Le Cameroun organise une Conférence économique internationale

Ladite conférence se tiendra à Yaoundé les 17 et 18 mai sur le thème «Investir au Cameroun, Terre d’attractivités»

Industriels, entrepreneurs, institutionnels et financiers venus de l’Afrique et du monde entier, ayant un intérêt pour le Cameroun, se rassembleront à Yaoundé les 17 et 18 mai 2016 pour approfondir les opportunités considérables d’investissements du pays. Cet évènement représente en effet une occasion unique d’échanges constructifs entre des acteurs politiques, économiques et financiers de premier rang, nationaux et internationaux, autour de la réalisation de grands projets structurants pour l’avenir du pays. S’exprimeront notamment, outre les ministres camerounais concernés, Manuel BARROSO, Président de la Commission Européenne (2004-2014), Chung UN-CHAN, Premier Ministre de République de Corée (2009-2010) et Docteur en économie, Donald Kaberuka, Président de la Banque Africaine de Développement (2005-2015), Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (2005-2013).

Cette conférence économique s’inscrit plus largement dans la Vision 2035, feuille de route à suivre pour que le Cameroun génère une croissance économique durable et atteigne l’émergence.

La conférence s’attachera à trouver des solutions pragmatiques pour améliorer encore les conditions d’investissement au Cameroun et présentera l’immense potentiel économique du pays à travers ses projets les plus emblématiques.

Fort d’un taux de croissance annuel de plus de 5%, de réformes entreprises pour améliorer le climat des affaires et d’une diversification économique en marche, le Cameroun a en effet lancé différents projets structurants dans les secteurs clés que sont l’agro-industrie, les infrastructures de transports, l’énergie, l’immobilier et l’aménagement urbain, les industries extractives et les nouvelles technologies. Cette diversité des secteurs témoigne de l’ampleur des opportunités de collaboration étroite avec un gouvernement déterminé à accompagner le développement économique dans tous ces domaines.

Le programme prévoit :
a) la journée du 17 mai, consacrée à l’ouverture de la Conférence et aux tables rondes. Celles-ci permettront à des intervenants camerounais et internationaux de très haut niveau de présenter le Cameroun et de partager leurs expériences et recommandations. Après avoir abordé les perspectives de croissance du Cameroun, ceux-ci débattront du rôle du secteur privé dans le développement économique du pays et donneront leur point de vue sur ses attractivités notamment financières.

1.b) La journée du 18 mai exclusivement consacrée aux investisseurs et aux acteurs opérationnels, ainsi qu’à la présentation des projets. Des ateliers en comité restreint permettront de découvrir et de discuter de projets prioritaires rigoureusement sélectionnés. Cette séquence constituera un moment clé de la Conférence.


Droits réservés)/n

Cameroun: L’émergence en 2035, un gros mensonge d’Etat ?

Par Cabral Libi

Pendant que nos amis français fêtent parlons de nos choses. L’émergence c’est même quoi au juste?

Une vieille personne exaspérée par ce slogan me posait récemment cette question. Le moins qu’on puisse dire est que la notion d’émergence est remarquablement mouvante au Cameroun, tant dans les discours politiciens que dans celui plus spécialisé, des économistes.
De façon simple, un pays émergent, est un pays à revenu intermédiaire, ouvert économiquement au reste du monde, ayant subi des transformations de grande ampleur sur les plans structurel, mental, et institutionnel, et présentant un fort potentiel de croissance.

Les économies émergentes sont le fruit de la crise des années 1980, qui conduira au consensus de Washington (formule utilisée pour désigner les principes qui ont servi aux organisations internationales -FMI, Banque Mondiale- ainsi qu’au Gouvernement américain pour gérer la crise de la dette intérieure et extérieure des pays en voie de développement durant ces années 1980). Ce consensus prônait l’ouverture commerciale, les privatisations, la déréglementation des marchés, la libéralisation du système bancaire, la flexibilité du marché du travail.

L’objectif était de construire un nouveau régime de croissance, reposant sur l’initiative privée, la concurrence et une insertion étroite dans la division internationale du travail. Une fois rassemblées, ces données devant permettre un transfert et une valorisation beaucoup plus importants du progrès technique, et donc des trajectoires de rattrapage rapide, en termes de productivité et de niveaux de vie moyens. Telle est globalement l’expérience observée depuis, dans des pays tels que la Chine, l’Inde, le Brésil, etc.

Après avoir ainsi fait une revue succincte du concept d’émergence économique, intéressons nous aux propos de nos politiques, surtout ceux qui sont aux affaires depuis plus d’une trentaine d’années. Pour cela nous allons essayer de répondre à quelques questions:
Est-ce une bonne chose d’envisager l’émergence pour notre pays ?
La réponse est oui !!! Car l’atteinte de ce statut signifie une amélioration plus que significative du niveau de vie des populations (meilleures conditions de santé, d’éducation, de transport, etc.).
Nos dirigeants étaient-ils sérieux lorsqu’ils l’envisageaient ?
la réponse est hélas non!!!

L’horizon 2035 a été choisi à dessein pour enfumer les populations, puisqu’ils sont sûrs qu’à cette date ils ne seront plus là pour qu’on leur demande des comptes. Si non, comment comprendre que le Cameroun qui est leader économique de la CEMAC ait un horizon d’émergence aussi peu ambitieux (2035) alors que la Guinée Equatoriale envisage d’être émergent en 2020, le Gabon en 2025, le Tchad en 2025, le Congo en 2025 et que toute la zone Cemac à partir du PER (programme d’émergence régionale) envisage de l’être en 2025. Même un pays en proie à la guerre depuis des années comme la RD Congo parle de 2030. Aujourd’hui avec le phénomène Boko Haram et la crise Centrafricaine, le prétexte lors de la future campagne présidentielle est tout trouvé, puisqu’on le sait d’avance, tout ce que dira qui vous savez sera de l’enfumage pour vendre ce bébé mort né : l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035.

Mais pour analyser les choses plus en profondeur, étayons le manque de sérieux de nos dirigeants. Et pour ce faire, on peut simplement se demander: font-ils ce qu’il faut pour atteindre l’émergence ? La réponse est triviale et toute simple: NON !!! Tout ce qui est entrepris aujourd’hui (parce que très insuffisant) va maintenir pour très longtemps le Cameroun parmi les pays pauvres.

Pour comprendre cela, il faut aller au de là des chiffres de croissance (5,5% en 2013 et 5,7 en 2014) pour moins de 600 000 emplois fictifs crées en 02 ans selon les discours du PR:

Notre croissance n’est pas inclusive, car elle ne se fait pas ressentir dans le panier de la ménagère. Au contraire le pouvoir d’achat des ménages n’a pas cessé de se détériorer (augmentation des prix des biens et services consécutive à l’augmentation du prix du carburant et à la nécessité d’un effort de guerre fiscal, augmentation du coût de l’éducation -pension et fournitures scolaires-, augmentation du prix du logement.

Notre croissance n’est pas faite à partir des infrastructures durables. Observons les routes qui sont construites ça et là, elles commencent à se détériorer à partir de la 1ère année de livraison; de même pour les bâtiments publics (d’ailleurs au niveau des universités on observe que les amphis récemment construits sont plus vétustes que les amphis construits du temps de Ahidjo). Ainsi au lieu d’augmenter la quantité des nos infrastructures au fil des années, on se retrouvera entrain de les refaire à chaque fois.

La stratégie gouvernementale de production repose essentiellement sur le capital, au détriment du facteur travail et pire encore au détriment de la recherche-développement (qui est l’élément à incorporer dans le capital et le travail pour une production optimale). Notre recherche manque de moyens et les pauvres moyens qui y sont alloués sont mal gérés; notre recherche est banalisée, et ses résultats ne sont pas pris en compte dans l’élaboration des politiques publiques. Par exemple en faisant un tour dans un centre d’étude et de recherche en économie et gestion d’une grande université publique de Yaoundé, l’on constate à un point c’est même risible, que la bibliothèque n’a aucun ouvrage récent (comme la plupart des bibliothèques de nos universités), les conférences y sont organisées de façon irrégulière à cause des considérations tribales et claniques entre les chercheurs (c’est d’ailleurs ce qui ronge toute l’administration publique camerounaise). De plus, la plupart des chercheurs en économie qui pourtant touchent leurs primes de recherche ne collaborent et ne présentent jamais leurs travaux dans ce Centre de grande réputation.

On parle alors de quelle émergence même ? Continuons.

L’absence de dynamisme du Chef de l’Etat et de son gouvernement est un énorme problème car l’émergence ne peut s’acquérir qu’avec une administration dynamique à la tête d’une économie dynamique. Même la Guinée Equatoriale avec ses travers à côté de nous l’a compris.

La mauvaise planification et programmation de la démarche vers l’émergence. En fait, le DSCE, programme et planifie sur 10 ans (de 2010 à 2020), alors qu’en est-il des 15 années restantes (2020 à 2035). Ceci est d’ailleurs la principale preuve de l’enfumage du 1er vendeur du concept «Cameroun émergent à l’horizon 2035».

Notre démarche depuis 2010 ne parvient même pas à être en accord avec le DSCE. Et on va de cacophonie en cacophonie, en adoptant un plan d’urgence fumeux et mal monté financièrement, ce qui crée des réticences auprès des banques censées le financer.

Des contrats et conventions de pillage signés avec les partenaires français, chinois, etc. car aucune ne nous a permis d’avoir depuis une simple usine de montage, ou même une industrie.

Des choix de stratégie économique inappropriés (on veut faire des choses compliquées sans avoir réussi les choses simples). Alors qu’il est su de tous que le Cameroun possède un avantage comparatif en agriculture et donc qu’il devrait s’en servir comme moteur pour son émergence, on constate que les dirigeants préfèrent engloutir des milliards dans des choses qui ne nous profitent pas du tout comme Camair Co. Par exemple 40% de la production agricole est perdue (se gâte) à cause du manque des moyens de conservation ou d’accessibilité aux marchés. En d’autres termes nous consommons et vivons avec 60% de notre production agricole, sans compter qu’une bonne partie de ces 60% est exportée. Si on cesse de perdre 40% de notre production on aurait des marché abondamment approvisionnés, ce qui réduirait les prix, améliorerait le pouvoir d’achat des ménages, tout en permettant aux camerounais de bien se nourrir.

Les besoins nouveaux en énergie électrique se situent autour de 1000 méga watt, alors que les projets encours de réalisation ne vont apporter qu’au plus 600 MW. Lorsqu’on veut être émergent, il faut avoir une production énergétique qui va au-delà des besoins actuels, ce qui va permettre aux industries de se développer sans qu’il n’y ait des problèmes de délestage qui plombent l’économie de plusieurs milliards par jours.

A la réalité, si on se met à égrainer le chapelet des lacunes économiques de notre pays, on y passerait au moins toute une journée entière, il vaut mieux s’arrêter ici, et observer l’émergence chez les autres…

Cabral Libi
Droits réservés)/n

Développement du Cameroun: Jusqu’où peuvent aller les pays émergents ?

Alors que Yaoundé a abrité récemment la revue du portefeuille de coopération entre le Cameroun et les « pays émergents », Journalducameroun se penche sur les enjeux de cette relation

Lorsqu’on observe la somme de projets en cours au Cameroun, considérés comme « structurants » pour son économie, on se rend compte à l’évidence que les partenaires sont presque toujours les mêmes. Le Port en eau profonde de Kribi, l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala, la Centrale hydroélectrique de Mekin, les stades de Bafoussam et Limbe, la mise en place du réseau backbone de transmission par fibre optique, sont des projets financés par la Chine ; la construction du Centre national des urgences est financée par la Corée du Sud ; le projet de développement « Riz, maïs, manioc » est financé par l’Inde. Ce sont les projets phares de la coopération avec ce que le Cameroun appelle les pays émergents. Pays pour lesquels il a été créé en 2009 au sein du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), une Division de la coopération avec les pays émergents. Cette création intervient, comme on peut le lire sur le site de cette structure, « dans un contexte marqué par l’ascension des pays dits émergents qui offrent des nouvelles alternatives de coopération intéressantes pour le Cameroun, outre les partenaires traditionnels. »

Lors de la revue 2012 du portefeuille de coopération avec les pays émergents, les autorités camerounaises se félicitaient de ce que les promesses d’engagements financiers pour cette année-là (713,3 milliards) étaient déjà plus importantes que celles des partenaires traditionnels (306,2 milliards de Fcfa). Ils ont effectivement été de 1200 milliards de F CFA comme le Minepat l’a souligné dans sa revue annuelle 2013. Ce partenariat qui est souvent qualifié de « Sud-Sud » semble celui privilégié par le Cameroun pour réaliser ses objectifs de croissance. Dans sa Vision 2035, cette « Afrique en miniature » manifeste « La volonté de devenir un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité ». Le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce), considéré comme la boussole du gouvernement pour la décennie 2010-2020, consacre un paragraphe aux relations que le Cameroun doit entretenir avec les pays dits émergents. « Les marchés sud-américain et asiatique devront être explorés et négociés dans le contexte des pays émergents en quête de positionnement stratégique et de rayonnement politique et diplomatique. L’option de coopération gagnant-gagnant prônée par les pays faisant partie de ce groupe (Chine, Brésil, Inde, Corée, etc.) et la forte densité de la population que concentre ces pays en font des partenaires de choix pour le développement des échanges commerciaux », peut-on lire dans le Dsce.

Maquette du barrage de Lom Pangar, dans l’Est du Cameroun
edc-cameroon.org)/n

La Chine rafle dans ce groupe l’essentiel des projets lancés par le Cameroun. Ceux en cours et les projets à venir, comme l’autoroute devant relier les deux capitales Yaoundé et Douala, ou encore l’amélioration de la desserte en eau potable de dix villes du Cameroun dont les négociations sont en cours. Au Minepat, des sources autorisées indiquent qu’il est opportun d’élargir le portefeuille de coopération avec les pays émergents. Pour l’instant, il est essentiellement limité à la Chine, la Corée du Sud, l’Inde ; il pourrait être enrichi d’apports de pays comme la Turquie, le Venezuela, le Cuba. Comme l’explique le directeur général de la Copération et de l’Intégration régionale au Minepat, Charles Assamba Ongodo, « que ce soit chez le partenaire d’un pays émergent d’une part, ou les autres partenaires d’autre part, tout cela contribue, au niveau des financements extérieurs, à permettre au Cameroun qui ne peut pas se suffire des financements internes, de se développer, de réaliser ses projets. » le Cameroun n’est pas le seul à chercher ces financements extérieurs, notamment ceux qui viennent d’Asie. Depuis 2009, la Chine est le plus grand partenaire commercial de l’Afrique.

Articles liés: Le cas de la Chine
« La Turquie est l’exemple même du partenariat gagnant-gagnant »

Le Centre national des Urgences à Yaoundé, financé par la Corée du Sud.
Dgcoop/Minepat)/n

Le Mouvement des Entrepreneurs Camerounais présente sa vision 2035

Le MECAM a tenu une assemblée générale extraordinaire à Douala sur sa vision du Cameroun émergent à l’horizon 2035

Les deux premiers points à l’ordre du jour de cette assemblée dite de redynamisation ont été reportés. Il s’agissait d’une part, de l’élection de nouveaux membres du conseil exécutif et d’autre part de l’adoption des statuts et règlement intérieur révisés. Ainsi donc, les participants à l’assemblée ont davantage insisté sur l’idée qu’ils se font d’un Cameroun émergent à l’horizon 2035. Ce Cameroun pour le MECAM est celui qui n’attend rien ou pas grand-chose des autres et qui à travers ses entreprises est capable de conquérir de nouveaux marchés au plan international. Dans cette optique, l’on apprendra que plusieurs partenariats avec des entreprises étrangères sont actuellement en cours de formalisation. Ceci se situe dans le cadre notamment des opportunités issues des plates formes stratégiques Cameroun – Turquie et Cameroun – Maroc. D’ailleurs pour ce qui est du Maroc, les dossiers sont assez avancés et les deux parties vont procéder dans les mois à venir à la création de deux show-room, l’un à Douala et l’autre à Casablanca. Ce qui permettra la diffusion et la commercialisation des produits des deux pays. Pour finaliser ce projet et bien d’autres, une délégation de 120 opérateurs économiques marocains tout secteurs confondus est attendue dans notre pays les 17 et 18 mai prochain à l’invitation du MECAM.

Au créneau, Chantal Elombat, directrice de l’intégration au ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire et représentant le ministre Louis Paul Motaze, a salué ce réveil du secteur privé camerounais sans qui le gouvernement ne pourrait atteindre ses principaux objectifs de l’heure. Les principaux axes sont de réduire la pauvreté et être un pays émergent à l’horizon 2035.

Une vision à laquelle le MECAM souscrit entièrement, mais pour y parvenir le gouvernement doit passer aux actes et matérialiser les résultats du dialogue entre les secteurs public et privé affirmera dans son allocution l’honorable Daniel Abate, président exécutif du mouvement. Au cours de cette assemblée qui s’est déroulée en présence de son président fondateur James Onobiono, le Mecam a également procéder à la cooptation de nouveaux membres au sein de son bureau exécutif ainsi qu’au réaménagement de ses démembrements. L’on passe de quatre à cinq délégations régionales.

Avec à ce jour plus de deux cent membres sur l’ensemble du territoire, le Mouvement des Entrepreneurs du Cameroun regroupe des entreprises de droit camerounais dont tout ou partie importante du capital est détenu par des Camerounais. Il entend représenter toutes les catégories d’entreprises du territoire, des très petites entreprises (TPE) aux grandes (GE) en passant par les petites et moyennes (PME). Ceci passe par des formations pour renforcer les capacités des dirigeants, la mutation technologique de nos outils et méthodes de production, la recherche des financements pour les PME camerounaises, la mise en place de synergies ou de partenariats gagnants – gagnants avec les pays, des points qui constituent entre autres ses objectifs majeurs.

James Onobiono, le président fondateur du mecam
club-millenium.org)/n