L’ITF réclame des mesures de protection des routiers desservant la Centrafrique

Par la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF)

Communiqué de presse. 20 août 2015L’ITF réclame des mesures de protection des routiers en République centrafricaine.

La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) et ses affiliés du Cameroun et de République centrafricaine ont remis aujourd’hui en mains propres aux chefs d’État de ces pays des lettres leur demandant d’agir pour assurer la protection des routiers, dont la vie est en danger.

En effet, ces dernières années, des dizaines de chauffeurs ont été blessés ou tués en République centrafricaine par des bandes armées. Au Cameroun, le syndicat des routiers a décidé de suspendre tous les trajets vers la RCA, tout en réclamant des mesures pour prévenir d’autres drames.

Malgré des appels répétés à une amélioration des mesures de protection et des convois d’escorte en République centrafricaine, les deux gouvernements restent passifs. Actuellement, 634 véhicules sont retenus à la frontière pour ne pas mettre en danger les chauffeurs ni les cargaisons.

Dans sa lettre aux présidents et premiers ministres des deux pays, le Secrétaire général de l’ITF, Steve Cotton, déclare:

« Je vous écris en tant que Secrétaire général de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), qui représente 4,6 millions de travailleuses et travailleurs des transports dans le monde, pour exprimer la solidarité et le soutien de notre organisation au Syndicat National des Chauffeurs Professionnels des Transports du Cameroun (SYNCPROTCAM) dans l’action qu’il mène pour protéger la sécurité des routiers qui transportent des marchandises vers la République centrafricaine.

L’ITF s’inquiète grandement des risques que courent ces routiers car, selon leur syndicat, depuis 2013, 17 routiers ont été assassinés et plus de 25 ont été grièvement blessés suite à des agressions commises par des bandes armées anonymes dans le PK12 (quartier de Bangui) et à Bossemptélé, Bouar, Baoro, Baboua et Beloko, en République Centrafricaine.

Le SYNCPROTCAM a déjà sensibilisé à la sécurité des routiers à plusieurs occasions. Malgré cela, il semblerait que les autorités camerounaises et centrafricaines se montrent peu promptes à adopter des mesures de protection des routiers et des marchandises qu’ils transportent.

De ce fait, depuis le 29 juillet 2015, le SYNCPROTCAM bloque le passage de tous les camions à destination de la République centrafricaine. À l’heure actuelle, 634 camions au total sont à l’arrêt sur plusieurs sites entre Douala, le principal port du Cameroun, et Garoua-Boulaï, à la frontière avec la République centrafricaine. Le syndicat exige, entre autres, une assurance-vie pour les routiers, une limitation du nombre de camions inclus dans un convoi escorté, des contrôles des camions qui transportent des marchandises à destination de la République Centrafricaine, et la fin de l’obligation qu’ont les routiers d’embarquer des passagers.

L’ITF soutient pleinement l’action que mène le SYNCPROTCAM pour protéger la sécurité des routiers, et appelle donc les gouvernements du Cameroun et de République centrafricaine à agir d’urgence pour qu’un dialogue social constructif et des négociations puissent débuter de manière à résoudre les problèmes soulevés par le SYNCPROTCAM.

Nous croyons que seuls des efforts concertés aux plus hauts niveaux dans les deux pays, conjugués à une consultation du syndicat, sont la clé d’une solution efficace et durable.

Des camions bloqués au Cameroun
ITF)/n

De ce fait, depuis le 29 juillet 2015, le SYNCPROTCAM bloque le passage de tous les camions à destination de la République centrafricaine. À l’heure actuelle, 634 camions au total sont à l’arrêt sur plusieurs sites entre Douala, le principal port du Cameroun, et Garoua-Boulaï, à la frontière avec la République centrafricaine. Le syndicat exige, entre autres, une assurance-vie pour les routiers, une limitation du nombre de camions inclus dans un convoi escorté, des contrôles des camions qui transportent des marchandises à destination de la République Centrafricaine, et la fin de l’obligation qu’ont les routiers d’embarquer des passagers.

L’ITF soutient pleinement l’action que mène le SYNCPROTCAM pour protéger la sécurité des routiers, et appelle donc les gouvernements du Cameroun et de République centrafricaine à agir d’urgence pour qu’un dialogue social constructif et des négociations puissent débuter de manière à résoudre les problèmes soulevés par le SYNCPROTCAM.

Nous croyons que seuls des efforts concertés aux plus hauts niveaux dans les deux pays, conjugués à une consultation du syndicat, sont la clé d’une solution efficace et durable. »

Steve Cotton, Secrétaire général de l’ITF
maritimetrades.org)/n

Les transporteurs demandent une assurance vie avant de se rendre en Centrafrique

Dans une correspondance adressée à la Fédération internationale des ouvriers du transport, le Syncprotcam estime que les chauffeurs qui se rendent en RCA vont à «une mort quasi-certaine»

Les transporteurs assurant le transit de marchandises sur le corridor Douala-Bangui doivent souscrire à une assurance vie, recommande le Syndicat national des chauffeurs professionnels des transports du Cameroun (Syncprotcam).

Le Syndicat que dirige Ibrahima Yaya a adressé à cette fin, à la fin du mois de juillet, une correspondance à l’attention de M. Bayla Sow, coordonnateur de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF en anglais), pour l’Afrique francophone et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Dans ce document, parvenu à Journalducameroun.com le 05 août dernier, les transporteurs parlent d’une «recrudescence de l’escalade entre les différentes factions militaires» à Bangui.

«Actuellement en terre centrafricaine, le climat s’est encore plus dégradé depuis quatre jours avec une recrudescence de l’escalade entre les différentes factions militaires. Ce qui justifie notre action et nous renforce dans notre conviction de ne pas envoyer nos camarades à une mort quasi certaine», relève la correspondance.

On se rappelle, parmi d’autres actes similaires déjà dénoncés par le Syncprotcam, que quatre camionneurs ont perdu la vie en Centrafrique le 18 juillet 2015.

Au moins 634 camions seraient stationnés actuellement en attendant la mise en place de solutions concrètes et efficaces pour la sécurité des chauffeurs. «Il s’agit des camions garés à partir de Yaoundé la capitale jusqu’à Garoua Boulaï (localité frontalière avec la RCA, à l’est du Cameroun). Ce nombre ne tient donc pas compte de ceux qui sont restés sur place au Port autonome de Douala et les parcs à camions environnants», précise M. Ibrahima Yaya.

Les transporteurs indiquent que le Cameroun, à travers le ministère des Transports, a mis sur pied un cadre interministériel pour trouver une voie de sortie à la crise; mais que les autorités gouvernementales centrafricaines ne manifestent «aucune réelle implication». Le Syndicat estime ainsi que la résolution du problème «relève par conséquent de la diplomatie».

Le Syncprotcam demande par exemple au commandement des forces des Nations unies en Centrafrique de réaménager l’effectif des soldats chargés d’assurer l’escorte des camions. «Que les Burundais, Rwandais et Camerounais reprennent la responsabilité des escortes comme par le passé, car les Bangladeshi sont pour 80% responsables de la mort de tous nos camarades», critique M. Ibrahima Yaya.

Les propositions faites par le Syncprotcam à l’attention des gouvernements camerounais et centrafricain:

1. Que chaque transporteur souscrive pour son chauffeur une assurance vie avant le départ de ce dernier en RCA; au niveau de Garoua-Boulaï, le syndicat se chargera de vérifier l’authenticité de cette police d’assurance avant de donner son quitus pour le départ du chauffeur;

2. Que les Burundais, Rwandais et Camerounais reprennent la responsabilité des escortes comme par le passé, car les Bangladeshi sont pour 80% responsables de la mort de tous nos camarades;

3. Qu’aucune escorte ne dépasse 60 camions par voyage;

4. Qu’avant toute formalité de transit au niveau du BGFT (Bureau de gestion de fret terrestre camerounais, ndlr) et du BARC (Bureau d’affrètement routier centrafricain, ndlr), les camions devant transporter la marchandise pour la RCA soient soumis à un checking effectué par les techniciens des syndicats. Pour l’USCC à partir de l’ONAF à Bangui et pour le Syncprotcam à partir du Port autonome de Douala; tout ceci en collaboration avec les deux organes techniques de gestion du fret sur ce corridor;

5. Que les autorités centrafricaines cessent d’obliger les chauffeurs à transporter des passagers dans et sur leurs camions;

6. Que le gouvernement centrafricain nous donne des gages fermes de son implication dans la sécurité des chauffeurs qui desservent la RCA ainsi que les cargaisons transportées.


worldbank.org)/n

Douala-Bangui: Les transporteurs envisagent de couper les vivres à la RCA

Après le meurtre d’un Camerounais à Bangui le 14 juillet dernier, ils envisagent un arrêt de travail illimité dès le 05 août 2014 face au mutisme des autorités

Pour des assassinats à répétition dont ils se disent victimes, les transporteurs qui effectuent le corridor Douala-Bangui et en particulier l’axe Garoua-Boulaï – Bangui annoncent une «interdiction de travail illimitée à compter du 05 août 2014 jusqu’à ce que des solutions durables soient apportées.»

Ils disent en avoir ras-le-bol de la crise centrafricaine. L’incident fâcheux pour ces derniers a eu lieu il y a à peine deux jours. Un motor-boy (terme généralement utilisé au Cameroun pour désigner une personne en charge de la manutention à bord d’un car, bus ou camion) de la société Segcam Sti employé pour le camion immatriculé DB 013 BG a été tué par des Antibalakas à Bangui, lieu-dit PK-70, le lundi 14 juillet 2014.

La nouvelle a été communiquée par le Syndicat national des chauffeurs professionnels des transports du Cameroun (Syncprotcam) dans une lettre adressée au ministre des Relations extérieures hier. Le motor-boy assassiné à Bangui lundi est un citoyen camerounais du nom de Hamma Gambo Djallo, né en 1976 et originaire du département du Faro et Deo dans l’Adamaoua. C’est le sixième assassinat du genre en neuf mois en RCA après celui de Adamou Oumarou – qui travaillait toujours pour la société Segcam Sti – survenu le 05 juin 2014 dans le village Balembe, à 50 KM de Baouro.

Après la grève qui avait déjà mobilisé plus de 200 camions à Garoua Boulaï, les transporteurs ont donc décidé cette fois d’une mesure plus radicale : couper les vivre à la RCA qui s’approvisionne essentiellement par les camions qui viennent du Port de Douala. «Nous pensons en réalité qu’aucun retour à la paix n’est possible sans que les vivres et autres ne soient ravitaillés par nos soins tant que des assassinats de ce genre sont perpétrés par des individus au vu et au su de tous», écrit Ibrahima Yaya, le président du Syncprotcam qui revendique plus de 1700 membres.

Les transporteurs décrient l’action des gouvernements camerounais et centrafricain par rapport à leur sécurité en ces termes : «Les camionneurs que nous sommes avons fait l’amer et triste constat que les gouvernements ont le verbe haut et l’action lente» ; critiquant dans la même veine «les mots et les résolutions qui sont loin d’être une armure de protection contre les balles et les machettes d’une bande de fanatiques et d’illuminés à qui nous avons toujours apporté notre concours pour leur équilibre socio-économique».

Le gouvernement camerounais manifesterait, selon le Syncprotcam, de l’engagement quand il s’agit de trouver une solution à des otages étrangers et négligerait la situation de ces «simples chauffeurs». Lesquels disent demander simplement «que les politiciens fassent leur travail». En attendant les mesures de sécurité qui pourront être garantis à ces transporteurs pour éviter l’arrêt de travail illimité prévu le 05 août 2014, le Syndicat demande le retour de la dépouille du moto-boy assassiné lundi à Bangui par les Antibalakas et la prise en charge par la société Segcam-Sti de sa femme et de ses quatre enfants.

Les transporteurs envisagent un arrêt de travail illimité à compter du 05 août 2014
politicomag.com)/n