cameroun à la 131ème place sur 180 pays considérés dans son classement. De quoi renforcer les critiques contre le régulateur camerounais des médias dont les actions sont constamment contestées par les éditeurs de presse. Le pays africain qui fait bonne figure dans le classement 2014 de RSF c’est la Namibie (22ème). Toutefois, c’est un pays africain qui ferme la boucle. L’Erythrée est en effet classé 180e sur 180 pays tandis que la Finlande occupe la première position. Dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) à laquelle le Cameroun appartient, le Congo arrive à la 82ème place, le Gabon à la 98ème, la République centrafricaine à la 109ème, le Tchad à la 139ème et la Guinée équatoriale à la 168ème position.

Kiosque de journaux à Yaoundé
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Tara D. Sonenshine : «Il n’y a pas de liberté de presse sans organisations de journalistes fortes»

Face aux journalistes du monde le 03 mai dernier, le sous-secrétaire d’Etat américaine à la Diplomatie et aux affaires publiques a accepté de donner la vision de l’administration américaine sur la pre

Quel est votre point de vue sur ce qui arrive en Europe central, notamment dans des pays comme la Roumanie ou la Hongrie où il semble y avoir eu un recul sur la liberté d’information et d’expression ? (Carmen Valica Niculita de Roumanie)
On a souvent confondu liberté de la presse et droits de l’homme. Bien sûr ce sont des droits de l’homme, mais les journalistes ont besoin de leurs propres associations, syndicats et organisations professionnelles. Je pense que ce ne serait pas pertinent de mettre toutes ces choses dans le même panier. Le métier de journaliste est quelque chose d’unique qui demande des organisations spécifiques, une communication et une législation qui respectent la profession dans son intégrité.

Le Guatemala dévient lui aussi un corridor du crime organisé et du trafic de drogue, comment percevez-vous cette situation dans la perspective de la liberté de la presse. Vous pensez que cela va se dégrader comme c’est le cas au Mexique ou en Colombie ? (Astrid Blank Giron du Guatemala)
Une chose que j’ai apprise sur mes trente années de relations internationales, c’est qu’on ne peut jamais généraliser lorsqu’il s’agit des pays en ce sens que les situations propres dans chaque pays sont différentes et difficile à envisager. Sur cette base-là, la question du fait qu’il y ait trafic ou pas trafic signifie que les investigations de journalistes sont encore plus importantes que jamais. Et je pense que cela doit nous concerner nous tous, pas seulement pour une bonne presse, mais aussi pour une bonne sécurité pour les journalistes. Nous sommes en train d’ouvrir des hubs de formations pour les journalistes partout afin qu’ils sachent quoi dire à ces propos tout en travaillant en sécurité. Pour ce qui est de l’Afrique, nous avons un de ces hubs à Nairobi au Kenya et je pense que de plus en plus il sera intéressant d’offrir ces formations sur la manière de travailler en sécurité aux journalistes.

Quelle évaluation faites-vous du futur de la liberté de presse dans les pays qui ont souffert du printemps arabe, je pense au Yemen, à l’Egypte à la Tunisie et tout le reste lorsqu’on sait qu’ils sont en train de basculer dans des régimes islamiques? (Houssem H’mad de Tunisie)
Mon évaluation est que si j’étais reporter aujourd’hui, j’écrirais une histoire avec pour titre, « Après la révolution, vient l’évolution ». Je le dis parce que je pense que dans le secteur des médias, après que tout le monde ait couvert les révolutions, le vrai travail commence, un travail plus intéressant sur la manière dont les constitutions sont gérées, et les lois rédigées. Les gens n’aiment pas lorsque l’Amérique intervient sur les sujets des droits de l’homme. Mais je dois dire que nous ne parlons pas des droits des américains à la liberté d’expression par exemple. Ce sont des droits universels et nous nous sommes engagés à les défendre.

Que pensez-vous de la liberté de la presse au Zimbabwe qui vit actuellement un contexte d’élection dans un climat de peur ? (Lulu Harris du Zimbabwe)
Je ne pense pas que des désaccords sur les élections soient quelque chose de mauvais tout autant que je ne pense pas qu’un désaccord avec des journalistes soit une mauvaise chose. Ce qui est mauvais c’est lorsque ces journalistes sont censurés ou interdits d’accès à la couverture d’un évènement. Je pense que c’est mauvais lorsque les médias sont complètement contrôlés par des partis ou le pouvoir et qu’être propriétaire de média indépendant deviennent économiquement étreignant sans qu’il ne puisse avoir de la publicité pour survivre. Ce n’est pas seulement le cas du Zimbabwe c’est une réalité générale à laquelle les journalistes font face, en plus du harcèlement, du kidnapping, du meurtre et de la disparition. Mais je crois que les choses changent en Afrique et j’en suis heureuse. Je reviens d’Ethiopie où j’ai discuté avec de jeunes journalistes et c’était très optimiste. Ils sont jeunes et veulent faire dans le journalisme d’investigation, enquêter sur la corruption, présenter les maux et les fautes. Pour ma part nous avons besoin d’avoir plus de journalistes, plus de programme d’échange et plus d’école de journalisme. Nous ne sommes parfaits aux États-Unis pour ce qui est du journalisme. Nous avons beaucoup à apprendre sur comment couvrir les autres environnements culturels de manière à mieux les présenter. Je pense que c’est un investissement en vue d’un échange mutuel. Je ne sais pas si les gens peuvent comprendre ce qu’est d’être journaliste. Je l’ai été en Iran au Cuba et en Afrique du sud. Jusqu’à ce qu’on devienne journaliste, on ne peut savoir à quel point c’est un métier difficile.

Les populations africaines du moins celles d’Afrique centrale que je connais bien sont pour une grande part rurales et sont très souvent manipulées soit par les personnes au pouvoir soit par les personnes dans l’opposition. Lorsque vous discutez avec les gouvernements de ces pays quels enjeux sont au centre de vos échanges du point de vue de la liberté de la presse (Idriss Linge du Cameroun).
Je présume que dans cette salle nous sommes tous des journalistes. Mais je ne pense pas que le fait d’avoir une caméra ou un appareil de prise de son fait de nous un journaliste, pour ma part cela doit être clair. Il existe une certaine éthique, des standards et un professionnalisme qui doivent encadrer la profession de journaliste et que nous devons garder à l’esprit. Une manière de gérer cela serait d’avoir des organisations professionnelles de journaliste fortes et structurées.

Le rapport du Freedom House a présenté les performances de liberté de la presse dans les pays dont ceux d’Afrique pour mon pays le Cameroun c’est « not free », mais pour beaucoup de pays africains aussi. Je me demande si ce type de rapport n’est pas une croche pied à la nouvelle stratégie économique du président Obama pour l’Afrique mais qui est conditionné par l’existence de la démocratie (Idriss Linge du Cameroun) ?
Le classement fait par le Freedom House des pays sur le respect de la liberté de la presse dans le monde est un classement franck et élaboré, mais je m’interroge sur leurs lignes « libre », « partiellement libre ». Cela a été fait de bonne foi mais je me suis interrogé quand même car « partiellement » est un mot partiel. Concernant le président Obama et l’Afrique, je ne veux pas faire des prédictions mais vous allez bientôt voir de nombreux engagements se produire dans les prochains mois, à l’endroit des jeunes leaders africains. Il y aura de plus en plus de programmes de renforcement au sein du continent. Je pense vraiment que le temps est venu pour nous de porter plus d’attention à l’Afrique. Je ne le vois pas pour demain, mais pour aujourd’hui même.

Tara D. Sonenshine, sous-secrétaire d’Etat américaine à la Diplomatie et aux affaires publiques
Journalducameroun.com)/n

Jean Paul Akono: «La signature de mon contrat ne saurait tarder»

C’est entre autre, l’une des déclarations fortes du sélectionneur du Cameroun, qui était face à la presse hier à Yaoundé

Face à la presse hier, mercredi 09 janvier, à l’hôtel Mont Fébé, l’entraîneur de la sélection du Cameroun Jean Paul Akono n’a botté en touche aucune question. Sur le bilan de sa mission en Angleterre, le patron technique des Lions a estimé que ses échanges avec David Ngog et Benoît Assou-Ekotto «ont été très fructueux». « L’attaquant de Bolton a largement progressé dans sa réflexion. Il a voulu tout savoir sur le mode de fonctionnement de l’équipe nationale et même de sa philosophie de jeu. Je lui ai dressé le tableau sur le plan organisationnel. Aujourd’hui, je pense qu’il est suffisamment édifié sur les réalités de notre football. Parce que pour un homme qui n’a jusqu’ici connu que la culture occidentale, il n’était pas évident pour lui de choisir. Maintenant, il y a des fortes chances de le voir chez les Lions dans les prochains mois. Reste maintenant à entamer les démarches administratives dans le but de constituer son dossier à envoyer à la Fifa pour son changement de nationalité sportive », précise le coach des Lions. Sur le cas Assou Ekotto, il s’est dit également confiant : « le latéral de Tottenham m’a expliqué ce qui l’a poussé à prendre ses distances avec les Lions. Je lui ai expliqué que l’administration de notre équipe était en train de se professionnaliser. Il a été très réceptif à mon discours. Comme il revient de blessure, je lui ai indiqué qu’il est important pour lui qu’il redevienne compétitif et performant ». Au sujet du bilan du regroupement des joueurs locaux auxquels il a associé quelques professionnels en congés, en fin d’année dernière, le sélectionneur national a marqué sa satisfaction : « Nous avons tiré beaucoup de leçons. Il y a de la crème sur le plan local. Il y a des joueurs évoluant ici au Cameroun qui n’ont rien à envier à ceux qui sont en Europe. Je préfère qu’on les appelle désormais des « professionnels locaux ». Je donnerai toujours une chance à tous ceux qui seront au-dessus », a promis le médaillé en or de Sydney 2000, qui précise qu’il a découvert d’excellents gardiens de buts au cours de ce stage. « Tous les portiers qui ont pris part à ce stage ont été impressionnants. Preuve que le Cameroun reste un vivier de gardiens de buts », avoue Akono.

Appel à candidature
Du prochain match amical des Lions, Jean-Paul Akono est resté imprécis. Lui-même ne connaît pas encore l’équipe qu’il affrontera pour la période Fifa prévue le 6 février 2013. « Ce n’est pas le staff technique qui organise les matchs, même si nous donnons notre point de vue. Ce qui est sûr, nous jouerons. La Fécafoot a reçu plusieurs demandes et d’ici quelques jours vous saurez contre qui nous allons jouer. Compte tenu du standing des Lions, les dossiers des prétendants son encore en étude à la Fécafoot », s’est défendu l’entraîneur des Lions. Répondant à une question au sujet de son contrat, le coach indique que « ça va se faire d’ici peu. Ne vous inquiétez pas. Il y aura une cérémonie de signature de mon contrat. Ça va prendre le temps qu’il faut, mais ça ne saurait tarder ». Du choix de ses éléments, Jean-Paul Akono pense que tous les sélectionneurs du monde ont la pression. « La pression du travail n’est pas synonyme d’interférences. Aucun joueur n’a le titre foncier en sélection nationale. Les sélections nationales ne fonctionnent pas comme les clubs. Raison pour laquelle, d’un match à un autre, il y a souvent des modifications dans le onze entrant. Je tiens d’abord compte des performances des joueurs en club avant de les convoquer».

Jean Paul Akono, face à la presse le 09 janvier 2012 à Yaoundé
Jean Jacques Ewong – Aras)/n

Par ailleurs, la question de sa succession a été abordée. « Ne faites pas de procès d’intention à la Fédération. Ce sont des préoccupations inutiles », a-t-il rappelé. Mais, il expliquera que ses rapports avec la Direction technique nationale (Dtn) sont très bons, puisqu’il en fait toujours partie. « L’on a appris qu’effectivement, un appel à candidature concernant les sélections nationales a été lancé par la Dtn, à l’exception de l’équipe A. Mais, il y a eu des confusions et des gens ont parlé d’appel à candidature pour coacher uniquement les Lions Indomptables seniors ». Vers la fin de l’entrevue, Jean Paul Akono a confirmé qu’il va se rendre en Afrique du Sud avec trois autres coachs, pour y superviser les matches des prochains adversaires du Cameroun dans les éliminatoires de la Coupe du Monde 2014. A savoir, le Togo et la Rdc. Mais aussi, toutes les autres équipes prenant part à la Can 2013 qui commence le 19 janvier prochain. En plus de lui et de Martin Ndtoungou Mpilé, son adjoint, il compte y être avec trois autres entraîneurs dont il s’est refusé de dévoiler les identités. Il évoque son plan de travail : « Quatre autres entraîneurs resteront sur place pour travailler avec la Dtn dans le cadre de la supervision de tous les matches ».

Une vue de la salle de conférence
Jean Jacques Ewong – Aras)/n